{"id":154938,"date":"2006-10-01T12:00:00","date_gmt":"2006-10-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2006\/10\/aeppli-6\/"},"modified":"2023-08-24T01:20:30","modified_gmt":"2023-08-23T23:20:30","slug":"aeppli-6","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2006\/10\/aeppli-6\/","title":{"rendered":"La situation des ch\u00f4meurs en fin de droit en Suisse: quatri\u00e8me \u00e9tude (2005)"},"content":{"rendered":"<p>C&#8217;est \u00e0 partir de 1995 que la situation des ch\u00f4meurs en fin de droit a fait l&#8217;objet de relev\u00e9s en Suisse. La derni\u00e8re enqu\u00eate qui a eu lieu sur la question date de 1999. L&#8217;\u00e9tude pr\u00e9sente repose sur la s\u00e9rie de donn\u00e9es publi\u00e9e \u00e0 cette occasion et analyse la situation des ch\u00f4meurs en fin de droit en 2005. D&#8217;un point de vue g\u00e9n\u00e9ral, celle-ci s&#8217;est l\u00e9g\u00e8rement d\u00e9grad\u00e9e entre la derni\u00e8re \u00e9tude et 2005. En effet, 51% des personnes en question avaient retrouv\u00e9 un emploi en 1999, alors qu&#8217;elles n&#8217;\u00e9taient que 48% six ans apr\u00e8s. Les quatre \u00e9tudes men\u00e9es entre 1995 et 2005 confirment que les personnes \u00e2g\u00e9es de 50 ans et plus ainsi que celles sans formation \u00e9prouvent des probl\u00e8mes particuliers lors de la recherche d&#8217;emploi. Le recours \u00e0 l&#8217;aide sociale comme source de financement pour subvenir aux besoins des personnes en fin de droit prend de plus en plus d&#8217;importance.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLa pr\u00e9sente \u00e9tude a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e sur mandat de la Commission de surveillance du Fonds de compensation de l&#8217;assurance-ch\u00f4mage (AC). Elle a \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement financ\u00e9e par le Fonds de compensation. Elle constitue la suite des trois premi\u00e8res enqu\u00eates, r\u00e9alis\u00e9es en 1995, 1997 et 1999, sur la situation des ch\u00f4meurs en fin de droit Voir Aeppli, Hotz, Hugentobler et Theiss (1996); Aeppli, Hoffmann et Theiss (1998); Aeppli (2000).. Une \u00e9tude du Fonds national Aeppli, K\u00e4lin, Ott et Peters (2004). s&#8217;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pench\u00e9e sur la m\u00eame question, mais dans les seuls cantons de B\u00e2le-Ville et Gen\u00e8ve ainsi que dans la ville de Zurich.\u00a0Le rapport dont les r\u00e9sultats sont pr\u00e9sent\u00e9s ici utilise la d\u00e9finition officielle du Secr\u00e9tariat d&#8217;\u00c9tat \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie (Seco): \u00abUne personne arriv\u00e9e en fin de droit est une personne qui a \u00e9puis\u00e9 ses droits aux prestations de l&#8217;assurance-ch\u00f4mage ou qui a \u00e9puis\u00e9 ses droits aux indemnit\u00e9s journali\u00e8res \u00e0 l&#8217;expiration d&#8217;un d\u00e9lai-cadre de deux ans et qui n&#8217;a pu ouvrir, par la suite, un nouveau d\u00e9lai-cadre.\u00bb\u00a0Le projet de recherche avait pour objectif de rassembler des informations d\u00e9taill\u00e9es, document\u00e9es et actualis\u00e9es sur la situation des ch\u00f4meurs en Suisse apr\u00e8s \u00e9puisement de leur droit ou, pour r\u00e9sumer: \u00abQu&#8217;advient-il des ch\u00f4meurs en fin de droit?\u00bb&#13;<\/p>\n<h2>Qui a retrouv\u00e9 du travail?