{"id":155414,"date":"2006-03-01T12:00:00","date_gmt":"2006-03-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2006\/03\/adolf-2\/"},"modified":"2023-08-24T01:24:07","modified_gmt":"2023-08-23T23:24:07","slug":"adolf-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2006\/03\/adolf-2\/","title":{"rendered":"L&#8217;approvisionnement du monde en p\u00e9trole et en huiles min\u00e9rales: perspectives sur l&#8217;avenir"},"content":{"rendered":"<p>Le p\u00e9trole constitue de loin notre agent \u00e9nerg\u00e9tique primaire le plus important. Il fait rouler nos v\u00e9hicules, chauffe nos habitations et sert de base \u00e0 de nombreux produits de notre vie quotidienne. Le p\u00e9trole poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s qui le rendent comp\u00e9titif vis-\u00e0-vis de toutes les autres sources d&#8217;\u00e9nergie. Or, depuis quelques temps, il se rar\u00e9fie et son prix augmente. Pour quelles raisons? Comment les march\u00e9s internationaux du p\u00e9trole et des huiles min\u00e9rales vont-ils \u00e9voluer? \u00c0 long terme quelle sera la place du p\u00e9trole parmi les sources d&#8217;\u00e9nergie utilis\u00e9es?<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/200603_07_Adolf_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"276\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nNous vivons depuis le milieu des ann\u00e9es quatre-vingt la hausse la plus longue et la plus forte du prix du p\u00e9trole. Le Brent valait en moyenne plus de 54 USD\/baril en 2005, ce qui repr\u00e9sente un sommet historique. Pourtant, les anticipations \u00e0 long terme des experts p\u00e9troliers internationaux restent encore nettement en dessous de ce prix. \u00a0Alors qu&#8217;\u00e0 la fin des ann\u00e9es nonante, on semblait encore disposer de p\u00e9trole brut bon march\u00e9 et en abondance, la s\u00e9curit\u00e9 de l&#8217;approvisionnement est devenue une pr\u00e9occupation de premi\u00e8re importance de nos jours. Doit-on y voir une transformation structurelle profonde de nos approvisionnements \u00e9nerg\u00e9tiques? Ou assistons-nous seulement, comme dans les ann\u00e9es septante et quatre-vingt, \u00e0 une hausse passag\u00e8re des prix?&#13;<\/p>\n<h2>Les pr\u00e9visions dans le domaine des prix du p\u00e9trole sont empreintes d&#8217;une grande incertitude<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nEn fait, jusqu&#8217;ici pratiquement personne n&#8217;\u00e9tait en mesure de pr\u00e9voir \u00e0 peu pr\u00e8s correctement le prix du p\u00e9trole pour l&#8217;ann\u00e9e suivante. Cela tient essentiellement \u00e0 deux raisons:\u00a0&#8211; le d\u00e9calage temporel (ou probl\u00e9matique lag) au niveau des informations. Il faut trop de temps avant de pouvoir disposer d&#8217;informations suffisantes et fiables de la situation en termes d&#8217;approvisionnement;\u00a0&#8211; les conditions qui r\u00e9gissent l&#8217;offre et la demande sur le march\u00e9, et qui provoquent de fortes fluctuations de prix, encore accentu\u00e9es par la sp\u00e9culation.\u00a0 \u00a0La valeur que l&#8217;on veut donner au prix actuel pour exprimer la disponibilit\u00e9 \u00e0 long terme du p\u00e9trole est ainsi limit\u00e9e d\u00e8s le d\u00e9part.