{"id":154668,"date":"2007-03-01T12:00:00","date_gmt":"2007-03-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2007\/03\/schaltegger-16\/"},"modified":"2023-08-24T01:18:37","modified_gmt":"2023-08-23T23:18:37","slug":"schaltegger-16","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2007\/03\/schaltegger-16\/","title":{"rendered":"Comment assainir les budgets nationaux?une comparaison internationale"},"content":{"rendered":"<p>Au cours des quarante derni\u00e8res ann\u00e9es, les quotes-parts d&#8217;endettement de nombreux pays de l&#8217;OCDE ont atteint un niveau historiquement \u00e9lev\u00e9, qui n&#8217;avait \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 que durant les p\u00e9riodes d&#8217;apr\u00e8s-guerre. La Suisse ne fait pas exception, m\u00eame si sa propre quote-part d&#8217;endettement est relativement faible en comparaison internationale. Cette situation conduit les milieux politiques \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir, depuis environ deux ans, sur la meilleure formule en mati\u00e8re d&#8217;assainissement budg\u00e9taire. Les questions sont les suivantes: quelle doit \u00eatre la port\u00e9e des all\u00e8gements budg\u00e9taires? la consolidation doit-elle passer par une r\u00e9duction des d\u00e9penses ou par un accroissement des recettes? dans quelles circonstances l&#8217;assainissement all\u00e9gera-t-il effectivement le budget \u00e0 long terme? une telle mesure s&#8217;accompagne-t-elle forc\u00e9ment d&#8217;une r\u00e9cession Les vues exprim\u00e9es dans cet article sont exclusivement celles de l&#8217;auteur. ?<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/200703_17_Schaltegger_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"248\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nAlesina et Perotti (1997) ainsi qu&#8217;Alesina et Ardagna (1998) ont \u00e9t\u00e9 les premiers \u00e0 se pencher sur l&#8217;examen empirique des assainissements budg\u00e9taires. Selon eux, ces derniers sont concluants s&#8217;ils se font principalement par le biais de r\u00e9ductions cibl\u00e9es des d\u00e9penses dans le domaine des transferts. Ils \u00e9chouent, par contre, souvent lorsque la priorit\u00e9 est accord\u00e9e \u00e0 la r\u00e9duction des d\u00e9penses d&#8217;investissement et \u00e0 l&#8217;augmentation des imp\u00f4ts. Zaghini (2001) confirme \u00e9galement, par des \u00e9vidences empiriques, que les consolidations r\u00e9ussies \u00e0 long terme ont \u00e9t\u00e9 atteintes gr\u00e2ce \u00e0 des r\u00e9ductions discr\u00e9tionnaires des d\u00e9penses. Le pr\u00e9sent article se propose de v\u00e9rifier les conclusions susmentionn\u00e9es. Il compare, en outre, la situation de la Suisse avec les autres pays et plus particuli\u00e8rement avec l&#8217;Irlande. Ce rapprochement est int\u00e9ressant, car ces deux nations ont entam\u00e9 en 2000 un assainissement budg\u00e9taire qui ne s&#8217;est pas traduit par les m\u00eames r\u00e9sultats.&#13;<\/p>\n<h2>Les assainissements budg\u00e9taires dans les pays de l&#8217;OCDE<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL&#8217;analyse se fonde sur les donn\u00e9es fournies par l&#8217;OCDE: exception faite de la Norv\u00e8ge, elle int\u00e8gre tous les pays ne pr\u00e9sentant pas de grosses lacunes dans les donn\u00e9es pour la p\u00e9riode 1980-2007 L&#8217;OCDE ne dispose de donn\u00e9es sur la Suisse que depuis 1990. . Les importants gisements p\u00e9troliers de la Norv\u00e8ge r\u00e9duisent sa pertinence en mati\u00e8re de finances publiques: de ce fait, elle n&#8217;est g\u00e9n\u00e9ralement pas prise en compte dans les comparaisons internationales. L&#8217;\u00e9chantillonnage se compose d\u00e8s lors de 23 pays et regroupe un total de 644 observations, r\u00e9parties sur la p\u00e9riode allant de 1980 \u00e0 2007.