<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nSur les 1044 personnes en fin de droit interrog\u00e9es (en septembre et octobre 2005), 48% avaient retrouv\u00e9 un travail au moment de l&#8217;enqu\u00eate. Elles avaient commenc\u00e9 \u00e0 exercer une activit\u00e9 ind\u00e9pendante, retrouv\u00e9 une activit\u00e9 salari\u00e9e ou participaient \u00e0 un programme d&#8217;occupation. Cette proportion s&#8217;\u00e9levait \u00e0 50% en 1995, \u00e0 43% en 1997 et \u00e0 51% en 1999. La proportion des ch\u00f4meurs en fin de droit qui retrouvent du travail d\u00e9pend fortement de l&#8217;\u00e9volution du ch\u00f4mage et, dans une moindre mesure, de la croissance du produit int\u00e9rieur brut (PIB). En 1997 par exemple, les ch\u00f4meurs en fin de droit confront\u00e9s \u00e0 un ch\u00f4mage qui d\u00e9passait les 5% &#8211; le pire taux des douze derni\u00e8res ann\u00e9es &#8211; eurent les plus grandes peines \u00e0 trouver un nouvel emploi.\u00a0Au moment de l&#8217;enqu\u00eate, plus du tiers des ch\u00f4meurs en fin de droit avaient une activit\u00e9 salari\u00e9e et un peu plus de 10% \u00e9taient ind\u00e9pendants ou participaient \u00e0 un programme d&#8217;occupation. Pr\u00e8s d&#8217;un tiers n&#8217;ont jamais r\u00e9ussi \u00e0 se r\u00e9ins\u00e9rer dans le monde du travail et un cinqui\u00e8me avaient travaill\u00e9 pendant une certaine p\u00e9riode: leur occupation salari\u00e9e n&#8217;a \u00e9t\u00e9 que temporaire ou leur programme d&#8217;occupation s&#8217;est achev\u00e9 sans qu&#8217;une solution ait \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9e pour la suite (voir graphique 1). En outre, plus d&#8217;un quart des ch\u00f4meurs en fin de droit sans emploi ont abandonn\u00e9 leurs recherches. S&#8217;\u00e9tant, de fait, retir\u00e9s du march\u00e9 du travail, ils ne peuvent plus \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme des ch\u00f4meurs, m\u00eame si les raisons qui les ont pouss\u00e9s \u00e0 cette extr\u00e9mit\u00e9 peuvent \u00eatre diverses.&#13;<\/p>\n<h3>Un probl\u00e8me qui touche principalement les 50 ans et plus&#8230;<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nComme dans les \u00e9tudes pr\u00e9c\u00e9dentes, on a de nouveau constat\u00e9 des diff\u00e9rences notables entre les classes d&#8217;\u00e2ge. Les chances de retrouver du travail pour le groupe de personnes en fin de droit \u00e2g\u00e9es de plus de 49 ans \u00e9taient nettement plus faibles que celles des deux classes d&#8217;\u00e2ge plus jeunes. En effet, plus de la moiti\u00e9 des moins de 30 ans et des 30-49 ans ont retrouv\u00e9 un emploi, alors que seuls 36% des 50 ans et plus ont eu cette chance. Cette diff\u00e9rence \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sente en 1995, 1997 et 1999. L&#8217;\u00e9cart s&#8217;\u00e9tait r\u00e9v\u00e9l\u00e9 particuli\u00e8rement important en 1997 puisque, cette ann\u00e9e-l\u00e0, le nombre de personnes ayant retrouv\u00e9 un travail atteignait son minimum. Les chances des personnes \u00e2g\u00e9es de retrouver un emploi augmentent nettement moins que celles des plus jeunes lorsque la conjoncture s&#8217;am\u00e9liore.&#13;<\/p>\n<h3>&#8230; et les moins qualifi\u00e9s<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLa probabilit\u00e9 de retrouver un emploi augmente nettement en fonction de la qualification des ch\u00f4meurs. Au moment de l&#8217;enqu\u00eate, 37% des personnes en fin de droit sans formation avaient un travail contre 41% pour les semi-qualifi\u00e9es et 54% pour celles b\u00e9n\u00e9ficiant d&#8217;une formation. Cette diff\u00e9rence est hautement significative. Elle existait d\u00e9j\u00e0 en 1999 et s&#8217;est accentu\u00e9e depuis. En 1997, on a seulement demand\u00e9 aux personnes interrog\u00e9es leur formation scolaire, mais il avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 prouv\u00e9 que les personnes qui n&#8217;avaient suivi que la scolarit\u00e9 obligatoire \u00e9taient confront\u00e9es, pendant leurs recherches d&#8217;emploi, \u00e0 des difficult\u00e9s au-dessus de la moyenne.