{"id":154828,"date":"2006-12-01T12:00:00","date_gmt":"2006-12-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2006\/12\/sax-4\/"},"modified":"2023-08-24T01:19:31","modified_gmt":"2023-08-23T23:19:31","slug":"sax-4","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2006\/12\/sax-4\/","title":{"rendered":"L&#8217;hygi\u00e8ne dans les h\u00f4pitaux, un exemple de gestion de la qualit\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>L&#8217;hygi\u00e8ne hospitali\u00e8re joue un r\u00f4le important dans la s\u00e9curit\u00e9 des patients et le syst\u00e8me de sant\u00e9. Son but consiste principalement \u00e0 mesurer et \u00e0 r\u00e9duire les formes larv\u00e9es d&#8217;infection end\u00e9mique, ainsi qu&#8217;\u00e0 diagnostiquer, \u00e9tudier et endiguer les \u00e9pid\u00e9mies. Le groupe Swissnoso a lanc\u00e9 cette ann\u00e9e une initiative &#8211; qui s&#8217;est av\u00e9r\u00e9e une r\u00e9ussite &#8211; en faveur de la s\u00e9curit\u00e9 des patients dans les services stationnaires d&#8217;un r\u00e9seau de 116 h\u00f4pitaux r\u00e9partis dans toute la Suisse. Rien qu&#8217;en am\u00e9liorant la propret\u00e9 des mains, il a \u00e9t\u00e9 possible d&#8217;\u00e9viter environ 17&nbsp;000 infections et d&#8217;\u00e9conomiser 60 millions de francs.<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/200612_07_Sax_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"248\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nL&#8217;hygi\u00e8ne hospitali\u00e8re &#8211; que les anglophones appellent plus correctement \u00abinfection control\u00bb\u00a0&#8211; est une forme particuli\u00e8re de la gestion de la qualit\u00e9, qui s&#8217;attache \u00e0 pr\u00e9venir les infections li\u00e9es aux soins m\u00e9dicaux. La notion d&#8217;infection \u00abnosocomiale\u00bb Du grec *nosos, maladie, et *komein, soins hospitaliers. refl\u00e8te l&#8217;interpr\u00e9tation moderne du ph\u00e9nom\u00e8ne et renvoie \u00e0 une infection li\u00e9e \u00e0 toute forme de soins m\u00e9dicaux, ce qui va plus loin que la notion populaire d&#8217;\u00abinfection hospitali\u00e8re\u00bb.\u00a0La Suisse ne conna\u00eet pas de dispositions l\u00e9gales astreignant les h\u00f4pitaux \u00e0 se doter de divisions d&#8217;hygi\u00e8ne hospitali\u00e8re. La plupart des h\u00f4pitaux emploient, cependant, du personnel sp\u00e9cialis\u00e9, m\u00eame si les effectifs diff\u00e8rent suivant les \u00e9tablissements: il peut s&#8217;agir d&#8217;une simple soignante, \u00e0 qui l&#8217;on assigne une t\u00e2che suppl\u00e9mentaire, d&#8217;\u00e9quipes interdisciplinaires compos\u00e9es d&#8217;infectiologues et \u00e9pid\u00e9miologistes comme responsables, de microbiologistes, d&#8217;informaticiens ou de personnel soignant ayant suivi une formation sp\u00e9ciale offerte en Suisse. Il faudrait en fait un m\u00e9decin dipl\u00f4m\u00e9 responsable par h\u00f4pital et un hygi\u00e9niste pour 125-250 lits, selon l&#8217;\u00e9tablissement. L&#8217;important est que, dans la hi\u00e9rarchie hospitali\u00e8re, l&#8217;\u00e9quipe soit rattach\u00e9e \u00e0 l&#8217;\u00e9tat-major directorial. Ainsi, gr\u00e2ce \u00e0 sa position transversale, elle pourra intervenir rapidement dans les processus de d\u00e9cision.