{"id":154623,"date":"2007-04-01T12:00:00","date_gmt":"2007-04-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2007\/04\/schriber-2\/"},"modified":"2023-08-24T01:18:37","modified_gmt":"2023-08-23T23:18:37","slug":"schriber-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2007\/04\/schriber-2\/","title":{"rendered":"Le secteur bancaire suisse: une histoire \u00e0 succ\u00e8s, mais aussi \u00e0 risque"},"content":{"rendered":"<p>Le secteur bancaire g\u00e9n\u00e8re presque 10% du produit int\u00e9rieur brut (PIB) de la Suisse; il repr\u00e9sente ainsi une branche essentielle de son \u00e9conomie. Gr\u00e2ce \u00e0 des hausses marqu\u00e9es de productivit\u00e9, son importance a fortement cr\u00fb depuis les ann\u00e9es quatre-vingt. L&#8217;\u00e9volution des ann\u00e9es nonante a jou\u00e9 un r\u00f4le d\u00e9cisif: les nouvelles technologies, les restructurations en profondeur de la branche et le rendement \u00e9lev\u00e9 de la gestion de fortune, d\u00fb au \u00abboom\u00bb des Bourses, ont provoqu\u00e9 une forte croissance de la valeur ajout\u00e9e. La difficile entr\u00e9e dans le XXIe si\u00e8cle, marqu\u00e9e par des baisses de cours massives et le recul, durant de nombreuses ann\u00e9es, de la valeur ajout\u00e9e dans le secteur bancaire, souligne combien il est indispensable de continuer \u00e0 d\u00e9velopper la qualit\u00e9 des services \u00e0 l&#8217;aide d&#8217;instruments et de proc\u00e9d\u00e9s novateurs.<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/200704_14_Schriber_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"180\" \/>&#13;<\/p>\n<h2>Le secteur bancaire, un pilier de l&#8217;\u00e9conomie suisse<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe secteur bancaire\u00a0&#8211; qui comprend les banques, les institutions de leasing, les fournisseurs de cr\u00e9dits \u00e0 la consommation et les soci\u00e9t\u00e9s holding\u00a0&#8211; est une des branches les plus importantes de l&#8217;\u00e9conomie suisse. En 2005, il repr\u00e9sentait pr\u00e8s de 10% du PIB, ce qui en fait la deuxi\u00e8me branche du secteur priv\u00e9, juste derri\u00e8re le commerce, qui g\u00e9n\u00e8re 12% du PIB (gros et d\u00e9tail ensemble). Les banques sont, en outre, des exportatrices importantes. En tant qu&#8217;employeur, le secteur joue un r\u00f4le plus modeste, puisqu&#8217;il n&#8217;occupe que 3% des personnes actives; toutefois, si l&#8217;on consid\u00e8re le salaire horaire moyen, les banques restent parmi les employeurs les plus attractifs de Suisse. Les quelque 130000 personnes qui y travaillent ont donc un poids \u00e9conomique consid\u00e9rable, tant comme contribuables et consommateurs qu&#8217;\u00e0 cause de leurs qualifications \u00e9lev\u00e9es. Les banques sont, en outre, d&#8217;importants employeurs indirects, par exemple pour les fournisseurs de technologies de l&#8217;information et de la communication (TIC).\u00a0L&#8217;importance du secteur bancaire dans l&#8217;\u00e9conomie suisse a plus que doubl\u00e9 en 25 ans (voir graphique 1): sa valeur ajout\u00e9e cumul\u00e9e repr\u00e9sentait seulement 4% du PIB en 1980 et presque 10% en 2005. Par ailleurs, le taux des personnes employ\u00e9es dans cette branche n&#8217;a augment\u00e9 que marginalement, passant de 2,6% (1980) \u00e0 3,1% (2005). Ces chiffres montrent nettement que des mutations structurelles importantes se sont produites pendant cette p\u00e9riode et qu&#8217;elles ont entra\u00een\u00e9 une hausse de productivit\u00e9 consid\u00e9rable. C&#8217;est surtout pendant les ann\u00e9es nonante que le monde bancaire a connu des changements difficiles: d&#8217;une part les processus sont devenus plus rapides et plus efficaces, suite \u00e0 l&#8217;introduction de nouvelles TIC; de l&#8217;autre, et simultan\u00e9ment, les fusions et absorptions des ann\u00e9es nonante ont d\u00e9clench\u00e9 de profondes restructurations dans les grandes banques, o\u00f9 le nombre des employ\u00e9s a diminu\u00e9 d&#8217;un quart depuis 1995.