&#13;<\/p>\n<h3>Fili\u00e8res de placement et type de travail retrouv\u00e9<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nUn tiers des 499 personnes en fin de droit qui ont r\u00e9pondu au questionnaire et qui avaient un travail au moment de l&#8217;enqu\u00eate l&#8217;avaient trouv\u00e9 en r\u00e9agissant \u00e0 des offres d&#8217;emploi ou avaient fait acte de candidature spontan\u00e9e, un quart par l&#8217;entremise d&#8217;amis, de parents ou de connaissances et un cinqui\u00e8me seulement par le biais de services de placement publics ou priv\u00e9s. \u00a055% des personnes en fin de droit qui avaient retrouv\u00e9 un emploi ont d\u00fb changer de profession. La moiti\u00e9 n&#8217;avait pas d&#8217;emploi fixe: travail de dur\u00e9e limit\u00e9e, temporaire et sur appel, programme d&#8217;occupation (voir graphique 2). Pr\u00e8s des deux cinqui\u00e8mes exer\u00e7aient une activit\u00e9 \u00e0 temps partiel. La proportion de ch\u00f4meurs en fin de droit ayant trouv\u00e9 un emploi \u00e0 temps partiel est, ainsi, sup\u00e9rieure \u00e0 la moyenne.\u00a059% des personnes interrog\u00e9es qui avaient du travail ont d\u00e9clar\u00e9 que leur nouvel emploi r\u00e9pondait pleinement \u00e0 ce qu&#8217;elles esp\u00e9raient trouver au d\u00e9but de leurs recherches. Pour 41% d&#8217;entre elles, il ne concordait que partiellement ou pas du tout. Le motif d&#8217;insatisfaction le plus souvent \u00e9voqu\u00e9 (indiqu\u00e9 par 29% des personnes au b\u00e9n\u00e9fice d&#8217;un emploi) \u00e9tait la faiblesse du salaire. Pour plus d&#8217;un cinqui\u00e8me des personnes en fin de droit ayant retrouv\u00e9 un travail, le nouvel emploi repr\u00e9sente un recul dans leur activit\u00e9 professionnelle. Pour plus d&#8217;un cinqui\u00e8me \u00e9galement, il ne correspond pas \u00e0 leur formation. Plus des deux cinqui\u00e8mes des personnes en fin de droit ayant retrouv\u00e9 un emploi continuent \u00e0 en chercher un autre plus gratifiant.&#13;<\/p>\n<h3>Situation salariale<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nPr\u00e8s de la moiti\u00e9 des 499 personnes qui avaient retrouv\u00e9 un emploi gagnaient nettement moins qu&#8217;avant le ch\u00f4mage. Un petit peu plus d&#8217;un tiers a pu conserver le m\u00eame gain ou l&#8217;am\u00e9liorer. Un peu plus d&#8217;un quart de ces 499 personnes percevaient un salaire nettement inf\u00e9rieur au montant de la derni\u00e8re indemnit\u00e9 vers\u00e9e par l&#8217;AC. \u00c0 l&#8217;oppos\u00e9, pr\u00e8s d&#8217;un quart d&#8217;entre elles touchaient un salaire qui d\u00e9passait largement le montant de cette derni\u00e8re indemnit\u00e9. Il y a lieu d&#8217;admettre que certaines personnes ont accept\u00e9 un travail qu&#8217;elles auraient refus\u00e9 alors qu&#8217;elles \u00e9taient encore au b\u00e9n\u00e9fice de l&#8217;AC, du fait qu&#8217;il n&#8217;aurait pas \u00e9t\u00e9 convenable parce qu&#8217;insuffisamment r\u00e9tribu\u00e9.&#13;<\/p>\n<h2>Comment les ch\u00f4meurs en fin de droit sans travail subviennent-ils \u00e0 leurs besoins?