{"id":155219,"date":"2006-06-01T12:00:00","date_gmt":"2006-06-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2006\/06\/grass-4\/"},"modified":"2023-08-24T01:22:32","modified_gmt":"2023-08-23T23:22:32","slug":"grass-4","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2006\/06\/grass-4\/","title":{"rendered":"Le commerce de d\u00e9tail suisse est-il \u00e0 la veille d&#8217;un bond de productivit\u00e9?"},"content":{"rendered":"<p>Depuis une d\u00e9cennie environ, l&#8217;\u00e9conomie am\u00e9ricaine progresse plus vite que l&#8217;\u00e9conomie ouest-europ\u00e9enne, principalement en raison de gains de productivit\u00e9 plus \u00e9lev\u00e9s. Le commerce a fortement contribu\u00e9 \u00e0 cet essor. On peut d\u00e8s lors s&#8217;interroger sur les facteurs qui ont d\u00e9cid\u00e9 du succ\u00e8s de l&#8217;activit\u00e9 commerciale aux \u00c9tats-Unis et sur les causes du retard subi par le commerce de d\u00e9tail europ\u00e9en.<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/200606_06_Grass_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"252\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLe produit int\u00e9rieur brut a progress\u00e9 chaque ann\u00e9e de 3,4% en termes r\u00e9els aux \u00c9tats-Unis, et de 2,1% seulement en Europe occidentale, en moyenne ces 10 derni\u00e8res ann\u00e9es Ici comme dans la suite de cet article, l&#8217;agr\u00e9gat \u00abEurope occidentale\u00bb, ou \u00abEO15\u00bb, d\u00e9signe le groupe de pays suivant: Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Norv\u00e8ge, Pays-Bas, Su\u00e8de, Suisse, Royaume-Uni.. En examinant s\u00e9par\u00e9ment les \u00e9l\u00e9ments constitutifs du produit int\u00e9rieur brut &#8211; productivit\u00e9 et volume de travail -, on constate que le diff\u00e9rentiel de croissance entre les \u00c9tats-Unis et l&#8217;Europe est principalement d\u00fb \u00e0 la productivit\u00e9. Alors que la progression de la productivit\u00e9 horaire r\u00e9elle a \u00e9t\u00e9 de 2,4% par an aux \u00c9tats-Unis au cours de cette derni\u00e8re d\u00e9cennie, elle n&#8217;a pas d\u00e9pass\u00e9 1,6% en Europe occidentale.&#13;<\/p>\n<h2>Le commerce, moteur du diff\u00e9rentiel de croissance<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nUne analyse de l&#8217;\u00e9volution par branche montre que le diff\u00e9rentiel de croissance des gains de productivit\u00e9 entre les deux grandes r\u00e9gions \u00e9conomiques vient essentiellement des secteurs qui font un usage intense des nouvelles technologies de l&#8217;information et de la communication (TIC) Van Ark et al. (2003).. Le commerce joue \u00e0 cet \u00e9gard un r\u00f4le primordial: de 1995 \u00e0 2004, le commerce de gros et de d\u00e9tail a vu sa productivit\u00e9 horaire augmenter de 4,9% par an aux \u00c9tats-Unis, mais de 1,4% seulement en Europe occidentale. Si l&#8217;on prend uniquement le commerce de d\u00e9tail, le diff\u00e9rentiel de croissance a \u00e9t\u00e9 encore plus marqu\u00e9: 5,8% aux \u00c9tats-Unis, contre 1,1% dans les pays de l&#8217;EO15 Ces calculs se basent sur les donn\u00e9es \u00abIBC Database 2006\u00bb du BAK Basel Economics..\u00a0Une \u00e9tude du Conference Board, programme \u00e9tasunien de recherches, montre qu&#8217;en 2005 l&#8217;avance des \u00c9tats-Unis en termes de productivit\u00e9 s&#8217;explique surtout par le progr\u00e8s technologique fulgurant qu&#8217;a connu le commerce de ce pays. Entre 1995 et 2001, on a observ\u00e9 aux \u00c9tats-Unis, tant dans le commerce de gros que dans celui de d\u00e9tail, une acc\u00e9l\u00e9ration notable de la productivit\u00e9 totale des facteurs (PTF, voir <a class=\"inline-footnote__anchor\">encadr\u00e9 1<\/a> Il convient de distinguer deux types de gains de productivit\u00e9.La productivit\u00e9 