{"id":155199,"date":"2006-06-01T12:00:00","date_gmt":"2006-06-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2006\/06\/bosshart-staib-2\/"},"modified":"2023-08-24T01:22:07","modified_gmt":"2023-08-23T23:22:07","slug":"bosshart-staib-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2006\/06\/bosshart-staib-2\/","title":{"rendered":"Le commerce de d\u00e9tail suisse en 2015: les diff\u00e9rents sc\u00e9narios"},"content":{"rendered":"<p>L&#8217;\u00e9tude Detailhandel Schweiz 2015 (Le commerce de d\u00e9tail suisse en 2015) a ouvert le d\u00e9bat sur l&#8217;avenir de ce secteur. Le d\u00e9veloppement futur du commerce suisse de d\u00e9tail dans les dix ann\u00e9es \u00e0 venir est une question complexe qui fait l&#8217;objet d&#8217;un double concept m\u00e9thodologique. Des entretiens individuels et en groupe ont d&#8217;abord \u00e9t\u00e9 men\u00e9s avec des sp\u00e9cialistes de Suisse, d&#8217;Europe et des \u00c9tats-Unis. Par ce moyen, le Gottlieb Duttweiler Institut (GDI) a pu obtenir l&#8217;avis de praticiens hautement qualifi\u00e9s et d&#8217;experts des domaines du commerce de d\u00e9tail, de l&#8217;industrie des biens de consommation, de la consultation, de la science, de la recherche appliqu\u00e9e et de la politique. Deux ateliers d&#8217;une journ\u00e9e et demi chacun ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 organis\u00e9s.<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/200606_09_Bosshart-Staib_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"261\" \/>&#13;<\/p>\n<h2>Les moteurs du changement<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nAu cours des ateliers d&#8217;experts, nous avons d&#8217;abord identifi\u00e9 les facteurs fondamentaux externes de changement. De l&#8217;avis des experts, les facteurs suivants seront essentiels dans l&#8217;\u00e9volution du commerce de d\u00e9tail jusqu&#8217;en 2015 (voir graphique 1):\u00a0&#8211; vieillissement d\u00e9mographique de la population suisse;\u00a0&#8211; p\u00e9nurie croissante des ressources, notamment du p\u00e9trole;\u00a0&#8211; \u00e9cart croissant entre les revenus des pauvres et des riches;\u00a0&#8211; diffusion croissante des technologies de l&#8217;information et des mises en r\u00e9seau parmi les clients et les fournisseurs (Internet, RFID, syst\u00e8mes logistiques, etc.);\u00a0&#8211; lib\u00e9ralisation, mondialisation et intensit\u00e9 croissante de la concurrence \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle mondiale dans tous les domaines.\u00a0\u00a0En examinant de plus pr\u00e8s les diff\u00e9rentes forces en pr\u00e9sence, on constate que l&#8217;ouverture de l&#8217;\u00e9ventail des revenus rev\u00eatira une importance fondamentale.&#13;<\/p>\n<h3>D&#8217;abord l&#8217;\u00e9volution d\u00e9mographique<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLe principal moteur de changement sera le vieillissement d\u00e9mographique. Celui des soci\u00e9t\u00e9s occidentales &#8211; cons\u00e9quence de l&#8217;augmentation de l&#8217;esp\u00e9rance de vie et du recul des taux de natalit\u00e9 &#8211; a de lourdes r\u00e9percussions: c&#8217;est ce qu&#8217;a montr\u00e9, par exemple, le probl\u00e8me du financement de la s\u00e9curit\u00e9 sociale, qui a \u00e9t\u00e9 cit\u00e9 en deuxi\u00e8me place par ordre d&#8217;importance parmi les facteurs politiques.\u00a0Contrairement \u00e0 l&#8217;image que la presse donne actuellement des changements d\u00e9mographiques de notre soci\u00e9t\u00e9, les participants \u00e0 l&#8217;enqu\u00eate consid\u00e8rent que les cons\u00e9quences de ces changements seront en g\u00e9n\u00e9ral plut\u00f4t positives: une classe de personnes \u00e2g\u00e9es ais\u00e9es constitue d&#8217;une part un potentiel consid\u00e9rable, d&#8217;autre part, ces consommateurs \u00e0 fort pouvoir d&#8217;achat sont \u00e9galement tr\u00e8s exigeants et ach\u00e8tent g\u00e9n\u00e9ralement des services et des produits situ\u00e9s en dehors du commerce de d\u00e9tail traditionnel. L&#8217;adaptation des assortiments et les nouvelles prestations seront, par exemple, d&#8217;une importance d\u00e9cisive dans ce contexte.