&#13;<\/p>\n<h2>Les infections contract\u00e9es en milieu hospitalier ont un co\u00fbt<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nGr\u00e2ce aux enqu\u00eates du groupe Swissnoso (voir&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>encadr\u00e9 1<\/b>&#13;<br \/>\nL&#8217;activit\u00e9 de Swissnoso comprend des conseils \u00e0 l&#8217;Office f\u00e9d\u00e9ral de la sant\u00e9 publique (OFSP) dans des domaines tels que la dangerosit\u00e9 de la nouvelle variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, le sras, la grippe aviaire et la pand\u00e9mie imminente de grippe, l&#8217;\u00e9dition d&#8217;un bulletin trimestriel comprenant des directives nationales, et des cours d&#8217;instruction. Le groupe dirig\u00e9 par l&#8217;auteur a mesur\u00e9 plusieurs infections nosocomiales dans toute la Suisse, ce qui a permis de chiffrer l&#8217;ampleur du probl\u00e8me. Un r\u00e9seau destin\u00e9 \u00e0 faciliter le transfert des connaissances des centres universitaires vers les h\u00f4pitaux p\u00e9riph\u00e9riques a, d\u00e8s lors, \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9.Pour plus d&#8217;informations et la liste des membres, taper <a href=\"http:\/\/www.swiss-noso.ch\">www.swiss-noso.ch<\/a>. ), nous savons que dans les h\u00f4pitaux suisses de soins aigus, 2 \u00e0 14% des patients (selon la taille de l&#8217;\u00e9tablissement) contractent une infection nosocomiale. Par extrapolation, on estime donc que 70000 patients sont ainsi infect\u00e9s chaque ann\u00e9e. Il en r\u00e9sulte des co\u00fbts suppl\u00e9mentaires de 240 millions de francs et une prolongation du s\u00e9jour \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital de 300&nbsp;000 journ\u00e9es. Le calcul des surco\u00fbts se fonde sur une moyenne prudente de 3500 francs suppl\u00e9mentaires par infection. Certaines d&#8217;entre elles peuvent \u00eatre graves et entra\u00eener des traitements de l&#8217;ordre de plusieurs milliers de francs. Si l&#8217;on applique un forfait par cas, ces surco\u00fbts repr\u00e9sentent une charge directement perceptible par les pres-tataires de soins.\u00a0\u00c0 des fins de surveillance, les infections sont class\u00e9es en 13 groupes d\u00e9finis selon des crit\u00e8res objectifs \u00e9labor\u00e9s en 1988 par les \u00abCentres for Disease Control and Prevention\u00bb (centres am\u00e9ricains de contr\u00f4le et de pr\u00e9vention des maladies). Les quatre principales cat\u00e9gories &#8211; celles qui totalisent plus de 80% des cas &#8211; sont:\u00a0&#8211; les infections des voies urinaires;\u00a0&#8211; celles li\u00e9es aux interventions chirurgicales;\u00a0&#8211; les pneumonies;\u00a0&#8211; les infections sanguines (bact\u00e9ri\u00e9mies).\u00a0\u00a0Ces derni\u00e8res connaissent un fort taux de mortalit\u00e9 (environ 20% des cas), alors que les infections urinaires gu\u00e9rissent en g\u00e9n\u00e9ral sans probl\u00e8me apr\u00e8s traitement aux antibiotiques.&#13;<\/p>\n<h2>Un double facteur de risque<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL&#8217;\u00e9tat de sant\u00e9 du patient et de ses d\u00e9fenses immunitaires repr\u00e9sente un premier facteur de risque. Les maladies chroniques comme le diab\u00e8te, le cancer ou le sida accroissent la sensibilit\u00e9 aux infections. Il en va de m\u00eame des \u00e9tats aigus comme les polytraumatismes o\u00f9 plusieurs organes sont atteints \u00e0 la suite d&#8217;un grave accident ou d&#8217;une infection contract\u00e9e en dehors de l&#8217;h\u00f4pital.