\u00a0Il est, cependant, possible de r\u00e9fl\u00e9chir aux facteurs fondamentaux \u00e0 plus long terme du march\u00e9 p\u00e9trolier, lesquels influencent \u00e0 leur tour l&#8217;\u00e9volution \u00e0 long terme des march\u00e9s p\u00e9troliers et \u00e9nerg\u00e9tiques. Citons, parmi ceux-l\u00e0, les quantit\u00e9s et la disponibilit\u00e9 des gisements p\u00e9troliers, le d\u00e9veloppement de la production de p\u00e9trole brut, la demande en produits \u00e0 base d&#8217;huile min\u00e9rale ainsi que leur production. Les facteurs fondamentaux les plus importants des march\u00e9s p\u00e9troliers mondiaux ainsi que les perspectives \u00e0 long terme du p\u00e9trole dans la r\u00e9partition des sources d&#8217;\u00e9nergie utilis\u00e9es seront d\u00e9velopp\u00e9s bri\u00e8vement ci-apr\u00e8s.&#13;<\/p>\n<h2>Une large base de ressources<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nD&#8217;apr\u00e8s la derni\u00e8re estimation r\u00e9alis\u00e9e par le principal magazine professionnel de la branche Oil&amp;Gas Journal, les r\u00e9serves mondiales de p\u00e9trole brut repr\u00e9sentent \u00e0 l&#8217;heure actuelle environ 175 milliards de tonnes. Elles ont ainsi augment\u00e9 encore une fois l\u00e9g\u00e8rement par rapport \u00e0 l&#8217;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. Si la port\u00e9e statique des r\u00e9serves &#8211; \u00e0 savoir le rapport entre la consommation actuelle de p\u00e9trole brut et les r\u00e9serves actuelles &#8211; se situait au d\u00e9but des ann\u00e9es septante \u00e0 seulement 30 ans, elle d\u00e9passe nettement les 40 ans aujourd&#8217;hui.\u00a0Cette \u00e9volution d&#8217;un agent \u00e9nerg\u00e9tique non renouvelable, \u00e9puisable, para\u00eet \u00e0 premi\u00e8re vue paradoxale; elle r\u00e9sulte, en fait, d&#8217;abord de la d\u00e9finition des r\u00e9serves p\u00e9troli\u00e8res. On qualifie ainsi les quantit\u00e9s de p\u00e9trole brut dont la pr\u00e9sence est prouv\u00e9e dans un gisement et qui peuvent \u00eatre extraites de mani\u00e8re rentable avec les moyens technologies existantes. Ainsi, les r\u00e9serves actuelles repr\u00e9sentent seulement la partie des gisements la mieux explor\u00e9e et dont on est s\u00fbr de pouvoir extraire le p\u00e9trole avec les moyens actuels.\u00a0En r\u00e9alit\u00e9, les r\u00e9serves de p\u00e9trole brut annonc\u00e9es sont fonction de la technologie d&#8217;exploration et d&#8217;extraction ainsi que de l&#8217;\u00e9volution du prix du p\u00e9trole. Si le prix du p\u00e9trole augmente, d&#8217;autres gisements, consid\u00e9r\u00e9s jusqu&#8217;ici comme non rentables en raison de leur co\u00fbt d&#8217;extraction, pourraient alors \u00eatre inclus dans les r\u00e9serves. La technique moderne de son c\u00f4t\u00e9 permet de mieux exploiter les gisements existants et de viabiliser de nouveaux gisements, jusqu&#8217;ici inaccessibles. Rien que l&#8217;augmentation du taux d&#8217;extraction de gisements p\u00e9troliers &#8211; il se situe actuellement \u00e0 seulement 30% environ &#8211; entra\u00eenerait une nouvelle hausse nette des r\u00e9serves et de leur port\u00e9e.\u00a0Ce n&#8217;est, toutefois, pas tout. En effet, les chiffres cl\u00e9s habituelles pour les r\u00e9serves concernent essentiellement les p\u00e9troles bruts conventionnels. Or, il existe toujours de grandes quantit\u00e9s de p\u00e9troles bruts non conventionnels, mais que les m\u00e9thodes traditionnelles ne permettent pas d&#8217;extraire. Les huiles lourdes, p\u00e9troles en eaux profondes et sables bitumineux en font partie. Les statistiques internationales pr\u00e9sentent aujourd&#8217;hui le Canada comme une des plus grandes r\u00e9serves mondiales, derri\u00e8re l&#8217;Arabie Saoudite, gr\u00e2ce \u00e0 ses gisements de sables bitumineux. Les plus grands d\u00e9tenteurs de r\u00e9serves &#8211; de p\u00e9trole conventionnel notamment &#8211; sont, cependant, les membres de l&#8217;Opep et leurs compagnies nationales (voir <a title=\"R\u00e9partition des r\u00e9serves mondiales de p\u00e9trole, 2005\">graphique 1<\/a>).