{"id":154738,"date":"2007-01-01T12:00:00","date_gmt":"2007-01-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2007\/01\/knecht-6\/"},"modified":"2023-08-24T01:18:48","modified_gmt":"2023-08-23T23:18:48","slug":"knecht-6","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2007\/01\/knecht-6\/","title":{"rendered":"La contribution du Seco aux progr\u00e8s de la microfinance"},"content":{"rendered":"<p>Le microfinancement n&#8217;est pas un rem\u00e8de absolu \u00e0 la pauvret\u00e9; il repr\u00e9sente, toutefois, une arme particuli\u00e8rement efficace pour la combattre. En effet, seul l&#8217;acc\u00e8s au microcr\u00e9dit permet aux plus pauvres de d\u00e9passer le stade de la lutte pour la survie quotidienne, de planifier leur avenir et d&#8217;y investir. L&#8217;arrimage de la microfinance \u00e0 l&#8217;univers occidental de la finance,encourag\u00e9 par le Secr\u00e9tariat d&#8217;\u00c9tat \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie (Seco) repr\u00e9sente une contribution inventive et f\u00e9conde qui va en ce sens. Par le biais du Swiss Investment Fund for Emerging Markets (Sifem, en fran\u00e7ais Fonds d&#8217;investissement suisse pour les march\u00e9s \u00e9mergents), le Seco propose des solutions de refinancement \u00e9labor\u00e9es \u00e0 des institutions sp\u00e9cialis\u00e9es dans la microfinance (IMF), qui travaillent sur une base commerciale.<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/200701_19_Knecht_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"278\" \/>&#13;<\/p>\n<h2>Les faiblesses originelles de la microfinance<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL&#8217;ann\u00e9e internationale du microcr\u00e9dit, organis\u00e9e en 2005 par l&#8217;ONU, puis le prix Nobel de la paix d\u00e9cern\u00e9 \u00e0 Muhammad Yunus ont braqu\u00e9 les feux de l&#8217;actualit\u00e9 mondiale sur la microfinance. On estime que 500 millions de m\u00e9nages dans le monde veulent acc\u00e9der au microcr\u00e9dit. Les besoins en ce domaine sont \u00e9valu\u00e9s \u00e0 quelque 100 milliards d&#8217;USD, dont 40 pour l&#8217;Inde uniquement. Des IMF sont sorties de terre comme des champignons ces deux derni\u00e8res d\u00e9cennies et \u00e0 l&#8217;heure actuelle, leur nombre doit largement d\u00e9passer les 10000. Toutefois, les ressources financi\u00e8res dont elles ont besoin pour alimenter leurs clients en microcr\u00e9dits et produits apparent\u00e9s d\u00e9passent de loin le montant que l&#8217;\u00c9tat et la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement mettent \u00e0 leur disposition, soit 3 milliards d&#8217;USD environ l&#8217;an dernier. M\u00eame le recours aux d\u00e9p\u00f4ts d&#8217;\u00e9pargne, pour autant qu&#8217;il soit \u00e0 la port\u00e9e des IMF, ne suffirait pas \u00e0 combler leurs besoins, tant s&#8217;en faut. Ajoutons que le refinancement des IMF a surtout \u00e9t\u00e9 le lot, jusqu&#8217;ici, des bailleurs de fonds \u00e0 vocation\u00a0non commerciale, qui op\u00e8rent \u00e0 partir de pr\u00eats parfois fortement subventionn\u00e9s et mettent de l&#8217;argent \u00e0 disposition sous forme de capital propre.&#13;<\/p>\n<h2>Pousser \u00e0 l&#8217;int\u00e9gration durable dans les march\u00e9s financiers internationaux<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nCe financement, effectu\u00e9 sous forme de don, cr\u00e9e, toutefois, des situations de d\u00e9pendance \u00e0 l&#8217;\u00e9gard du bailleur de fonds et ne favorise ni la p\u00e9rennit\u00e9 de la microfinance ni son int\u00e9gration aux march\u00e9s financiers internationaux. Si la microfinance veut m\u00fbrir, il est indispensable qu&#8217;elle passe de sa condition actuelle de branche \u00abde\u00a0niche\u00bb \u00e0 celle d&#8217;un secteur d&#8217;activit\u00e9 capable d&#8217;assurer aux pauvres un acc\u00e8s large et suffisant aux services financiers. C&#8217;est cette optique qui a pouss\u00e9 un nombre croissant d&#8217;IMF \u00e0 opter pour une orientation commerciale, autrement dit \u00e0 exiger de leurs clients des taux d&#8217;int\u00e9r\u00eat conformes au march\u00e9, afin de pouvoir non seulement couvrir leurs co\u00fbts, mais encore r\u00e9aliser des b\u00e9n\u00e9fices dans la dur\u00e9e.