&#13;<\/p>\n<h2>Importance des grandes banques et des op\u00e9rations de commission<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nD&#8217;apr\u00e8s le nombre des employ\u00e9s figurant au recensement des entreprises, le secteur bancaire suisse compte 94% de banques et seulement 6% d&#8217;institutions de leasing, fournisseurs de cr\u00e9dits \u00e0 la consommation et soci\u00e9t\u00e9s holding. La grande famille des banques en Suisse La d\u00e9finition des banques est ici celle de la statistique de la Banque nationale suisse, autrement dit sans les institutions de leasing, fournisseurs de cr\u00e9dits de consommation et soci\u00e9t\u00e9s holding. se compose de diff\u00e9rents groupes:\u00a0&#8211; le plus important est form\u00e9 par les deux grandes banques, qui ont g\u00e9n\u00e9r\u00e9, en 2005, 50% des revenus \u00e0 elles seules et offert 40% des postes de travail;\u00a0&#8211; au deuxi\u00e8me rang, on trouve les banques \u00e9trang\u00e8res et cantonales, avec respectivement 16 et 13% des revenus, et 16% des employ\u00e9s;\u00a0&#8211; les autres 20% des revenus et 30% des employ\u00e9s se r\u00e9partissent entre les banques priv\u00e9es, Raiffeisen et r\u00e9gionales.\u00a0\u00a0De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, les banques en Suisse sont davantage sp\u00e9cialis\u00e9es dans la gestion de fortune qu&#8217;ailleurs. Les op\u00e9rations de commission et les services bancaires, qui r\u00e9sultent essentiellement de la gestion de fortune, constituent un bon 40% de leur revenu total, voire les deux tiers pour les banques \u00e9trang\u00e8res et priv\u00e9es. Quoique nettement moins profitable que la gestion de fortune, l&#8217;activit\u00e9 bancaire classique, soit les op\u00e9rations sur les diff\u00e9rences d&#8217;int\u00e9r\u00eat, continue \u00e0 \u00eatre la deuxi\u00e8me source majeure de revenus des banques suisses (environ un tiers des revenus). Elle repr\u00e9sente de loin le principal domaine d&#8217;activit\u00e9 des banques cantonales et r\u00e9gionales, ainsi que des caisses Raiffeisen. La troisi\u00e8me source de revenus, soit le n\u00e9goce des titres, d\u00e9pend fortement de l&#8217;\u00e9volution des march\u00e9s financiers. Son importance dans le revenu global des banques oscille de fa\u00e7on significative entre 8 et 18% selon les p\u00e9riodes. En Suisse, les leaders de cette activit\u00e9 sont les grandes banques.&#13;<\/p>\n<h2>Histoire \u00e0 succ\u00e8s dans la seconde moiti\u00e9 des ann\u00e9es nonante&#8230;<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nMalgr\u00e9 des fortunes diverses, les trois types d&#8217;affaires ont tous contribu\u00e9 \u00e0 la croissance du secteur bancaire ces derni\u00e8res d\u00e9cennies. Si l&#8217;on compare l&#8217;\u00e9volution de la valeur ajout\u00e9e r\u00e9elle des banques avec celle du reste de l&#8217;\u00e9conomie suisse (voir graphique 2), la force de ce secteur saute aux yeux. Sa valeur ajout\u00e9e r\u00e9elle a augment\u00e9 en moyenne de 3,5% par an entre 1980 et 2005, pour 1,3% en moyenne dans les autres secteurs. L&#8217;\u00e9volution de la valeur ajout\u00e9e dans le secteur bancaire depuis le milieu des ann\u00e9es nonante est particuli\u00e8rement int\u00e9ressante.\u00a0Apr\u00e8s avoir connu des difficult\u00e9s sur les march\u00e9s des cr\u00e9dits (1994) et financiers (1995), les affaires des banques ont tant prosp\u00e9r\u00e9 qu&#8217;entre 1995 et 2000, la valeur ajout\u00e9e r\u00e9elle a cr\u00fb en moyenne de presque 11% par an. Cette histoire \u00e0 succ\u00e8s est surtout due \u00e0 la gestion de fortune et au n\u00e9goce des titres, qui ont profit\u00e9 tous deux du \u00abboom\u00bb de la \u00abnouvelle \u00e9conomie\u00bb et de la hausse vertigineuse des actions dans le monde entier. L&#8217;int\u00e9r\u00eat pour les portefeuilles et les fonds d&#8217;actions s&#8217;est alors r\u00e9pandu rapidement chez les investisseurs tant priv\u00e9s qu&#8217;institutionnels, ce qui a entra\u00een\u00e9 une augmentation significative de la demande en gestion de fortune et de portefeuille. La vague des entr\u00e9es en Bourse, de m\u00eame que celle des fusions et absorptions, ont aussi profit\u00e9 largement \u00e0 la banque d&#8217;investissement.