{"id":155009,"date":"2006-09-01T12:00:00","date_gmt":"2006-09-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2006\/09\/bourgeois-4\/"},"modified":"2023-08-24T01:20:49","modified_gmt":"2023-08-23T23:20:49","slug":"bourgeois-4","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2006\/09\/bourgeois-4\/","title":{"rendered":"R\u00e9forme de la politique agricole: un (trop) gros enjeu pour l&#8217;agriculture"},"content":{"rendered":"<p>En mati\u00e8re de politique agricole, le calme n&#8217;est pas pour demain. Le Parlement va, en effet, empoigner le dernier en date des paquets de r\u00e9formes, la PA 2011. Il devra apporter au projet les corrections auxquelles le Conseil f\u00e9d\u00e9ral n&#8217;a pas voulu proc\u00e9der, afin que les cons\u00e9quences de cette nouvelle r\u00e9forme soient supportables pour les familles paysannes et que celles-ci soient en mesure de ma\u00eetriser les d\u00e9fis \u00e0 venir. Le projet gouvernemental pr\u00e9sente, en effet, de grosses faiblesses dans les domaines suivants: enveloppe financi\u00e8re, soutien du march\u00e9, droit foncier rural et droit du bail \u00e0 ferme agricole, mesures de r\u00e9duction des co\u00fbts de production. L&#8217;Union Suisse des Paysans (USP) attend donc du Parlement qu&#8217;il trace une voie permettant aux paysannes et aux paysans de prendre leur avenir \u00e0 bras le corps avec toute l&#8217;\u00e9nergie et la force d&#8217;innovation n\u00e9cessaires.<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/200609_07_Bourgeois_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"254\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nDepuis plus d&#8217;une d\u00e9cennie, la politique agricole suisse est un vaste chantier sur lequel on ne cesse de construire et de transformer. Les familles paysannes ont remarquablement r\u00e9agi \u00e0 la transformation rapide des conditions-cadres. Elles ont adapt\u00e9 les structures de leurs exploitations, align\u00e9 leur production aux besoins du march\u00e9 et d\u00e9couvert des niches \u00e0 exploiter. Les r\u00e9formes successives de la politique agricole ont, toutefois, exig\u00e9 un lourd tribut. Depuis 1990, plus de 30&nbsp;000 exploitations, soit un tiers du total, ont cess\u00e9 toute activit\u00e9. Aucune autre branche de l&#8217;\u00e9conomie n&#8217;a v\u00e9cu une restructuration aussi importante en si peu de temps. Avec la PA 2011, nous voici \u00e0 l&#8217;aube d&#8217;une nouvelle \u00e9tape de la r\u00e9forme.\u00a0Apr\u00e8s tout ce temps, nous sommes l\u00e9gitimement en droit de faire le point. Les attentes ont-elles \u00e9t\u00e9 satisfaites? L&#8217;agriculture r\u00e9pond-elle aux exigences de la durabilit\u00e9? L&#8217;USP propose, pour r\u00e9pondre \u00e0 ces questions, d&#8217;analyser la situation actuelle en mati\u00e8re d&#8217;\u00e9cologie, d&#8217;\u00e9conomie et de compatibilit\u00e9 sociale.&#13;<\/p>\n<h2>Les objectifs \u00e9cologiques sont atteints<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL&#8217;\u00e9volution, depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es nonante, en mati\u00e8re de protection des animaux et de l&#8217;environnement est impressionnante. \u00c0 l&#8217;heure actuelle, pr\u00e8s de 98% de la surface agricole utile (SAU) sont exploit\u00e9s en fonction de crit\u00e8res \u00e9cologiques s\u00e9v\u00e8res et pr\u00e8s de 11% conform\u00e9ment aux principes encore plus s\u00e9v\u00e8res de l&#8217;agriculture biologique. Les surfaces de compensation \u00e9cologique, faisant l&#8217;objet d&#8217;une exploitation de faible intensit\u00e9, repr\u00e9sentent \u00e9galement 11% de la SAU. Depuis le lancement de la r\u00e9forme, l&#8217;utilisation de produits de traitement