{"id":155264,"date":"2006-05-01T12:00:00","date_gmt":"2006-05-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2006\/05\/dostert-engler-2\/"},"modified":"2023-08-24T01:22:51","modified_gmt":"2023-08-23T23:22:51","slug":"dostert-engler-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2006\/05\/dostert-engler-2\/","title":{"rendered":"Propositions pour une nouvelle politique familiale favorable \u00e0 l&#8217;activit\u00e9 professionnelle f\u00e9minine"},"content":{"rendered":"<p>Beaucoup de pays industrialis\u00e9s sont confront\u00e9s \u00e0 la baisse de la natalit\u00e9 et au vieillissement de la population. Un recul absolu de la population active est attendu d\u00e8s la prochaine d\u00e9cennie. Ce processus menace de freiner la croissance \u00e9conomique et de surcharger le filet de la s\u00e9curit\u00e9 sociale. Une meilleure int\u00e9gration des femmes dans la vie active, s&#8217;accompagnant d&#8217;une stabilisation du taux de natalit\u00e9, est donc indispensable, ne serait-ce que pour maintenir la prosp\u00e9rit\u00e9. Toute politique familiale moderne se doit d\u00e8s lors d&#8217;aider davantage les femmes \u00e0 concilier travail et famille.<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/200605_19_Dostert_Engler_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"256\" \/>&#13;<\/p>\n<h2>Une nouvelle politique familiale est n\u00e9cessaire<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa politique familiale actuelle a pour vocation premi\u00e8re d&#8217;aider financi\u00e8rement les familles en leur assurant le minimum vital. Le volume \u00e9lev\u00e9 des transferts n&#8217;aboutit, pourtant, pas \u00e0 grand-chose. Si les familles \u00e0 revenu modeste sont soutenues par des mesures fiscales et par les instruments de politique sociale des institutions les plus diverses, ces aides n&#8217;en manquent pas moins de m\u00e9thode et de rigueur. Ainsi, les effets ind\u00e9sirables ne sont pas rares, telle la baisse des prestations ou l&#8217;augmentation de la charge fiscale lors d&#8217;un changement de domicile. Ces contre-incitations ainsi que d&#8217;autres dissuadent certaines personnes d&#8217;int\u00e9grer le monde du travail ou d&#8217;augmenter leur taux d&#8217;activit\u00e9.\u00a0Le syst\u00e8me actuel ne va pas encore assez loin pour concilier le travail et la famille. Certes, c&#8217;est dans cet esprit que l&#8217;assurance-maternit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e r\u00e9cemment et que des financements en faveur des structures d&#8217;accueil ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9gag\u00e9s. Dans la pratique, toutefois, ces mesures ne simplifient pas assez la t\u00e2che des femmes d\u00e9sireuses de travailler. Les probl\u00e8mes d&#8217;organisation et les frais \u00e9lev\u00e9s en mati\u00e8re de garde et d&#8217;accueil des enfants demeurent, surtout pour les femmes, des obstacles s\u00e9rieux \u00e0 l&#8217;acc\u00e8s au march\u00e9 du travail.\u00a0Le bilan de la politique familiale actuelle est bien maigre au regard des donn\u00e9es \u00e9conomiques et de la transformation de la soci\u00e9t\u00e9: nous avons besoin de r\u00e9formes qui permettent un changement d&#8217;orientation en la mati\u00e8re.&#13;<\/p>\n<h2>Un mod\u00e8le d&#8217;avenir pour la politique familiale suisse<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nPour mieux concilier vie familiale et professionnelle, et combattre de fa\u00e7on cibl\u00e9e la pauvret\u00e9 croissante des familles, le service Economic Research du Credit Suisse propose un mod\u00e8le de r\u00e9forme en trois volets:\u00a0&#8211; premi\u00e8rement, l&#8217;imposition individuelle pour supprimer la discrimination dont sont victimes les couples mari\u00e9s \u00e0 deux revenus en raison de leur \u00e9tat civil. La suppression d&#8217;une