&#13;<\/p>\n<h3>D&#8217;autres facteurs importants<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLe domaine politique sera avant tout marqu\u00e9 par la lib\u00e9ralisation croissante du secteur agricole, la modification des normes techniques et la transformation de la place \u00e9conomique suisse. L&#8217;environnement naturel sera principalement marqu\u00e9 par la p\u00e9nurie croissante des mati\u00e8res premi\u00e8res bas\u00e9es sur le p\u00e9trole. En outre, on s&#8217;attend \u00e0 ce que d&#8217;autres probl\u00e8mes surgissent dans le secteur alimentaire, comme les scandales de l&#8217;ESB, du nitroph\u00e8ne, des hormones ou la grippe aviaire. L&#8217;extension croissante de la mise en r\u00e9seau num\u00e9rique domine le domaine technologique et am\u00e9liore la transparence des march\u00e9s pour les consommateurs, exposant ainsi les magasins stationnaires \u00e0 la menace croissance des canaux de vente virtuels, en particulier dans le secteur non alimentaire. La RFID (\u00abRadio Frequency Identification\u00bb, successeur potentiel du code-barres) est, en outre, appel\u00e9e \u00e0 jouer un r\u00f4le de premier plan. Son influence sur la logistique et les magasins devrait devenir consid\u00e9rable d&#8217;ici une dizaine d&#8217;ann\u00e9es: en am\u00e9liorant l&#8217;automatisation et en offrant de nouveaux concepts de libre-service, il facilitera l&#8217;accroissement continuel des prestations propos\u00e9es par le commerce de d\u00e9tail.&#13;<\/p>\n<h2>Quatre sc\u00e9narios extr\u00eames<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nPour montrer les diff\u00e9rentes perspectives d&#8217;avenir, quatre sc\u00e9narios extr\u00eames et contradictoires de l&#8217;\u00e9volution du contexte politique mondial, national et r\u00e9gional ont \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9s. Ils ont \u00e9t\u00e9 remis aux participants de l&#8217;atelier pour interpr\u00e9tation, en leur demandant d&#8217;en d\u00e9duire les cons\u00e9quences pour le commerce suisse de d\u00e9tail. Ces quatre tableaux contraires du monde en 2015 sont polaris\u00e9s tout en se compl\u00e9tant. Ils servent uniquement \u00e0 montrer les transformations radicales possibles lorsque certaines conditions-cadres sont remplies et que des tendances particuli\u00e8res se manifestent avec force. On suppose que la r\u00e9alit\u00e9 sera un m\u00e9lange de ces quatre sc\u00e9narios extr\u00eames L&#8217;histoire montre qu&#8217;en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, le sc\u00e9nario consid\u00e9r\u00e9 comme le plus vraisemblable par la majorit\u00e9 des gens est pr\u00e9cis\u00e9ment celui qui ne se r\u00e9alise pas. Ainsi, apr\u00e8s le deuxi\u00e8me choc p\u00e9trolier, Shell n&#8217;a accept\u00e9 que de mauvaise gr\u00e2ce d&#8217;examiner l&#8217;hypoth\u00e8se d&#8217;un effondrement du prix du brut. Or, c&#8217;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui s&#8217;est produit..\u00a0Petit pays tourn\u00e9 vers l&#8217;exportation, la Suisse est, plus que la plupart des autres \u00c9tats, tributaire de l&#8217;\u00e9volution \u00e9conomique mondiale g\u00e9n\u00e9rale. Le canevas d&#8217;hypoth\u00e8ses fondamentales qui sous-tend l&#8217;espace futur des quatre sc\u00e9narios, a \u00e9t\u00e9 d\u00e9fini selon deux axes: le pouvoir politique mondial et la croissance \u00e9conomique mondiale.&#13;<\/p>\n<h3>Pouvoir politique mondial<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nQui va assumer la fonction directrice dans le monde et r\u00e9partir les r\u00f4les dans la coop\u00e9ration internationale? Cette question peut prendre deux directions contraires. S&#8217;il existe une puissance directrice forte, les institutions mondiales telles que l&#8217;Organisation mondiale du commerce (OMC) et les Nations Unies (ONU) donneront le ton. Par contre, en l&#8217;absence d&#8217;un leader mondial, les r\u00e8gles de coop\u00e9ration et d&#8217;\u00e9change se d\u00e9finiront au niveau national, r\u00e9gional ou suprar\u00e9gional.