des plantes a recul\u00e9 de 35% et les \u00e9pandages d&#8217;engrais ont diminu\u00e9 entre 24 et 68%, selon le type d&#8217;engrais. Depuis ce temps, les deux tiers des animaux peuvent sortir r\u00e9guli\u00e8rement en plein air et plus d&#8217;un tiers d&#8217;entre eux sont d\u00e9tenus dans des syst\u00e8mes de stabulation particuli\u00e8rement respectueux de leurs besoins naturels. Les objectifs en mati\u00e8re d&#8217;\u00e9cologie et de bien-\u00eatre des animaux, formul\u00e9s en 2002 dans le message du Conseil f\u00e9d\u00e9ral relatif \u00e0 la PA 2007, sont donc largement atteints. S&#8217;il n&#8217;est nullement question de revenir sur ces acquis, il n&#8217;est pas non plus n\u00e9cessaire d&#8217;agir prochainement dans ce domaine. En effet, au vu de la situation difficile des familles paysannes, il faut imp\u00e9rativement emp\u00eacher toute nouvelle exigence synonyme de co\u00fbts suppl\u00e9mentaires.&#13;<\/p>\n<h2>Les paysans sont des \u00abtravailleurs pauvres qui fournissent un dur labeur\u00bb<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLorsque l&#8217;on aborde la situation financi\u00e8re des familles paysannes, le tableau est bien sombre. Malgr\u00e9 tous les efforts qu&#8217;elles ont consentis, leur situation \u00e9conomique s&#8217;est aggrav\u00e9e. L&#8217;\u00e9volution des prix \u00e0 la production et \u00e0 la consommation montre des trajectoires divergentes particuli\u00e8rement pr\u00e9occupante. Ainsi, au cours des 15 derni\u00e8res ann\u00e9es, les prix \u00e0 la production ont recul\u00e9 de 25% tandis que le commerce de d\u00e9tail augmentaient ceux de d\u00e9tail de 15%. Le recul des prix enregistr\u00e9 par les paysans n&#8217;a par cons\u00e9quent nullement profit\u00e9 aux consommateurs: il a servi \u00e0 renforcer les marges de la transformation et du commerce. Dans ce contexte, le fait que les paysans soient contraints d&#8217;acheter des agents de production \u00e0 des prix toujours plus \u00e9lev\u00e9s &#8211; 25% d&#8217;augmentation environ &#8211; est lourd de cons\u00e9quences pour leur revenu, qui stagne \u00e0 un faible niveau. Le revenu d&#8217;une unit\u00e9 de main-d&#8217;oeuvre familiale travaillant \u00e0 100% sur l&#8217;exploitation est actuellement de 38&nbsp;800 francs environ par an. L&#8217;agriculture ne permet donc que la moiti\u00e9 des revenus per\u00e7us dans un autre secteur de l&#8217;\u00e9conomie. De plus, en tenant compte de la longueur de leurs horaires, on peut qualifier les paysannes et les paysans de \u00abtravailleurs pauvres qui fournissent un dur labeur\u00bb. Les gains accessoires qui soutiennent l&#8217;activit\u00e9 agricole sont indispensables \u00e0 la survie d&#8217;un nombre toujours plus important d&#8217;exploitations. Qui s&#8217;en \u00e9tonnerait d&#8217;ailleurs, sachant que pour 70% d&#8217;entre elles, le rendement du capital est n\u00e9gatif.&#13;<\/p>\n<h2>La restructuration bat son plein<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa situation \u00e9conomique provoque l&#8217;abandon de 2,5% des exploitations agricoles chaque ann\u00e9e. Mais comme cette \u00e9volution structurelle se concr\u00e9tise la plupart du temps au moment du changement de g\u00e9n\u00e9ration, elle est dans une certaine mesure socialement supportable. Leur mauvaise situation \u00e9conomique contraint les paysans \u00e0 bien des sacrifices. Ainsi, un m\u00e9nage paysan ne consacre que 827 francs par personne aux d\u00e9penses de consommation courante, alors que la somme moyenne par m\u00e9nage dans notre pays se situe \u00e0 2012 francs. Si l&#8217;on y ajoute la longueur du temps de travail, la pr\u00e9carit\u00e9 financi\u00e8re dans laquelle vivent les paysans fait qu&#8217;ils sont moins de 40% \u00e0 croire en la survie \u00e0 long terme de leur exploitation. En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, les familles paysannes affrontent donc l&#8217;avenir avec un sentiment d&#8217;incertitude prononc\u00e9.