telle discrimination tient notamment compte des nouvelles formes de vie commune. Son principal avantage r\u00e9side, toutefois, dans le fait qu&#8217;une imposition individuelle inciterait la seconde personne du couple \u00e0 travailler pour percevoir un revenu secondaire;\u00a0&#8211; deuxi\u00e8mement, l&#8217;accueil extra-familial des enfants demande moins une augmentation des moyens qu&#8217;un financement adapt\u00e9 \u00e0 la demande;\u00a0&#8211; troisi\u00e8mement, un nouveau syst\u00e8me d&#8217;aide sociale destin\u00e9 \u00e0 soutenir de mani\u00e8re plus cibl\u00e9e les m\u00e9nages \u00e0 revenu modeste et les aider \u00e0 prendre l&#8217;initiative en les r\u00e9compensant pour avoir cherch\u00e9 et trouv\u00e9 un emploi.&#13;<\/p>\n<h2>Instauration de l&#8217;imposition individuelle<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nContrairement \u00e0 l&#8217;actuel syst\u00e8me d&#8217;imposition des couples, la m\u00e9thode d&#8217;imposition individuelle pr\u00e9voit la taxation s\u00e9par\u00e9e des revenus de chaque contribuable; il n&#8217;y a donc plus de taxation commune des revenus familiaux. Par cons\u00e9quent, le deuxi\u00e8me salaire, souvent plus modeste, est soumis \u00e0 un taux moins \u00e9lev\u00e9, ce qui rend l&#8217;imposition plus juste dans l&#8217;ensemble. Cela met fin \u00e0 la discrimination fiscale dont sont victimes aujourd&#8217;hui les couples mari\u00e9s par rapport aux concubins et renforce les incitations \u00e0 travailler pour le conjoint &#8211; en g\u00e9n\u00e9ral la femme, qui touche ainsi un deuxi\u00e8me salaire. Une simplification des diff\u00e9rents syst\u00e8mes cantonaux est \u00e9galement souhaitable, car le maquis des d\u00e9ductions, des doubles bar\u00e8mes et des syst\u00e8mes de fractionnement du revenu (\u00absplitting\u00bb) manque totalement de transparence pour les familles qui changent de domicile.\u00a0Formul\u00e9e notamment par les cantons, la principale objection \u00e0 l&#8217;instauration de l&#8217;imposition individuelle porte sur le travail administratif suppl\u00e9mentaire que provoquera le traitement des d\u00e9clarations fiscales. Selon ses d\u00e9tracteurs, les m\u00e9nages eux-m\u00eames en p\u00e2tiraient puisqu&#8217;ils auraient \u00e0 remplir deux d\u00e9clarations. Enfin, la perte de recettes fiscales qu&#8217;engendrerait l&#8217;imposition s\u00e9par\u00e9e des conjoints \u00e0 deux revenus ferait augmenter la pression fiscale sur les autres contribuables. Cette fa\u00e7on de voir est, toutefois, quelque peu r\u00e9ductrice car, \u00e0 long terme, les incitations \u00e0 l&#8217;emploi \u00e9largissent l&#8217;assiette fiscale. Des pays comme l&#8217;Autriche, la Grande-Bretagne, la Su\u00e8de et la Finlande imposent d\u00e9j\u00e0 s\u00e9par\u00e9ment leurs citoyens.&#13;<\/p>\n<h2>Promotion de l&#8217;accueil extra-familial des enfants<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa Suisse ne d\u00e9pense que 0,2% du produit int\u00e9rieur brut (PIB) pour les structures d&#8217;accueil des enfants, ce qui est peu par rapport \u00e0 d&#8217;autres pays. Elle est \u00e9galement \u00e0 la tra\u00eene pour le nombre d&#8217;enfants en \u00e2ge pr\u00e9scolaire au b\u00e9n\u00e9fice d&#8217;une offre d&#8217;accueil. La mise sur pied d&#8217;infrastructures ad\u00e9quates est, toutefois, essentielle pour concilier les obligations professionnelles et familiales. Les mesures suivantes d\u00e9ploient le meilleur effet de levier:\u00a0&#8211; une offre d&#8217;accueil suffisante pour les enfants en \u00e2ge pr\u00e9scolaire;\u00a0&#8211; des blocs horaires \u00e0 l&#8217;\u00e9cole primaire;\u00a0&#8211; un accueil parascolaire suffisant au niveau des \u00e9coles enfantine et primaire.