\u00a0Selon une estimation de l&#8217;Agence Internationale de l&#8217;\u00c9nergie (AIE), la totalit\u00e9 des gisements de p\u00e9trole exploitables suffiraient encore pour les 70 ans \u00e0 venir. Nous n&#8217;avons jamais \u00e9t\u00e9 aussi bien pourvus qu&#8217;aujourd&#8217;hui en ce qui concerne le p\u00e9trole brut \u00e0 disposition.&#13;<\/p>\n<h2>Offre de p\u00e9trole brut et \u00e9quilibre du march\u00e9<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nAfin de pouvoir couvrir la hausse des besoins \u00e9nerg\u00e9tiques mondiaux, il faut investir quelque 17000 milliards d&#8217;USD dans l&#8217;\u00e9conomie \u00e9nerg\u00e9tique mondiale jusqu&#8217;en 2030. Sur ce montant, 3000 milliards d&#8217;USD environ iraient \u00e0 l&#8217;approvisionnement p\u00e9trolier et les trois quarts seraient destin\u00e9s aux activit\u00e9s en amont (entre autres exploration de gisements p\u00e9troliers, installations d&#8217;extraction et infrastructure des transports). \u00a0Par principe, la volont\u00e9 d&#8217;investir d\u00e9pend de la demande anticip\u00e9e ainsi que de l&#8217;historique des prix. Or, l&#8217;offre de p\u00e9trole brut ne peut r\u00e9agir qu&#8217;avec un temps de retard aux changements du prix du p\u00e9trole brut et de la de-mande. \u00c9tant donn\u00e9 que la production p\u00e9troli\u00e8re constitue un processus complexe et intensif en capital, il existe un net d\u00e9calage dans le temps entre l&#8217;exploration d&#8217;un gisement jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;offre r\u00e9elle sur le march\u00e9.\u00a0Si la demande globale en p\u00e9trole d\u00e9passe les possibilit\u00e9s d&#8217;offre \u00e0 court terme, le prix du brut augmente fortement en raison de la relative in\u00e9lasticit\u00e9 de l&#8217;offre. D&#8217;un autre c\u00f4t\u00e9, une baisse des prix n&#8217;entra\u00eene pas des restrictions imm\u00e9diates de production. En effet, de nombreux fournisseurs suivant le calcul de rentabilit\u00e9 effectu\u00e9, tenteront de se constituer une couverture aussi \u00e9lev\u00e9s que possible en profitant de l&#8217;importance des niveaux de production. La baisse du prix du p\u00e9trole brut s&#8217;en trouvera donc retard\u00e9e.\u00a0C&#8217;est l\u00e0-dessus que se base le th\u00e9or\u00e8me de la toile d&#8217;araign\u00e9e (\u00abcobweb\u00bb) qui pr\u00e9voit une situation de march\u00e9 par principe instable, avec des fortes r\u00e9actions en termes de prix et de quantit\u00e9s. Rien que pour cette raison, il ne faut pas interpr\u00e9ter les variations de prix comme des indications sur les disponibilit\u00e9s \u00e0 long terme. Elles sont plut\u00f4t la preuve de l&#8217;instabilit\u00e9 fondamentale des march\u00e9s du p\u00e9trole brut.7\u00a0L&#8217;Opep, d\u00e9tentrice d&#8217;un monopole partiel, tente de stabiliser ses recettes \u00e0 l&#8217;exportation, en contr\u00f4lant l&#8217;offre marginale par des quotas et en adaptant les quantit\u00e9s extraites. Or, la question du d\u00e9calage temporel d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9e repr\u00e9sente un d\u00e9fi suppl\u00e9mentaire pour l&#8217;Opep: des estimations erron\u00e9es, des dosages ou des \u00e9ch\u00e9anciers mal calcul\u00e9s contribuent \u00e0 leur tour \u00e0 augmenter la volatilit\u00e9 du prix du