\u00a0Pour r\u00e9sumer, c&#8217;est en mati\u00e8re de rentabilit\u00e9 de l&#8217;agriculture que les r\u00e9formes pass\u00e9es sont tr\u00e8s largement d\u00e9ficitaires. Les prochaines doivent par cons\u00e9quent donner la priorit\u00e9 \u00e0 l&#8217;am\u00e9lioration de la situation \u00e9conomique.&#13;<\/p>\n<h2>PA 2011: le projet du Conseil f\u00e9d\u00e9ral est insuffisant<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nTrait\u00e9 pour la premi\u00e8re fois, au d\u00e9but du mois de juillet, par la Commission de l&#8217;\u00e9conomie et des redevances (CER) du Conseil des \u00c9tats, le projet du Conseil f\u00e9d\u00e9ral s&#8217;articule autour des cinq axes suivants:\u00a01. Am\u00e9liorer la comp\u00e9titivit\u00e9 de la production par une r\u00e9allocation, aux paiements directs, de moyens financiers affect\u00e9s au soutien du march\u00e9, et par des mesures destin\u00e9es \u00e0 abaisser les co\u00fbts.\u00a02. Garantir les prestations d&#8217;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral fournies par un syst\u00e8me simple de paiements directs.\u00a03. Favoriser la cr\u00e9ation de valeur ajout\u00e9e dans le milieu rural.\u00a04. Faciliter les restructurations et les rendre supportables au plan social.\u00a05. Simplifier l&#8217;administration et coordonner les contr\u00f4les.\u00a0\u00a0\u00c0 l&#8217;exception du transfert de fonds destin\u00e9s au soutien du march\u00e9 vers les paiements directs, l&#8217;USP soutient ces objectifs dans leur totalit\u00e9. Certains probl\u00e8mes surgiront, toutefois, quant \u00e0 leur interpr\u00e9tation et aux moyens de les atteindre. Pour l&#8217;USP, les moyens financiers pr\u00e9vus pour soutenir les diverses mesures sont clairement insuffisants. La r\u00e9duction de 630 millions de francs pr\u00e9vue par rapport au budget de la pr\u00e9c\u00e9dente \u00e9tape de la r\u00e9forme est inacceptable. Au vu de la fragilit\u00e9 de la situation financi\u00e8re des exploitations agricoles, toute nouvelle r\u00e9duction du cr\u00e9dit-cadre aurait des cons\u00e9quences n\u00e9gatives.&#13;<\/p>\n<h2>L&#8217;agriculture offre davantage qu&#8217;avant! Mais pour combien de temps encore?<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes familles paysannes suisses produisent aujourd&#8217;hui des denr\u00e9es alimentaires de qualit\u00e9 irr\u00e9prochable. Les forces de l&#8217;agriculture indig\u00e8ne r\u00e9sident dans un production respectueuse de la protection des animaux et de l&#8217;environnement, dans la proximit\u00e9 de la production et donc dans la fra\u00eecheur des produits. De plus, outre des denr\u00e9es alimentaires, l&#8217;agriculture offre une gamme de prestations dont la soci\u00e9t\u00e9 ne saurait se passer: elle cr\u00e9e des paysages vari\u00e9s et des espaces de vie et de d\u00e9tente attrayants. Elle participe dans une tr\u00e8s large mesure \u00e0 la vitalit\u00e9 \u00e9conomique et sociale de l&#8217;espace rural. Sans une r\u00e9mun\u00e9ration suffisante tir\u00e9e de la production agricole, les exploitations ne pourront plus garantir ces prestations \u00e0 long terme. Or, le programme propos\u00e9 par le Conseil f\u00e9d\u00e9ral manque de perspectives claires \u00e0 ce propos et contredit l&#8217;objectif d&#8217;une consolidation de la situation \u00e9conomique des paysans. Les coupes budg\u00e9taires pr\u00e9vues et la conversion du soutien du march\u00e9 en paiements directs auront des cons\u00e9quences tr\u00e8s importantes, voire vitales sur le revenu des fanilles paysannes. Les lacunes du projet ne pourront plus \u00eatre compens\u00e9es par la croissance de la taille des exploitations, les gains de productivit\u00e9, la m\u00e9canisation ou la conqu\u00eate de march\u00e9s de niche. Rien ne sert de se bercer d&#8217;illusions: la cr\u00e9ation de valeur ajout\u00e9e dans les branches en amont et en aval d\u00e9pend aussi d&#8217;une agriculture productive!