&#13;<\/p>\n<h2>&#8230; avec des hausses de productivit\u00e9 exceptionnelles<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nMalgr\u00e9 des affaires florissantes, les emplois bancaires n&#8217;ont pas augment\u00e9 dans la seconde moiti\u00e9 des ann\u00e9es nonante, mais ont, au contraire, diminu\u00e9 constamment pour les raisons d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9es: en cinq ans, plus de 9000 personnes ont perdu leur poste, soit 1,4% par an en moyenne. Cela a entra\u00een\u00e9 une forte progression de la productivit\u00e9 horaire du travail, qui est pass\u00e9e de 107 francs en 1995 \u00e0 193 francs en 2000, soit 12,5% de croissance moyenne annuelle. Aucune autre branche n&#8217;a connu pareil essor \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque. Pour les banques, le si\u00e8cle pass\u00e9 n&#8217;aurait pu mieux s&#8217;achever.&#13;<\/p>\n<h2>Un d\u00e9but de nouveau si\u00e8cle difficile<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\n\u00c0 partir de 2001, la forte demande et les excellentes conditions du march\u00e9 ont incit\u00e9 les banques \u00e0 r\u00e9engager du personnel. Or le nouveau si\u00e8cle commen\u00e7ait tr\u00e8s durement, avec des cons\u00e9quences graves pour les investisseurs et le secteur bancaire. L&#8217;\u00e9clatement de la bulle de la \u00abnouvelle \u00e9conomie\u00bb et la baisse importante du cours des actions ont surpris nombre de repr\u00e9sentants du secteur et provoqu\u00e9 une crise durable. La demande en actions et en fonds s&#8217;est effondr\u00e9e et le nombre des entreprises qui se risquaient \u00e0 entrer en Bourse a diminu\u00e9 de moiti\u00e9 chaque ann\u00e9e (le fond fut atteint en 2003, avec seulement 2 introductions en Bourse pour toute la Suisse).\u00a0En 2001 et 2002, les revenus ont recul\u00e9 dans tous les types d&#8217;affaires, les plus touch\u00e9es \u00e9tant les op\u00e9rations de commission, les services bancaires et le n\u00e9goce des titres. En 2003, gr\u00e2ce \u00e0 la faiblesse des taux d&#8217;int\u00e9r\u00eat et \u00e0 la forte demande en hypoth\u00e8ques, les op\u00e9ra-tions sur les diff\u00e9rences d&#8217;int\u00e9r\u00eat ont repris, mais cela n&#8217;a pas suffi \u00e0 ramener les revenus globaux des banques dans les chiffres noirs. \u00c0 partir de la mi-2003, la situation de la gestion de fortune et du n\u00e9goce des titres s&#8217;est, \u00e0 son tour, progressivement am\u00e9lior\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 la reprise des march\u00e9s financiers, mais les marges ont fondu dans les op\u00e9rations sur les diff\u00e9rences d&#8217;int\u00e9r\u00eat et la concurrence s&#8217;est nettement accentu\u00e9e. En 2004, on pouvait constater une embellie pour toutes les activit\u00e9s bancaires. Parall\u00e8lement, le nombre de personnes actives dans le secteur diminuait chaque ann\u00e9e de 2003 \u00e0 2005 (apr\u00e8s une forte croissance en 2001 et 2002).\u00a0Entre 2000 et 2005, la valeur ajout\u00e9e r\u00e9elle a recul\u00e9 en moyenne de 2,2% par an, l&#8217;ann\u00e9e-choc \u00e9tant 2001, avec un recul de 14,5%. En 2005, la situation s&#8217;am\u00e9liorait enfin, avec une valeur ajout\u00e9e qui croissait de 10%. Toutefois, comme le nombre des personnes actives avait augment\u00e9 de 0,8% par an entre 2000 et 2005, la productivit\u00e9 horaire r\u00e9elle du travail a, de nouveau, recul\u00e9 pour atteindre 169 francs la derni\u00e8re ann\u00e9e. La bonne sant\u00e9 persistante du march\u00e9 permet, cependant, d&#8217;esp\u00e9rer que l&#8217;essor de 2005 aura marqu\u00e9 un tournant et que les exercices 2006 et 2007 continueront \u00e0 \u00e9voluer dans le bon sens.