&#13;<\/p>\n<h3>L&#8217;accueil pr\u00e9scolaire est important<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nOutre les blocs horaires et l&#8217;accueil parascolaire, l&#8217;accueil des enfants en \u00e2ge pr\u00e9scolaire est lui aussi tr\u00e8s important, car c&#8217;est dans cette phase de la vie que les femmes sont les plus susceptibles d&#8217;interrompre leur carri\u00e8re professionnelle et de la faire passer au second plan. Assurer l&#8217;accueil de leurs enfants en \u00e2ge pr\u00e9scolaire est un v\u00e9ritable parcours du combattant, notamment en Suisse al\u00e9manique: il s&#8217;agit tout d&#8217;abord de trouver une place dans une cr\u00e8che qui convienne, ce qui rel\u00e8ve de la gageure. L&#8217;autre obstacle est de nature financi\u00e8re: d\u00e8s le premier enfant, le co\u00fbt \u00e9lev\u00e9 de l&#8217;accueil rend souvent la reprise d&#8217;une activit\u00e9 lucrative peu int\u00e9ressante \u00e9conomiquement.&#13;<\/p>\n<h3>Soulager financi\u00e8rement les familles en introduisant des bonifications pour la garde des enfants<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nUne bonne fa\u00e7on de r\u00e9sorber le d\u00e9s\u00e9quilibre entre l&#8217;offre et la demande de places d&#8217;accueil et de soulager financi\u00e8rement les familles d\u00e9pendant de structures d&#8217;accueil externes consisterait \u00e0 introduire des bonifications pour la garde des enfants. L&#8217;id\u00e9e est d&#8217;apporter un soutien financier direct aux familles en les indemnisant de leurs frais de garde. Leur libert\u00e9 de d\u00e9cision s&#8217;en trouverait \u00e9largie puisqu&#8217;elles pourraient choisir le type d&#8217;accueil auquel elles souhaiteraient consacrer l&#8217;argent re\u00e7u. De leur c\u00f4t\u00e9, les gestionnaires de structures d&#8217;accueil seraient davantage expos\u00e9s \u00e0 la concurrence et contraints de mieux adapter leurs services aux besoins r\u00e9els des parents. \u00c0 cela s&#8217;ajouterait l&#8217;effet \u00abcontr\u00f4le de qualit\u00e9\u00bb. Si celui-ci \u00e9tait davantage exerc\u00e9 par les parents, l&#8217;\u00c9tat se trouverait d\u00e9charg\u00e9 des r\u00f4les multiples qu&#8217;il assume actuellement en tant qu&#8217;organisme financier, gestionnaire et autorit\u00e9 de contr\u00f4le des structures d&#8217;accueil.\u00a0Autre avantage de ces bonifications: il est facile de les rattacher \u00e0 une activit\u00e9 lucrative. En effet, seuls en b\u00e9n\u00e9ficieront les parents affichant un taux d&#8217;emploi total sup\u00e9rieur \u00e0 100% et ayant donc besoin, de facto, d&#8217;un accueil externe. Par exemple, si l&#8217;\u00e9poux et l&#8217;\u00e9pouse travaillaient respectivement \u00e0 100% et 60%, la famille aurait droit \u00e0 trois jours de bonifications par semaine. Il va sans dire que le montant de ces bons de garde et leurs conditions d&#8217;obtention (notamment pour les ind\u00e9pendants) devraient encore \u00eatre pr\u00e9cis\u00e9s.\u00a0Comment ces bonifications pourraient-elles \u00eatre financ\u00e9es sans nouveaux transferts? On peut imaginer une nouvelle affectation des allocations familiales \u00e0 un usage pr\u00e9cis. Un exemple de calcul simple pour une famille avec un enfant montre que les m\u00e9nages familiaux pourraient \u00eatre ainsi largement soulag\u00e9s des frais li\u00e9s \u00e0 l&#8217;accueil des enfants en \u00e2ge pr\u00e9scolaire (voir encadr\u00e9 1 Une famille qui toucherait par mois et par enfant pendant 18 ans environ 200 francs d&#8217;allocations pour enfant et pendant 7 ans 250 francs d&#8217;allocations de formation, comme le pr\u00e9voit le projet d\u00e9battu actuellement au Parlement, b\u00e9n\u00e9ficierait durant ces 25 ans d&#8217;un transfert par enfant de:allocations pour enfant: 200 fr.\/mois x 12 mois x 18 ans + allocations de formation: 250 fr.\/mois x 12 mois x 7 ans = 64200 francs.