<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nPour 45% des ch\u00f4meurs en fin de droit, c&#8217;est le ou la partenaire qui subvient le plus souvent aux besoins du m\u00e9nage (voir graphique 3). Les \u00e9conomies repr\u00e9sentent pour un tiers la deuxi\u00e8me source de financement. Avant de pouvoir recourir \u00e0 l&#8217;aide sociale, une grande partie des \u00e9conomies doivent \u00eatre d\u00e9pens\u00e9es, c&#8217;est pourquoi de nombreuses personnes vivent d&#8217;abord de cette ressource. Le financement est assur\u00e9, en troisi\u00e8me lieu, par l&#8217;aide sociale pour 29% des cas. Les parents et la famille repr\u00e9sentent la quatri\u00e8me source de financement pour un cinqui\u00e8me des ch\u00f4meurs en fin de droit. Un travail occasionnel, de nouvelles indemnit\u00e9s de l&#8217;assurance-ch\u00f4mage en cas de renaissance du droit et l&#8217;assurance-invalidit\u00e9 (b\u00e9n\u00e9ficiaires et requ\u00e9rants confondus) contribuent \u00e0 subvenir aux besoins de 14 \u00e0 16% des personnes Comme plusieurs r\u00e9ponses \u00e9taient possibles, le total d\u00e9passe largement 100%.. En 1999, seules 23% des personnes en fin de droit ne disposant pas d&#8217;un emploi ont eu recours \u00e0 l&#8217;aide sociale.\u00a0On constate, ainsi, que bien plus des deux cinqui\u00e8mes des ch\u00f4meurs en fin de droit et dont les recherches ont \u00e9t\u00e9 infructueuses, d\u00e9pendent de l&#8217;aide sociale ou de l&#8217;assurance-invalidit\u00e9. Ces personnes p\u00e8sent donc lourdement sur ces deux institutions.&#13;<\/p>\n<h2>Avec qui le ch\u00f4meur en fin de droit a-t-il parl\u00e9 de ses recherches&#8230;<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes deux tiers des ch\u00f4meurs en fin de droit ayant r\u00e9pondu au questionnaire ont d\u00e9clar\u00e9 avoir parl\u00e9 de leurs recherches \u00e0 l&#8217;office r\u00e9gional de placement\u00a0(ORP). Il n&#8217;est pas surprenant de constater que l&#8217;ORP figure en haut de la liste puisqu&#8217;il a justement \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 pour \u00e9changer avec les ch\u00f4meurs dans ce but. Il faut pr\u00e9ciser que les ch\u00f4meurs en fin de droit n&#8217;ont plus l&#8217;obligation de se rendre \u00e0 l&#8217;ORP, ce qui fait qu&#8217;un tiers d&#8217;entre eux ne le mentionnent pas. Outre l&#8217;ORP, les ch\u00f4meurs en fin de droit parlent souvent de leurs recherches \u00e0 leurs amis et coll\u00e8gues (30%), \u00e0 leur partenaire et \u00e0 la famille (29%) ainsi qu&#8217;aux bureaux de placement priv\u00e9s (25%). Toutes les autres instances et organisations officielles telles que le service social, la caisse de ch\u00f4mage, l&#8217;orientation professionnelle, l&#8217;assurance-invalidit\u00e9 et les syndicats n&#8217;ont que peu d&#8217;importance et demeurent tous au-dessous de 10%. On constate que 9% des ch\u00f4meurs en fin de droit n&#8217;ont personne avec qui parler de leurs recherches d&#8217;emploi. Cette r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9montre \u00e0 quel point le ch\u00f4mage peut conduire \u00e0 l&#8217;isolement.&#13;<\/p>\n<h2>&#8230;et qu&#8217;en a-t-il tir\u00e9?<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nPour chaque groupe de personnes ou institution que le ch\u00f4meur en fin de droit avait indiqu\u00e9 comme son interlocuteur lors de ses recherches, nous avons demand\u00e9 quelle aide il leur avait apport\u00e9e. Seul un sixi\u00e8me des personnes qui avaient indiqu\u00e9 l&#8217;ORP comme interlocuteur ont dit que ce dernier leur avait apport\u00e9 une aide, m\u00eame pr\u00e9cieuse dans certains cas; pr\u00e8s des deux tiers \u00e9taient d&#8217;avis qu&#8217;il ne leur avait pas \u00e9t\u00e9 d&#8217;une grande utilit\u00e9, sinon m\u00eame d&#8217;aucune. En revanche, parmi toutes les personnes qui ont discut\u00e9 de leurs recherches d&#8217;emploi avec leurs amis et coll\u00e8gues, plus d&#8217;un tiers ont indiqu\u00e9 que cela les avait aid\u00e9es, et m\u00eame beaucoup; seul un tiers d&#8217;entre elles estimait que le secours obtenu \u00e9tait faible sinon inexistant. Le ou la partenaire et la famille sont mieux plac\u00e9s que les amis et les coll\u00e8gues; en effet, 47% y ont trouv\u00e9 un soutien et m\u00eame un solide appui lors de leurs recherches d&#8217;emploi.