{"id":154748,"date":"2007-01-01T12:00:00","date_gmt":"2007-01-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2007\/01\/nordmann-2\/"},"modified":"2023-08-24T01:19:27","modified_gmt":"2023-08-23T23:19:27","slug":"nordmann-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2007\/01\/nordmann-2\/","title":{"rendered":"Jean-Luc Nordmann rend les commandes du march\u00e9 du travail"},"content":{"rendered":"<p>Jean-Luc Nordmann, directeur du Travail et directeur suppl\u00e9ant du Secr\u00e9tariat d&#8217;\u00c9tat \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie (Seco) a pris sa retraite \u00e0 la fin de janvier 2007, apr\u00e8s avoir exerc\u00e9 pendant 35 ans une fonction dirigeante dans le domaine du service public de l&#8217;emploi et de la politique du march\u00e9 du travail. Pour lui succ\u00e9der \u00e0 la t\u00eate de la Direction du travail, le Conseil f\u00e9d\u00e9ral a nomm\u00e9 Serge Gaillard, ancien secr\u00e9taire dirigeant de l&#8217;Union syndicale suisse (USS).<img decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/200701_17_Nordmann_02.eps.jpg\" alt=\"\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa Vie \u00e9conomique: M. Nordmann, vous avez oeuvr\u00e9 pendant des d\u00e9cennies dans le domaine du service public de l&#8217;emploi et du march\u00e9 du travail. Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 chef d&#8217;une agence de placement priv\u00e9e, puis de l&#8217;Office du travail du canton de B\u00e2le-Campagne, vous \u00eates entr\u00e9 au service de la Conf\u00e9d\u00e9ration. Vous y avez dirig\u00e9 l&#8217;ex-Office f\u00e9d\u00e9ral de l&#8217;industrie, des arts et m\u00e9tiers et du travail (Ofiamt) et, depuis la cr\u00e9ation du Seco, la Direction du travail. Vous \u00e9tiez \u00e9galement directeur suppl\u00e9ant du Seco.\u00a0Avez-vous constat\u00e9 des points communs dans vos exp\u00e9riences r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 ces trois niveaux: \u00e9conomie priv\u00e9e, administrations cantonale et f\u00e9d\u00e9rale?\u00a0J.-L. Nordmann: Oui, il y en a. Les relations avec les \u00eatres humains ont toujours \u00e9t\u00e9 au centre de mes pr\u00e9occupations, de m\u00eame que l&#8217;association du droit et de l&#8217;\u00e9conomie. J&#8217;ai toujours pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 le dialogue et tent\u00e9 d&#8217;instaurer la confiance. C&#8217;est sur ces deux d\u00e9marches que j&#8217;ai fond\u00e9 toute mon activit\u00e9 professionnelle.\u00a0\u00a0La Vie \u00e9conomique: Quelle fut l&#8217;importance pour la Berne f\u00e9d\u00e9rale de vos exp\u00e9riences dans l&#8217;\u00e9conomie priv\u00e9e et dans l&#8217;administration cantonale?\u00a0J.-L. Nordmann: Dans l&#8217;\u00e9conomie priv\u00e9e comme dans l&#8217;administration cantonale, j&#8217;\u00e9tais en contact \u00e9troit avec la base. L&#8217;exp\u00e9rience acquise m&#8217;a toujours \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s utile pour \u00e9valuer l&#8217;impact d&#8217;une d\u00e9cision tant sur les \u00eatres humains que sur les communes, les cantons et l&#8217;\u00e9conomie.\u00a0\u00a0La Vie \u00e9conomique: Votre carri\u00e8re a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par une s\u00e9rie de succ\u00e8s, d&#8217;abord \u00e0 l&#8217;Ofiamt, puis au Seco. Quels sont pour vous les plus importants?\u00a0J.