{"id":155499,"date":"2006-02-01T12:00:00","date_gmt":"2006-02-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2006\/02\/deiss-2\/"},"modified":"2023-08-24T01:24:23","modified_gmt":"2023-08-23T23:24:23","slug":"deiss-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2006\/02\/deiss-2\/","title":{"rendered":"Apr\u00e8s la sixi\u00e8me conf\u00e9rence minist\u00e9rielle de l&#8217;OMC \u00e0 Hong Kong: un entretien avec le conseiller f\u00e9d\u00e9ral Joseph Deiss"},"content":{"rendered":"<p>La sixi\u00e8me conf\u00e9rence minist\u00e9rielle de l&#8217;OMC a eu lieu du 13 au 18 d\u00e9cembre 2005 \u00e0 Hong Kong, dans un contexte difficile. Dans un entretien avec La Vie \u00e9conomique, le conseiller f\u00e9d\u00e9ral Joseph Deiss, qui dirigeait la d\u00e9l\u00e9gation suisse, fait le point sur les avanc\u00e9es, les probl\u00e8mes encore pendants, le r\u00f4le jou\u00e9 par la Suisse dans les n\u00e9gociations et l&#8217;importance de l&#8217;OMC pour la politique \u00e9conomique ext\u00e9rieure de notre pays.<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/1139052581_18_Deiss_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"247\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>La Vie \u00e9conomique:<\/b> En votre qualit\u00e9 de chef de la d\u00e9l\u00e9gation suisse, vous avez fait part de votre satisfaction \u00e0 l&#8217;issue de la sixi\u00e8me conf\u00e9rence minist\u00e9rielle de l&#8217;OMC \u00e0 Hong Kong. Qu&#8217;est-ce qui motive cette appr\u00e9ciation au vu des r\u00e9sultats plut\u00f4t d\u00e9cevants de la rencontre? Ou alors, pour dire les choses autrement, quelles sont, selon vous, les principaux progr\u00e8s enregistr\u00e9s \u00e0 l&#8217;issue de cette conf\u00e9rence?&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Joseph Deiss:<\/b> Avant la conf\u00e9rence, l&#8217;ensemble des participants et des observateurs \u00e9taient tr\u00e8s r\u00e9serv\u00e9s, voire franchement pessimistes quant aux r\u00e9sultats possibles. Il s&#8217;agissait \u00e9galement d&#8217;\u00e9viter un \u00e9chec comme \u00e0 Canc\u00fan et de poursuivre le cycle de Doha. Cet objectif a \u00e9t\u00e9 atteint. Outre le fait que les ministres ont pu se mettre d&#8217;accord sur une d\u00e9claration finale, nous avons \u00e9galement obtenu des r\u00e9sultats inesp\u00e9r\u00e9s dans certains domaines. Citons par exemple le d\u00e9lai fix\u00e9 pour la suppression des subventions aux exportations de produits agricoles. Enfin, la conf\u00e9rence a d\u00e9bouch\u00e9 sur quelque chose de concret: les pr\u00e9f\u00e9rences tarifaires accord\u00e9es aux pays les plus pauvres, apr\u00e8s de tr\u00e8s \u00e2pres n\u00e9gociations avec les pays en d\u00e9veloppement.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>La Vie \u00e9conomique:<\/b> D&#8217;une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, que retenez-vous du r\u00f4le de la Suisse \u00e0 cette sixi\u00e8me conf\u00e9rence des ministres de l&#8217;OMC?&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Joseph Deiss:<\/b> Sans fausse modestie, nous pouvons dire que l&#8217;apport de la Suisse a \u00e9t\u00e9 positif \u00e0 diff\u00e9rents niveaux et vis-\u00e0-vis des diff\u00e9rents groupes d&#8217;interlocuteurs: &#8211; par rapport \u00e0 l&#8217;UE, \u00e0 qui nous avons d\u00e9montr\u00e9 que le groupe des dix importateurs nets de produits agricoles (G10), dont fait partie la Suisse, pouvait contribuer \u00e0 la recherche de solutions. Nous avons propos\u00e9 de supprimer toutes les formes de subventions aux exportations