&#13;<\/p>\n<h2>Les formes novatrices de refinancement<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nIl y a quelques ann\u00e9es encore, les IMF disposaient essentiellement de pr\u00eats directs \u00e0 court et moyen termes, et seulement dans une mesure tr\u00e8s restreinte de capital-actions. La demande croissante de refinancement a fait surgir un large \u00e9ventail d&#8217;instruments qui tiennent compte des diff\u00e9rentes exigences de l&#8217;offre et de la demande. En raison de leur large diversification, les banques internationales, les investisseurs institutionnels et priv\u00e9s continuent d&#8217;op\u00e9rer principalement sous la forme de participations directes au capital-actions et de pr\u00eats aux IMF. Cependant, les concepts de fonds et les produits financiers structur\u00e9s &#8211; en particulier la titrisation &#8211; rev\u00eatent de plus en plus d&#8217;importance. Ils constituent pour les IMF une forme tr\u00e8s efficace de capitalisation; leurs rendements le plus souvent attrayants et leurs risques clairement d\u00e9finis int\u00e9ressent \u00e9galement les investisseurs. S&#8217;y ajoutent des syst\u00e8mes hybrides de financement direct &#8211; tels les emprunts convertibles de rang post\u00e9rieur &#8211; ou d&#8217;autres financements par l&#8217;interm\u00e9diaire de fonds.\u00a0Aujourd&#8217;hui comme hier, les investissement priv\u00e9s et enti\u00e8rement commerciaux dans les IMF demeurent relativement rares. Les risques nationaux et ceux li\u00e9s au change, les consid\u00e9rations de transparence font que les banques et les bailleurs de fonds priv\u00e9s n&#8217;acceptent dans leurs portefeuilles que les IMF du \u00abdessus du panier\u00bb. Pour stimuler les placements dans les IMF de \u00abseconde cat\u00e9gorie\u00bb, il faut, avec le soutien de l&#8217;aide publique au d\u00e9veloppement, recourir \u00e0 des m\u00e9canismes de stimulation et de r\u00e9partition des risques qui produisent un effet de d\u00e9monstration. C&#8217;est ici qu&#8217;intervient le Seco.&#13;<\/p>\n<h2>Les diff\u00e9rentes formes de promotion de la microfinance par le Seco<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe Seco a inject\u00e9, \u00e0 travers le Sifem, 40 millions de francs dans des instruments de microfinance orient\u00e9s vers le march\u00e9. D\u00e9sireux d&#8217;encourager leur d\u00e9veloppement, il est devenu un investisseur de premier plan et participe activement \u00e0 la conception et \u00e0 la mise en oeuvre de nouveaux outils. La Suisse a fait, d\u00e8s 1996, figure de pionnier en devenant un investisseur leader, avec ProFund, le premier fonds de placement en actions IMF \u00e0 voir le jour dans le cadre de son aide au d\u00e9veloppement. En investissant dans Solidus, le Seco tient aujour-d&#8217;hui un r\u00f4le comparable dans ce premier fonds hybride mondial pour IMF. Il participe \u00e9galement tr\u00e8s directement \u00e0 la conception et \u00e0 la mise en application de nouveaux instruments, de concert avec des institutions sp\u00e9cialis\u00e9es, comme la soci\u00e9t\u00e9 suisse Symbiotics. Au P\u00e9rou, le Seco finance une transaction structur\u00e9e destin\u00e9e \u00e0 accro\u00eetre l&#8217;efficacit\u00e9 du refinancement des IMF tout en r\u00e9duisant les risques politique et de change. Il mobilise parall\u00e8lement &#8211; dans le cadre d&#8217;un autre projet de Symbiotics &#8211; des capitaux priv\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 une r\u00e9partition optimale des risques, selon la formule des obligations gag\u00e9es sur dettes (\u00abCollateralized Debt Obligations\u00bb). Le Seco a \u00e9galement financ\u00e9 le lancement de l&#8217;un des tout premiers fonds de placement sp\u00e9cialis\u00e9s dans la microfinance en Suisse, le Responsability Global Microfinance Fund. Celui-ci d\u00e9passe actuellement les 100 millions de francs, ce qui t\u00e9moigne d&#8217;un int\u00e9r\u00eat certain des investisseurs priv\u00e9s helv\u00e9tiques pour la microfinance.