&#13;<\/p>\n<h2>La concentration r\u00e9gionale des centres bancaires<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nSi le secteur bancaire suisse a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 jusqu&#8217;ici comme une seule unit\u00e9 g\u00e9ographique, on ne doit pas oublier qu&#8217;il est en fait r\u00e9parti tr\u00e8s in\u00e9galement. \u00c9videmment, il y a toujours eu plus de banques dans les villes qu&#8217;\u00e0 la campagne, mais l&#8217;\u00e9volution rapide de la seconde moiti\u00e9 des ann\u00e9es nonante s&#8217;est \u00e9galement accompagn\u00e9e d&#8217;un accroissement de la concentration bancaire dans les grands centres, laquelle \u00e9tait li\u00e9e \u00e0 des objectifs strat\u00e9giques. Aujourd&#8217;hui, le canton de Zurich r\u00e9alise 45% de la valeur ajout\u00e9e des banques, Gen\u00e8ve 15% et le Tessin 7%. Les deux tiers de la capacit\u00e9 \u00e9conomique du secteur bancaire se concentrent donc dans ces trois centres (voir graphiques 3a et b).\u00a0L&#8217;importance du secteur bancaire pour l&#8217;\u00e9conomie de ces cantons est donc primordiale. Pr\u00e8s de 20% du PIB des cantons de Gen\u00e8ve et Zurich, et 15% de celui du Tessin, sont g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par les banques. Ce taux est encore plus \u00e9lev\u00e9 si l&#8217;on consid\u00e8re le PIB des micror\u00e9gions (r\u00e9gions MS): 30% pour Zurich, 22% pour Gen\u00e8ve, 20% pour Lugano. La concentration dans ces trois grands centres bancaires a des effets de synergie positifs et est surtout un atout pour l&#8217;image de la place financi\u00e8re suisse \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger. Les grands centres sont davantage visibles \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle internationale; ils sont une preuve de sp\u00e9cialisation et ils peuvent ainsi mieux affronter la concurrence \u00e9trang\u00e8re. Ils sont donc d&#8217;une importance primordiale pour attirer la client\u00e8le internationale, qui d\u00e9tient environ la moiti\u00e9 de la fortune g\u00e9r\u00e9e en Suisse.&#13;<\/p>\n<h2>Une place bancaire dont l&#8217;importance d\u00e9passe la moyenne internationale<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\n\u00c9tant donn\u00e9 le r\u00f4le crucial de la demande \u00e9trang\u00e8re, la place du secteur bancaire suisse dans le palmar\u00e8s international est extr\u00eamement importante. Compar\u00e9 aux autres pays d&#8217;Europe et aux \u00c9tats-Unis (voir graphique 5), le secteur bancaire suisse jouit de l&#8217;importance relative la plus forte: entre 1990 et 2005, il repr\u00e9sentait en moyenne pr\u00e8s de 10% du PIB national, alors qu&#8217;il oscillait entre 2% en Su\u00e8de et 6% au Royaume-Uni. La diff\u00e9rence s&#8217;explique par la forte sp\u00e9cialisation des banques suisses dans le secteur juteux de la banque priv\u00e9e et par le niveau \u00e9lev\u00e9 de la demande \u00e9trang\u00e8re dans ce domaine. Ce succ\u00e8s est aussi probablement d\u00fb \u00e0 la r\u00e9glementation lib\u00e9rale et au secret bancaire, appr\u00e9ci\u00e9s tant des clients \u00e9trangers qu&#8217;indig\u00e8nes.\u00a0La comparaison des taux de croissance moyens de la valeur ajout\u00e9e r\u00e9elle de 1990 \u00e0 2005 est moins flatteuse: avec 2,6% par an, la Suisse se situe en milieu de classement derri\u00e8re la Su\u00e8de, le Royaume-Uni et les Pays-Bas, mais devant ses voisins, l&#8217;Allemagne, la France et l&#8217;Italie. Comme le secteur bancaire de ces pays participe plus faiblement qu&#8217;en Suisse \u00e0 leur PIB, il contribue aussi nettement moins \u00e0 la croissance. Seul celui du Royaume-Uni, moins touch\u00e9 par la crise des march\u00e9s financiers de 2001-2003, contribue \u00e0 la croissance du PIB dans des proportions comparables \u00e0 la Suisse, ce qui fait indubitablement de lui un concurrent s\u00e9rieux. Il ne faut, toutefois, pas oublier que l&#8217;\u00e9conomie britannique a progress\u00e9 deux fois plus vite qu&#8217;en Suisse; cela relativise un peu la croissance du secteur bancaire.