du travail peut augmenter \u00e0 la faveur d&#8217;un accroissement de l&#8217;intensit\u00e9 en capital. En cas de baisse du rendement marginal, toutefois, un tel accroissement n&#8217;est plus suffisant dans la dur\u00e9e.La hausse de la productivit\u00e9 peut \u00e9galement provenir de la progression du degr\u00e9 d&#8217;efficience dans l&#8217;exploitation des facteurs de production travail et capital. On parle, dans ce cas, de la progression de la productivit\u00e9 totale des facteurs (PTF). Le calcul du taux de croissance de la productivit\u00e9 totale des facteurs donne ce qu&#8217;on appelle le \u00abr\u00e9sidu de Solow\u00bb, apr\u00e8s distribution de la croissance entre ses composantes capital, travail et progr\u00e8s technique. Quand la croissance et les deux premi\u00e8res composantes sont connues, la part r\u00e9siduelle correspond \u00e0 la croissance PTF. et graphique 1).&#13;<\/p>\n<h2>Les raisons du succ\u00e8s commercial am\u00e9ricain<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa toute premi\u00e8re cause des gains d&#8217;efficacit\u00e9 du commerce aux \u00c9tats-Unis r\u00e9side dans les TIC, qui ont transform\u00e9 un commerce de d\u00e9tail de \u00abbasse technicit\u00e9\u00bb en une industrie informatis\u00e9e ultramoderne. Les TIC offrent au commerce de d\u00e9tail de nouvelles possibilit\u00e9s de trouver et d&#8217;exploiter des informations. On a, ainsi, obtenu des gains d&#8217;efficacit\u00e9 \u00e9lev\u00e9s dans les secteurs achats et logistique en mettant en r\u00e9seau l&#8217;information relative \u00e0 l&#8217;\u00e9volution en temps r\u00e9el de la demande et \u00e0 l&#8217;\u00e9tat actuel des stocks dans les magasins comme dans les centres de distribution. Cette mise en r\u00e9seau de l&#8217;information a permis:\u00a0&#8211; d&#8217;abord d&#8217;\u00e9conomiser du temps (identification en temps utile des goulets d&#8217;\u00e9tranglement);\u00a0&#8211; ensuite d&#8217;accro\u00eetre l&#8217;efficience allocative (livraison des bonnes marchandises au bon moment et au bon endroit);\u00a0&#8211; enfin, d&#8217;abaisser les co\u00fbts de stockage.\u00a0\u00a0Le marketing a \u00e9galement profit\u00e9 des nouvelles quantit\u00e9s d&#8217;informations et de leur rapidit\u00e9 d&#8217;acquisition. Le contr\u00f4le en temps r\u00e9el de l&#8217;\u00e9coulement de chaque marchandise permet d&#8217;adapter rapidement l&#8217;assortiment \u00e0 l&#8217;\u00e9volution de la demande et d&#8217;utiliser les donn\u00e9es relatives \u00e0 la client\u00e8le pour personnaliser la publicit\u00e9; sans compter qu&#8217;Internet offre un support enti\u00e8rement nouveau \u00e0 des actions publicitaires.\u00a0Le commerce \u00e9tasunien a consenti tr\u00e8s t\u00f4t des investissements consid\u00e9rables dans les TIC. Selon les chiffres du Conference Board, le capital en TIC du commerce de d\u00e9tail a progress\u00e9 aux \u00c9tats-Unis de 45,8% entre 1980 et 1985 (de 32,2% dans le commerce de gros). En Europe, cette croissance a \u00e9t\u00e9 bien plus modeste puisqu&#8217;elle atteignait 18,7 et 20,8%. Ces chiffres montrent que dans le commerce, la r\u00e9volution des TIC a commenc\u00e9 bien avant la grande diffusion d&#8217;Internet. Ces 15 derni\u00e8res ann\u00e9es, le taux de progression des \u00e9quipements en TIC du commerce europ\u00e9en est certes comparable \u00e0 celui des \u00c9tats-Unis, mais le capital de ce pays demeure sensiblement sup\u00e9rieur en la mati\u00e8re aujourd&#8217;hui, du fait de l&#8217;accumulation entam\u00e9e au d\u00e9but des ann\u00e9es quatre-vingt.