\u00a0Dans un premier temps, nous examinerons si et quand ces 23 pays ont pris des mesures pour assainir les finances de l&#8217;\u00c9tat. Puis, dans un deuxi\u00e8me temps, nous \u00e9valuerons si ces phases de consolidation se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es concluantes \u00e0 long terme. La d\u00e9finition d&#8217;une am\u00e9lioration notable et concluante de la situation financi\u00e8re est emprunt\u00e9e \u00e0 Alesina et Perotti (1997) La d\u00e9finition d&#8217;Alesina et Perotti (1997) se concentre sur les all\u00e8gements budg\u00e9taires marquants et discr\u00e9tionnaires. Ceux qui ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s graduellement sur un horizon temporel plus long ne sont pas inclus dans cette d\u00e9finition. :\u00a0&#8211; on parle d&#8217;une phase d&#8217;am\u00e9lioration budg\u00e9taire notable si le solde primaire augmente en un an d&#8217;au moins 1,5 point de&nbsp;% du produit int\u00e9rieur brut (PIB) ou si, en l&#8217;espace de deux ann\u00e9es cons\u00e9cutives, il augmente d&#8217;au moins 1,25 point de&nbsp;% du PIB par an;\u00a0&#8211; une phase d&#8217;assainissement budg\u00e9taire est concluante si, dans les trois ans suivant la consolidation, le solde primaire augmente en moyenne d&#8217;au moins 2 points de&nbsp;% du PIB par rapport \u00e0 la derni\u00e8re ann\u00e9e de la phase d&#8217;assainissement ou si, trois ans apr\u00e8s, la quote-part d&#8217;endettement brut se situe \u00e0 au moins 5 points de&nbsp;% en de\u00e7\u00e0 de la valeur de la derni\u00e8re ann\u00e9e de la phase d&#8217;assainissement.\u00a0 \u00a0Sur la base de ces crit\u00e8res, les 644 observations se sont traduites par un total de 100 p\u00e9riodes d&#8217;assainissement budg\u00e9taire se r\u00e9partissant sur 22 des 23 pays. Le cycle conjoncturel doit-il \u00eatre int\u00e9gr\u00e9 au traitement des donn\u00e9es? Pour r\u00e9pondre \u00e0 cette question, nous avons compar\u00e9 les soldes primaires bruts avec ceux corrig\u00e9s des cycles. Ces derniers ne jouent qu&#8217;un r\u00f4le accessoire lors de l&#8217;identification des all\u00e8gements budg\u00e9taires fondamentaux (voir tableau 1).&#13;<\/p>\n<h2>Caract\u00e9ristiques des all\u00e8gements budg\u00e9taires r\u00e9ussis et rat\u00e9s<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe tableau 2 s&#8217;int\u00e9resse au succ\u00e8s des assainissements budg\u00e9taires identifi\u00e9s. Selon les d\u00e9finitions 1 et 2, 46% des all\u00e8gements budg\u00e9taires ont \u00e9t\u00e9 concluants alors que pour les 54% restants, les mesures prises ne se sont pas av\u00e9r\u00e9es durables. Neuf des 22 pays n&#8217;ont pas pu concr\u00e9tiser leurs efforts: Belgique, Allemagne, France, Japon, Luxembourg, Autriche, Portugal, Suisse et Cor\u00e9e du Sud.\u00a0Sur la p\u00e9riode 1980-2007, le solde primaire s&#8217;est \u00e9lev\u00e9 en moyenne \u00e0 0,32% du PIB. Si l&#8217;on consid\u00e8re les int\u00e9r\u00eats vers\u00e9s, le d\u00e9ficit se situe en moyenne \u00e0 2% du PIB. La quote-part de l&#8217;\u00c9tat a en moyenne l\u00e9g\u00e8rement progress\u00e9 de 0,07 point de&nbsp;% par an tandis que la quote-part des recettes affichait une hausse sensiblement plus marqu\u00e9e de 0,17 point de&nbsp;% par an. L&#8217;accroissement des d\u00e9penses sociales a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 notable avec en moyenne 0,16 point de&nbsp;% du PIB par an. De m\u00eame, l&#8217;endettement a connu une hausse moyenne de 0,88 point de&nbsp;% du PIB par an.