\u00a0Le risque d&#8217;infection d\u00e9pend \u00e9galement de la qualit\u00e9 des soins m\u00e9dicaux en g\u00e9n\u00e9ral et de la strat\u00e9gie de pr\u00e9vention en particulier. Les divers facteurs en jeu suivent le mod\u00e8le propos\u00e9 d\u00e8s 1966 par Donabedian, qui distingue entre la qualit\u00e9 des structures, des proc\u00e9dures et des r\u00e9sultats. Celui-ci int\u00e8gre \u00e9galement des \u00e9l\u00e9ments structurels comme le degr\u00e9 de formation et l&#8217;organisation de l&#8217;\u00e9quipe interdisciplinaire, l&#8217;architecture de l&#8217;h\u00f4pital, la qualit\u00e9 des produits d\u00e9sinfectants et des instruments, ainsi que la pr\u00e9sence, la qualit\u00e9 et l&#8217;accessibilit\u00e9 de protocoles th\u00e9rapeutiques. Une \u00e9tude \u00abStudy on the Efficacy of Nosocomial Infection Control\u00bb (Senic)., r\u00e9alis\u00e9e dans les ann\u00e9es septante, a d\u00e9montr\u00e9 que la pr\u00e9sence d&#8217;un m\u00e9decin responsable et d&#8217;un ou une soignante dipl\u00f4m\u00e9e \u00e9tait un \u00e9l\u00e9ment d&#8217;hygi\u00e8ne hospitali\u00e8re propre \u00e0 r\u00e9duire le nombre des infections nosocomiales. L&#8217;ergonomie des structures (au sens le plus large) a un impact direct et tr\u00e8s marqu\u00e9 sur la qualit\u00e9 des prestations du personnel hospitalier. La conception moderne du traitement des erreurs implique aussi qu&#8217;on analyse les facteurs qui ont abouti \u00e0 l&#8217;erreur \u00abhumaine\u00bb d&#8217;un collaborateur. Dans le m\u00eame esprit, l&#8217;hygi\u00e8ne hospitali\u00e8re actuelle tire les le\u00e7ons de la psychologie du comportement et de l&#8217;ergonomie pour am\u00e9liorer les protocoles th\u00e9rapeutiques, les produits m\u00e9dicaux et l&#8217;environnement hospitalier dans le sens de la s\u00e9curit\u00e9.&#13;<\/p>\n<h2>Les sp\u00e9cificit\u00e9s des infections nosocomiales<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nUne des particularit\u00e9s des infections nosocomiales est qu&#8217;elles naissent souvent de la conjonction de plusieurs facteurs tr\u00e8s diff\u00e9rents. Une grande partie d&#8217;entre eux ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s pour certaines infections; celles-ci pr\u00e9sentent aujourd&#8217;hui un meilleur potentiel de pr\u00e9vention que les autres. Parmi ces risques importants mais d\u00e9finis, citons les interventions chirurgicales et la mise en place de corps \u00e9trangers. Pour les infections urinaires, ce sera le cath\u00e9ter urinaire, pour l&#8217;infection chirurgicale l&#8217;acte op\u00e9ratoire, et pour les bact\u00e9ri\u00e9mies l&#8217;acc\u00e8s aux veines centrales. La majorit\u00e9 des infections contract\u00e9es pendant une intervention proviennent de germes que le patient portait d\u00e9j\u00e0 en lui ou sur lui. Ces derniers peuvent, d&#8217;ailleurs, lui avoir \u00e9t\u00e9 transmis quelques jours plus t\u00f4t faute d&#8217;hygi\u00e8ne des mains de la part du personnel. Si ces germes pr\u00e9sentent, en outre, une r\u00e9sistance aux antibiotiques typique des h\u00f4pitaux, le succ\u00e8s de la th\u00e9rapie peut \u00eatre menac\u00e9.&#13;<\/p>\n<h2>Agir tout en approfondissant les recherches<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa qualit\u00e9 d\u00e9terminante d&#8217;un traitement d\u00e9pend, d&#8217;une part, d&#8217;une proc\u00e9dure pr\u00e9cise et aseptique lors des interventions, de l&#8217;autre d&#8217;un recours mod\u00e9r\u00e9 et cibl\u00e9 aux antibio-tiques et aux techniques invasives. Il est, certes, n\u00e9cessaire d&#8217;approfondir les recherches sur la cause des infections et leur pr\u00e9vention. Il faut, cependant, reconna\u00eetre qu&#8217;entre les connaissances scientifiques d\u00e9j\u00e0 disponibles et leur mise en oeuvre dans la routine hospitali\u00e8re, il y a encore un gouffre \u00e0 combler.