-L. Nordmann: Les plus importants sont l&#8217;instauration de la maturit\u00e9 professionnelle et des hautes \u00e9coles sp\u00e9cialis\u00e9es, sans oublier bien entendu la cr\u00e9ation des offices r\u00e9gionaux de placement (ORP). Gr\u00e2ce \u00e0 eux, nous sommes pass\u00e9s de 3000 offices communaux du travail g\u00e9r\u00e9s sur une base accessoire \u00e0 un syst\u00e8me professionnel compos\u00e9 de quelque 130 offices. Je souligne aussi la loi sur l&#8217;assurance-ch\u00f4mage (AC) que nous avons d\u00fb adapter aux nouvelles exigences de l&#8217;\u00e9conomie et du march\u00e9 du travail, ainsi que les mesures d&#8217;accompagnement \u00e0 l&#8217;Accord sur la libre circulation des personnes conclu avec l&#8217;Union europ\u00e9enne. Citons, enfin, les situations difficiles que les activit\u00e9s de placement ont d\u00fb affronter, notamment dans le secteur de la construction pendant la phase pr\u00e9paratoire de la premi\u00e8re votation sur la libre circulation des personnes ou dans la crise de Swissair. Dans les deux cas, nous avons r\u00e9ussi \u00e0 pr\u00e9venir des gr\u00e8ves.\u00a0\u00a0La Vie \u00e9conomique: Vous avez r\u00e9guli\u00e8rement d\u00fb faire preuve d&#8217;une tr\u00e8s grande force de persuasion \u00e0 tous les niveaux. Comment avez-vous d\u00e9velopp\u00e9 vos talents de communicateur?\u00a0J.-L. Nordmann: J&#8217;ai beaucoup de plaisir \u00e0 communiquer. Il s&#8217;agit l\u00e0 moins d&#8217;un comportement syst\u00e9matique que d&#8217;un int\u00e9r\u00eat pro-fond que j&#8217;ai d&#8217;abord d\u00e9velopp\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e9cole et dans ma formation, puis au service militaire et dans le monde du travail, et naturellement en famille. En communication, l&#8217;\u00e9coute compte plus que la parole. Vous devez en \u00eatre conscient si vous voulez r\u00e9ussir \u00e0 communiquer, car c&#8217;est seulement ainsi qu&#8217;on peut entrer en contact avec ses partenaires et trouver des solutions.\u00a0\u00a0La Vie \u00e9conomique: \u00c0 c\u00f4t\u00e9 des succ\u00e8s, vous avez aussi connu certaines d\u00e9faites. Lesquelles?\u00a0J.-L. Nordmann: La plus douloureuse &#8211; et certainement la plus lourde de cons\u00e9quences pour la Suisse &#8211; fut le \u00abnon\u00bb du peuple suisse \u00e0 l&#8217;EEE le 6 d\u00e9cembre 1992. Je consid\u00e8re \u00e9galement comme une d\u00e9faite le rejet &#8211; quoique tr\u00e8s serr\u00e9 -, en septembre 1997, de l&#8217;arr\u00eat\u00e9 f\u00e9d\u00e9ral urgent sur le financement de l&#8217;assurance-ch\u00f4mage.\u00a0\u00a0La Vie \u00e9conomique: Quelles le\u00e7ons avez-vous tir\u00e9es de ces d\u00e9faites?\u00a0J.-L. Nordmann: Apr\u00e8s le \u00abnon\u00bb \u00e0 l&#8217;EEE, nous avons imm\u00e9diatement analys\u00e9 les causes du refus. Le peuple suisse craignait en fait une affluence de main-d&#8217;oeuvre \u00e9trang\u00e8re et surtout une sous-ench\u00e8re salariale. C&#8217;est alors que nous avons n\u00e9goci\u00e9 les mesures d&#8217;accompagnement. Ajout\u00e9 aux accords bilat\u00e9raux, ce train de mesures a pes\u00e9 lourd en faveur du \u00aboui\u00bb dans la balance des bilat\u00e9rales.\u00a0La Vie \u00e9conomique: Quel a \u00e9t\u00e9 pour vous le plus grand changement dans le march\u00e9 du travail au cours de ces trois derni\u00e8res d\u00e9cennies?\u00a0J.