\u00a0Le solde primaire moyen \u00e9tait de 1,05% durant les phases de consolidation et se situait nettement plus haut que durant les autres p\u00e9riodes. Par ailleurs, les phases de consolidation se sont distingu\u00e9es par une forte progression du solde primaire (2,31 points de&nbsp;% par an). Ces p\u00e9riodes se sont non seulement accompagn\u00e9es d&#8217;une r\u00e9duction sensible des d\u00e9penses (-1,34 point de&nbsp;%), mais \u00e9galement d&#8217;une hausse moins importante des recettes (0,88 point de&nbsp;%). Dans les pays o\u00f9 les all\u00e8gements budg\u00e9taires ont r\u00e9ussi, la quote-part de l&#8217;\u00c9tat a baiss\u00e9 en moyenne de 1,86 point de&nbsp;% tandis que celle des recettes augmentait de 0,45 point de&nbsp;%. La croissance \u00e9conomique s&#8217;y est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e vraiment \u00e9lev\u00e9e (3,9%) et se situe nettement au-dessus de la croissance non pond\u00e9r\u00e9e du G7 (Allemagne, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon, Canada, \u00c9tats-Unis). Les dettes ont pu, comme pr\u00e9vu, \u00eatre ramen\u00e9es \u00e0 un niveau beaucoup plus faible durant les phases d&#8217;assainissement concluantes que durant celles qui ont \u00e9chou\u00e9. On remarque, en outre, que les pays qui ont r\u00e9ussi \u00e0 consolider leur budget accusaient auparavant des dettes sup\u00e9rieures \u00e0 la moyenne. Dans leur cas, l&#8217;endettement s&#8217;\u00e9levait en moyenne \u00e0 pr\u00e8s de 69% du PIB, alors qu&#8217;il se situait \u00e0 61% sur l&#8217;ensemble des p\u00e9riodes.\u00a0Les valeurs calcul\u00e9es appuient la th\u00e8se selon laquelle les all\u00e8gements budg\u00e9taires sont concluants \u00e0 long terme lorsqu&#8217;ils passent principalement par une r\u00e9vision des d\u00e9penses Alesina et Perotti (1997). . En effet, dans le cas des assainissements budg\u00e9taires malheureux, les recettes ont augment\u00e9 de 1,23 point de&nbsp;% en moyenne et de seulement 0,45 point lors d&#8217;assainissements budg\u00e9taires r\u00e9ussis. De m\u00eame, les d\u00e9penses n&#8217;ont pu \u00eatre r\u00e9duites que de 0,89 point de&nbsp;% lors de tentatives infructueuses, tandis que la quote-part de l&#8217;\u00c9tat baissait de 1,86 point de&nbsp;% par an dans les cas concluants.&#13;<\/p>\n<h2>Situation financi\u00e8re avant et apr\u00e8s les phases d&#8217;assainissement budg\u00e9taire<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe tableau 3 d\u00e9montre que les efforts de consolidation budg\u00e9taire sont consentis quand les d\u00e9ficits primaires sont relativement \u00e9lev\u00e9s au cours de la phase pr\u00e9liminaire d&#8217;assainissement budg\u00e9taire Moyenne des trois ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes. . Ainsi, les donn\u00e9es confirment l&#8217;hypoth\u00e8se selon laquelle les milieux politiques ne r\u00e9agissent que lorsque le budget est dans une situation critique Cette constatation rel\u00e8ve de l&#8217;\u00e9vidence: en effet, il n&#8217;y a pas de raison d&#8217;assainir le budget sans d\u00e9s\u00e9quilibre budg\u00e9taire. Elle fait \u00e9galement \u00e9cho au malaise souvent exprim\u00e9 selon lequel des corrections budg\u00e9taires ne sont d\u00e9cid\u00e9es que lorsque la situation devient urgente plut\u00f4t que pour emp\u00eacher que cela ne se produise. . Curieusement, le d\u00e9ficit primaire lors d&#8217;assainissements r\u00e9ussis s&#8217;av\u00e8re, dans la phase pr\u00e9liminaire, deux fois plus \u00e9lev\u00e9 avec -1,28% du PIB que dans les pays o\u00f9 l&#8217;assainissement n&#8217;\u00e9tait pas durable (0,63% du PIB). Les quotes-parts de l&#8217;\u00c9tat sont \u00e9galement en hausse durant cette p\u00e9riode. D\u00e9j\u00e0 \u00e9lev\u00e9, l&#8217;endettement progresse durant la phase pr\u00e9liminaire d&#8217;all\u00e8gement budg\u00e9taire de 2,8 et 2,6 points de&nbsp;% par an en moyenne. Quant \u00e0 la croissance \u00e9conomique, elle se r\u00e9v\u00e8le mod\u00e9r\u00e9e, voire moyenne avec 1,9% et 2,7%.