\u00a0La r\u00e9partition des risques entre patient et traitement pose directement la question de la r\u00e9duction maximale des infections nosocomiales. En passant en revue toutes les \u00e9tudes publi\u00e9es \u00e0 ce sujet, nous avons trouv\u00e9 un potentiel de r\u00e9duction de 20%, dans une fourchette allant de 10 \u00e0 70%. Un travail tout r\u00e9-cent annonce cependant la r\u00e9duction \u00e0 z\u00e9ro, pendant plusieurs mois, des dangereuses bact\u00e9ri\u00e9mies dues \u00e0 la pose de cath\u00e9ters. Ce r\u00e9sultat a manifestement \u00e9t\u00e9 possible gr\u00e2ce au contr\u00f4le rigoureux, \u00e0 chaque mise en place, de toutes les strat\u00e9gies de pr\u00e9ventions connues. On peut donc esp\u00e9rer une baisse progressive des taux tol\u00e9rables d&#8217;infection apr\u00e8s de nouvelles recherches sur les facteurs de risque et une application davantage cibl\u00e9e de proc\u00e9dures am\u00e9nag\u00e9es.&#13;<\/p>\n<h2>Mesurer la qualit\u00e9 de la pr\u00e9vention des infections<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nPour mesurer la qualit\u00e9 de la pr\u00e9vention des infections, on peut se r\u00e9f\u00e9rer soit:\u00a0&#8211; aux r\u00e9sultats, c&#8217;est-\u00e0-dire le taux d&#8217;infection;\u00a0&#8211; aux proc\u00e9dures, c&#8217;est-\u00e0-dire l&#8217;application effective des mesures pr\u00e9ventives.\u00a0En Suisse, contrairement aux autres pays europ\u00e9ens, il n&#8217;y a pas de prescriptions l\u00e9gales explicites qui astreignent les \u00e9tablissements sanitaires \u00e0 mesurer les infections nosocomiales. Or cette disposition est souvent consid\u00e9r\u00e9e comme la premi\u00e8re \u00e9tape de toute pr\u00e9vention. Il a m\u00eame \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 \u00e0 diverses reprises que communiquer confidentiellement les taux d&#8217;infection aux collaborateurs impliqu\u00e9s provoquait une r\u00e9duction des infections sans m\u00eame qu&#8217;aucune mesure n&#8217;ait \u00e9t\u00e9 prise.\u00a0La mesure des infections nosocomiales pose, toutefois, deux probl\u00e8mes fondamentaux. L&#8217;un tient paradoxalement \u00e0 leur relative raret\u00e9, qui fait que, sur une ann\u00e9e, les chiffres fournis par un h\u00f4pital de 200 lits ou moins ne sont gu\u00e8re utilisables en statistique, alors que ce serait indispensable pour mieux piloter les syst\u00e8mes. De surcro\u00eet, la surveillance des infections est une activit\u00e9 absorbante, \u00e9tant donn\u00e9 que chaque patient doit \u00eatre \u00e9valu\u00e9 plusieurs fois par semaine. Cet unique fait explique pourquoi ce sont surtout les grands h\u00f4pitaux qui pratiquent une telle surveillance.\u00a0L&#8217;autre probl\u00e8me vient de ce que, comme on l&#8217;a vu, les infections d\u00e9pendent aussi fortement de l&#8217;\u00e9tat du patient. Le taux d&#8217;infection d&#8217;un h\u00f4pital ne refl\u00e8te donc pas seulement sa qualit\u00e9 en mati\u00e8re de pr\u00e9vention, mais aussi l&#8217;\u00e9tat de sant\u00e9 cumul\u00e9 des patients trait\u00e9s. Or\u00a0&#8211; ironie du sort\u00a0-, ce dernier est inversement proportionnel \u00e0 la qualit\u00e9 de l&#8217;offre m\u00e9dicale, car les patients gravement malades ne peuvent \u00eatre, la plupart du temps, trait\u00e9s que dans des cliniques ou des divisions de pointe. C&#8217;est ainsi que, dans les stations suisses de soins intensifs, le taux d&#8217;infection se situe en temps ordinaire au-dessus de 25%, alors qu&#8217;il doit \u00eatre inf\u00e9rieur \u00e0 3% dans les services de maternit\u00e9. Il est donc patent que cette diff\u00e9rence ne refl\u00e8te pas la qualit\u00e9 du traitement, mais bien l&#8217;\u00e9tat des patients. Or de nos jours, le risque d&#8217;infection li\u00e9 aux patients ne peut pas encore \u00eatre mesur\u00e9 de fa\u00e7on fiable et \u00e0 peu de frais.