-L. Nordmann: Les plus grands changements ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9clench\u00e9s par les crises de l&#8217;emploi des ann\u00e9es septante et nonante: en 1974, alors que la Suisse comptait 221 ch\u00f4meurs en moyenne, il se trouvait m\u00eame des gens pour souhaiter la disparition de l&#8217;assurance-ch\u00f4mage. Puis, la crise du p\u00e9trole est arriv\u00e9e, nous faisant prendre cons-cience qu&#8217;une croissance ne pouvait s&#8217;installer d\u00e9finitivement et qu&#8217;il fallait toujours s&#8217;attendre \u00e0 des fl\u00e9chissements conjoncturels. L&#8217;assurance-ch\u00f4mage est, ensuite, devenue obligatoire, et diverses mesures ont \u00e9t\u00e9 prises, pour aboutir au syst\u00e8me actuel. Dans les ann\u00e9es 1989\/90, nous avions encore un taux de ch\u00f4mage de 0,5%. Il s&#8217;est, ensuite, mul-tipli\u00e9 par onze pour atteindre 5,7% en 1997. M\u00eame si cela semble encore faible au plan international, une telle pouss\u00e9e s&#8217;est traduite par de grands bouleversements par rapport \u00e0 la situation qui pr\u00e9valait jusqu&#8217;alors.\u00a0Un autre changement provient de l&#8217;ouverture du march\u00e9 suisse du travail aux ressortissants de l&#8217;UE et de l&#8217;AELE en 2001, avec la libre circulation des personnes.\u00a0\u00a0La Vie \u00e9conomique: La Suisse a un taux de ch\u00f4mage tr\u00e8s bas comparativement aux \u00c9tats \u00e9trangers. \u00c0 quoi le doit-elle, \u00e0 votre avis?\u00a0J.-L. Nordmann: Pour ma part, je consid\u00e8re la souplesse du march\u00e9 suisse du travail comme pr\u00e9pond\u00e9rante. C&#8217;est un atout qui ne doit pas \u00eatre abandonn\u00e9 de fa\u00e7on inconsid\u00e9r\u00e9e. Notre syst\u00e8me dual de formation par l&#8217;apprentissage repr\u00e9sente \u00e9galement un avantage important. Cette formation professionnelle fond\u00e9e sur la pratique facilite consid\u00e9rablement l&#8217;int\u00e9gration professionnelle, ce qui explique pourquoi, contrairement \u00e0 ce qui se passe dans les autres pays euro-p\u00e9ens, le ch\u00f4mage des jeunes n&#8217;est en Suisse que l\u00e9g\u00e8rement sup\u00e9rieur au taux de ch\u00f4mage g\u00e9n\u00e9ral. Notre syst\u00e8me de formation constitue \u00e9galement un point fort; nous voulons le pr\u00e9server et continuer \u00e0 le d\u00e9velopper. Enfin, l&#8217;AC elle-m\u00eame, avec son syst\u00e8me de placement efficace, contribue \u00e9galement \u00e0 contenir le ch\u00f4mage \u00e0 un faible niveau. Une \u00e9tude r\u00e9cente r\u00e9v\u00e8le que le syst\u00e8me d&#8217;ORP et de pilotage par les r\u00e9sultats a permis d&#8217;\u00e9conomiser annuellement un milliard de francs environ au cours de ces derni\u00e8res ann\u00e9es.\u00a0\u00a0La Vie \u00e9conomique: De par sa forte participation au march\u00e9 du travail, la Suisse jouit d&#8217;une bonne renomm\u00e9e sur le plan international. Quels sont, selon vos exp\u00e9riences, les crit\u00e8res de r\u00e9f\u00e9rence principaux?\u00a0J.-L. Nordmann: C&#8217;est principalement la souplesse de notre march\u00e9 du travail qui est envi\u00e9e. Ses avantages se sont surtout r\u00e9v\u00e9l\u00e9s apr\u00e8s la crise de l&#8217;emploi des ann\u00e9es nonante. Lorsque nous avions 206&nbsp;000 ch\u00f4meurs en f\u00e9vrier 1997, nombreux furent ceux qui affirmaient que ce chiffre ne redescendrait plus au-dessous de 140&nbsp;000. Or, en juin 2001, on ne comptait plus que 59&nbsp;000 ch\u00f4meurs. Ce succ\u00e8s \u00e9tait notamment d\u00fb au fait que des entreprises, qui pouvaient cr\u00e9er des emplois soit en Allemagne soit en Suisse, ont, en d\u00e9finitive, choisi notre pays pour la souplesse de son march\u00e9 du travail.\u00a0\u00a0La Vie \u00e9conomique: Selon vous, l&#8217;\u00e9conomie est au service de l&#8217;\u00eatre humain et non l&#8217;inverse. Qu&#8217;entendez-vous par l\u00e0?\u00a0J.