\u00a0La p\u00e9riode qui suit l&#8217;all\u00e8gement budg\u00e9taire se distingue fortement de la phase pr\u00e9liminaire: les pays qui ont r\u00e9ussi \u00e0 assainir leurs finances ont d\u00e9gag\u00e9 un exc\u00e9dent primaire de 2,5% du PIB en moyenne au cours des trois ann\u00e9es qui ont suivi, avec une l\u00e9g\u00e8re tendance \u00e0 l&#8217;am\u00e9lioration. La quote-part de l&#8217;\u00c9tat a pu \u00eatre r\u00e9duite de 0,2 point de&nbsp;% suppl\u00e9mentaire par an. Au cours de la m\u00eame p\u00e9riode, l&#8217;endettement a globalement baiss\u00e9 de 2,5 points de&nbsp;%, tandis que la croissance \u00e9conomique s&#8217;\u00e9levait au-dessus de la moyenne, avec un taux de 3,5% par an. Cela pourrait donc signifier qu&#8217;une politique financi\u00e8re restrictive non seulement ne d\u00e9clenche pas de r\u00e9cession, mais se traduit au contraire par une expansion. En \u00e9conomie, on peut le justifier par le fait qu&#8217;une r\u00e9duction des transferts et des imp\u00f4ts \u00e0 l&#8217;origine de distorsions permet d&#8217;am\u00e9liorer aussi bien l&#8217;efficacit\u00e9 de l&#8217;allocation que celle de la production. Les \u00e9vidences empiriques de tels \u00abeffets non keyn\u00e9siens\u00bb ne sont, cependant, pas sans ambigu\u00eft\u00e9 Voir les travaux de Giavazzi et Pagano (1995), Hogan (2004), Miller et Russek (2003) ou Perotti (1999). . L&#8217;\u00e9l\u00e9ment d\u00e9terminant pour juger de l&#8217;effet positif ou n\u00e9gatif d&#8217;une consolidation sur la croissance et la consommation semble \u00eatre, en fin de compte, la volont\u00e9 cr\u00e9dible du gouvernement de consolider effectivement les finances Prammer (2004). .&#13;<\/p>\n<h2>Les assainissements budg\u00e9taires de 2000: une comparaison Suisse-Irlande<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa comparaison des deux pays est donn\u00e9e \u00e0 titre d&#8217;illustration. Elle se fonde sur le fait que, d&#8217;une part, ceux-ci ont profit\u00e9, la m\u00eame ann\u00e9e, d&#8217;une am\u00e9lioration budg\u00e9taire notable et que, d&#8217;autre part, les r\u00e9sultats ont \u00e9t\u00e9 diff\u00e9rents. La mise en parall\u00e8le de deux pays aux caract\u00e9ristiques historiques, culturelles, institutionnelles, \u00e9conomiques et sociod\u00e9mographiques si dissemblables ne rev\u00eat, cependant, qu&#8217;une pertinence tr\u00e8s limit\u00e9e. Il faut, de plus, consid\u00e9rer le fait que la politique suisse en mati\u00e8re de finances est fortement empreinte de f\u00e9d\u00e9ralisme.