\u00a0Si l&#8217;on compare la productivit\u00e9 horaire en 2005, le secteur bancaire suisse est incontestablement en t\u00eate, ce qui ne surprend gu\u00e8re, \u00e9tant donn\u00e9 le succ\u00e8s de la banque priv\u00e9e. Il est suivi \u00e0 bonne distance par le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Su\u00e8de. La productivit\u00e9 est \u00e9tonnamment faible aux \u00c9tats-Unis, encore qu&#8217;il ne faille pas oublier que le pays est immense et n&#8217;a que peu de centres financiers. Si l&#8217;on comparait la Suisse \u00e0 l&#8217;\u00c9tat de New York, la diff\u00e9rence de productivit\u00e9 serait moindre. Dans le m\u00eame ordre d&#8217;id\u00e9e, la place bancaire de Londres surpasse l&#8217;ensemble du Royaume-Uni.&#13;<\/p>\n<h2>La d\u00e9pendance vis-\u00e0-vis des march\u00e9s des actions et de la demande \u00e9trang\u00e8re, facteur de risque ou de succ\u00e8s?<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nJusqu&#8217;ici, l&#8217;analyse r\u00e9v\u00e8le que les march\u00e9s des actions et la demande \u00e9trang\u00e8re sont les principaux facteurs qui influencent l&#8217;\u00e9volution du secteur bancaire. Comme le montre le graphique 7, les affaires pour le compte de clients \u00e9trangers (commissions de l&#8217;\u00e9tranger) \u00e9voluent de fa\u00e7on tr\u00e8s similaire au Swiss Performance Index (pris comme exemple des march\u00e9s internationaux des actions) et aux chiffres d&#8217;affaires des Bourses. Les clients \u00e9trangers r\u00e9agissent donc manifestement par la n\u00e9gative \u00e0 un mouvement baissier des march\u00e9s des actions. Ceux-ci, ajout\u00e9s \u00e0 l&#8217;activit\u00e9 des investisseurs, jouent un r\u00f4le d\u00e9cisif pour les banques, notamment en gestion de fortune, mais naturellement aussi pour la banque d&#8217;investissement et le n\u00e9goce des titres. Il n&#8217;est donc pas surprenant que l&#8217;\u00e9volution des papiers-valeurs conserv\u00e9s dans les d\u00e9p\u00f4ts des clients suive de pr\u00e8s les mouvements des march\u00e9s des actions.\u00a0Toujours plus marqu\u00e9e depuis le milieu des ann\u00e9es nonante, la d\u00e9pendance des banques suisses vis-\u00e0-vis du march\u00e9 des actions est-elle un facteur de risque ou de succ\u00e8s? La r\u00e9ponse \u00e0 cette question d\u00e9pend sans doute beaucoup de l&#8217;humeur des Bourses. Cette d\u00e9pendance peut effectivement \u00eatre aussi bien une chance qu&#8217;un risque. Il est incontestable que, pour rester attrayante et continuer \u00e0 cro\u00eetre, la place bancaire suisse doit constamment veiller \u00e0 la qualit\u00e9 de ses services et l&#8217;am\u00e9liorer par des instruments et des proc\u00e9d\u00e9s novateurs. La qualit\u00e9 du service importe entre autres \u00e9norm\u00e9ment pour la demande en provenance des pays voisins.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1 \u00abQuote-part du secteur bancaire dans la valeur ajout\u00e9e brute et l&#8217;emploi en Suisse\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2 \u00ab\u00c9volution de la valeur ajout\u00e9e brute r\u00e9elle dans le secteur bancaire, en comparaison avec le reste de l&#8217;\u00e9conomie, 1980-2005\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 3 \u00abValeur ajout\u00e9e brute du secteur bancaire par rapport \u00e0 l&#8217;ensemble de l&#8217;\u00e9conomie, par r\u00e9gion MS, 2005\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 4 \u00abRevenus nets des banques par activit\u00e9, 1994-2005\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 5 \u00abR\u00e9partition r\u00e9gionale de la valeur ajout\u00e9e brute du secteur bancaire, par r\u00e9gion MS, 2005\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 6 \u00abContribution du secteur bancaire \u00e0 la croissance annuelle de l&#8217;\u00e9conomie nationale, 1980-2005\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 7 \u00abProductivit\u00e9 nominale horaire dans le secteur bancaire et l&#8217;\u00e9conomie nationale, 2005\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 8 \u00abIndicateurs de l&#8217;\u00e9volution des affaires en gestion de fortune, 1995-2005\u00bb<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le secteur bancaire g\u00e9n\u00e8re presque 10% du produit int\u00e9rieur brut (PIB) de la Suisse; il repr\u00e9sente ainsi une branche essentielle de son \u00e9conomie. Gr\u00e2ce \u00e0 des hausses marqu\u00e9es de productivit\u00e9, son importance a fortement cr\u00fb depuis les ann\u00e9es quatre-vingt. L&#8217;\u00e9volution des ann\u00e9es nonante a jou\u00e9 un r\u00f4le d\u00e9cisif: les nouvelles technologies, les restructurations en profondeur [&hellip;]<\/p>","protected":false},"author":2975,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"ep_exclude_from_search":false,"footnotes":""},"post__type":[83],"post_opinion":[],"post_serie":[],"post_content_category":[108],"post_content_subject":[],"acf":{"seco_author":2975,"seco_co_author":null,"author_override":"","seco_author_post_ocupation_year":"","seco_author_post_occupation_de":"Senior Economist, BAK Basel Economics","seco_author_post_occupation_fr":"Senior Economist, BAK Basel Economics, B\u00e2le","seco_co_authors_post_ocupation":null,"short_title":"","post_lead":"","post_hero_image_description":"","post_hero_image_description_copyright_de":"","post_hero_image_description_copyright_fr":"","post_references_literature":"","post_kasten":null,"post_notes_for_print":"","first_teaser_header_de":"","first_teaser_header_fr":"","first_teaser_text_de":"","first_teaser_text_fr":"","second_teaser_header_de":"","second_teaser_header_fr":"","second_teaser_text_de":"","second_teaser_text_fr":"","kseason_de":"","kseason_fr":"","post_in_pdf":154626,"main_focus":null,"serie_email":null,"frontpage_slider_bild":"","artikel_bild-slider":null,"legacy_id":"9524","post_abstract":"","magazine_issue":null,"seco_author_reccomended_post":null,"redaktoren":null,"korrektor":null,"planned_publication_date":null,"original_files":null,"external_release_for_author":"19700101","external_release_for_author_time":"00:00:00","link_for_external_authors":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/exedit\/55d47bfe36b62"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/154623"}],"collection":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2975"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=154623"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/154623\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":190095,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/154623\/revisions\/190095"}],"acf:user":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2975"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=154623"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post__type","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post__type?post=154623"},{"taxonomy":"post_opinion","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_opinion?post=154623"},{"taxonomy":"post_serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_serie?post=154623"},{"taxonomy":"post_content_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_category?post=154623"},{"taxonomy":"post_content_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_subject?post=154623"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}