&#13;<\/p>\n<h2>Des corrections en profondeur sont n\u00e9cessaires<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nPour \u00e9viter d&#8217;\u00e9largir encore le foss\u00e9 s\u00e9parant les familles paysannes du reste de la population, le paquet de r\u00e9formes de la PA 2011 doit \u00eatre corrig\u00e9 en profondeur. Il s&#8217;agit en l&#8217;occurrence de respecter les trois lignes directrices suivantes:\u00a01. L&#8217;attrait \u00e9conomique de la production de denr\u00e9es alimentaires et de mati\u00e8res premi\u00e8res pour l&#8217;industrie agroalimentaire ne doit pas se r\u00e9duire.\u00a02. Le cadre l\u00e9gal applicable \u00e0 l&#8217;agriculture et aux activit\u00e9s accessoires agricoles doit \u00eatre assoupli: d\u00e9r\u00e9glementation du march\u00e9 des consommations interm\u00e9diaires, assouplissement de la l\u00e9gislation sur l&#8217;am\u00e9nagement du territoire, autorisation des importations parall\u00e8les et autres mesures similaires.\u00a03. Les prestations d&#8217;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral doivent \u00eatre r\u00e9mun\u00e9r\u00e9es convenablement.\u00a0\u00a0Pour atteindre ces objectifs et satisfaire aux exigences d&#8217;une agriculture durable, le projet devra r\u00e9pondre aux conditions suivantes:\u00a01. L&#8217;enveloppe financi\u00e8re ne doit pas \u00eatre r\u00e9duite, mais au contraire maintenue et adapt\u00e9e au rench\u00e9rissement. L&#8217;\u00e9volution structurelle est en effet d\u00e9j\u00e0 assez rapide et la pression exerc\u00e9e par les engagements internationaux de la Suisse suffisamment forte, sans qu&#8217;il soit n\u00e9cessaire d&#8217;en rajouter au plan int\u00e9rieur. Les revenus des familles paysannes sont faibles et tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9s des normes de prosp\u00e9rit\u00e9 mat\u00e9rielle en vigueur dans le reste de la soci\u00e9t\u00e9 suisse. Les pertes excessives occasionn\u00e9es par l&#8217;OMC ou d&#8217;autres engagements internationaux ou bilat\u00e9raux doivent \u00eatre compens\u00e9es s\u00e9par\u00e9ment.\u00a02. Les mesures de soutien du march\u00e9 ne doivent pas \u00eatre d\u00e9mantel\u00e9es de mani\u00e8re excessive. Il n&#8217;y a aucune raison d&#8217;aller plus loin que ce qu&#8217;exigent nos engagements aupr\u00e8s de l&#8217;OMC. Les mesures adopt\u00e9es ont fait leurs preuves ces derni\u00e8res ann\u00e9es: \u00e0 montant \u00e9gal, elles sont plus efficaces que les paiements directs en mati\u00e8re de cr\u00e9ation de revenu.\u00a03. Le Conseil f\u00e9d\u00e9ral doit mettre en oeuvre des mesures de r\u00e9duction des co\u00fbts: autoriser les importations parall\u00e8les, harmoniser les normes suisses avec celles de l&#8217;UE et appliquer sur une base r\u00e9ciproque le principe du Cassis de Dijon. En outre, il ne doit pas focaliser son attention uniquement sur l&#8217;agriculture. Les \u00e9chelons en amont et en aval doivent \u00eatre int\u00e9gr\u00e9s dans la r\u00e9forme, car c&#8217;est de l&#8217;am\u00e9lioration de la comp\u00e9titivit\u00e9 de toute la fili\u00e8re agroalimentaire qu&#8217;il s&#8217;agit. Sur les 46 milliards de francs que les consommateurs suisses consacrent chaque ann\u00e9e \u00e0 l&#8217;alimentation, seul 1,2 milliard environ (3&nbsp;%) revient \u00e0 l&#8217;agriculture.