\u00a0Comme le montre le tableau 1, aussi bien l&#8217;Irlande que la Suisse ont connu en 2000 une am\u00e9lioration budg\u00e9taire notable. Selon la d\u00e9finition d&#8217;Alesina et Perotti, celle de la Suisse ne peut pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme durable. En effet, le solde primaire s&#8217;est \u00e0 nouveau d\u00e9t\u00e9rior\u00e9 apr\u00e8s l&#8217;an 2000. Devenus n\u00e9cessaires, les programmes d&#8217;all\u00e8gement du budget (PAB) 2003 et 2004 Voir les arr\u00eat\u00e9s f\u00e9d\u00e9raux du 19 d\u00e9cembre 2003 (RO 2004 1633) et du 17 juin 2005 (RO 2005 5427). au niveau de la Conf\u00e9d\u00e9ration, accompagn\u00e9s d&#8217;action du m\u00eame ordre dans les cantons et les communes, prouvent que les efforts d&#8217;assainissement consentis en 1999 et 2000 n&#8217;\u00e9taient pas promis au succ\u00e8s \u00e0 long terme. Il convient, n\u00e9anmoins, de consid\u00e9rer que, dans le cas de la Suisse, les dettes se sont accrues d&#8217;environ 10 milliards de francs suppl\u00e9mentaires en 2002 du fait de l&#8217;assainissement d&#8217;anciennes charges et de corrections statistiques Il sied en outre de tenir compte du fait que la Suisse a affich\u00e9 pendant toute la p\u00e9riode des taux de croissance nettement inf\u00e9rieurs \u00e0 ceux de l&#8217;Irlande. . Reste que, m\u00eame sans consid\u00e9rer ces facteurs particuliers, l&#8217;assainissement de 1999\/2000 ne peut pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme abouti.\u00a0\u00c0 l&#8217;instar de la Suisse, apr\u00e8s une am\u00e9lioration initiale du solde primaire, l&#8217;Irlande n&#8217;est pas parvenue \u00e0 maintenir une stabilisation budg\u00e9taire durable. Or, le tableau 4 r\u00e9v\u00e8le la raison pour laquelle l&#8217;assainissement men\u00e9 par l&#8217;Irlande peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme r\u00e9ussi: tandis que cette derni\u00e8re r\u00e9ussissait \u00e0 amortir sensiblement ses dettes au-del\u00e0 de la phase d&#8217;assainissement, celles de la Suisse augmentaient \u00e0 nouveau (comme l&#8217;indique le rapport du Conseil f\u00e9d\u00e9ral sur l&#8217;\u00e9volution de la dette publique). L&#8217;endettement irlandais d\u00e9passait encore 100% du PIB au milieu des ann\u00e9es quatre-vingt. Un premier assainissement budg\u00e9taire, en 1983 et 1984, s&#8217;est sold\u00e9 par un \u00e9chec. En 1987, le nouveau gouvernement a remis l&#8217;ouvrage sur le m\u00e9tier et s&#8217;est concentr\u00e9 sur les d\u00e9penses; la mesure a, cette fois-ci, port\u00e9 ses fruits. L&#8217;assainissement effectu\u00e9 en l&#8217;an 2000 a suivi le m\u00eame sch\u00e9ma: il a permis de r\u00e9duire les dettes de plus de 50% pour les ramener \u00e0 un niveau nettement inf\u00e9rieur \u00e0 40% du PIB. Ce sont principalement les importantes privatisations r\u00e9alis\u00e9es depuis 1987 qui sont \u00e0 l&#8217;origine de cette impressionnante r\u00e9duction de l&#8217;endettement public. Ces op\u00e9rations ne peuvent, toutefois, se r\u00e9p\u00e9ter \u00e0 l&#8217;infini.\u00a0Si l&#8217;on compare la composition du budget apr\u00e8s l&#8217;\u00e9volution des d\u00e9penses et des recettes, on remarque \u00e9galement des diff\u00e9rences int\u00e9ressantes: la Suisse est parvenue \u00e0 r\u00e9duire notablement la quote-part des d\u00e9penses pendant la phase d&#8217;assainissement, mais n&#8217;a pas respect\u00e9 cette discipline sur la dur\u00e9e. En revanche, l&#8217;Irlande a impos\u00e9 une diminution durable des d\u00e9penses. Ainsi, alors que celle-ci concentrait principalement son assainissement sur les d\u00e9penses, la Suisse qui avait commenc\u00e9 avec les m\u00eames m\u00e9thodes, faisait machine arri\u00e8re.