brut. \u00a0Dans ce contexte, on peut seulement affirmer ce qui suit. D&#8217;un c\u00f4t\u00e9, la hausse persistante des prix \u00e0 nettement accru l&#8217;int\u00e9r\u00eat \u00e9conomique de l&#8217;exploration et de l&#8217;extraction p\u00e9troli\u00e8re; les investissements en amont et les activit\u00e9s mondiales de forage ont consid\u00e9rablement augment\u00e9 depuis la fin des ann\u00e9es nonante. Il faut, par cons\u00e9quent, s&#8217;attendre \u00e0 moyen terme \u00e0 une augmentation de la production du brut, entra\u00eenant \u00e0 son tour un approvisionnement plus abondant en p\u00e9trole. D&#8217;un autre c\u00f4t\u00e9, l&#8217;industrie en amont conna\u00eet, en raison de la forte demande en biens d&#8217;investissements et de la qualification de main-d&#8217;oeuvre, des co\u00fbts croissants en termes d&#8217;intrants, qu&#8217;il faut financer. La question de l&#8217;\u00e9volution du prix du p\u00e9trole brut n&#8217;est, toutefois, pas r\u00e9gl\u00e9e pour autant, car c&#8217;est tout de m\u00eame l&#8217;offre et la demande qui en d\u00e9terminent le prix.&#13;<\/p>\n<h2>Consommation d&#8217;huile min\u00e9rale et croissance \u00e9conomique<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa demande globale de p\u00e9trole est fortement influenc\u00e9e par l&#8217;\u00e9volution de la conjoncture dans les pays industrialis\u00e9s. Dans le cycle conjoncturel mondiale actuel, ce ne sont pas seulement les pays industrialis\u00e9s traditionnels qui notent une augmentation de la demande \u00e9nerg\u00e9tique. Plusieurs grands pays \u00e9mergents &#8211; tels que la Chine, l&#8217;Inde et le Br\u00e9sil &#8211; ont effectu\u00e9 leur d\u00e9collage \u00e9conomique et enregistrent une forte augmentation de consommation \u00e9nerg\u00e9tique.\u00a0\u00c0 long terme, la demande en p\u00e9trole d&#8217;un pays d\u00e9pend de son niveau de d\u00e9veloppement \u00e9conomique. L&#8217;industrialisation, l&#8217;urbanisation, la motorisation et la mobilisation de masse augmentent la consommation d&#8217;\u00e9nergie de fa\u00e7on disproportionn\u00e9e. La hausse des revenus et la tertiarisation r\u00e9duisent en retour l&#8217;\u00e9lasticit\u00e9 des gains engendr\u00e9s par la demande en huile min\u00e9rale. La consommation \u00e9nerg\u00e9tique se d\u00e9croche progressivement de la croissance \u00e9conomique. Dans les soci\u00e9t\u00e9s de service et d&#8217;informations, la consommation d&#8217;huile min\u00e9rale se concentre de plus en plus sur la branche des transports. \u00a0Or, l&#8217;essor simultan\u00e9 d&#8217;importantes r\u00e9gions consommatrices a pour cons\u00e9quence que nous connaissons un nouveau couplage de la consommation d&#8217;\u00e9nergie et de la croissance \u00e9conomique au niveau mondial depuis l&#8217;an 2000. La croissance de la demande globale \u00e9nerg\u00e9tique &#8211; p\u00e9trole inclus &#8211; s&#8217;en est ressenti et a cr\u00fb de mani\u00e8re particuli\u00e8rement forte. La voie choisie par les Bric et autres pays \u00e9mergents en mati\u00e8re d&#8217;\u00e9nergie et de technologie sera d&#8217;une importance capitale pour la future \u00e9volution des march\u00e9s p\u00e9troliers. Or, la productivit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique et p\u00e9troli\u00e8re est souvent encore tr\u00e8s faible dans les pays \u00e9mergents. Ainsi l&#8217;efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique de la Chine n&#8217;est que de moiti\u00e9 environ de celle des autres pays de l&#8217;OCDE.