\u00a0Il faut ajouter que de nombreux ch\u00f4meurs en fin de droit n&#8217;ont eu des contacts avec l&#8217;ORP que lorsqu&#8217;ils touchaient des indemnit\u00e9s de ch\u00f4mage et que cette p\u00e9riode se situe dans un pass\u00e9 plus lointain que les conversations avec les amis et coll\u00e8gues. Les services de placement priv\u00e9s n&#8217;obtiennent pas un meilleur score puisque leurs r\u00e9sultats sont presque identiques \u00e0 ceux de l&#8217;ORP.&#13;<\/p>\n<h2>Sant\u00e9 et perspectives d&#8217;avenir<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL&#8217;\u00e9tude du Fonds national4 montrait d\u00e9j\u00e0, comme la pr\u00e9sente \u00e9tude, que la sant\u00e9 des ch\u00f4meurs en fin de droit pr\u00e9sente de grandes diff\u00e9rences selon leur statut sur le march\u00e9 du travail. Parmi les ch\u00f4meurs en fin de droit qui avaient retrouv\u00e9 un emploi, seuls 5% se plaignaient d&#8217;une mauvaise ou tr\u00e8s mauvaise sant\u00e9, tandis qu&#8217;ils \u00e9taient 16%, soit trois fois plus, parmi ceux qui restaient sans activit\u00e9 lucrative. La question en relation avec l&#8217;\u00e9tat de sant\u00e9 est issue de l&#8217;Enqu\u00eate suisse sur la sant\u00e9 de l&#8217;Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique (OFS). Selon la derni\u00e8re enqu\u00eate au niveau suisse de cette s\u00e9rie r\u00e9alis\u00e9e en 2002, le pourcentage de la population suisse qui estime que sa sant\u00e9 est mauvaise ou tr\u00e8s mauvaise est de seulement 3%. Les ch\u00f4meurs en fin de droit sans emploi sont donc cinq fois plus nombreux dans ce cas que le reste de la population.\u00a0Parmi les ch\u00f4meurs en fin de droit sans nouvel emploi, 38% se sont sentis tr\u00e8s souvent ou assez souvent seuls. Cette proportion est nettement plus \u00e9lev\u00e9e que chez les personnes pourvues d&#8217;un emploi (23%). Cela n&#8217;est pas \u00e9tonnant quand on sait que de nombreux contacts se nouent pendant le travail et que les personnes sans activit\u00e9 lucrative en sont priv\u00e9es. Selon la derni\u00e8re Enqu\u00eate suisse sur la sant\u00e9, seuls 2% de la population suisse ressentaient souvent ou tr\u00e8s souvent un sentiment de solitude. Les ch\u00f4meurs en fin de droit avec ou sans travail \u00e9taient 12 \u00e0 19\u00a0fois plus nombreux dans ce cas.\u00a0De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, les personnes qui ont un travail sont beaucoup plus positive envers leur avenir que celles qui n&#8217;en ont pas. Plus des deux tiers des ch\u00f4meurs en fin de droit qui avaient un emploi estimaient que leurs perspectives d&#8217;avenir \u00e9taient bonnes ou tr\u00e8s bonnes. Ceux qui restaient priv\u00e9s d&#8217;une activit\u00e9 lucrative n&#8217;\u00e9taient qu&#8217;un peu plus d&#8217;un tiers \u00e0 penser ainsi. Ces donn\u00e9es montrent l&#8217;importance du travail m\u00eame de nos jours. Il semble qu&#8217;il repr\u00e9sente, pour un grand nombre de personnes, la porte vers un avenir meilleur.&#13;<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes personnes ci-dessous \u00e9prouvent des probl\u00e8mes particuliers \u00e0 retrouver un travail lorsqu&#8217;elles sont en fin de droit:\u00a0&#8211; les personnes \u00e2g\u00e9es de 50 ans et plus;\u00a0&#8211; celles sans formation;\u00a0&#8211; les travailleurs auxiliaires.