\u00c0 titre de comparaison, ce montant permettrait de financer l&#8217;accueil d&#8217;un enfant en \u00e2ge pr\u00e9scolaire pour 95 francs par joura \u00e0 raison de 2,5 jours par semaine pendant cinq ans. En effet:95 fr. (par jour et par enfant) x 2,5 (journ\u00e9es d&#8217;accueil par semaine) x 52 (semaines) x 5 (ans) = 61750 francs.).\u00a0Le principal avantage des bonifications propos\u00e9es ici r\u00e9side dans l&#8217;affectation \u00e0 un but pr\u00e9cis de l&#8217;argent investi, car les allocations familiales, qui repr\u00e9sentent le plus grand transfert aux familles avec quelque 4,5 milliards de francs par an, ne sont justement affect\u00e9es \u00e0 aucun but pr\u00e9cis. Elles n&#8217;incitent donc pas les femmes \u00e0 travailler davantage, comme il le faudrait de toute urgence, ni ne soulagent en particulier les familles n\u00e9cessiteuses. Par contre, les bonifications permettent de mieux concilier vies professionnelle et familiale, tout en faisant progresser le taux d&#8217;activit\u00e9 des femmes.\u00a0Enfin, des structures d&#8217;accueil abordables sont aussi importantes pour les m\u00e9nages mieux lotis. Car il ne faut pas oublier que les femmes au b\u00e9n\u00e9fice d&#8217;une bonne formation peuvent largement contribuer au revenu national. Or, si des raisons financi\u00e8res (discrimination fiscale, frais de garde des enfants) ou d&#8217;organisation (les emplois \u00e0 temps partiel sont par exemple difficiles \u00e0 trouver pour les universitaires) font qu&#8217;il ne vaut pas (ou plus) la peine de travailler pour ces femmes, ce sont autant d&#8217;imp\u00f4ts qui \u00e9chappent au fisc.&#13;<\/p>\n<h2>R\u00e9forme de l&#8217;aide sociale<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nEn Suisse, les familles nombreuses et les personnes \u00e9levant seules leurs enfants comptent parmi les cat\u00e9gories de population aux revenus les plus modestes et sont menac\u00e9es plus que d&#8217;autres par la pauvret\u00e9. D&#8217;apr\u00e8s le rapport 2004 sur les familles du D\u00e9partement f\u00e9d\u00e9ral de l&#8217;int\u00e9rieur (DFI), ce risque est de 12% d\u00e8s le deuxi\u00e8me enfant, contre 9,3% en moyenne nationale. La pauvret\u00e9 menace encore davantage les couples avec trois enfants ou plus (20,6%) et les familles monoparentales (23,6%). Les transferts sociaux \u00e0 ces cat\u00e9gories de m\u00e9nages n&#8217;en sont que d&#8217;autant plus \u00e9lev\u00e9s.\u00a0Les co\u00fbts de l&#8217;aide sociale ont fortement augment\u00e9 depuis les ann\u00e9es nonante, r\u00e9v\u00e9lant du m\u00eame coup les faiblesses du syst\u00e8me actuel. Parmi celles-ci, il convient de citer les contre-incitations au travail ou \u00e0 l&#8217;augmentation du taux d&#8217;activit\u00e9 li\u00e9es au versement de prestations qui remplacent le salaire plut\u00f4t qu&#8217;elles ne le compl\u00e8tent. La plupart des b\u00e9n\u00e9ficiaires de l&#8217;aide sociale sont soumis \u00e0 un taux d&#8217;imp\u00f4t marginal proche de 100%. En d&#8217;autres termes, il ne leur reste presque rien de chaque franc gagn\u00e9 en plus puisqu&#8217;ils doivent supporter une r\u00e9duction de m\u00eame ampleur de l&#8217;aide en question. Il va sans dire qu&#8217;ils n&#8217;ont d\u00e8s lors gu\u00e8re int\u00e9r\u00eat \u00e0 s&#8217;int\u00e9grer au monde du travail.