-L. Nordmann: L&#8217;\u00e9conomie de march\u00e9 a besoin d&#8217;une dimension sociale pour bien fonctionner. Des individus motiv\u00e9s sont davantage actifs et obtiennent de meilleurs r\u00e9sultats. N&#8217;oublions pas que c&#8217;est l&#8217;homme qui a cr\u00e9\u00e9 l&#8217;\u00e9conomie pour survivre, m\u00eame si elle lui permet de mieux vivre. L&#8217;\u00e9conomie n&#8217;a d\u00e8s lors sa raison d&#8217;\u00eatre que si elle constitue un apport pour l&#8217;homme. Contrairement \u00e0 l&#8217;\u00e9nigme \u00abQui de la poule ou de l&#8217;oeuf est arriv\u00e9 en premier?\u00bb, la question ne se pose pas pour l&#8217;\u00e9conomie. Il est absolument clair que l&#8217;homme a la priorit\u00e9.\u00a0\u00a0La Vie \u00e9conomique: Quelles sont, \u00e0 votre avis, les caract\u00e9ristiques d&#8217;un bon entrepreneur?\u00a0J.-L. Nordmann: Un bon entrepreneur doit surtout \u00eatre conscient de ses responsabilit\u00e9s, donner l&#8217;exemple et faire confiance \u00e0 ses collaborateurs. Il doit \u00eatre pr\u00eat \u00e0 prendre des risques, faire preuve de courage, \u00eatre passionn\u00e9, innovateur et capable de d\u00e9velopper des concepts strat\u00e9giques \u00e0 long terme. En bref, il doit \u00eatre un \u00abb\u00e2tisseur\u00bb et ne pas rester inactif.\u00a0\u00a0La Vie \u00e9conomique: Un bon entrepreneur transf\u00e8re-t-il rapidement ses emplois \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger?\u00a0J.-L. Nordmann: Un employeur qui souhaite d\u00e9localiser doit le faire dans une perspective d&#8217;avenir et non pour des raisons \u00e9ph\u00e9m\u00e8res. Certaines entreprises ont d&#8217;ailleurs d\u00e9j\u00e0 fait marche-arri\u00e8re parce que leur succ\u00e8s n&#8217;\u00e9tait pas garanti \u00e0 long terme. On peut, toutefois, envisager qu&#8217;un entrepreneur d\u00e9localise une partie de sa cha\u00eene de production afin de pr\u00e9server d&#8217;autres emplois en Suisse. Il est, en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, plus pertinent de maintenir en Suisse les activit\u00e9s \u00e0 forte valeur ajout\u00e9e et la fabrication de produits de masse qui n\u00e9cessitent un niveau de technologie \u00e9lev\u00e9. Swatch nous en a donn\u00e9 le meilleur exemple. Par contre, des secteurs comme l&#8217;industrie lourde n&#8217;ont pas beaucoup de chances en Suisse.\u00a0\u00a0La Vie \u00e9conomique: Depuis quelques ann\u00e9es, nous assistons en Suisse \u00e0 une fragilisation du partenariat social. Celui-ci est-il r\u00e9ellement en danger?\u00a0J.-L. Nordmann: Nous devons \u00eatre conscients que nous disposons encore en Suisse d&#8217;un partenariat social solide compar\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger. Il ne faut, toutefois, pas confondre les revendications d\u00e9mesur\u00e9es pr\u00e9sent\u00e9es au public et les n\u00e9gociations proprement dites. De telles exigences sont tout \u00e0 fait l\u00e9gitimes et ne nuisent pas pour autant au partenariat social. Personne n&#8217;est tenu de s&#8217;asseoir \u00e0 la table des n\u00e9gociations avec des compromis tout pr\u00eats. Il importe avant tout d&#8217;instaurer un v\u00e9ritable dialogue. Je constate que cette culture du dialogue existe parmi les partenaires sociaux de notre pays et qu&#8217;elle est de bonne qualit\u00e9. Si le ton s&#8217;est durci de temps \u00e0 autre, c&#8217;est que nous avions autrefois davantage de n\u00e9gociateurs connaissant la profession pour l&#8217;avoir pratiqu\u00e9e sur le terrain. L&#8217;approche aujourd&#8217;hui plus th\u00e9orique des n\u00e9gociateurs retarde parfois la mise en place de solutions.