d&#8217;ici \u00e0 la fin de 2013, ce qui a \u00e9t\u00e9 accept\u00e9; &#8211; par rapport au G20, une coalition de pays \u00e9mergents et en d\u00e9veloppement emmen\u00e9e par le Br\u00e9sil, l&#8217;Inde et la Chine, auquel nous avons \u00e9t\u00e9 les premiers \u00e0 faire des propositions concr\u00e8tes concernant les produits particuli\u00e8rement sensibles. Nous avons montr\u00e9 les crit\u00e8res et m\u00e9thodes utilisables. Le fait que nous ayons un projet \u00e0 pr\u00e9senter et que nous pouvions inviter toutes les parties int\u00e9ress\u00e9es \u00e0 discuter de cette question centrale a \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9 comme un signe positif; &#8211; par rapport aux pays en d\u00e9veloppement, enfin, dans la mesure o\u00f9 nous nous sommes assis \u00e0 la table de n\u00e9gociations avec une proposition de compromis sur les pr\u00e9f\u00e9rences tarifaires; celle-ci a \u00e9t\u00e9 reprise dans la d\u00e9claration finale, avec un pourcentage plus faible (97% au lieu de 99%). C&#8217;est d&#8217;ailleurs gr\u00e2ce \u00e0 notre proposition que certains pays comme les \u00c9tats-Unis et le Japon, qui demeuraient r\u00e9serv\u00e9s, ont finalement pris le train en marche.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>La Vie \u00e9conomique:<\/b> Le difficile dossier agricole \u00e9tait au centre de la conf\u00e9rence des ministres de l&#8217;OMC. Les n\u00e9gociations bloquaient dans le domaine fondamental de l&#8217;acc\u00e8s aux march\u00e9s, ce qui emp\u00eachait tout progr\u00e8s. Que faut-il faire pour que les fronts se d\u00e9tendent sur la question agricole?&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Joseph Deiss:<\/b> Premi\u00e8rement, il faut tenir compte de la situation de chaque pays. Nous avons expliqu\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9but que les structures douani\u00e8res variaient consid\u00e9rablement d&#8217;un pays \u00e0 l&#8217;autre, en particulier dans le secteur agricole. Si l&#8217;on tient \u00e0 ce que les sacrifices consentis par toutes les parties soient sym\u00e9triques, il ne sera pas possible de tout r\u00e9gler par une seule formule. Deuxi\u00e8mement, il faut renoncer \u00e0 la surench\u00e8re. Certaines offres, comme celle des \u00c9tats-Unis notamment, semblent \u00eatre motiv\u00e9es avant tout par des consid\u00e9rations tactiques. Troisi\u00e8mement, tous les secteurs doivent \u00eatre trait\u00e9s sur un pied d&#8217;\u00e9galit\u00e9. Il n&#8217;est pas possible, pour les uns comme pour les autres, de faire des concessions dans des domaines sensibles sans savoir ce qui se passe sur le plan offensif. On ne pourra pas poursuivre ce qui a \u00e9t\u00e9 fait dans le secteur agricole sans aller aussi loin dans l&#8217;industrie. C&#8217;est l&#8217;un des enseignements de cette conf\u00e9rence. C&#8217;est pour cette raison que, pour la premi\u00e8re fois depuis le d\u00e9but du cycle de Doha, on a n\u00e9goci\u00e9 des conditions commerciales dans l&#8217;industrie. C&#8217;est gr\u00e2ce \u00e0 cela que l&#8217;on peut aller de l&#8217;avant parall\u00e8lement dans les deux secteurs.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>La Vie \u00e9conomique:<\/b> Le G10, dont fait partie la Suisse, veut s&#8217;opposer \u00e0 la mise en place de plafonds tarifaires absolus dans le cadre de l&#8217;OMC. Combien de temps pourra-t-on tenir cette position d\u00e9fensive en mati\u00e8re de politique agricole?