&#13;<\/p>\n<h3>Une possibilit\u00e9: mesurer la qualit\u00e9 des proc\u00e9dures<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nMesurer la qualit\u00e9 des proc\u00e9dures est une possibilit\u00e9 int\u00e9ressante, pour autant qu&#8217;elle puisse \u00eatre li\u00e9e \u00e0 des r\u00e9sultats. C&#8217;est par exemple le cas si l&#8217;on administre \u00e0 temps une prophylaxie aux antibiotiques avant une intervention chirurgicale. Si le lien de cause \u00e0 effet est prouv\u00e9, mesurer la qualit\u00e9 des proc\u00e9dures comporte de nombreux avantages. Les \u00e9v\u00e9nements de la proc\u00e9dure \u00e9tant beaucoup plus nombreux, on obtiendra rapidement des chiffres utilisables en statistique. En outre, la qualit\u00e9 des proc\u00e9dures est presque ind\u00e9pendante du risque li\u00e9 au patient et se pr\u00eate donc mieux \u00e0 un \u00e9talonnage: m\u00eame pour les malades graves, l&#8217;antibiotique doit toujours \u00eatre administr\u00e9 exactement une demi-heure avant l&#8217;incision.&#13;<\/p>\n<h2>La campagne d&#8217;am\u00e9lioration de l&#8217;hygi\u00e8ne des mains<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\n\u00c9tant donn\u00e9 la constance du taux d&#8217;infection des derni\u00e8res ann\u00e9es, le groupe Swissnoso a d\u00e9cid\u00e9 de lancer une campagne pour am\u00e9liorer l&#8217;hygi\u00e8ne des mains (voir&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>encadr\u00e9 2<\/b>&#13;<br \/>\n<b>5 moments pour l\u2019hygi\u00e8ne des mains<\/b>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n1. Imm\u00e9diatement avant de toucher un patient.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n2. Imm\u00e9diatement apr\u00e8s avoir touch\u00e9 un patient.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n3. Imm\u00e9diatement avant un geste aseptique.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n4. Imm\u00e9diatement apr\u00e8s exposition \u00e0 des liquides biologiques.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n5. Imm\u00e9diatement apr\u00e8s tout contact avec l\u2019environnement proche d\u2019un patient.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>6 strat\u00e9gies pour promouvoir l\u2019hygi\u00e8ne des mains (mod\u00e8le genevois)<\/b>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n1. Soutien visible et durable de la part de la direction de l\u2019\u00e9tablissement.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n2. Mise \u00e0 disposition de la solution hydro- alcoolique \u00e0 proximit\u00e9 imm\u00e9diate de chaque lit (distributeur ou flacon de poche).&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n3. Consignes \u00e9crites facilement accessibles.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n4. Formation de chaque collaborateur \u00e0 l\u2019application de l\u2019hygi\u00e8ne des mains.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n5. Contr\u00f4le r\u00e9p\u00e9t\u00e9 de l\u2019application de l\u2019hygi\u00e8ne des mains et notification des r\u00e9sultats aux collaborateurs.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n6. Rappels visuels au lieu de travail.