{"id":154638,"date":"2007-03-01T12:00:00","date_gmt":"2007-03-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2007\/03\/grass-6\/"},"modified":"2023-08-24T01:18:33","modified_gmt":"2023-08-23T23:18:33","slug":"grass-6","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2007\/03\/grass-6\/","title":{"rendered":"La lib\u00e9ralisation de la circulation transfrontali\u00e8re des marchandises et ses effets sur le commerce de d\u00e9tail"},"content":{"rendered":"<p>Les prix du commerce de d\u00e9tail suisse sont \u00e9lev\u00e9s par rapport \u00e0 ceux pratiqu\u00e9s en Europe. On consid\u00e8re souvent que le verrouillage du march\u00e9 en est la raison principale. Les obstacles qui en limitent l&#8217;acc\u00e8s sont \u00e0 la fois d&#8217;ordre \u00e9tatique (p. ex. douane et entraves techniques) et priv\u00e9 (p. ex. ententes entre entrepreneurs ou discrimination entre les pays de destination lors de la fixation des prix). Leur \u00e9limination contribuerait fortement \u00e0 r\u00e9duire les prix dans le commerce de d\u00e9tail et profiterait au consommateur.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nL&#8217;\u00e9tude pr\u00e9sente discute de diff\u00e9rents aspects de la r\u00e9glementation \u00e9tatique affectant le commerce international des marchandises et quantifie l&#8217;impact que sa lib\u00e9ralisation entre l&#8217;UE et la Suisse pourrait avoir sur les prix. La recherche s&#8217;est effectu\u00e9e en trois \u00e9tapes successives:\u00a0&#8211; les diff\u00e9rentes r\u00e9glementations \u00e9tatiques \u00e9voqu\u00e9es plus haut ont, d&#8217;abord, \u00e9t\u00e9 analys\u00e9es en d\u00e9tail;\u00a0&#8211; les possibles effets d&#8217;une lib\u00e9ralisation dans le domaine du commerce international des marchandises, par la suppression des obstacles que l&#8217;\u00c9tat opposait aux importations, seront, ensuite, expos\u00e9s en prenant pour exemple l&#8217;Autriche et son adh\u00e9sion \u00e0 l&#8217;UE en 1995;\u00a0&#8211; une analyse de simulation permettra, enfin, de d\u00e9montrer l&#8217;impact qu&#8217;un accord de libre-\u00e9change pourrait avoir sur les co\u00fbts et les prix du commerce suisse de d\u00e9tail.&#13;<\/p>\n<h2>Le cadre r\u00e9glementaire du commerce de d\u00e9tail<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nQuel est le r\u00f4le des r\u00e9glementations \u00e9tatiques dans les diff\u00e9rences observ\u00e9es? En ce qui concerne les services proprement dits, la Suisse est un pays lib\u00e9ral. Dans les domaines essentiels de r\u00e9glementation\u00a0(ouverture d&#8217;un commerce, publicit\u00e9, distribution, vente), le commerce de d\u00e9tail helv\u00e9tique conna\u00eet une densit\u00e9 normative inf\u00e9rieure \u00e0 la moyenne de l&#8217;UE15 SECO (2005).. Ce rapport s&#8217;inverse pour les heures d&#8217;ouverture des magasins.\u00a0Dans le commerce, cependant, d&#8217;autres r\u00e9glementations ont de l&#8217;importance, qui ne concernent pas exclusivement ou directement ce dernier, mais ont n\u00e9anmoins des cons\u00e9quences majeures sur son \u00e9volution \u00e9conomique: il s&#8217;agit des r\u00e9gimes gouvernant le commerce international des marchandises, des prescriptions officielles en mati\u00e8re de construction et des longues proc\u00e9dures d&#8217;autorisation impos\u00e9es \u00e0 d&#8217;autres branches \u00e9conomiques en mati\u00e8re de construction et d&#8217;admission au march\u00e9 des produits, d&#8217;o\u00f9 une hausse des prix d&#8217;acquisition et d&#8217;achat d&#8217;intrants pour le commerce de d\u00e9tail. Dans les domaines mentionn\u00e9s, la r\u00e9glementation suisse est g\u00e9n\u00e9ralement plus restrictive que la moyenne de l&#8217;UE.