&#13;<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL&#8217;analyse des 23 pays de l&#8217;OCDE d\u00e9montre que les assainissements budg\u00e9taires portent leurs fruits lorsque la situation est critique \u00e0 la base. Autrement dit, les pays qui ont men\u00e9 \u00e0 bien leurs assainissements budg\u00e9taires affichaient un taux d&#8217;endettement \u00e9lev\u00e9 et croissant, des quotes-parts de l&#8217;\u00c9tat en hausse et une faible croissance \u00e9conomique. Il est int\u00e9ressant de noter que le succ\u00e8s des efforts de consolidation d\u00e9pend des mesures prises au plan des d\u00e9penses. \u00a0L&#8217;\u00e9chec de la tentative suisse provient surtout du fait que la discipline n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 maintenue \u00e0 ce dernier niveau apr\u00e8s 1999\/2000. L&#8217;ann\u00e9e 2006 sera tr\u00e8s vraisemblablement synonyme d&#8217;am\u00e9liorations budg\u00e9taires notables pour la Suisse. Si, contrairement \u00e0 la tentative de 1999\/2000, elle parvient \u00e0 ma\u00eetriser \u00e0 long terme l&#8217;\u00e9volution des d\u00e9penses, les conditions d&#8217;un assainissement budg\u00e9taire r\u00e9ussi seront r\u00e9unies.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 1 \u00abP\u00e9riodes d&#8217;am\u00e9lioration budg\u00e9taire notable dans les pays de l&#8217;OCDE, 1980-2007\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 2 \u00abModifications des recettes, d\u00e9penses, d\u00e9ficits, dettes et taux de croissance au fil du temps (en&nbsp;% et point de&nbsp;% du PIB)\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 3 \u00ab\u00c9volution avant, pendant et apr\u00e8s la phase de consolidation (en&nbsp;% et en point de&nbsp;% du PIB)\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 4 \u00abComparaison des assainissements budg\u00e9taires en Suisse et en Irlande, 1999\u20132000\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Encadr\u00e9 1: Bibliographie<\/b>&#13;<br \/>\n&#8211; Alesina A. et Ardagna S., \u00abTales of Fiscal Adjustment\u00bb, Economic Policy, 21, 1998, p. 205-247.- Alesina A. et Perotti R., Fiscal Adjustments in OECD Countries: Composition and Macroeconomic Effects, IMF Staff Papers, 44, 1997, p. 210-248.- Giavazzi F. et Pagano M., Non-Keynesian Effects of Fiscal Policy Changes: International Evidence and the Swedish Experience, NBER Working Paper n\u00b0 5332, Cambridge, NBER, 1995.- Hogan V., \u00abExpansionary Fiscal Contractions? Evidence from Panel Data\u00bb, Scandanavian Journal of Economics, 106, 2004, p. 647-659.- Miller S. et Russek F., \u00abThe Relationship between Large Fiscal Adjustments and Short-term Output Growth under Alternative Fiscal Policy Regimes\u00bb, Contemporary Economic Policy, 21, 2003, p. 41-58.- Perotti R., \u00abFiscal Policy in Good Times and Bad\u00bb, Quarterly Journal of Economics, 114, 1999, p. 1399-1436.- Prammer D., \u00abExpansionary Fiscal Consolidations? An Appraisal of the Literature on Non-Keynesian Effects of Fiscal Policy and a Case Study for Austria\u00bb, dans \u00d6sterreichische Nationalbank, Monetary Policy &amp; The Economy: Quarterly Review of Economic Policy, Vienne, 2004, p. 34-52.- Zaghini A., \u00abFiscal Adjustments and Economic Performing: A Comparative Study\u00bb, Applied Economics, 33, 2001, 613-624.- Administration f\u00e9d\u00e9rale des finances (AFF), Rapport du Conseil f\u00e9d\u00e9ral relatif \u00e0 l&#8217;\u00e9volution de la dette des administrations publiques, 2006.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au cours des quarante derni\u00e8res ann\u00e9es, les quotes-parts d&#8217;endettement de nombreux pays de l&#8217;OCDE ont atteint un niveau historiquement \u00e9lev\u00e9, qui n&#8217;avait \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 que durant les p\u00e9riodes d&#8217;apr\u00e8s-guerre. La Suisse ne fait pas exception, m\u00eame si sa propre quote-part d&#8217;endettement est relativement faible en comparaison internationale. 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