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nPour plus d\u2019informations, taper <a href=\"http:\/\/www.swisshandhygiene.ch\">www.swisshandhygiene.ch<\/a>. ). Il s&#8217;agit l\u00e0 d&#8217;une mesure simple et la plupart du temps sous-estim\u00e9e contre les infections nosocomiales. Elle se fonde sur l&#8217;application fr\u00e9quente et cibl\u00e9e d&#8217;une solution d\u00e9sinfectante \u00e0 base d&#8217;alcool. Au total, 116 h\u00f4pitaux r\u00e9partis dans toute la Suisse y ont pris part.\u00a0La campagne s&#8217;inspire du \u00abmod\u00e8le genevois\u00bb, qui part du constat que seule une strat\u00e9gie multi-modale peut modifier un syst\u00e8me et des comportements. Apr\u00e8s une mise au point laborieuse, il est devenu possible de mesurer l&#8217;hygi\u00e8ne des mains. Les \u00e9tapes \u00e0 suivre ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crites de fa\u00e7on simple et frappante. Entre-temps, la m\u00e9thode a \u00e9t\u00e9 reprise dans plusieurs pays et utilis\u00e9e aussi dans une campagne mondiale de l&#8217;Organisation mondiale de la sant\u00e9 (OMS).&#13;<\/p>\n<h3>Un rapide succ\u00e8s<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLes premiers r\u00e9sultats ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s il y a peu. La pratique syst\u00e9matique de l&#8217;hygi\u00e8ne des mains, qui, avant la campagne, n&#8217;\u00e9tait pratiqu\u00e9e que dans un ou deux cas, s&#8217;est accrue de 25% en l&#8217;espace de quatre mois. Deux h\u00f4pitaux mesuraient en m\u00eame temps le taux d&#8217;infection et ont pu annoncer une r\u00e9duction de 25%. En extrapolant \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle suisse, on aurait d\u00e9j\u00e0 emp\u00each\u00e9 de la sorte 17000 infections et \u00e9conomis\u00e9 60 millions de francs en co\u00fbts suppl\u00e9mentaires. Le calcul des d\u00e9penses consenties pour la campagne en cours n&#8217;est pas encore termin\u00e9, mais sur la base des chiffres genevois, on peut tabler sur un rapport d\u00e9penses\/\u00e9conomies de 1 \u00e0 100, ce qui fait de l&#8217;op\u00e9ration une des campagnes les plus r\u00e9ussies pour la s\u00e9curit\u00e9 des patients suisses trait\u00e9s dans le syst\u00e8me stationnaire de sant\u00e9 et r\u00e9v\u00e8le le potentiel d&#8217;un r\u00e9seau d&#8217;hygi\u00e8ne hospitali\u00e8re entra\u00een\u00e9 par un \u00abcentre strat\u00e9gique d&#8217;innovation\u00bb.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Encadr\u00e9 1: L&#8217;activit\u00e9 de Swissnoso<\/b>&#13;<br \/>\nL&#8217;activit\u00e9 de Swissnoso comprend des conseils \u00e0 l&#8217;Office f\u00e9d\u00e9ral de la sant\u00e9 publique (OFSP) dans des domaines tels que la dangerosit\u00e9 de la nouvelle variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, le sras, la grippe aviaire et la pand\u00e9mie imminente de grippe, l&#8217;\u00e9dition d&#8217;un bulletin trimestriel comprenant des directives nationales, et des cours d&#8217;instruction. Le groupe dirig\u00e9 par l&#8217;auteur a mesur\u00e9 plusieurs infections nosocomiales dans toute la Suisse, ce qui a permis de chiffrer l&#8217;ampleur du probl\u00e8me. Un r\u00e9seau destin\u00e9 \u00e0 faciliter le transfert des connaissances des centres universitaires vers les h\u00f4pitaux p\u00e9riph\u00e9riques a, d\u00e8s lors, \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9.Pour plus d&#8217;informations et la liste des membres, taper <a href=\"http:\/\/www.swiss-noso.ch\">www.swiss-noso.ch<\/a>.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Encadr\u00e9 2: Swiss Hand Hygiene Campaign<\/b>&#13;<br \/>\n<b>5 moments pour l\u2019hygi\u00e8ne des mains<\/b>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n1. Imm\u00e9diatement avant de toucher un patient.