\u00a0Les interventions excessives de l&#8217;\u00c9tat dans les processus du march\u00e9 en diminuent habituellement l&#8217;efficacit\u00e9 et augmentent les co\u00fbts, constituant ainsi un frein \u00e0 la croissance \u00e9conomique. C&#8217;est pourquoi la lib\u00e9ralisation du march\u00e9 des produits est consid\u00e9r\u00e9e comme un outil crucial de la politique \u00e9conomique pour dynamiser la croissance. Une analyse des diff\u00e9rents facteurs de co\u00fbt et de leurs causes permet donc de tirer des conclusions sur la port\u00e9e des divers r\u00e9gimes \u00e9tatiques, en raison pr\u00e9cis\u00e9ment de cette corr\u00e9lation entre r\u00e9glementation et co\u00fbts.&#13;<\/p>\n<h2>Comparaison internationale des prix et des co\u00fbts<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDe nombreuses \u00e9tudes attestent qu&#8217;en Suisse, les prix sont \u00e9lev\u00e9s par rapport \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger Voir La Vie \u00e9conomique de juillet 2003, pour avoir un aper\u00e7u des diff\u00e9rentes \u00e9tudes \u00e9crites dans le cadre des rapports sur les structures \u00e9conomiques du SECO en 2003. Une recherche effectu\u00e9e par le BAK Basel Economics en 2006 compare les prix \u00e0 la consommation dans le commerce de d\u00e9tail au plan international.. Il faut d&#8217;abord en chercher la cause dans les co\u00fbts \u00e0 l&#8217;importation pay\u00e9s par le commerce de d\u00e9tail suisse; c&#8217;est ce que montre une comparaison des principaux facteurs de co\u00fbts (acquisition de biens, intrants, co\u00fbts du travail) avec l&#8217;Allemagne, la France, l&#8217;Autriche et l&#8217;Italie (UE4) BAK Basel Economics (2006).. Dans les quatre pays \u00e9tudi\u00e9s, les co\u00fbts d&#8217;acquisition de biens import\u00e9s sont inf\u00e9rieurs de 39% en moyenne \u00e0 ceux de la Suisse. Plus de la moiti\u00e9 des \u00e9carts de prix de 15% entre le commerce de d\u00e9tail helv\u00e9tique et la moyenne UE4 peuvent s&#8217;expliquer de cette fa\u00e7on.\u00a0Le niveau \u00e9lev\u00e9 des co\u00fbts acquitt\u00e9s par le commerce de d\u00e9tail helv\u00e9tique pour des biens import\u00e9s a de nombreuses causes, dont une partie est li\u00e9e directement \u00e0 l&#8217;intervention de l&#8217;\u00c9tat (droits de douane, prescriptions en mati\u00e8re de d\u00e9claration douani\u00e8re, entraves techniques au commerce, droit des brevets, d\u00e9marches contre les ententes verticales, voir encadr\u00e9 1 Droits de douane: dans le secteur alimentaire, les droits \u00e0 l&#8217;importation jouent encore un r\u00f4le important. Pour les produits alimentaires import\u00e9s en Suisse, la surcharge douani\u00e8re moyenne est de 8% par rapport \u00e0 l&#8217;UE (2005). Prescriptions en mati\u00e8re de d\u00e9claration douani\u00e8re: la complication des formalit\u00e9s douani\u00e8res, les heures limit\u00e9es d&#8217;ouverture des douanes suisses ou la longueur des temps d&#8217;attente \u00e0 la fronti\u00e8re augmentent les co\u00fbts de transaction. Comme le montre une \u00e9tude d&#8217;Avenir Suisse (2006), les co\u00fbts de transaction li\u00e9s aux barri\u00e8res douani\u00e8res repr\u00e9sentent 2,3% de la valeur \u00e0 l&#8217;importation.Entraves techniques au commerce: il s&#8217;agit de lois et prescriptions concernant les propri\u00e9t\u00e9s, la consistance, l&#8217;emballage, l&#8217;\u00e9tiquetage, l&#8217;origine, le