\u00a0Des efforts particuliers doivent \u00eatre consentis pour que les personnes en fin de droit plus \u00e2g\u00e9es et celles sans formation retrouvent un acc\u00e8s au monde du travail. Il faut que les institutions en place encadrent plus \u00e9troitement ces personnes et les soutiennent dans leurs recherches d&#8217;emploi ou qu&#8217;une institution soit sp\u00e9cialement cr\u00e9\u00e9e pour elles. Aujourd&#8217;hui, aucune des institutions existantes ne se sent r\u00e9ellement comp\u00e9tente pour les personnes en fin de droit. Les travailleurs \u00e2g\u00e9s se trouvent face \u00e0 un autre probl\u00e8me lors de leurs recherches d&#8217;emploi: les taux des primes des caisses de pension augmentent fortement avec l&#8217;\u00e2ge des assur\u00e9s, ce qui dissuade les entreprises de les engager. De nouvelles portes peuvent s&#8217;ouvrir dans le monde du travail pour les personnes sans formation, pour autant qu&#8217;elles en aient la capacit\u00e9.\u00a0L&#8217;initiative personnelle et un r\u00e9seau actif de relations peuvent \u00eatre d&#8217;un grand secours lors de la recherche d&#8217;un emploi; il faut donc mettre en place des mesures ad\u00e9quates pour les promouvoir. De nombreux ch\u00f4meurs se r\u00e9fugient dans l&#8217;isolement. Les personnes en fin de droit sans travail doivent \u00eatre encourag\u00e9es \u00e0 garder des contacts et \u00e0 parler de leur situation. Ce sujet peut \u00eatre abord\u00e9 dans des cours et des programmes d&#8217;occupation ou constituer un th\u00e8me \u00e0 part enti\u00e8re. Afin d&#8217;encourager l&#8217;initiative personnelle, des dossiers de candidature cibl\u00e9s et tr\u00e8s bien pr\u00e9par\u00e9s, si n\u00e9cessaire avec le conseil et l&#8217;aide de professionnels en la mati\u00e8re, seraient indispensables \u00e0 notre avis.\u00a0Le recours \u00e0 l&#8217;aide sociale comme source de financement pour subvenir aux besoins des personnes en fin de droit prend de plus en plus d&#8217;importance. En 1999, celui-ci \u00e9tait de 23% parmi les personnes sans emploi et de 29% en 2005, soit un total de 5500 personnes environ pour toute la Suisse.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1 \u00abSituation actuelle des ch\u00f4meurs en fin de droit interrog\u00e9s\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2 \u00abType de travail trouv\u00e9, 1995-2005\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 3 \u00abMoyens de subsistance des personnes sans emploi\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nTableau 1 \u00abM\u00e9thode et r\u00e9alisation\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: Bibliographie &#8211; Aeppli D., Hotz C., Hugentobler V. et Theiss R., Die Situation der Ausgesteuerten in der Schweiz, \u00e9d. Paul Haupt, Berne, 1996;- Aeppli D., Hoffmann B. et Theiss R., Ausgesteuerte in der Schweiz, \u00e9d. Paul Haupt, Berne, 1998;- Aeppli D., Die Situation der Ausgesteuerten in der Schweiz &#8211; Die dritte Studie, \u00e9d. Paul\u00a0Haupt, Berne, 2000;- Aeppli D., K\u00e4lin R., Ott W. et Peters M., Effets des programmes d&#8217;occupation pour les ch\u00f4meurs en fin de droit, projet du programme national de recherche 45 \u00abProbl\u00e8mes de l&#8217;\u00c9tat social\u00bb, Zurich\/Coire, \u00e9d. R\u00fcegger, 2004;- Aeppli D., La situation des ch\u00f4meurs en fin de droit &#8211; Quatri\u00e8me \u00e9tude mandat\u00e9e par l&#8217;assurance-ch\u00f4mage, Berne, Seco, 2006;- Curti M. et Fontaine P., \u00abLes arriv\u00e9es en fin de droit: une r\u00e9alit\u00e9 complexe\u00bb, La Vie \u00e9conomique, 10\/1999<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C&#8217;est \u00e0 partir de 1995 que la situation des ch\u00f4meurs en fin de droit a fait l&#8217;objet de relev\u00e9s en Suisse. La derni\u00e8re enqu\u00eate qui a eu lieu sur la question date de 1999. 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