\u00a0Le Seco prend, enfin, des mesures d&#8217;accompagnement en proc\u00e9dant \u00e0 des investissements destin\u00e9s \u00e0 renforcer la stabilit\u00e9 et la durabilit\u00e9 de l&#8217;ensemble du secteur de la microfinance. C&#8217;est, par exemple, le cas des fonds de cr\u00e9dit d&#8217;urgence (\u00abEmergency Liquidity Facilities\u00bb) qui, en Am\u00e9rique latine et dans les Cara\u00efbes, pr\u00e9voient des pr\u00eats \u00e0 court terme pour aider les IMF \u00e0 surmonter des crises de liquidit\u00e9s dues \u00e0 des chocs ext\u00e9rieurs (catastrophes naturelles, crises politiques ou autres). Les investissements offrent aussi la possibilit\u00e9 de collaborer \u00e9troitement avec les IMF et, par l\u00e0, de leur fournir un savoir sp\u00e9cifique pr\u00e9cieux pour leur gestion professionnelle ainsi que de solides perspectives de croissance.\u00a0Le Seco continuera \u00e0 l&#8217;avenir \u00e0 ne pas investir lui-m\u00eame de grandes sommes, mais utilisera les ressources limit\u00e9es dont il dispose, de mani\u00e8re tr\u00e8s cibl\u00e9e, \u00e0 des fins de r\u00e9partition des risques, de promotion de l&#8217;innovation et de mobilisation de fonds priv\u00e9s. Dans cette activit\u00e9 suppl\u00e9tive, il fera extr\u00eamement attention \u00e0 \u00e9viter toute distorsion de concurrence et \u00e0 ne pas se substituer aux investisseurs priv\u00e9s.&#13;<\/p>\n<h2>Une mutation spectaculaire<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nOutre la diversification des instruments de financement, toute une s\u00e9rie de d\u00e9veloppements observ\u00e9s ces derni\u00e8res ann\u00e9es expliquent dans une large mesure la rapide transformation et l&#8217;essor impressionnant de la microfinance. En font partie l&#8217;arriv\u00e9e de nouveaux services &#8211; comme les micro-assurances, les hypoth\u00e8ques et les transferts d&#8217;argent &#8211; le progr\u00e8s technologique, auquel on doit, par exemple, la banque mobile (par t\u00e9l\u00e9phone portable), ainsi que l&#8217;\u00e9mergence d&#8217;un nombre croissant d&#8217;agences de notation sp\u00e9cialis\u00e9es. L&#8217;int\u00e9r\u00eat grandissant que manifestent les banques et assurances internationales pour la mise en place de mod\u00e8les commerciaux de microfinance est particuli\u00e8rement encourageant, car plus que d&#8217;autres, les \u00e9tablissements de ce type contribuent \u00e0 mobiliser des capitaux, \u00e0 r\u00e9duire les risques et \u00e0 am\u00e9liorer la liquidit\u00e9 des IMF. On commence ainsi \u00e0 observer un processus de rapprochement entre les banques locales et les tout petits clients. Le Seco favorise cette tendance en Asie centrale en offrant une garantie aux facilit\u00e9s de financement des petites et microentreprises offertes par la Banque europ\u00e9enne pour la reconstruction et le d\u00e9veloppement (Berd).\u00a0Cette \u00e9volution a contribu\u00e9, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, au dynamisme sans pr\u00e9c\u00e9dent de la microfinance. La professionnalisation des IMF, qui ne cesse de progresser, et le renforcement de la concurrence permettent de r\u00e9duire les co\u00fbts. Le potentiel des IMF est, toutefois, loin d&#8217;\u00eatre \u00e9puis\u00e9 et leur d\u00e9veloppement exige donc des efforts suppl\u00e9mentaires. Ceux-ci doivent, notamment, porter sur une meilleure r\u00e9glementation, comme sur un renforcement de la formalisation dans les zones rurales, en particulier pour des produits financiers sp\u00e9cifiques au secteur agricole.