\u00a04. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, les familles paysannes ont r\u00e9agi \u00e0 la pression \u00e9conomique croissante en exploitant de nouvelles sources de revenus, notamment au travers d&#8217;activit\u00e9 para-agricoles. Par ce terme, on entend l&#8217;ensemble des activit\u00e9s ayant un lien \u00e9troit avec l&#8217;agriculture: vacances \u00e0 la ferme, nuits sur la paille, vente directe, pension pour chevaux, etc. Afin de tenir compte de son importance croissante, les conditions-cadres des activit\u00e9s para-agricoles doivent \u00eatre am\u00e9lior\u00e9es.\u00a05. Le droit foncier rural et le droit du bail \u00e0 ferme agricole \u00e9tant tr\u00e8s importants pour l&#8217;agriculture, ils ne doivent pas \u00eatre vid\u00e9s de leur substance. Cela signifie qu&#8217;il ne faut pas augmenter exag\u00e9r\u00e9ment la limite donnant droit au statut d&#8217;entreprise agricole et conserver le prix licite ainsi que le contr\u00f4le du loyer des fermages. Dans le cas contraire, la protection des exploitations familiales paysannes ne serait plus assur\u00e9e.&#13;<\/p>\n<h2>La politique de l&#8217;autruche du Conseil f\u00e9d\u00e9ral<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nCes revendications ne sont ni exag\u00e9r\u00e9es ni inopportunes puisque la proc\u00e9dure de consultation sur la PA 2011 a vu un large front se dessiner pour demander la correction du projet, qui ne se composait pas uniquement d&#8217;organisations agricoles et alli\u00e9es, mais de la tr\u00e8s grande majorit\u00e9 des cantons et de quelques partis politiques. Les critiques portaient notamment sur la faiblesse de l&#8217;enveloppe financi\u00e8re, le rythme trop rapide de la conversion du soutien du march\u00e9, l&#8217;insuffisance des mesures de r\u00e9duction des co\u00fbts et la lib\u00e9ralisation du droit foncier rural. Les revendications de l&#8217;USP ont ainsi recueilli un important soutien. Malheureusement, en ne tenant compte que d&#8217;une infime partie des r\u00e9sultats de la consultation qu&#8217;il avait lui-m\u00eame organis\u00e9e, le Conseil f\u00e9d\u00e9ral a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 jouer les autruches. Sans que l&#8217;on puisse comprendre pourquoi, son message aux Chambres ressemble \u00e0 s&#8217;y m\u00e9prendre au projet soumis \u00e0 la proc\u00e9dure de consultation, faisant ainsi fi de cette derni\u00e8re. La CER-E sera la premi\u00e8re \u00e0 discuter du dossier, en septembre. Certains de ses membres se sont d\u00e9j\u00e0 exprim\u00e9s, faisant part de leurs doutes. Ainsi, le conseiller aux \u00c9tats radical Fritz Schiesser, cit\u00e9 par l&#8217;hebdomadaire al\u00e9manique Cash, consid\u00e8re que le rythme de la r\u00e9forme est trop \u00e9lev\u00e9. Son coll\u00e8gue d\u00e9mocrate-chr\u00e9tien Bruno Frick s&#8217;est exprim\u00e9 dans le m\u00eame article encore plus concr\u00e8tement. Selon lui, le rythme de la r\u00e9forme de la politique agricole ne devra \u00eatre acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 qu&#8217;au moment o\u00f9 les barri\u00e8res commerciales g\u00e9n\u00e9ratrices de co\u00fbts pour les paysans auront \u00e9t\u00e9 lev\u00e9es. L&#8217;USP attend maintenant du Parlement qu&#8217;il corrige le projet de PA 2011 et accorde ainsi \u00e0 l&#8217;agriculture le soutien dont elle a imp\u00e9rativement besoin ainsi que de nouvelles perspectives.