&#13;<\/p>\n<h3>Des structures organisationnelles adapt\u00e9es<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLes investissements en TIC n&#8217;ont, cependant, \u00e9t\u00e9 qu&#8217;un des ressorts de ce bond de productivit\u00e9. Le potentiel qu&#8217;il a mis au jour n&#8217;a pu se d\u00e9ployer qu&#8217;\u00e0 la faveur de la mutation intervenue simultan\u00e9ment dans la structure organisationnelle des entreprises commerciales. La mise en oeuvre des nouveaut\u00e9s technologiques exige, par exemple, une adaptation de la gestion de l&#8217;acquisition et de la vente, du contr\u00f4le et du marketing. En plus de l&#8217;ajustement des structures organisationnelles, des exigences tout \u00e0 fait nouvelles se sont \u00e9galement pos\u00e9es en termes de qualification des collaborateurs. Pour obtenir des gains d&#8217;efficacit\u00e9 gr\u00e2ce aux TIC, il faut donc, en plus des investissements en capital proprement dit, en consentir d&#8217;autres dans le dispositif organisationnel et les ressources humaines. Aux \u00c9tats-Unis, ces investissements compl\u00e9mentaires ont \u00e9t\u00e9 fournis tr\u00e8s t\u00f4t et dans des d\u00e9lais tr\u00e8s courts.\u00a0Une \u00e9tude consacr\u00e9e au commerce \u00e9tasunien Foster et al. (1996). montre en outre que la mutation organisationnelle est \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 une mutation structurelle. Pr\u00e8s de la totalit\u00e9 des gains de productivit\u00e9 observ\u00e9s aux \u00c9tats-Unis ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s sur de nouveaux sites ou points de vente, rempla\u00e7ant pour la plupart d&#8217;autres plus anciens au sein d&#8217;une m\u00eame entreprise. L&#8217;\u00e9tude montre \u00e9galement que les gains d&#8217;efficacit\u00e9 les plus importants ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s dans de grandes unit\u00e9s (\u00abbig box stores\u00bb) ou des cha\u00eenes de supermarch\u00e9s.&#13;<\/p>\n<h2>Pourquoi ce retard du commerce europ\u00e9en?<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nL&#8217;avance creus\u00e9e par les \u00c9tats-Unis par rapport \u00e0 l&#8217;Europe occidentale dans l&#8217;accumulation du capital en TIC s&#8217;est tout naturellement traduite par d&#8217;autres transformations organisationnelles et structurelles, qui permettent de penser que les \u00c9tats-Unis devancent encore plus nettement le Vieux Continent.\u00a0Citons d&#8217;abord les restrictions impos\u00e9es aux heures d&#8217;ouverture des magasins. Alors que les \u00c9tats-Unis ont presque enti\u00e8rement lib\u00e9ralis\u00e9 les horaires des magasins, des restrictions consid\u00e9rables subsistent en Europe. Celles-ci d\u00e9ploient surtout leurs effets sur les grands centres commerciaux des p\u00e9riph\u00e9ries, qui, comme l&#8217;on sait, pr\u00e9sentent les potentiels de productivit\u00e9 les plus \u00e9lev\u00e9s du commerce de d\u00e9tail. Un des avantages des grands centres d&#8217;achat, ou hypermarch\u00e9s, est d&#8217;offrir au consommateur \u00abtout ce dont il a besoin\u00bb. Quand ces horaires sont limit\u00e9s, il devient impossible au client de se rendre les jours ouvrables dans un hypermarch\u00e9 de la p\u00e9riph\u00e9rie, ou il ne lui reste que le temps d&#8217;y faire rapidement ses achats les plus urgents. L&#8217;attrait des centres commerciaux, con\u00e7us comme des \u00ablieux de vie et de d\u00e9tente\u00bb, se ressent \u00e9galement des restrictions horaires impos\u00e9es en soir\u00e9e ou en fin de semaine, qui annulent en partie les principaux avantages offerts par un hypermarch\u00e9. La baisse d&#8217;int\u00e9r\u00eat dont souffrent de ce fait les grandes surfaces aux yeux des consommateurs diminue parall\u00e8lement l&#8217;int\u00e9r\u00eat des investisseurs pour ces commerces.