transport, l&#8217;entreposage, la v\u00e9rification, la conformit\u00e9, la d\u00e9claration et l&#8217;admission des produits. Si les prescriptions helv\u00e9tiques diff\u00e8rent de celles des pays voisins, les producteurs \u00e9trangers sont oblig\u00e9s de fabriquer des gammes sp\u00e9ciales pour un march\u00e9 relativement restreint, ce qui augmente le co\u00fbt unitaire pour l&#8217;importateur suisse. Droit des brevets: le principe d&#8217;\u00e9puisement national qui r\u00e9git la l\u00e9gislation suisse sur les brevets emp\u00eache l&#8217;importation directe de certains produits. L&#8217;acquisition de biens doit passer par un importateur officiel, lequel facture parfois davantage que ce que le produit co\u00fbte \u00e0 un utilisateur final \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger. Ententes verticales: dans plusieurs cas, les producteurs essaient de contraindre les commer\u00e7ants de certains pays \u00e0 r\u00e9gler les importations \u00e0 travers un importateur g\u00e9n\u00e9ral plut\u00f4t que d&#8217;importer directement. Ils y parviennent en les mena\u00e7ant par exemple de ne plus fournir de prestations de maintenance ou de garantie en cas d&#8217;importation directe. Dans certaines conditions, ces ententes verticales peuvent \u00eatre attaqu\u00e9es en vertu de la l\u00e9gislation sur la concurrence en vigueur aussi bien en Suisse que dans l&#8217;UE. Toutefois, si elles ont un caract\u00e8re transfrontalier, les sanctions \u00e9ventuelles ne peuvent gu\u00e8re \u00eatre mises en oeuvre \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger; de plus, la coop\u00e9ration entre les autorit\u00e9s suisses et \u00e9trang\u00e8res en mati\u00e8re de concurrence est fortement limit\u00e9e. Effets d&#8217;\u00e9chelle: ils r\u00e9sultent des avantages de taille que peuvent d\u00e9ployer les d\u00e9taillants \u00e9trangers en mati\u00e8re de biens import\u00e9s. ). \u00c0 cela s&#8217;ajoute une interd\u00e9pendance entre ces facteurs, qui finissent par emp\u00eacher les importations parall\u00e8les, car les entraves techniques au commerce, le droit des brevets et les ententes verticales se renforcent souvent mutuellement dans leurs effets Elias et Balast\u00e8r (2006).. Il faut, toutefois, mentionner une autre raison majeure aux diff\u00e9rences de prix que peuvent pr\u00e9senter les importations: les effets d&#8217;\u00e9chelle. De par leur taille, les acheteurs allemands, fran\u00e7ais ou italiens peuvent en effet acqu\u00e9rir des biens \u00e0 des conditions plus favorables que ceux appliqu\u00e9s \u00e0 l&#8217;approvisionnement du march\u00e9 suisse.&#13;<\/p>\n<h3>Des diff\u00e9rences de prix \u00e0 l&#8217;importation dans le secteur alimentaire&#8230;<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nDans le secteur alimentaire, les importateurs suisses paient quelque 30% de plus que leurs confr\u00e8res \u00e9trangers pour le m\u00eame panier de marchandises (moyenne UE4). Les diff\u00e9rences de prix les plus importantes concernent les produits d&#8217;origine animale (37% de plus que la moyenne de l&#8217;UE4) et industriels (33%). Les entraves techniques au commerce et les ententes verticales gonflent surtout les prix des importateurs suisses de produits alimentaires transform\u00e9s \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger. Les effets d&#8217;\u00e9chelle repr\u00e9sentent le principal handicap des autres groupes de produits: la Suisse formant un petit d\u00e9bouch\u00e9, les co\u00fbts unitaires y sont nettement plus \u00e9lev\u00e9s que sur le march\u00e9 int\u00e9rieur de l&#8217;UE.