&#13;<\/p>\n<h3>Croissance \u00e9conomique mondiale<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nL&#8217;\u00e9volution \u00e9conomique mondiale est une valeur-cl\u00e9 qui d\u00e9termine la consommation et le bien-\u00eatre. Pour la Suisse, elle est d&#8217;autant plus d\u00e9cisive que son taux d&#8217;exportation &#8211; environ 45% &#8211; est \u00e9lev\u00e9.&#13;<\/p>\n<h2>Sc\u00e9nario 1: Remondialisation et lib\u00e9ralisation compl\u00e8te (probabilit\u00e9 de r\u00e9alisation 26%)<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nUne lib\u00e9ralisation rapide entra\u00eene tr\u00e8s vite la standardisation, l&#8217;internationalisation et la centralisation de l&#8217;offre dans les espaces urbains. Les plus grands perdants sont l&#8217;agriculture ainsi que les industries produisant en Suisse (m\u00eame les fabricants d&#8217;articles de marque), et les commer\u00e7ants ind\u00e9pendants dans les petites villes et les r\u00e9gions rurales. Les gagnants sont les plus grands march\u00e9s sp\u00e9cialis\u00e9s internationaux (\u00abcategory-killers\u00bb) et les fournisseurs alimentaires qui fonctionnent comme tels (Waldi: fusion de Walmart et Aldi). Migros et Coop d\u00e9croissent, Denner n&#8217;existe plus, Manor se retire dans les grandes villes. L&#8217;offre commerciale devient plus efficace, plus facile \u00e0 comparer, l&#8217;ambiance chez les grands fournisseurs est plus froide, plus commerciale, le \u00abmerchandising\u00bb et la pr\u00e9sentation sont simplifi\u00e9s. Un grand nombre de cr\u00e9neaux se d\u00e9veloppent, par ailleurs, et font na\u00eetre de nouveaux concepts. Il y a de la place pour les chefs d&#8217;entreprise et les pionniers. Le commerce gagne, de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, en mobilit\u00e9, en rapidit\u00e9 et en souplesse. Les clients profitent avant tout de prix bas et de la grande diversit\u00e9 de l&#8217;offre, dans un contexte semblable \u00e0 ce qui se passe dans le reste de l&#8217;Europe.&#13;<\/p>\n<h2>Sc\u00e9nario 2: Pause pour changer le moins possible (probabilit\u00e9 de r\u00e9alisation 6%)<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe commerce de d\u00e9tail suisse et ses fournisseurs \u00e9chappent aux processus de mondialisation en se prot\u00e9geant syst\u00e9matiquement de leur environnement. Tous y perdent progressivement au plan international, du fait de la baisse de leurs revenus et d&#8217;une protection accrue des producteurs autochtones et des d\u00e9taillants par des r\u00e9glementations sp\u00e9cifiques. L&#8217;\u00e9volution \u00e9conomique a des cons\u00e9quences graves pour le march\u00e9 suisse. Le pouvoir d&#8217;achat diminue fortement, ce qui se r\u00e9percute sur la structure du commerce de d\u00e9tail. La baisse du chiffre d&#8217;affaires du commerce est importante et fait plonger les investissements \u00e0 un niveau record. Les fournisseurs \u00e9trangers ne s&#8217;implantent pas. Except\u00e9 quelques cr\u00e9neaux assez profitables dans le secteur haut de gamme, le march\u00e9 est de plus en plus domin\u00e9 par le discounter national Swenner, les Allemands s&#8217;\u00e9tant retir\u00e9s du march\u00e9 en 2011 en raison des dispositions protectionnistes adopt\u00e9es en faveur de l&#8217;agriculture. Aldi se contente d&#8217;organiser des voyages hebdomadaires en car pour que les clients non motoris\u00e9s puissent acheter \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger. C&#8217;est la seule mani\u00e8re pour eux de profiter des prix bas europ\u00e9ens; il doivent, toutefois, respecter les limites d&#8217;importation en franchise de douane.