\u00a0Le pronostic actuel de l&#8217;AIE se base sur une augmentation moyenne de 1,6% par an de la consommation p\u00e9troli\u00e8re dans le monde au cours des 25 ans \u00e0 venir. Ce taux correspond \u00e0 une consommation p\u00e9troli\u00e8re d&#8217;environ 6 milliards de tonnes en 2030; il reste, toutefois, encore nettement inf\u00e9rieur aux taux de croissance actuels de 2 \u00e0 3%. \u00c0 plus long terme, la demande p\u00e9troli\u00e8re r\u00e9agira au niveau \u00e9lev\u00e9 des prix et les investissements porteront sur les \u00e9conomies et les substituts au p\u00e9trole. Cependant, m\u00eame si la demande globale en p\u00e9trole augmentait de seulement 1% par an, soit \u00e0 un rythme nettement inf\u00e9rieur \u00e0 celui pr\u00e9vu par la courbe de croissance \u00e0 long terme, la consommation p\u00e9troli\u00e8re globale progresserait encore d&#8217;un tiers environ jusqu&#8217;en 2030. Cela signifie que les seules unit\u00e9s d&#8217;extraction et de production devraient augmenter leurs capacit\u00e9s de plus d&#8217;un milliard de tonnes. Il s&#8217;agit l\u00e0 d&#8217;investissements immenses qui obligent les producteurs et des consommateurs \u00e0 unir leurs efforts.&#13;<\/p>\n<h2>Traitement du p\u00e9trole brut et raffineries<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nRien que les 3% et plus d&#8217;augmentation de la demande mondiale en 2003 correspondent \u00e0 la capacit\u00e9 d&#8217;une douzaine de grandes raffineries. Il faut par cons\u00e9quent adapter les capacit\u00e9s de traitement du p\u00e9trole brut en fonction de la hausse croissante de la demande en huile min\u00e9rale. Or, l&#8217;activit\u00e9 des raffineries, avec ses longues dur\u00e9es pr\u00e9paratoires, est quasiment aussi cyclique que le secteur en amont. Ainsi, au bout de deux d\u00e9cennies de surcapacit\u00e9, de sous-utilisation des capacit\u00e9s et de faibles r\u00e9sultats en aval, l&#8217;incitation \u00e9conomique \u00e0 d\u00e9velopper les capacit\u00e9s des raffineries \u00e9tait faible. L&#8217;accroissement des exigences se rapportant \u00e0 l&#8217;exploitation des installations et envers les produits ont \u00e9galement contribu\u00e9 \u00e0 r\u00e9duire l&#8217;attrait \u00e9conomique de la branche.\u00a0Actuellement on compte 661 raffineries dans le monde, avec une capacit\u00e9 de traitement d&#8217;environ 85 millions de barils par jour du calendrier. Contrairement aux r\u00e9serves p\u00e9troli\u00e8res, les capacit\u00e9s de traitement se concentrent &#8211; pour des raisons historiques, mais \u00e9galement logistiques et de distribution &#8211; dans les grands centres de consommation. En d\u00e9pit de la demande tr\u00e8s forte de ces derniers temps, le nombre de raffineries continue toujours de baisser (voir <a title=\"La transformation du p\u00e9trole brut dans le monde, 1993-2005\">graphique 2<\/a>). Tandis que les petites installations ferment, l&#8217;augmentation mod\u00e9r\u00e9e des capacit\u00e9s actuelles r\u00e9sulte principalement de l&#8217;optimisation et de l&#8217;extension des installations existantes. \u00a0L&#8217;augmentation timide des capacit\u00e9s a nettement fait fondre les capacit\u00e9s globales de traitement libres. Le taux d&#8217;utilisation des capacit\u00e9s de traitement mondiales n&#8217;a encore jamais \u00e9t\u00e9 aussi \u00e9lev\u00e9 &#8211; en 2004, il \u00e9tait de 85%, valeur qui a, toutefois, encore \u00e9t\u00e9 d\u00e9pass\u00e9e en Am\u00e9rique du Nord et en Europe. En raison des dur\u00e9es d&#8217;immobilisation, il ne reste plus gu\u00e8re de marge de manoeuvre. D&#8217;un autre c\u00f4t\u00e9, ce fort taux d&#8217;utilisation restreint la flexibilit\u00e9 de la production et de l&#8217;approvisionnement. La saison des ouragans aux \u00c9tats-Unis en 2005 a d\u00e9j\u00e0 montr\u00e9 les cons\u00e9quences possibles d&#8217;un tel ph\u00e9nom\u00e8ne sur les march\u00e9s de production.