&#13;<\/p>\n<h2>Du temps et de la force de persuasion pour r\u00e9ussir<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes paysannes et les paysans suisses sont dispos\u00e9s \u00e0 relever les d\u00e9fis qui se pr\u00e9sentent, \u00e0 accro\u00eetre leur comp\u00e9titivit\u00e9 et \u00e0 se confronter davantage \u00e0 la concurrence internationale. Ils ne peuvent, cependant, pas s&#8217;adapter du jour au lendemain. Les restructurations, qui battent actuellement leur plein, doivent continuer et elle se poursuivront. Les paysans vont montrer qu&#8217;ils sont suffisamment motiv\u00e9s et innovateurs pour trouver des solutions. Ils surmonteront ce nouvel obstacle, pour autant qu&#8217;ils puissent compter sur le soutien du gouvernement, du Parlement et des autorit\u00e9s, et que la r\u00e9forme se d\u00e9roule \u00e0 un rythme raisonnable. En d&#8217;autres termes, pour autant que la PA 2011 soit corrig\u00e9e en profondeur.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1 \u00abImpact de la PA 2011 sur le revenu de divers types d&#8217;exploitation Estimation des revenus agricoles en&nbsp;% par rapport \u00e0 la p\u00e9riode 2002-03\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Encadr\u00e9 1<\/b>&#13;<br \/>\nLa d\u00e9cennie suivante fut marqu\u00e9e par la rationalisation et la m\u00e9canisation des exploitations. Les effectifs de la main-d&#8217;oeuvre agricole fondirent d&#8217;un tiers environ, alors que la production augmentait sensiblement. L&#8217;exploitation agricole rationnelle et bon march\u00e9 fut, toutefois, source de probl\u00e8mes \u00e9cologiques. D&#8217;autres t\u00e2ches s&#8217;ajout\u00e8rent \u00e0 la production de denr\u00e9es alimentaires et occup\u00e8rent avec plus d&#8217;intensit\u00e9 les discussions sur la politique agricole des ann\u00e9es nonante. Les exigences auxquelles l&#8217;agriculture dut se soumettre devinrent plus s\u00e9v\u00e8res: la soci\u00e9t\u00e9 voulait certes une production plus \u00e9cologique et plus respectueuse des animaux, mais \u00e9galement plus de march\u00e9 dans le secteur des produits agricoles. Sur la sc\u00e8ne internationale, le d\u00e9bat fut marqu\u00e9 par le d\u00e9mant\u00e8lement du soutien \u00e0 l&#8217;agriculture et on exigea le libre-\u00e9change le plus pouss\u00e9 en mati\u00e8re de commerce des produits agricoles.Les 10 derni\u00e8res ann\u00e9es du XXe si\u00e8cle ont \u00e9t\u00e9 le th\u00e9\u00e2tre d&#8217;une transformation radicale des conditions-cadres de la politique agricole: elle d\u00e9coulait, d&#8217;une part, de la signature des accords du Gatt\/OMC et, d&#8217;autre part, du nouvel article constitutionnel agricole adopt\u00e9 par le souverain le 9 juin 1996, sur la base duquel la nouvelle loi sur l&#8217;agriculture fut \u00e9labor\u00e9e. La Constitution d\u00e9finit les t\u00e2ches multifonctionnelles de l&#8217;agriculture et le soutien de l&#8217;\u00c9tat. La nouvelle politique agricole, plus connue sous le nom de PA 2002, et l&#8217;entr\u00e9e en vigueur des accords bilat\u00e9raux avec l&#8217;Union europ\u00e9enne, garantissant notamment un acc\u00e8s r\u00e9ciproque aux march\u00e9s, ont provoqu\u00e9 une baisse des prix et plac\u00e9 la production agricole face \u00e0 de nouvelles exigences. La pression \u00e9conomique s&#8217;est accrue et les structures durent \u00eatre massivement adapt\u00e9es. Au cours des 15 derni\u00e8res ann\u00e9es, le nombre des exploitations a recul\u00e9 d&#8217;un tiers, la productivit\u00e9 a augment\u00e9, les exploitations se sont sp\u00e9cialis\u00e9es et ont conquis de nouveaux march\u00e9s et de nouvelles niches. Cette \u00e9volution se poursuit et on n&#8217;a pas encore fini de raconter l&#8217;histoire de la paysannerie suisse!<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En mati\u00e8re de politique agricole, le calme n&#8217;est pas pour demain. 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