&#13;<\/p>\n<h2>Sc\u00e9nario 3: Les montagnes russes (probabilit\u00e9 de r\u00e9alisation 13%)<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDans ce sc\u00e9nario, la Suisse maintient un cap constant \u00e0 travers les fortes fluctuations de l&#8217;\u00e9conomie mondiale. La \u00absuissitude\u00bb &#8211; marque de r\u00e9f\u00e9rence pour tout -, la d\u00e9limitation et l&#8217;int\u00e9gration d\u00e9terminent \u00e9galement le paysage commercial en Suisse. La politique cherche \u00e0 obtenir la meilleure part du g\u00e2teau, profitant de l&#8217;int\u00e9gration ou du protectionnisme, suivant la situation. Il n&#8217;est pas question de ligne politique claire. Au contraire, la Suisse \u00e9volue entre la confiance en soi et sa propre affirmation d&#8217;un c\u00f4t\u00e9, le repli sur soi et la fermeture de l&#8217;autre. La recherche d&#8217;une stabilit\u00e9 dans un environnement international instable s&#8217;intensifie. Les caract\u00e9ristiques typiquement suisses se renforcent. La s\u00e9curit\u00e9 et la fiabilit\u00e9, la qualit\u00e9 et l&#8217;orientation nationale, la petitesse et l&#8217;\u00e9troitesse de l&#8217;horizon s&#8217;expriment \u00e9galement dans les marques. Le mythe de la patrie et de la Suisse est fortement encourag\u00e9 m\u00eame dans le marketing. La Suisse continue, n\u00e9anmoins, de jouir d&#8217;une grande sympathie au plan international. Elle est consid\u00e9r\u00e9e \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger comme un refuge s\u00fbr.\u00a0Le pi\u00e8ge virtuel, que repr\u00e9sente l&#8217;achat en ligne, se fait sentir de mani\u00e8re marqu\u00e9e. Alors que les fournisseurs nationaux souffrent de co\u00fbts standard \u00e9lev\u00e9s, ceux qui proposent leurs services sur Internet et qui sont \u00e9tablis \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger peuvent faire de la sous-ench\u00e8re. Outre les commerces en ligne classiques comme Amazon, les fournisseurs qui relient les groupes sociaux entre eux tels que, par exemple eBay, gardent une grande importance. En principe, dans le secteur non alimentaire, le march\u00e9 tend \u00e0 se scinder en deux: 50% de virtuel, 50% de r\u00e9el. Migros se replie, l&#8217;expansion \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger commenc\u00e9e il y a quatre ans est en bonne voie; elle doit, toutefois, encore faire ses preuves. La faiblesse de la croissance \u00e9conomique et de la consommation entra\u00eene un mouvement de consolidation. L&#8217;influence de l&#8217;\u00e9tranger est faible, parce que la Suisse n&#8217;est pas un objectif int\u00e9ressant: la Pologne offre davantage de possibilit\u00e9s. Migros ou Manor restent des marques tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9es, parce que typiquement helv\u00e9tiques. Ces entreprises luttent avec des structures de co\u00fbt qui leur sont plut\u00f4t d\u00e9favorables; leur chiffre d&#8217;affaires global \u00e9tant en baisse, elles doivent se restructurer. Les b\u00e2ti-centres et les march\u00e9s de bricolage se d\u00e9veloppent bien, mais doivent dominer la constante pression des co\u00fbts.&#13;<\/p>\n<h2>Sc\u00e9nario 4: Canevas r\u00e9gionaux (probabilit\u00e9 de r\u00e9alisation 55%)<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nCe sc\u00e9nario allie la croissance \u00e9conomique \u00e0 un processus d&#8217;ouverture au niveau r\u00e9gional, avec la Chine comme centre de production de marchandises et l&#8217;Inde comme prestataire de services. Les fournisseurs internationaux s&#8217;affichent davantage dans le commerce de d\u00e9tail helv\u00e9tique. La r\u00e9duction des barri\u00e8res commerciales transforme le commerce de d\u00e9tail dans les r\u00e9gions frontali\u00e8res et relance fortement le tourisme d&#8217;achat pratiqu\u00e9 par les Suisses dans les pays voisins en raison des prix avantageux. Simultan\u00e9ment, un processus continu d&#8217;adaptation des salaires, des prix des sols et des loyers commence dans les r\u00e9gions frontali\u00e8res. Les co\u00fbts et les prix dans les r\u00e9gions frontali\u00e8res \u00e9trang\u00e8res s&#8217;accroissent en cons\u00e9quence, tandis qu&#8217;ils diminuent du c\u00f4t\u00e9 suisse.