&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Joseph Deiss:<\/b> Je conteste le terme: nous n&#8217;avons pas une position d\u00e9fensive. Nos partenaires du G10 sont, comme nous, des importateurs nets de produits agricoles. Cela veut dire que nos march\u00e9s agricoles sont d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s ouverts \u00e0 l&#8217;heure actuelle; si ce n&#8217;\u00e9tait pas le cas, la Suisse ne serait pas le premier importateur mondial de produits agricoles par habitant. Nous avons donc un march\u00e9 ouvert, malgr\u00e9 les structures tarifaires, et une position aussi offensive que nous pouvons nous le permettre: notre offre va d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s loin, y compris sur le plan de la politique int\u00e9rieure, notamment dans le domaine des subventions aux exportations ou des mesures de soutien au march\u00e9 interne. <b>La Vie \u00e9conomique:<\/b> Malgr\u00e9 cela, Economiesuisse a critiqu\u00e9 la position d\u00e9fensive de la Suisse \u00e0 Hong Kong et r\u00e9clame une attitude plus offensive lors des prochaines n\u00e9gociations de l&#8217;OMC. Cette exigence est d&#8217;autant plus compr\u00e9hensible que l&#8217;industrie et les services repr\u00e9sentent 99% de notre valeur ajout\u00e9e.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Joseph Deiss:<\/b> J&#8217;ai rencontr\u00e9 les repr\u00e9sentants d&#8217;Economiesuisse en marge des n\u00e9gociations \u00e0 Hong Kong. Il n&#8217;y a pas de diff\u00e9rence de vue fondamentale entre eux et nous; ils le reconnaissent d&#8217;ailleurs. Je me dois, toutefois, d&#8217;avertir ceux qui, en Suisse, critiquent notre action. Quiconque a d\u00e9j\u00e0 particip\u00e9 \u00e0 une n\u00e9gociation sait bien que l&#8217;on ne change pas de position d\u00e8s le d\u00e9part et que l&#8217;on attend des autres qu&#8217;ils fassent de m\u00eame. Nous avons besoin d&#8217;une vue d&#8217;ensemble. Cela va \u00e9galement dans le sens des int\u00e9r\u00eats d&#8217;Economiesuisse, qui esp\u00e8re des am\u00e9liorations notables dans les secteurs de l&#8217;industrie et des services. <b>La Vie \u00e9conomique:<\/b> Est-il tout simplement possible de d\u00e9fendre \u00e9quitablement les int\u00e9r\u00eats de l&#8217;\u00e9conomie suisse tant que la priorit\u00e9 est accord\u00e9e \u00e0 la protection du secteur agricole, comme c&#8217;est le cas aujourd&#8217;hui?&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Joseph Deiss:<\/b> Nous ne luttons pas pour prot\u00e9ger le plus possible l&#8217;agriculture mais pour obtenir un r\u00e9sultat qui soit le plus \u00e9quilibr\u00e9 possible dans tous les secteurs. Par ailleurs, nous sommes pr\u00eats \u00e0 faire des concessions importantes dans le secteur agricole. Je rappelle que la politique agricole (PA) 2011, qui subit actuellement le feu des critiques dans le cadre de la proc\u00e9dure de consultation, comporte exactement ce qui figurait dans notre mandat de n\u00e9gociations. Nous ne pouvons pas, lorsque celles-ci ont lieu, faire des propositions que nous ne pourrions pas mettre en oeuvre sur le plan int\u00e9rieur. Les agriculteurs ne sont d&#8217;ailleurs pas les seuls \u00e0 nous dire qu&#8217;il existe certaines limites au lib\u00e9ralisme. <b>La Vie \u00e9conomique:<\/b> Notre pays peut-il mener une politique \u00e9conomique ext\u00e9rieure offensive, comme celle pr\u00e9conis\u00e9e par le Conseil f\u00e9d\u00e9ral, s&#8217;il doit en m\u00eame temps lutter pour continuer \u00e0 prot\u00e9ger son agriculture?