&#13;<\/p>\n<h3>Le travail doit \u00eatre r\u00e9compens\u00e9<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLe d\u00e9bat fait rage aujourd&#8217;hui sur la mani\u00e8re la plus efficace de pallier cette situation. Il semble que le concept le plus prometteur soit celui qui, d&#8217;une part, lie le droit aux aides financi\u00e8res \u00e0 une contre-prestation et qui, d&#8217;autre part, am\u00e9liore la coordination des flux de financement entre eux et avec le syst\u00e8me fiscal. Dans ce domaine, les pionniers sont les \u00c9tats-Unis, o\u00f9 la r\u00e8gle veut que ceux qui travaillent soient r\u00e9compens\u00e9s. Les salari\u00e9s ne gagnant pas assez pour subvenir \u00e0 leurs besoins re\u00e7oivent de l&#8217;\u00c9tat un cr\u00e9dit d&#8217;imp\u00f4t (\u00abearned income tax credit\u00bb, EITC) qui augmente leur revenu net. Ceux qui ne travaillent pas doivent par contre se contenter de prestations sociales tr\u00e8s faibles, en partie clairement limit\u00e9es dans le temps. Ces r\u00e9formes ont permis d&#8217;enregistrer des progr\u00e8s aux \u00c9tats-Unis: en 2001, la part des m\u00e9nages monoparentaux percevant des prestations de l&#8217;aide sociale avait chut\u00e9 de plus de 50% par rapport au milieu des ann\u00e9es nonante. Simultan\u00e9ment, leur taux d&#8217;insertion professionnelle avait progress\u00e9 de 10 points \u00e0 75%. Des r\u00e9sultats tout \u00e0 fait impressionnants, m\u00eame si la bonne sant\u00e9 \u00e9conomique des \u00c9tats-Unis durant cette p\u00e9riode y est aussi pour quelque chose.&#13;<\/p>\n<h3>Essais pratiques<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLe couplage de l&#8217;aide sociale \u00e0 une contre-prestation est aussi \u00e0 l&#8217;essai en Suisse. Le 1er avril 2005, la Conf\u00e9rence suisse des institutions d&#8217;action sociale (Csias) a adopt\u00e9 de nouvelles normes en vertu desquelles les cantons doivent accorder une franchise de revenu de 400 \u00e0 700\u00a0francs par mois aux b\u00e9n\u00e9ficiaires de l&#8217;aide sociale acceptant une activit\u00e9 r\u00e9mun\u00e9r\u00e9e. Avec ce syst\u00e8me, l&#8217;aide sociale n&#8217;est plus r\u00e9duite de la valeur du revenu propre. Une activit\u00e9 r\u00e9mun\u00e9r\u00e9e m\u00eame modeste devient ainsi int\u00e9ressante.\u00a0De nouveaux mod\u00e8les d&#8217;aide sociale sont actuellement \u00e0 l&#8217;essai. \u00c0 B\u00e2le par exemple, pour en calculer le niveau, on ne tient compte que des deux tiers du produit du travail r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 pendant six mois, le reste \u00e9tant acquis au b\u00e9n\u00e9ficiaire. \u00c0 Zurich, un projet pilote va dans le m\u00eame sens: quiconque accepte un emploi b\u00e9n\u00e9ficie d&#8217;une franchise qui diminue au fur et \u00e0 mesure que le revenu augmente.&#13;<\/p>\n<h3>Proc\u00e9der en deux \u00e9tapes<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nCes projets pilotes inspir\u00e9s du mod\u00e8le am\u00e9ricain montrent surtout qu&#8217;il est tout \u00e0 fait possible de r\u00e9former le syst\u00e8me d&#8217;aide sociale suisse. Ceci peut se faire en deux \u00e9tapes:\u00a0&#8211; il s&#8217;agit d&#8217;abord de r\u00e9duire au minimum vital mat\u00e9riel (couverture des besoins de base pour l&#8217;entretien, frais m\u00e9dicaux et co\u00fbt plafonn\u00e9 du logement) les pr\u00e9tentions des personnes aptes au travail qui n&#8217;exercent pas d&#8217;activit\u00e9 sur le march\u00e9 du travail ou qui ne participent pas \u00e0 des programmes d&#8217;int\u00e9gration. Le minimum doit \u00eatre fix\u00e9 \u00e0 un niveau suffisamment bas pour rendre cette situation tr\u00e8s inconfortable \u00e0 long terme;\u00a0&#8211; la deuxi\u00e8me mesure consiste \u00e0 garantir un revenu de base, appel\u00e9 minimum vital social, aux personnes qui peuvent prouver qu&#8217;elles recherchent un emploi r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 ou qu&#8217;elles participent \u00e0 un programme d&#8217;int\u00e9gration. Les actifs se situant dans la cat\u00e9gorie des bas salaires (\u00abtravailleurs pauvres\u00bb) doivent \u00eatre aid\u00e9s de mani\u00e8re cibl\u00e9e au moyen d&#8217;une bonification appel\u00e9e \u00absuppl\u00e9ment de salaire\u00bb.