\u00a0Le paysage du commerce de d\u00e9tail suisse se diff\u00e9rencie rapidement. Comme pr\u00e9vu, les grands distributeurs perdent des parts de march\u00e9, qu&#8217;ils compensent en s&#8217;\u00e9tendant \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger, maintenant que la voie est libre. Dans un monde toujours plus fortement ax\u00e9 sur le court terme, Coop, qui a trop investi \u00e0 long terme, poss\u00e8de de grandes surfaces de vente peu rentables en raison de la stagnation de son chiffre d&#8217;affaires. Elle entame donc une coop\u00e9ration avec Rewe en 2011, ce qui lui permet de se concentrer enti\u00e8rement sur le secteur bio et de le promouvoir \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger. En outre, les coop\u00e9rations interr\u00e9gionales gagnent en importance. Compar\u00e9s aux commer\u00e7ants \u00e9trangers, les d\u00e9taillants suisses ne sont que de petits acteurs sur le march\u00e9, mais gr\u00e2ce \u00e0 des strat\u00e9gies habiles, ils occupent des cr\u00e9neaux dans le domaine des produits de qualit\u00e9. La longue exp\u00e9rience du multilinguisme en Suisse s&#8217;av\u00e8re un avantage payant dans l&#8217;expansion au-del\u00e0 des fronti\u00e8res.&#13;<\/p>\n<h2>Points communs entre les sc\u00e9narios<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes sc\u00e9narios se distinguent nettement les uns des autres dans leurs effets, mais on peut observer des points communs. D&#8217;abord, le triomphe des technologies de mise en r\u00e9seau num\u00e9rique modifie durablement le comportement des consommateurs. Le mod\u00e8le eBay n&#8217;est que le premier essai pour lier entre eux les diff\u00e9rents clients et groupes de clients, et r\u00e9aliser ainsi de nouveaux rapports hybrides entre le monde r\u00e9el et le monde virtuel. Les participants \u00e0 l&#8217;atelier \u00e9taient d&#8217;accord sur le fait que le commerce \u00e9lectronique fera bient\u00f4t partie du comportement consum\u00e9riste en g\u00e9n\u00e9ral. Le \u00abpi\u00e8ge virtuel\u00bb en est la cons\u00e9quence: le secteur en ligne constitue une menace et une concurrence permanente pour les offres classiques des magasins, ce qui ne manquera pas d&#8217;exercer un effet consid\u00e9rable dans le domaine des march\u00e9s sp\u00e9cialis\u00e9s qui se cr\u00e9ent dans le secteur non alimentaire. Les commer\u00e7ants en ligne connaissent des temps de r\u00e9action beaucoup plus brefs que les magasins stationnaires avec leurs longs cycles d&#8217;autorisations et leurs investissements \u00e9lev\u00e9s.&#13;<\/p>\n<h3>Le sc\u00e9nario le plus r\u00e9aliste<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLe commerce de d\u00e9tail suisse semble aller dans le sens de l&#8217;ouverture et de la croissance \u00e9conomique, mais le sentiment qui domine ces quatre sc\u00e9narios est que les ann\u00e9es de vaches grasses sont termin\u00e9es. Comme consommateurs, citoyens et employ\u00e9s, les habitants de notre pays devront se pr\u00e9parer \u00e0 se serrer la ceinture. Sous l&#8217;effet des march\u00e9s mondialis\u00e9s, certaines constantes se d\u00e9gagent des quatre sc\u00e9narios: revenus stagnants, imp\u00f4ts en hausse, horaires de travail plus longs, formation permanente. Les experts qui ont collabor\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e9tude s&#8217;accordent sur ce point. Le paysage commercial dans dix ans d\u00e9pendra, certes, de l&#8217;ouverture ou, au contraire, de la fermeture des march\u00e9s. Cela n&#8217;emp\u00eachera, toutefois, pas le processus de consolidation entrepris ces derni\u00e8res d\u00e9cennies de se poursuivre.