\u00a0\u00a0La Vie \u00e9conomique: Certains milieux craignent que votre successeur, Serge Gaillard, s&#8217;engage fortement en faveur d&#8217;un march\u00e9 du travail r\u00e9glement\u00e9 et qu&#8217;il puisse du m\u00eame coup porter pr\u00e9judice \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie suisse. Partagez-vous cette opinion?\u00a0J.-L. Nordmann: Absolument pas! Je suis persuad\u00e9 que mon successeur ne se posera pas en d\u00e9fenseur inconditionnel de la r\u00e9glementation, mais qu&#8217;en tant qu&#8217;\u00e9conomiste, il saura pond\u00e9rer avec pr\u00e9cision l&#8217;impact d&#8217;une r\u00e9glementation sur un secteur \u00e9conomique. Il doit maintenant abandonner sa casquette de repr\u00e9sentant unilat\u00e9ral &#8211; qu&#8217;il pouvait et se devait de porter en tant que dirigeant syndical &#8211; pour en coiffer une nouvelle. Je suis persuad\u00e9 qu&#8217;il y r\u00e9ussira parfaitement.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEntretien et r\u00e9daction: Geli Spescha, r\u00e9dacteur en chef de La Vie \u00e9conomique\u00a0\u00a0Transcription: Simon D\u00e4llenbach, r\u00e9dacteur de La Vie \u00e9conomique&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: Les chances du march\u00e9 suisse du travail La Vie \u00e9conomique: Quelles sont les chances et les risques que pourrait rencontrer le march\u00e9 suisse du travail durant les cinq \u00e0 dix prochaines ann\u00e9es? J.-L. Nordmann: Nous avons la chance, gr\u00e2ce \u00e0 la libre circulation des personnes, de pouvoir cr\u00e9er en Suisse des emplois susceptibles d&#8217;\u00e9tre pourvus par des personnes en provenance de l&#8217;\u00e9tranger. En tant que Suisses, nous pouvons aller travailler dans un \u00c9tat europ\u00e9en sans devoir franchir de barri\u00e8res. Voil\u00e0 un acquis dont nous devons faire davantage usage. Certes, la concurrence s&#8217;est renforc\u00e9e. Si nous voulons que nos entreprises fassent leurs preuves et restent concurrentielles vis-\u00e0-vis de l&#8217;\u00e9tranger, il faut aussi que les travailleurs prennent davantage conscience de cette situation. Cela signifie que nous devons acqu\u00e9rir et d\u00e9velopper un esprit de concurrence d\u00e8s l&#8217;\u00e9cole et tout au long de notre vie professionnelle, notamment en nous perfectionnant sans rel\u00e2che dans des domaines sp\u00e9cialis\u00e9s.La Vie \u00e9conomique: Il y a aussi des personnes non qualifi\u00e9es qui n&#8217;ont aucune chance de subsister dans une telle concurrence. Qu&#8217;en advient-il? J.-L. Nordmann: Il y a toujours pour ce groupe de personnes des emplois qui requi\u00e8rent peu de qualifications et pour lesquels nous ne serons plus contraints de recruter \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger. Je pense par exemple \u00e0 la restauration et \u00e0 l&#8217;h\u00f4tellerie ainsi qu&#8217;au tourisme. On ne pourra jamais d\u00e9localiser en Inde l&#8217;entretien des chambres d&#8217;h\u00f4tel. Il faudra engager en Suisse du personnel qui accomplira consciencieusement sa t\u00e2che. Ces emplois auxiliaires seront toujours n\u00e9cessaires dans certaines branches, comme la sant\u00e9 ou l&#8217;entretien des for\u00eats et du paysage.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jean-Luc Nordmann, directeur du Travail et directeur suppl\u00e9ant du Secr\u00e9tariat d&#8217;\u00c9tat \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie (Seco) a pris sa retraite \u00e0 la fin de janvier 2007, apr\u00e8s avoir exerc\u00e9 pendant 35 ans une fonction dirigeante dans le domaine du service public de l&#8217;emploi et de la politique du march\u00e9 du travail. 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