\u00a0L&#8217;autre champ de r\u00e9glementations officielles tr\u00e8s important pour le commerce de d\u00e9tail est celui de l&#8217;am\u00e9nagement du territoire. Dans de nombreux pays europ\u00e9ens, des restrictions s&#8217;appliquent \u00e0 la taille des supermarch\u00e9s et les proc\u00e9dures d&#8217;autorisation imposent des contraintes non n\u00e9gligeables aux grandes surfaces. Les effets de l&#8217;interventionnisme officiel dans la politique d&#8217;implantation se refl\u00e8tent d&#8217;une part dans le fait qu&#8217;en Europe, le taux d&#8217;entr\u00e9e et de sortie du march\u00e9 est nettement plus bas qu&#8217;aux \u00c9tats-Unis, d&#8217;autre part dans les loyers \u00e9lev\u00e9s qui y sont demand\u00e9s pour les espaces disponibles. Les normes officielles r\u00e9glementant l&#8217;occupation du sol ont un effet n\u00e9gatif sur l&#8217;\u00e9volution de la productivit\u00e9, d&#8217;abord en ne permettant pas la r\u00e9alisation d&#8217;\u00e9conomies d&#8217;\u00e9chelle dans toute la mesure possible, ensuite en diminuant l&#8217;attrait que pourraient avoir de nouveaux investissements.\u00a0\u00c0 c\u00f4t\u00e9 des r\u00e9glementations \u00e9tatiques, la taille des march\u00e9s joue \u00e9galement un r\u00f4le. Dans le commerce de d\u00e9tail, notre continent est encore tr\u00e8s loin de pr\u00e9senter un visage uniforme. Le march\u00e9 d&#8217;Europe occidentale est fortement morcel\u00e9, de sorte que les zones sur lesquelles agissent les entreprises sont bien plus petites que le vaste territoire homog\u00e8ne des \u00c9tats-Unis. De plus, les particularismes nationaux ainsi que les grandes diff\u00e9rences culturelles et linguistiques qui r\u00e8gnent en Europe s&#8217;opposent \u00e0 une fusion plus forte et plus rapide de son commerce de d\u00e9tail. Par exemple, le comportement et les pr\u00e9f\u00e9rences des consommateurs sont en Italie nettement diff\u00e9rents de ce qu&#8217;ils sont en Allemagne. Pour les d\u00e9taillants \u00e9tasuniens, le d\u00e9bouch\u00e9 bien plus grand offert par l&#8217;immense march\u00e9 int\u00e9rieur du pays se traduit d&#8217;un c\u00f4t\u00e9 par des \u00e9conomies d&#8217;\u00e9chelle plus importantes, de l&#8217;autre par de plus fortes incitations \u00e0 l&#8217;investissement.\u00a0Aux \u00c9tats-Unis, la consommation priv\u00e9e a \u00e9t\u00e9 un moteur important de la croissance \u00e9conomique de ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Ce dynamisme n&#8217;a pas uniquement \u00e9t\u00e9 encourag\u00e9 par l&#8217;\u00e9volution \u00e9conomique g\u00e9n\u00e9rale, mais aussi par la mentalit\u00e9 du public am\u00e9ricain qui, m\u00eame dans les p\u00e9riodes de crise, ne ralentit que mod\u00e9r\u00e9ment sa consommation et choisit plut\u00f4t de s&#8217;endetter. Dans certains pays europ\u00e9ens vivant une situation comparable, on observe au contraire, un net ralentissement de la consommation, accompagn\u00e9 d&#8217;un r\u00e9flexe d&#8217;\u00e9pargne. C&#8217;est ainsi que pour l&#8217;Allemagne, par exemple, on parle d&#8217;une crise de la consommation qui s&#8217;\u00e9ternise depuis des ann\u00e9es. Tout cela se r\u00e9percute naturellement sur les pr\u00e9visions concernant la croissance future des march\u00e9s. Or, une \u00e9valuation pessimiste du potentiel d&#8217;un march\u00e9 r\u00e9duit le rendement escompt\u00e9 d&#8217;un investissement, qu&#8217;il soit destin\u00e9 \u00e0 de nouvelles grandes surfaces ou \u00e0 des biens d&#8217;\u00e9quipement.&#13;<\/p>\n<h2>Les choses sont-elles encore plus difficiles pour le commerce suisse?<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes facteurs qui viennent d&#8217;\u00eatre cit\u00e9s pour expliquer l&#8217;\u00e9cart de croissance entre l&#8217;Europe occidentale et les \u00c9tats-Unis sont en majeure partie valables pour la Suisse. Afin d&#8217;\u00e9valuer le potentiel de productivit\u00e9 de ce pays, il faut se demander si certains de ces facteurs peuvent l&#8217;affecter davantage que la plupart de ses voisins europ\u00e9ens.