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: Qu&#8217;est-ce que la microfinance? Un grand nombre de minuscules entreprises, dont la plupart sont tenues par des femmes, exercent une modeste activit\u00e9 artisanale dans le secteur informel des pays en d\u00e9veloppement ou en transition. Parce qu&#8217;elles sont trop pauvres pour offrir les cautions bancaires habituellement requises, quelque 90% d&#8217;entre elles n&#8217;ont pas acc\u00e8s aux services financiers formels. D&#8217;un autre c\u00f4t\u00e9, les d\u00e9penses administratives li\u00e9es \u00e0 l&#8217;octroi de pr\u00eats lilliputiens sont souvent trop \u00e9lev\u00e9es pour les banques locales. De ce constat est n\u00e9e l&#8217;id\u00e9e du microcr\u00e9dit et de la n\u00e9cessit\u00e9 de mettre sur pied des institutions sp\u00e9cialis\u00e9es dans la microfinance (IMF). Celles-ci, bien implant\u00e9es localement, offrent des services financiers adapt\u00e9s aux besoins et possibilit\u00e9s sp\u00e9cifiques des micro-entreprises. Ils ne se r\u00e9duisent pas aux cr\u00e9dits, mais comprennent \u00e9galement des produits d&#8217;\u00e9pargne et de pr\u00e9voyance, des assurances et des transferts d&#8217;argent. L&#8217;\u00e9ventail de l&#8217;offre et des formes d&#8217;IMF varie, toutefois, consid\u00e9rablement. Les IMF dites du \u00abdessus du panier\u00bb, dont on estime le nombre \u00e0 quelque 220 dans le monde, sont des institutions bancaires ayant pignon sur rue, modernes et pleinement int\u00e9gr\u00e9es au secteur priv\u00e9. Une grande partie des IMF de niveau interm\u00e9diaire, nettement plus nombreuses que les premi\u00e8res, sont en voie de les rattraper, mais d\u00e9pendront un certain temps encore de l&#8217;aide au d\u00e9veloppement. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 de cela, il existe des IMF actives dans des r\u00e9gions ou des secteurs o\u00f9 il ne serait gu\u00e8re r\u00e9aliste de vouloir implanter un \u00e9tablissement commercial classique offrant des services complets. Ces IMF d&#8217;\u00e9chelon inf\u00e9rieur sont, toutefois, reconnues pour leur dynamisme et l&#8217;on voit de plus en plus d&#8217;organisations exer\u00e7ant jusqu&#8217;ici des activit\u00e9s d&#8217;ONG se transformer en institutions financi\u00e8res int\u00e9gralement r\u00e9glement\u00e9es.La Grameen Bank, fond\u00e9e au Bangladesh vers le milieu des ann\u00e9es septante par le laur\u00e9at du prix Nobel de la paix Muhammad Yunus, est consid\u00e9r\u00e9e comme le pr\u00e9curseur d&#8217;une microfinance au d\u00e9veloppement spectaculaire. Figure de proue de la branche, Grameen a prouv\u00e9 que les pauvres sont dignes de cr\u00e9dit. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, le mod\u00e8le classique des petits cr\u00e9dits aussi avantageux que possible et des coop\u00e9ratives de cr\u00e9dit a, certes, continu\u00e9 de se d\u00e9velopper fortement (voir texte principal), mais le succ\u00e8s de la microfinance continue de s&#8217;appuyer sur des rapports \u00e9troits et de longue dur\u00e9e entre IMF et micro-entreprises. Gr\u00e2ce au conseil et \u00e0 l&#8217;encadrement personnels, les micro-entrepreneurs se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9s des clients tr\u00e8s fiables. Si les IMF, m\u00eame bien g\u00e9r\u00e9es, n&#8217;obtiennent probablement pas le taux de remboursement de 97% qui est souvent attribu\u00e9 \u00e0 la microfinance, elles affichent en tout cas un taux sup\u00e9rieur \u00e0 la moyenne. Cette discipline en mati\u00e8re de cr\u00e9dit est payante: un nombre croissant d&#8217;IMF travaillent de mani\u00e8re extr\u00eamement profitable, \u00e9tendent constamment leur offre de services et gagnent de nouveaux clients. Bref, la microfinance fonctionne, contribue fortement \u00e0 la lutte contre la pauvret\u00e9 et encourage l&#8217;initiative priv\u00e9e dans les pays en d\u00e9veloppement ou en transition.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le microfinancement n&#8217;est pas un rem\u00e8de absolu \u00e0 la pauvret\u00e9; il repr\u00e9sente, toutefois, une arme particuli\u00e8rement efficace pour la combattre. En effet, seul l&#8217;acc\u00e8s au microcr\u00e9dit permet aux plus pauvres de d\u00e9passer le stade de la lutte pour la survie quotidienne, de planifier leur avenir et d&#8217;y investir. 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