&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Joseph Deiss:<\/b> Il n&#8217;y pas de contradiction entre la position de la Suisse dans les n\u00e9gociations de l&#8217;OMC et notre strat\u00e9gie en mati\u00e8re de politique \u00e9conomique ext\u00e9rieure. Celle-ci met clairement l&#8217;accent sur une ouverture des march\u00e9s mondiaux dans le cadre de l&#8217;OMC. Sur le plan europ\u00e9en, nous devons m\u00eame faire un pas suppl\u00e9mentaire. L&#8217;UE est notre premier partenaire \u00e9conomique et nous devons donc approfondir nos relations. \u00c0 un troisi\u00e8me niveau figurent nos principaux partenaires commerciaux en dehors de l&#8217;UE, avec lesquels nous essayons de conclure des accords pr\u00e9f\u00e9rentiels, si possible dans le cadre de l&#8217;AELE. <b>La Vie \u00e9conomique:<\/b> Quelles seraient selon vous les cons\u00e9quences d&#8217;une lib\u00e9ralisation de la politique agricole pour notre agriculture?&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Joseph Deiss:<\/b> La PA 2011 a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9e sur la base des lignes directrices du mandat de n\u00e9gociations de l&#8217;OMC. Elle comprend la suppression totale des subventions aux exportations agricoles ainsi que de tr\u00e8s importantes concessions sur les soutiens internes et les barri\u00e8res douani\u00e8res. Cela implique une acc\u00e9l\u00e9ration du rythme de restructuration de l&#8217;agriculture de l&#8217;ordre de 3% par an. Il y en a qui trouvent ce rythme trop rapide. \u00c0 mon avis, il s&#8217;agit plut\u00f4t du minimum conciliable avec notre participation \u00e0 l&#8217;OMC, o\u00f9 la lib\u00e9ralisation ira tr\u00e8s probablement plus loin que nous ne l&#8217;envisageons. Cela signifierait que nous devrions prendre encore davantage de mesures. Je suis pour ma part convaincu que notre agriculture a les moyens de devenir comp\u00e9titive dans de nombreux domaines, si elle b\u00e9n\u00e9ficie de nouvelles structures \u00e0 moyen et \u00e0 long terme, m\u00eame avec une politique lib\u00e9rale. Nous pourrons nous en rendre compte l&#8217;ann\u00e9e prochaine dans le domaine du fromage.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>La Vie \u00e9conomique:<\/b> Le dossier du d\u00e9veloppement a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9 \u00e0 Hong Kong. Comment jugez-vous les avanc\u00e9es en ce domaine, du point de vue suisse?&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Joseph Deiss:<\/b> Le plus important, sur ce point-l\u00e0, c&#8217;est d&#8217;avoir r\u00e9ussi \u00e0 mettre en place un r\u00e9gime de pr\u00e9f\u00e9rences tarifaires. Des progr\u00e8s ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 accomplis en ce qui concerne certains produits; je pense notamment au coton ou aux bananes. Autre point important, la Suisse a pu exprimer ses engagements vis-\u00e0-vis des pays les plus pauvres du monde. Jusqu&#8217;ici, notre position \u00e9tait mal comprise. L&#8217;accord sur les pr\u00e9f\u00e9rences tarifaires, que nous avons sauv\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 une solution de compromis, nous a permis de d\u00e9montrer de mani\u00e8re cr\u00e9dible \u00e0 ces pays pourquoi nous consid\u00e9rons que le cycle de Doha est \u00e9galement celui du d\u00e9veloppement. Il existe cependant un grand danger qu&#8217;une lib\u00e9ralisation g\u00e9n\u00e9rale dans le cadre de l&#8217;OMC se fasse au d\u00e9triment des pays en d\u00e9veloppement. Les pr\u00e9f\u00e9rences tarifaires dont ces derniers b\u00e9n\u00e9ficient aujourd&#8217;hui ne pourront gu\u00e8re \u00eatre \u00e9tendues. En revanche, une lib\u00e9ralisation des conditions qui r\u00e9gissent la concurrence profiterait en premier lieu aux pays en transition et \u00e9mergents; les plus pauvres pourraient se retrouver dans le camp des perdants. C&#8217;est pour cela que les plus fortes r\u00e9sistances aux pr\u00e9f\u00e9rences tarifaires provenaient des pays \u00e9mergents. <b>La Vie \u00e9conomique:<\/b> A Hong Kong, on a pu \u00e9viter un enterrement du cycle de Doha. Que pourra faire la Suisse en 2006 pour renverser d\u00e9finitivement la vapeur?