&#13;<\/p>\n<h3>&#8230;et non alimentaire<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nDans le secteur non alimentaire, le diff\u00e9rentiel approchait m\u00eame les 40% en 2005. D&#8217;apr\u00e8s les recherches empiriques, c&#8217;est d&#8217;abord la taille qui explique les diff\u00e9rences de prix dans les importations. Les deux pays qui constituent les plus petits d\u00e9bouch\u00e9s &#8211; l&#8217;Autriche et la Suisse &#8211; paient en effet les prix les plus \u00e9lev\u00e9s. L&#8217;Autriche ach\u00e8te nettement plus de biens non alimentaires hors de l&#8217;UE que ce n&#8217;est le cas pour les produits alimentaires; cela r\u00e9duit d&#8217;autant son avantage par rapport \u00e0 la Suisse (du fait du march\u00e9 int\u00e9rieur de l&#8217;UE). Au deuxi\u00e8me rang des raisons expliquant les prix \u00e9lev\u00e9s des importations en Suisse figurent les entraves techniques au commerce et le principe d&#8217;\u00e9puisement national qui r\u00e9git le droit des brevets.\u00a0Cela dit, le prix des importations varient \u00e9galement suivant les pays europ\u00e9ens, ce qui signifie que le march\u00e9 int\u00e9rieur n&#8217;est pas encore achev\u00e9 et que les anciens r\u00e9seaux de distribution jouent toujours un r\u00f4le important. En effet, dans un march\u00e9 int\u00e9gr\u00e9 et comp\u00e9titif, les d\u00e9taillants seraient contraints d&#8217;adapter rapidement leurs structures et d&#8217;exploiter les effets d&#8217;\u00e9chelle, par exemple en fusionnant, en ajustant leur logistique, en groupant leurs achats, etc.&#13;<\/p>\n<h2>Les effets de l&#8217;adh\u00e9sion autrichienne \u00e0 l&#8217;UE apr\u00e8s 1995<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nUne \u00e9tude, dans ce contexte, des effets de l&#8217;adh\u00e9sion autrichienne \u00e0 l&#8217;UE en 1995 peut se r\u00e9v\u00e9ler d&#8217;une grande utilit\u00e9. Celle-ci a nettement am\u00e9lior\u00e9 les conditions-cadres que l&#8217;\u00c9tat imposait aux biens import\u00e9s en supprimant les droits de douane et les entraves techniques au commerce, tout en rejoignant le syst\u00e8me d&#8217;\u00e9puisement r\u00e9gional contenu dans le droit des brevets de l&#8217;UE.\u00a0On constate que l&#8217;adh\u00e9sion de l&#8217;Autriche a eu des effets r\u00e9els sur les prix. Le secteur alimentaire a particuli\u00e8rement profit\u00e9 d&#8217;une am\u00e9lioration des conditions d&#8217;achat en mati\u00e8re de biens import\u00e9s. En 1995, les prix \u00e0 la consommation des aliments ont, cependant, moins baiss\u00e9 qu&#8217;escompt\u00e9. Les \u00e9conomies r\u00e9alis\u00e9es n&#8217;ont visiblement pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9percut\u00e9es dans toute leur ampleur sur les consommateurs. Dans les ann\u00e9es suivantes, toutefois, le durcissement de la concurrence a permis, petit \u00e0 petit, \u00e0 ceux-ci de profiter de la baisse des co\u00fbts.\u00a0L&#8217;entr\u00e9e dans l&#8217;UE a en effet augment\u00e9 la pression concurrentielle sur le commerce autrichien de d\u00e9tail, en particulier \u00e0 cause de l&#8217;arriv\u00e9e de fournisseurs \u00e9trangers. Sous cette impulsion ainsi que la mutation structurelle qui s&#8217;est ensuivie, le commerce de d\u00e9tail autrichien s&#8217;est fait remarquer par une \u00e9volution \u00e9minemment profitable.