\u00a0Sur le plan r\u00e9glementaire, ce sont surtout les questions des heures d&#8217;ouverture des magasins et des normes des pouvoirs publics en mati\u00e8re d&#8217;implantation qui jouent un r\u00f4le dans notre pays. Les unes comme les autres sont d\u00e9finies en Suisse de mani\u00e8re tr\u00e8s in\u00e9gale selon les r\u00e9gions, parfois sur une base cantonale ou communale. Au chapitre des heures d&#8217;ouverture, on peut affirmer que le commerce de d\u00e9tail suisse est bien davantage touch\u00e9, en moyenne, que son homologue du reste de l&#8217;Europe occidentale Baur et Ott (2005), p. 1.. Cela ne se v\u00e9rifie, toutefois, pas pour tous les cantons, puisque dans certains d&#8217;entre eux, il n&#8217;existe aucune r\u00e9glementation des heures d&#8217;ouverture. Au chapitre de l&#8217;am\u00e9nagement du territoire, des restrictions s&#8217;appliquent en Suisse \u00e0 partir de 5000 m\u00e8tres carr\u00e9s: au-del\u00e0, une \u00e9tude d&#8217;impact sur l&#8217;environnement (EIE) devient n\u00e9cessaire. Or, cette surface est nettement inf\u00e9rieure \u00e0 la taille critique d&#8217;un hypermarch\u00e9. En outre, m\u00eame une EIE positive n&#8217;offre pas de garantie juridique absolue. Les co\u00fbts d&#8217;investissement sont donc difficiles \u00e0 calculer d&#8217;embl\u00e9e. La Suisse devrait donc \u00eatre un peu plus affect\u00e9e dans ce domaine que la moyenne de l&#8217;Europe occidentale.\u00a0Du point de vue de la taille du march\u00e9, la Suisse souffre d&#8217;un net d\u00e9savantage. Elle est non seulement d\u00e9favoris\u00e9e par l&#8217;exigu\u00eft\u00e9 de son territoire, mais aussi par les barri\u00e8res douani\u00e8res \u00e9rig\u00e9es devant son march\u00e9 d&#8217;approvisionnement. Alors qu&#8217;il n&#8217;y a pas de restrictions d&#8217;importations au sein de l&#8217;UE, le commerce de d\u00e9tail suisse doit acquitter des droits d&#8217;entr\u00e9e parfois tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s et est ainsi d\u00e9savantag\u00e9. Il est certain que la lib\u00e9ralisation du commerce des marchandises (adoption du principe du \u00abCassis de Dijon\u00bb et importations parall\u00e8les) conf\u00e9rerait au commerce de d\u00e9tail suisse un dynamisme suppl\u00e9mentaire.\u00a0De m\u00eame, ind\u00e9pendamment de la question de la taille du march\u00e9, le potentiel de croissance de la demande pour le commerce de d\u00e9tail est moins \u00e9lev\u00e9 en Suisse que dans l&#8217;ensemble de l&#8217;Europe occidentale. Pour l&#8217;instant, toutefois, rien ne semble indiquer un affaiblissement des incitations \u00e0 l&#8217;investissement. Le march\u00e9 du commerce de d\u00e9tail suisse est actuellement tr\u00e8s dynamique et les grands distributeurs \u00e9tablis d\u00e9ploient de gros efforts pour se restructurer et exploiter au mieux leur potentiel d&#8217;efficacit\u00e9.&#13;<\/p>\n<h2>Il ne faut pas s&#8217;attendre \u00e0 un bond de productivit\u00e9 \u00e0 l&#8217;image des \u00c9tats-Unis<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nUne analyse internationale de la branche du commerce de d\u00e9tail, fond\u00e9e sur des taux de croissance tendancielle corrig\u00e9s des variations conjoncturelles, montre que seul un petit nombre de pays europ\u00e9ens connaissent une acc\u00e9l\u00e9ration de la productivit\u00e9 du commerce de d\u00e9tail analogue \u00e0 celle des \u00c9tats-Unis. Il s&#8217;agit notamment de la Su\u00e8de, de la Finlande et de la Norv\u00e8ge. Ce qui est frappant, c&#8217;est que dans la plupart des pays d&#8217;Europe occidentale, la productivit\u00e9 tendancielle a stagn\u00e9 ou m\u00eame diminu\u00e9 ces cinq derni\u00e8res ann\u00e9es. Si on fait la moyenne de l&#8217;Europe occidentale, le taux de croissance tendancielle de la productivit\u00e9 est l\u00e9g\u00e8rement en recul depuis 1990 (voir graphique 2).