&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Joseph Deiss:<\/b> Pour \u00eatre r\u00e9aliste, force est d&#8217;admettre que nous sommes encore loin du but. Il faudra consentir de gros efforts. La Suisse compte bien apporter sa pierre \u00e0 l&#8217;\u00e9difice. C&#8217;est pourquoi nous organisons, d\u00e8s le d\u00e9but de l&#8217;ann\u00e9e, une rencontre minist\u00e9rielle informelle \u00e0 Davos. J&#8217;esp\u00e8re qu&#8217;\u00e0 cette occasion nous pourrons d\u00e9finir le calendrier pour 2006. Nous nous \u00e9tions d\u00e9j\u00e0 livr\u00e9s au m\u00eame exercice en 2005. M\u00eame si ce calendrier n&#8217;a pas pu \u00eatre enti\u00e8rement respect\u00e9, il a \u00e9t\u00e9 fortement appr\u00e9ci\u00e9. C&#8217;est gr\u00e2ce \u00e0 lui que l&#8217;on s&#8217;est rendu compte du danger qui pesait sur Hong Kong et que l&#8217;on a pu lancer une op\u00e9ration de sauvetage au cours de l&#8217;automne dernier. Avant Canc\u00fan, on croyait encore que l&#8217;on trouverait des solutions pendant les n\u00e9gociations, mais il est pratiquement impossible de concilier en une semaine les int\u00e9r\u00eats de 150 pays. Si Hong Kong s&#8217;est termin\u00e9 sur un demi-succ\u00e8s, ce qui est mieux que rien, c&#8217;est en grande partie \u00e0 sa pr\u00e9paration que nous le devons. Nous aimerions faire la m\u00eame chose cette ann\u00e9e \u00e0 Davos. Ce sera un nouvel apport de la Suisse.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>La Vie \u00e9conomique:<\/b> Quelle est l&#8217;importance strat\u00e9gique de l&#8217;OMC pour la Suisse, sachant qu&#8217;aujourd&#8217;hui la tendance est plut\u00f4t \u00e0 privil\u00e9gier la carte des accords de libre-\u00e9change pour \u00e9chapper aux lourdeurs de cette organisation?&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>Joseph Deiss:<\/b> Pour la Suisse, l&#8217;OMC garde la priorit\u00e9. C&#8217;est cette carte que nous voulons jouer en premier car nous voyons notre avenir dans un commerce organis\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle plan\u00e9taire et b\u00e9n\u00e9ficiant de la plus grande libert\u00e9 possible. Les accords de libre-\u00e9change ne jouent quant \u00e0 eux qu&#8217;un r\u00f4le compl\u00e9mentaire. Ils permettent d&#8217;aller plus loin que l&#8217;OMC avec un petit nombre de partenaires et d&#8217;en retirer quelques avantages sur mesure. Cette d\u00e9marche ne va pas \u00e0 l&#8217;encontre de notre participation \u00e0 l&#8217;OMC mais la compl\u00e8te. Pour prendre un exemple r\u00e9cent: nous ne sommes pas en concurrence avec la Cor\u00e9e du Sud dans le secteur agricole, c&#8217;est pourquoi, dans certains domaines o\u00f9 nous partageons les m\u00eames int\u00e9r\u00eats, nous pouvons aller plus loin que l&#8217;OMC. Si, toutefois, l&#8217;OMC devait \u00e9chouer, nous devrions nous tourner vers des solutions de remplacement. Les accords de libre-\u00e9change auraient alors un plus grand r\u00f4le \u00e0 jouer. Je dois, n\u00e9anmoins, mettre en garde ceux qui seraient tent\u00e9s de privil\u00e9gier une telle formule, en particulier dans nos relations avec les pays \u00e9mergents et en d\u00e9veloppement: les accords de libre-\u00e9change se concluent essentiellement entre pays qui participent d\u00e9j\u00e0 au commerce mondial. Les pays en d\u00e9veloppement risqueraient alors de se retrouver encore davantage marginalis\u00e9s.