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n2. Imm\u00e9diatement apr\u00e8s avoir touch\u00e9 un patient.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n3. Imm\u00e9diatement avant un geste aseptique.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n4. Imm\u00e9diatement apr\u00e8s exposition \u00e0 des liquides biologiques.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n5. Imm\u00e9diatement apr\u00e8s tout contact avec l\u2019environnement proche d\u2019un patient.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>6 strat\u00e9gies pour promouvoir l\u2019hygi\u00e8ne des mains (mod\u00e8le genevois)<\/b>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n1. Soutien visible et durable de la part de la direction de l\u2019\u00e9tablissement.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n2. Mise \u00e0 disposition de la solution hydro- alcoolique \u00e0 proximit\u00e9 imm\u00e9diate de chaque lit (distributeur ou flacon de poche).&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n3. Consignes \u00e9crites facilement accessibles.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n4. Formation de chaque collaborateur \u00e0 l\u2019application de l\u2019hygi\u00e8ne des mains.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n5. Contr\u00f4le r\u00e9p\u00e9t\u00e9 de l\u2019application de l\u2019hygi\u00e8ne des mains et notification des r\u00e9sultats aux collaborateurs.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n6. Rappels visuels au lieu de travail.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nPour plus d\u2019informations, taper <a href=\"http:\/\/www.swisshandhygiene.ch\">www.swisshandhygiene.ch<\/a>.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Encadr\u00e9 3: Bibliographie<\/b>&#13;<br \/>\n&#8211; Sax H., Ruef C. et Widmer AF., \u00abQuality standards for hospital hygiene in intermediate and large hospitals in Switzerland: a recommended concept\u00bb, Swiss Medical Weekly, 1999; 129(7), p. 276-84.- Haley RW., Culver DH., White JW. et al., \u00abThe efficacy of infection surveillance and control programs in preventing nosocomial infections in US hospitals\u00bb, American Journal of Epidemiology ,1985, 121(2), p. 182-205- Harbarth S., Sax H. et Gastmeier P., \u00abThe preventable proportion of nosocomial infections: an overview of published reports\u00bb, Journal of Hospital Infection, 2003, 54(4), p. 258-66; quiz 321.- Berenholtz S.M., Pronovost P.J., Lipsett P.A. et al., \u00abEliminating catheter-related bloodstream infections in the intensive care unit\u00bb, Critical Care Medicine, 2004, 32(10), p. 2014-20.- Pittet D., Hugonnet S., Harbarth S. et al., \u00abEffectiveness of a hospital-wide programme to improve compliance with hand hygiene. Infection Control Programme\u00bb, The Lancet, 2000, 356(9238), p.1307-12.- Pittet D., Sax H., Hugonnet S. et Harbarth S., \u00abCost implications of successful hand hygiene promotion\u00bb, Infection Control and Hospital Epidemiology, 2004, 25(3), p. 264-6.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#8217;hygi\u00e8ne hospitali\u00e8re joue un r\u00f4le important dans la s\u00e9curit\u00e9 des patients et le syst\u00e8me de sant\u00e9. Son but consiste principalement \u00e0 mesurer et \u00e0 r\u00e9duire les formes larv\u00e9es d&#8217;infection end\u00e9mique, ainsi qu&#8217;\u00e0 diagnostiquer, \u00e9tudier et endiguer les \u00e9pid\u00e9mies. 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