\u00a0Nombreux sont les pays de cette r\u00e9gion o\u00f9 aucune acc\u00e9l\u00e9ration \u00ab\u00e0 l&#8217;am\u00e9ricaine\u00bb n&#8217;est pr\u00e9vue en ce qui concerne la productivit\u00e9 du commerce de d\u00e9tail dans les ann\u00e9es \u00e0 venir. Certes, la technologie a bien renforc\u00e9 son emprise dans la plupart d&#8217;entre eux, mais trop souvent, le cadre l\u00e9gislatif appliqu\u00e9 au commerce de d\u00e9tail g\u00eane les mutations structurelles qui s&#8217;y d\u00e9roulent en parall\u00e8le.\u00a0On assiste depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es nonante \u00e0 une acc\u00e9l\u00e9ration de la productivit\u00e9 tendancielle dans le commerce de d\u00e9tail suisse. \u00c0 l&#8217;aube du nouveau mill\u00e9naire, la croissance tendancielle de notre pays a converg\u00e9 vers 1,7%. Malgr\u00e9 des conditions-cadres plus restrictives, le commerce de d\u00e9tail helv\u00e9tique a connu, depuis 1998, une croissance tendancielle en termes de productivit\u00e9 horaire plus soutenue que dans l&#8217;EO 15; en 2004, l&#8217;\u00e9cart demeure manifeste. Le diff\u00e9rentiel de croissance tendancielle de quelque 0,5 point par ann\u00e9e qui le s\u00e9pare de son homologue europ\u00e9en est probablement le signe que sa mutation technologique et organisationnelle a \u00e9t\u00e9 plus efficace que dans le reste du continent. Pour les ann\u00e9es \u00e0 venir, on estime que le potentiel de croissance de la productivit\u00e9 du commerce suisse reposera sur une dynamique stable. Il faut \u00e9ventuellement s&#8217;attendre \u00e0 une acc\u00e9l\u00e9ration sensible des gains de productivit\u00e9 au cas o\u00f9 la r\u00e9glementation serait assouplie dans un laps de temps relativement court.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1 \u00abCroissance de l&#8217;ensemble des facteurs de production dans le commerce \u00e9tasunien et ouest-europ\u00e9en\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2 \u00abCroissance tendancielle de la productivit\u00e9 horaire r\u00e9elle dans le commerce de d\u00e9tail\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<a class=\"inline-footnote__anchor\">Encadr\u00e9 1: La productivit\u00e9 totale des facteurs<\/a> Il convient de distinguer deux types de gains de productivit\u00e9.La productivit\u00e9 du travail peut augmenter \u00e0 la faveur d&#8217;un accroissement de l&#8217;intensit\u00e9 en capital. En cas de baisse du rendement marginal, toutefois, un tel accroissement n&#8217;est plus suffisant dans la dur\u00e9e.La hausse de la productivit\u00e9 peut \u00e9galement provenir de la progression du degr\u00e9 d&#8217;efficience dans l&#8217;exploitation des facteurs de production travail et capital. On parle, dans ce cas, de la progression de la productivit\u00e9 totale des facteurs (PTF). Le calcul du taux de croissance de la productivit\u00e9 totale des facteurs donne ce qu&#8217;on appelle le \u00abr\u00e9sidu de Solow\u00bb, apr\u00e8s distribution de la croissance entre ses composantes capital, travail et progr\u00e8s technique. Quand la croissance et les deux premi\u00e8res composantes sont connues, la part r\u00e9siduelle correspond \u00e0 la croissance PTF.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<a class=\"inline-footnote__anchor\">Encadr\u00e9 2: Bibliographie<\/a> &#8211; Baur M. et Ott W., Volkswirtschaftliche Auswirkungen flexibler Laden\u00f6ffnungszeiten, Seco, Publikation Arbeitsmarktpolitik, n\u00b0 12, Studie im Auftrag der Ressortforschung der Direktion f\u00fcr Wirtschaftspolitik, 2005.