\u00a0L&#8217;AIE estime ainsi qu&#8217;il faut investir au cours des prochaines 25 ann\u00e9es environ 500 milliards d&#8217;USD dans des raffineries. Il faut, cependant, noter que leurs capacit\u00e9s se sont accrues au cours de l&#8217;ann\u00e9e derni\u00e8re comme ce n&#8217;avait plus \u00e9t\u00e9 le cas depuis longtemps. Une nouvelle augmentation pour 2006 se dessine d\u00e9j\u00e0: d&#8217;apr\u00e8s le Construction Survey du Petroleum Economist, des capacit\u00e9s de traitement de 3,3 millions de barils par jour sont actuellement en construction, ce qui ne repr\u00e9sente pas moins de 170 millions de tonnes de p\u00e9trole par an. \u00a0Il ne s&#8217;agit pas seulement d&#8217;augmenter les quantit\u00e9s produites. Il faut en plus s&#8217;adapter aux modifications de la demande qui r\u00e9clame plus de produits l\u00e9gers tels que l&#8217;essence ou le diesel, des produits exigeants fabriqu\u00e9s \u00e0 partir de p\u00e9troles bruts lourds. Ceci entra\u00eene de gros investissements en installations de conversion, capables de traiter le p\u00e9trole brut mieux et plus profond\u00e9ment pour en faire des produits de meilleure qualit\u00e9. Enfin, des d\u00e9s\u00e9quilibres r\u00e9gionaux entre producteurs et consommateurs continueront \u00e0 exister et le commerce mondial de produits continuera \u00e0 s&#8217;\u00e9tendre. Les \u00c9tats-Unis et la Chine resteront probablement des importateurs de produits nets. L&#8217;Europe &#8211; en raison d&#8217;une forte augmentation des v\u00e9hicules diesel dans sa flotte &#8211; exportera de l&#8217;essence et des composants d&#8217;essence en Am\u00e9rique du Nord et manquera \u00e0 moyen terme de carburant diesel.&#13;<\/p>\n<h2>La place du p\u00e9trole parmi les sources d&#8217;\u00e9nergie utilis\u00e9es en 2050<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa consommation \u00e9nerg\u00e9tique globale doublera, voire triplera, au moins jusqu&#8217;en 2050. Il sera sans doute plus difficile et plus cher d&#8217;obtenir du p\u00e9trole. Les progr\u00e8s techniques permettront, toutefois, de compenser &#8211; en partie tout au moins &#8211; le probl\u00e8me. Pour terminer il ne faut pas non plus oublier que les deux march\u00e9s &#8211; du p\u00e9trole brut et des huiles min\u00e9rales &#8211; sont particuli\u00e8rement cycliques et qu&#8217;ils se trouvent actuellement dans une phase haute.\u00a0M\u00eame vers le milieu du si\u00e8cle, le p\u00e9trole jouera encore un r\u00f4le fondamental parmi les sources d&#8217;\u00e9nergie. Les produits \u00e0 base de p\u00e9trole servent d&#8217;abord dans le secteur de la mobilit\u00e9, o\u00f9 les carburants \u00e0 base d&#8217;huile min\u00e9rale garderont encore longtemps la vedette. Les technologies d&#8217;entra\u00eenement et de combustion conventionnelles verront leur efficacit\u00e9 progresser de fa\u00e7on consid\u00e9rable, tandis que d&#8217;autres am\u00e9liorations et innovations appara\u00eetront au niveau des produits offerts. Les carburants &#8211; comme le Gas-to-liquids, la Biomass-to-liquids ou l&#8217;EcoEthanol &#8211; \u00e0 base de gaz naturel ou de biomasse gagneront \u00e9galement en comp\u00e9titivit\u00e9 dans le secteur des transports. Ils peuvent compl\u00e9ter ceux qui se trouvent actuellement sur le march\u00e9 sans probl\u00e8me, en utilisant l&#8217;important r\u00e9seau des carburants liquides de mani\u00e8re \u00e9conomiquement judicieuse; il contribuent en plus \u00e0 stabiliser les \u00e9missions mondiales de dioxyde de carbone.