&#13;<\/p>\n<h2>L&#8217;impact d&#8217;un accord de libre-\u00e9change sur le commerce de d\u00e9tail suisse<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nAfin d&#8217;obtenir d&#8217;autres indications sur les effets d&#8217;une lib\u00e9ralisation du commerce international des marchandises, on peut proc\u00e9der \u00e0 des simulations quantitatives des marges possibles de diminution des co\u00fbts et des prix, qui r\u00e9sulteraient des diff\u00e9rents sc\u00e9narios de lib\u00e9ralisation.\u00a0Dans le sc\u00e9nario \u00ablibre-\u00e9change\u00bb, qui postule la suppression de toutes les entraves aux importations, le potentiel de baisse des prix est d&#8217;environ 4% pour le commerce de d\u00e9tail suisse. M\u00eame apr\u00e8s l&#8217;ouverture du march\u00e9, il subsisterait donc des diff\u00e9rences importantes par rapport aux pays voisins en mati\u00e8re de prix \u00e0 la consommation.\u00a0Les co\u00fbts et les prix diminueraient nettement plus &#8211; soit de 15% d&#8217;apr\u00e8s les simulations effectu\u00e9es &#8211; si le march\u00e9 int\u00e9rieur suisse \u00e9tait davantage d\u00e9r\u00e9glement\u00e9 (sc\u00e9nario \u00ablibre-\u00e9change ++\u00bb, voir graphique 2). Les principaux candidats \u00e0 la lib\u00e9ralisation sont le secteur agricole et celui de l&#8217;\u00e9nergie, mais l&#8217;entier du potentiel ne saurait \u00eatre lib\u00e9r\u00e9 que si tous les secteurs profitaient d&#8217;un r\u00e9gime de march\u00e9 lib\u00e9ral.&#13;<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nEn ce qui concerne l&#8217;ordre de priorit\u00e9 de la politique \u00e9conomique, on peut donc r\u00e9sumer en disant que l&#8217;\u00eelot de chert\u00e9 suisse ne sera entam\u00e9 qu&#8217;au prix d&#8217;une politique de lib\u00e9ralisation int\u00e9grale. L&#8217;analyse de la densit\u00e9 normative dans le commerce de d\u00e9tail helv\u00e9tique r\u00e9v\u00e8le qu&#8217;en mati\u00e8re de circulation internationale des marchandises, il existe toute une s\u00e9rie de r\u00e8glements qui gonflent les prix en se renfor\u00e7ant souvent mutuellement.\u00a0Une politique de libre-\u00e9change peut entra\u00eener une baisse sensible des prix. Cependant, si les r\u00e9formes se cantonnent \u00e0 la circulation internationale des marchandises, il subsistera de fortes diff\u00e9rences de prix \u00e0 la consommation par rapport \u00e0 la moyenne europ\u00e9enne. Les simulations d\u00e9montrent que les prix suisses ne pourront se comparer \u00e0 ceux de l&#8217;UE qu&#8217;en op\u00e9rant une lib\u00e9ralisation compl\u00e8te de tous les march\u00e9s.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1 \u00abNiveaux relatifs des prix pour les biens import\u00e9s dans les secteurs alimentaire et non alimentaire, 2005\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2 \u00abNiveau relatif index\u00e9 des prix dans le commerce suisse de d\u00e9tail, r\u00e9ference UE4\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: Les raisons qui peuvent expliquer les diff\u00e9rences de co\u00fbt en mati\u00e8re de biens import\u00e9s Droits de douane: dans le secteur alimentaire, les droits \u00e0 l&#8217;importation jouent encore un r\u00f4le important. Pour les produits alimentaires import\u00e9s en Suisse, la surcharge douani\u00e8re moyenne est de 8% par rapport \u00e0 l&#8217;UE (2005).Prescriptions en mati\u00e8re de d\u00e9claration douani\u00e8re: la complication des formalit\u00e9s douani\u00e8res, les heures limit\u00e9es d&#8217;ouverture des douanes suisses ou la longueur des temps d&#8217;attente \u00e0 la fronti\u00e8re augmentent les co\u00fbts de transaction. Comme le montre une \u00e9tude d&#8217;Avenir Suisse (2006), les co\u00fbts de transaction li\u00e9s aux barri\u00e8res