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<b>La Vie \u00e9conomique:<\/b> Monsieur le conseiller f\u00e9d\u00e9ral, merci de nous avoir accord\u00e9 cet entretien.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La sixi\u00e8me conf\u00e9rence minist\u00e9rielle de l&#8217;OMC a eu lieu du 13 au 18 d\u00e9cembre 2005 \u00e0 Hong Kong, dans un contexte difficile. Dans un entretien avec La Vie \u00e9conomique, le conseiller f\u00e9d\u00e9ral Joseph Deiss, qui dirigeait la d\u00e9l\u00e9gation suisse, fait le point sur les avanc\u00e9es, les probl\u00e8mes encore pendants, le r\u00f4le jou\u00e9 par la Suisse [&hellip;]<\/p>","protected":false},"author":3394,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"ep_exclude_from_search":false,"footnotes":""},"post__type":[83],"post_opinion":[],"post_serie":[],"post_content_category":[105],"post_content_subject":[],"acf":{"seco_author":3394,"seco_co_author":null,"author_override":"","seco_author_post_ocupation_year":"","seco_author_post_occupation_de":"Chefredaktor Die Volkswirtschaft 2000 - 2013","seco_author_post_occupation_fr":"R\u00e9dacteur en chef de La Vie \u00e9conomique 2000 - 2013","seco_co_authors_post_ocupation":null,"short_title":"","post_lead":"","post_hero_image_description":"","post_hero_image_description_copyright_de":"","post_hero_image_description_copyright_fr":"","post_references_literature":"","post_kasten":null,"post_notes_for_print":"","first_teaser_header_de":"","first_teaser_header_fr":"","first_teaser_text_de":"","first_teaser_text_fr":"","second_teaser_header_de":"","second_teaser_header_fr":"","second_teaser_text_de":"","second_teaser_text_fr":"","kseason_de":"","kseason_fr":"","post_in_pdf":155502,"main_focus":null,"serie_email":null,"frontpage_slider_bild":"","artikel_bild-slider":null,"legacy_id":"9126","post_abstract":"","magazine_issue":null,"seco_author_reccomended_post":null,"redaktoren":null,"korrektor":null,"planned_publication_date":null,"original_files":null,"external_release_for_author":"19700101","external_release_for_author_time":"00:00:00","link_for_external_authors":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/exedit\/55dc2829a11dc"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/155499"}],"collection":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3394"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=155499"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/155499\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":190254,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/155499\/revisions\/190254"}],"acf:user":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3394"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=155499"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post__type","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post__type?post=155499"},{"taxonomy":"post_opinion","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_opinion?post=155499"},{"taxonomy":"post_serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_serie?post=155499"},{"taxonomy":"post_content_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_category?post=155499"},{"taxonomy":"post_content_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_subject?post=155499"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}