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1 \u00abLes dix principaux moteurs de changement\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadr\u00e9 1: L&#8217;\u00e9tude David Bosshart et Daniel Staib, Detailhandel Schweiz 2015, GDI-Studie n\u00b0 23, 2005. L&#8217;\u00e9tude (seulement en allemand) a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9e en coop\u00e9ration avec Coop, Denner, Manor, la F\u00e9d\u00e9ration des coop\u00e9ratives Migros, le groupe Valora, Rewe Suisse et Promarca. ISBN 3-7184-7031-4.Pour commander:Gottlieb Duttweiler InstitutLanghaldenstr. 21CH-8803 R\u00fcschlikonCourriel: studien@gdi.chInternet: <a href=\"http:\/\/www.gdi.ch\/studien\">www.gdi.ch\/studien<\/a><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#8217;\u00e9tude Detailhandel Schweiz 2015 (Le commerce de d\u00e9tail suisse en 2015) a ouvert le d\u00e9bat sur l&#8217;avenir de ce secteur. Le d\u00e9veloppement futur du commerce suisse de d\u00e9tail dans les dix ann\u00e9es \u00e0 venir est une question complexe qui fait l&#8217;objet d&#8217;un double concept m\u00e9thodologique. Des entretiens individuels et en groupe ont d&#8217;abord \u00e9t\u00e9 men\u00e9s [&hellip;]<\/p>","protected":false},"author":2819,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"ep_exclude_from_search":false,"footnotes":""},"post__type":[83],"post_opinion":[],"post_serie":[],"post_content_category":[105],"post_content_subject":[],"acf":{"seco_author":2819,"seco_co_author":[2820,0],"author_override":"","seco_author_post_ocupation_year":"","seco_author_post_occupation_de":"CEO Gottlieb Duttweiler Institut, R\u00fcschlikon","seco_author_post_occupation_fr":"CEO Gottlieb Duttweiler Institut, R\u00fcschlikon","seco_co_authors_post_ocupation":[{"seco_co_author":2820,"seco_co_author_post_occupation_year":"","seco_co_author_post_occupation_de":"Senior Researcher, Gottlieb Duttweiler Institut, R\u00fcschlikon","seco_co_author_post_occupation_fr":"Senior Researcher, Gottlieb Duttweiler Institut, R\u00fcschlikon"}],"short_title":"","post_lead":"","post_hero_image_description":"","post_hero_image_description_copyright_de":"","post_hero_image_description_copyright_fr":"","post_references_literature":"","post_kasten":null,"post_notes_for_print":"","first_teaser_header_de":"","first_teaser_header_fr":"","first_teaser_text_de":"","first_teaser_text_fr":"","second_teaser_header_de":"","second_teaser_header_fr":"","second_teaser_text_de":"","second_teaser_text_fr":"","kseason_de":"","kseason_fr":"","post_in_pdf":155202,"main_focus":null,"serie_email":null,"frontpage_slider_bild":"","artikel_bild-slider":null,"legacy_id":"9254","post_abstract":"","magazine_issue":null,"seco_author_reccomended_post":null,"redaktoren":null,"korrektor":null,"planned_publication_date":null,"original_files":null,"external_release_for_author":"19700101","external_release_for_author_time":"00:00:00","link_for_external_authors":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/exedit\/55dac63744fb1"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/155199"}],"collection":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2819"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=155199"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/155199\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":190192,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/155199\/revisions\/190192"}],"acf:user":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/0"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2820"},{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2819"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=155199"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post__type","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post__type?post=155199"},{"taxonomy":"post_opinion","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_opinion?post=155199"},{"taxonomy":"post_serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_serie?post=155199"},{"taxonomy":"post_content_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_category?post=155199"},{"taxonomy":"post_content_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_subject?post=155199"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}