douani\u00e8res repr\u00e9sentent 2,3% de la valeur \u00e0 l&#8217;importation.Entraves techniques au commerce: il s&#8217;agit de lois et prescriptions concernant les propri\u00e9t\u00e9s, la consistance, l&#8217;emballage, l&#8217;\u00e9tiquetage, l&#8217;origine, le transport, l&#8217;entreposage, la v\u00e9rification, la conformit\u00e9, la d\u00e9claration et l&#8217;admission des produits. Si les prescriptions helv\u00e9tiques diff\u00e8rent de celles des pays voisins, les producteurs \u00e9trangers sont oblig\u00e9s de fabriquer des gammes sp\u00e9ciales pour un march\u00e9 relativement restreint, ce qui augmente le co\u00fbt unitaire pour l&#8217;importateur suisse.Droit des brevets: le principe d&#8217;\u00e9puisement national qui r\u00e9git la l\u00e9gislation suisse sur les brevets emp\u00eache l&#8217;importation directe de certains produits. L&#8217;acquisition de biens doit passer par un importateur officiel, lequel facture parfois davantage que ce que le produit co\u00fbte \u00e0 un utilisateur final \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger.Ententes verticales: dans plusieurs cas, les producteurs essaient de contraindre les commer\u00e7ants de certains pays \u00e0 r\u00e9gler les importations \u00e0 travers un importateur g\u00e9n\u00e9ral plut\u00f4t que d&#8217;importer directement. Ils y parviennent en les mena\u00e7ant par exemple de ne plus fournir de prestations de maintenance ou de garantie en cas d&#8217;importation directe. Dans certaines conditions, ces ententes verticales peuvent \u00eatre attaqu\u00e9es en vertu de la l\u00e9gislation sur la concurrence en vigueur aussi bien en Suisse que dans l&#8217;UE. Toutefois, si elles ont un caract\u00e8re transfrontalier, les sanctions \u00e9ventuelles ne peuvent gu\u00e8re \u00eatre mises en oeuvre \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger; de plus, la coop\u00e9ration entre les autorit\u00e9s suisses et \u00e9trang\u00e8res en mati\u00e8re de concurrence est fortement limit\u00e9e.Effets d&#8217;\u00e9chelle: ils r\u00e9sultent des avantages de taille que peuvent d\u00e9ployer les d\u00e9taillants \u00e9trangers en mati\u00e8re de biens import\u00e9s.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 2: Bibliographie &#8211; Avenir Suisse, Teure Grenze, mars 2006 (les auteurs, Peter Moser et Ruedi Minsch, ont publi\u00e9 un r\u00e9sum\u00e9 de l&#8217;\u00e9tude en fran\u00e7ais dans La Vie \u00e9conomique de mars 2006 sous le titre \u00abLe co\u00fbt \u00e9conomique des passages en douane: r\u00e9sultats d&#8217;une enqu\u00eate effectu\u00e9e aupr\u00e8s des entreprises\u00bb).- BAK Basel Economics, Comparaison internationale des facteurs d\u00e9terminant les prix et les co\u00fbts dans le commerce de d\u00e9tail, \u00e9tude sur mandat de la Communaut\u00e9 d&#8217;int\u00e9r\u00eat du commerce de d\u00e9tail suisse (CICDS), septembre 2006.- BAK Basel Economics, Auswirkungen einer Liberalisierung des internationalen Warenverkehrs auf den Schweizer Detailhandel, \u00e9tude command\u00e9e par le Secr\u00e9tariat d&#8217;\u00c9tat \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie (SECO), 2007.- Jiri Elias et Peter Balast\u00e8r, \u00abL&#8217;influence de l&#8217;\u00c9tat sur la formation des prix dans le commerce de d\u00e9tail\u00bb, La Vie \u00e9conomique, 10-2006, p. 48-51.- Secr\u00e9tariat d&#8217;\u00c9tat \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie (SECO), Rapport comparatif sur la lib\u00e9ralisation des services en Suisse et dans l&#8217;UE, Grundlagen der Wirtschaftspolitik n\u00b0 12D, Berne, 2005.