\u00a0\u00a0Cette derni\u00e8re prestation diminue \u00e0 mesure que le revenu du travail augmente et dispara\u00eet \u00e0 partir d&#8217;un certain seuil (voir graphique 2). Ce qui compte ici, c&#8217;est qu&#8217;un revenu propre, m\u00eame modeste, en vaille la peine dans la mesure o\u00f9 les allocations vers\u00e9es en cas de n\u00e9cessit\u00e9 peuvent \u00eatre transform\u00e9es sans probl\u00e8me en prestations destin\u00e9es \u00e0 compl\u00e9ter le salaire.\u00a0Ces derni\u00e8res ne seraient, toutefois, accord\u00e9es qu&#8217;\u00e0 partir d&#8217;un certain taux d&#8217;activit\u00e9, faute de quoi certains pourraient \u00eatre tent\u00e9s de les utiliser pour compenser une r\u00e9duction du temps de travail. Des taux d&#8217;activit\u00e9 plus faibles pourraient \u00eatre admis pendant une p\u00e9riode transitoire pour les personnes se trouvant en phase de r\u00e9insertion professionnelle.&#13;<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nUne politique familiale s&#8217;inscrivant dans la dur\u00e9e ne peut pas se r\u00e9sumer \u00e0 un simple transfert de moyens, sans strat\u00e9gie incitative et redistributive claire. \u00c0 une \u00e9poque de faible croissance, elle doit prendre en compte aussi bien les besoins de la soci\u00e9t\u00e9, en particulier l&#8217;activit\u00e9 professionnelle de femmes toujours plus nombreuses, que le nouvel environnement \u00e9conomique. Avec la diminution de la population active, la politique familiale devient un \u00e9l\u00e9ment essentiel de la croissance future. En p\u00e9riode de vaches maigres, ces r\u00e9forme ne devraient, toutefois, pas grever davantage le budget de l&#8217;\u00c9tat.\u00a0Le mod\u00e8le propos\u00e9 r\u00e9pond aux diff\u00e9rents d\u00e9fis pos\u00e9s \u00e0 la politique familiale en offrant un ensemble de mesures coh\u00e9rent. Il dessine les contours d&#8217;une politique familiale qui facilite la t\u00e2che des femmes lorsqu&#8217;elles doivent prendre la d\u00e9cision d&#8217;avoir des enfants. Ce choix corn\u00e9lien entre prog\u00e9niture et carri\u00e8re, d\u00e9cid\u00e9 par l&#8217;environnement ext\u00e9rieur, ne devrait plus avoir de raison d&#8217;\u00eatre. Le mod\u00e8le vise aussi une r\u00e9duction cibl\u00e9e du risque de pauvret\u00e9 pour les familles.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 1 \u00abEffets attendus du mod\u00e8le de r\u00e9forme en trois volets\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nGraphique 2 \u00abMod\u00e8le d&#8217;allocation: exemple d&#8217;un m\u00e9nage familial avec un enfant\u00bb&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEncadre 1: Les transferts des allocations familiales et de formation Une famille qui toucherait par mois et par enfant pendant 18 ans environ 200 francs d&#8217;allocations pour enfant et pendant 7 ans 250 francs d&#8217;allocations de formation, comme le pr\u00e9voit le projet d\u00e9battu actuellement au Parlement, b\u00e9n\u00e9ficierait durant ces 25 ans d&#8217;un transfert par enfant de:allocations pour enfant: 200 fr.\/mois x 12 mois x 18 ans + allocations de formation: 250 fr.\/mois x 12 mois x 7 ans = 64200 francs.\u00c0 titre de comparaison, ce montant permettrait de financer l&#8217;accueil d&#8217;un enfant en \u00e2ge pr\u00e9scolaire pour 95 francs par joura \u00e0 raison de 2,5 jours par semaine pendant cinq ans. En effet:95 fr. (par jour et par enfant) x 2,5 (journ\u00e9es d&#8217;accueil par semaine) x 52 (semaines) x 5 (ans) = 61750 francs.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Beaucoup de pays industrialis\u00e9s sont confront\u00e9s \u00e0 la baisse de la natalit\u00e9 et au vieillissement de la population. Un recul absolu de la population active est attendu d\u00e8s la prochaine d\u00e9cennie. Ce processus menace de freiner la croissance \u00e9conomique et de surcharger le filet de la s\u00e9curit\u00e9 sociale. 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