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<a title=\"R\u00e9partition des r\u00e9serves mondiales de p\u00e9trole, 2005\">Graphique 1 \u00abR\u00e9partition des r\u00e9serves mondiales de p\u00e9trole, 2005\u00bb<\/a>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<a title=\"La transformation du p\u00e9trole brut dans le monde, 1993-2005\">Graphique 2 \u00abLa transformation du p\u00e9trole brut dans le monde, 1993-2005\u00bb<\/a>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<a class=\"inline-footnote__anchor\">Encadr\u00e9 1: Bibliographie<\/a> &#8211; Adolf J\u00f6rg, \u00abLenkungsm\u00f6glichkeiten und Marktmacht des OPEC-Kartells\u00bb, Wirtschaftsdienst, 82e ann\u00e9e, f\u00e9vrier 2002, p. 102-106- Adolf J\u00f6rg, \u00abPerspektiven der globalen Erd\u00f6lversorgung und nationale Energiepolitik\u00bb, Wirtschaftsdienst, 85e ann\u00e9e, janvier 2005, p. 33-38.- Agence Internationale de l&#8217;\u00c9nergie (AIE), World Energy Outlook 2004, Paris, 2004.- Agence Internationale de l&#8217;\u00c9nergie (AIE), World Energy Outlook 2005. Middle East and North Africa Insights, Paris, 2005.- Brinded Malcolm, Investing in Uncertainty &#8211; the Challenge of Meeting Expanding Energy Demand, Oxford Energy Seminar, 8 septembre 2005. Disponible \u00e0 l&#8217;adresse Internet suivante: <a href=\"http:\/\/www.shell.com\">www.shell.com<\/a> speeches.- Deutsche Bank Research (DBR), \u00abEnergieperspektiven nach dem \u00d6lzeitalter\u00bb, Aktuelle Themen, n\u00b0 309, 2 d\u00e9cembre 2004, Francfort-sur-le-Main.- Energy Information Administration (EIA), Annual Energy Outlook with Projections to 2025. Disponible \u00e0 l&#8217;adresse Internet suivante: www.eia.doe.gov\/oiaf\/aeo\/forecast.html#wop.- Nakamura David, \u00abRefiners Add 2.7 Million b\/d of Crude Refining Capacity in 2005\u00bb, Oil&amp;Gas Journal, 19 d\u00e9cembre 2005, p. 60-64.- Quinlan Martin, \u00abBig Profits, Big Deci-sions\u00bb, Petroleum Economist, septembre 2005, p. 12-16.- Radler Marilyn, \u00abGlobal Reserves, Oil Production Show Small Increases for 2005\u00bb, Oil&amp;Gas Journal, 19 d\u00e9cembre 2005, p. 20-25.- Shell, Long-term Energy Scenarios to 2050, Londres, 2001.- Shell, Global Scenarios to 2025, Londres, 2005.- Society of Petroleum Engineers (SPE), Petroleum Reserves and Resource Defini-tions. Disponible \u00e0 l&#8217;adresse Internet suivante: <a href=\"http:\/\/www.spe.org\">www.spe.org<\/a> .- Tippee Bob, \u00abSulfur Cuts, European Demand Growth Reshaping Diesel Markt\u00bb, Oil&amp;Gas Journal, 12 d\u00e9cembre 2005, p. 18-24.- Van Tassel Brad, Steen Oliver, \u00abDevising a Winning Strategy\u00bb, Petroleum Economist, septembre 2005, p. 17s.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le p\u00e9trole constitue de loin notre agent \u00e9nerg\u00e9tique primaire le plus important. Il fait rouler nos v\u00e9hicules, chauffe nos habitations et sert de base \u00e0 de nombreux produits de notre vie quotidienne. Le p\u00e9trole poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s qui le rendent comp\u00e9titif vis-\u00e0-vis de toutes les autres sources d&#8217;\u00e9nergie. 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