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les prix du commerce de d\u00e9tail suisse sont \u00e9lev\u00e9s par rapport \u00e0 ceux pratiqu\u00e9s en Europe. 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Les obstacles qui en limitent l&#8217;acc\u00e8s sont \u00e0 la fois d&#8217;ordre \u00e9tatique (p. ex. douane et entraves techniques) et priv\u00e9 (p. ex. ententes entre entrepreneurs ou [&hellip;]<\/p>","protected":false},"author":2824,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"ep_exclude_from_search":false,"footnotes":""},"post__type":[83],"post_opinion":[],"post_serie":[],"post_content_category":[105],"post_content_subject":[],"acf":{"seco_author":2824,"seco_co_author":[2948,0],"author_override":"","seco_author_post_ocupation_year":"","seco_author_post_occupation_de":"Mitglied der Gesch\u00e4ftsleitung, Leiter Branchen- und Wirkungsanalysen, BAK Economics, Basel","seco_author_post_occupation_fr":"Membre de la direction et chef des domaines Analyses sectorielles et Analyse de l\u2019impact \u00e9conomique, BAK Economics, B\u00e2le","seco_co_authors_post_ocupation":[{"seco_co_author":2948,"seco_co_author_post_occupation_year":"","seco_co_author_post_occupation_de":"Economist, BAK Basel Economics, Basel","seco_co_author_post_occupation_fr":"Economist, BAK Basel Economics, B\u00e2le"}],"short_title":"","post_lead":"","post_hero_image_description":"","post_hero_image_description_copyright_de":"","post_hero_image_description_copyright_fr":"","post_references_literature":"","post_kasten":null,"post_notes_for_print":"","first_teaser_header_de":"","first_teaser_header_fr":"","first_teaser_text_de":"","first_teaser_text_fr":"","second_teaser_header_de":"","second_teaser_header_fr":"","second_teaser_text_de":"","second_teaser_text_fr":"","kseason_de":"","kseason_fr":"","post_in_pdf":154641,"main_focus":null,"serie_email":null,"frontpage_slider_bild":"","artikel_bild-slider":null,"legacy_id":"9476","post_abstract":"","magazine_issue":null,"seco_author_reccomended_post":null,"redaktoren":null,"korrektor":null,"planned_publication_date":null,"original_files":null,"external_release_for_author":"19700101","external_release_for_author_time":"00:00:00","link_for_external_authors":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/exedit\/55d49125659f0"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/154638"}],"collection":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2824"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=154638"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/154638\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":190090,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/154638\/revisions\/190090"}],"acf:user":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/0"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2948"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2824"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=154638"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post__type","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post__type?post=154638"},{"taxonomy":"post_opinion","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_opinion?post=154638"},{"taxonomy":"post_serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_serie?post=154638"},{"taxonomy":"post_content_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_category?post=154638"},{"taxonomy":"post_content_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_subject?post=154638"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}