- Foster L., Haltiwanger J. et Krizan C.J., Aggregate Productivity Growth: Lessons from Microeconomic Evidence, NBER Working Papers, 1996.- The Conference Board, The Retail Revolution, Research Report n\u00b0 R-1358-05-RR, The Conference Board, 2005.- Ark B. van, Inklaar R. et McGuckin R.H., ICT and Productivity in Europe and the United States: Where do the differences come from?, CESifo Economic Studies, Vol. 49, 3\/2003, 295-318. Ifo Institute for Economic Research, Munich, 2003.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis une d\u00e9cennie environ, l&#8217;\u00e9conomie am\u00e9ricaine progresse plus vite que l&#8217;\u00e9conomie ouest-europ\u00e9enne, principalement en raison de gains de productivit\u00e9 plus \u00e9lev\u00e9s. Le commerce a fortement contribu\u00e9 \u00e0 cet essor. On peut d\u00e8s lors s&#8217;interroger sur les facteurs qui ont d\u00e9cid\u00e9 du succ\u00e8s de l&#8217;activit\u00e9 commerciale aux \u00c9tats-Unis et sur les causes du retard subi par [&hellip;]<\/p>","protected":false},"author":2824,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"ep_exclude_from_search":false,"footnotes":""},"post__type":[83],"post_opinion":[],"post_serie":[],"post_content_category":[105],"post_content_subject":[],"acf":{"seco_author":2824,"seco_co_author":null,"author_override":"","seco_author_post_ocupation_year":"","seco_author_post_occupation_de":"Mitglied der Gesch\u00e4ftsleitung, Leiter Branchen- und Wirkungsanalysen, BAK Economics, Basel","seco_author_post_occupation_fr":"Membre de la direction et chef des domaines Analyses sectorielles et Analyse de l\u2019impact \u00e9conomique, BAK Economics, B\u00e2le","seco_co_authors_post_ocupation":null,"short_title":"","post_lead":"","post_hero_image_description":"","post_hero_image_description_copyright_de":"","post_hero_image_description_copyright_fr":"","post_references_literature":"","post_kasten":null,"post_notes_for_print":"","first_teaser_header_de":"","first_teaser_header_fr":"","first_teaser_text_de":"","first_teaser_text_fr":"","second_teaser_header_de":"","second_teaser_header_fr":"","second_teaser_text_de":"","second_teaser_text_fr":"","kseason_de":"","kseason_fr":"","post_in_pdf":155222,"main_focus":null,"serie_email":null,"frontpage_slider_bild":"","artikel_bild-slider":null,"legacy_id":"9262","post_abstract":"","magazine_issue":null,"seco_author_reccomended_post":null,"redaktoren":null,"korrektor":null,"planned_publication_date":null,"original_files":null,"external_release_for_author":"19700101","external_release_for_author_time":"00:00:00","link_for_external_authors":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/exedit\/55dac57f58c2e"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/155219"}],"collection":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2824"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=155219"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/155219\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":190210,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/155219\/revisions\/190210"}],"acf:user":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2824"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=155219"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post__type","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post__type?post=155219"},{"taxonomy":"post_opinion","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_opinion?post=155219"},{"taxonomy":"post_serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_serie?post=155219"},{"taxonomy":"post_content_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_category?post=155219"},{"taxonomy":"post_content_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_subject?post=155219"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}