{"id":155534,"date":"2006-02-01T12:00:00","date_gmt":"2006-02-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2006\/02\/schedler-2\/"},"modified":"2023-08-24T01:24:33","modified_gmt":"2023-08-23T23:24:33","slug":"schedler-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2006\/02\/schedler-2\/","title":{"rendered":"La cyberadministration en Suisse: \u00e9tat et perspectives"},"content":{"rendered":"<p>En mati\u00e8re de cyberadministation, la Suisse se situe parmi les derniers pays d&#8217;Europe, selon le classement \u00abe-Europe\u00bb. En d&#8217;autres termes, elle n&#8217;offre que fort peu de services d&#8217;\u00c9tat en ligne. Cette pusillanimit\u00e9 contraste avec le v\u00e9ritable \u00abboom\u00bb qu&#8217;ils connaissent dans d&#8217;autres pays. Pourquoi la Suisse n&#8217;exploite-elle pas son potentiel? Quels sont les obstacles \u00e0 surmonter? Le pr\u00e9sent article le montre: il faut reconsid\u00e9rer notre vision de la cyberadministration si on souhaite lui rendre un nouveau souffle.<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/1139052581_11_Schedler_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"283\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLe terme de cyberadministration recouvre des concepts tr\u00e8s diff\u00e9rents et fait l&#8217;objet d&#8217;un nombre gu\u00e8re plus pr\u00e9cis de d\u00e9finitions. En simplifiant, on peut dire que la cyberadministration correspond \u00e0 la transmission \u00e9lectronique de prestations que l&#8217;administration publique fournit traditionnellement sur papier. La d\u00e9claration fiscale \u00e9lectronique n&#8217;en est qu&#8217;un exemple. Si, aujourd&#8217;hui, Internet et le courriel dominent, on pr\u00e9voit d\u00e9j\u00e0 que les mobiles et autres appareils de communication portables leur raviront la vedette \u00e0 l&#8217;avenir. Diverses communes suisses font d\u00e9j\u00e0 des essais de votation par t\u00e9l\u00e9phone mobile (SMS). Peut-\u00eatre faudra-t-il parler un jour de \u00abt\u00e9l\u00e9administration\u00bb, mais m\u00eame avec cela, l&#8217;impr\u00e9visible spirale du d\u00e9veloppement n&#8217;en aura pas fini de se d\u00e9rouler.&#13;<\/p>\n<h2>La Suisse ne cesse de reculer<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nIl semble que l&#8217;on assiste en ce moment \u00e0 une sorte de course internationale \u00e0 la cyberadministration. Les classifications internationales r\u00e9guli\u00e8rement publi\u00e9es sur la question y contribuent grandement. Les plus connues chez nous sont le classement \u00abe-Europe\u00bb effectu\u00e9 par Cap Gemini sur mandat de la Commission europ\u00e9enne,1 et l&#8217;indice de capacit\u00e9 \u00e0 la cyberadministration (\u00abE-Government Readiness\u00bb) de l&#8217;ONU, Nations Unies (2005). (voir tableau 1). La premi\u00e8re prend uniquement en compte les offres des administrations sur Internet et place la Suisse aux derniers rangs europ\u00e9ens (15e sur 18). Le second compare les efforts d\u00e9ploy\u00e9s en mati\u00e8re de services \u00e9lectroniques, l&#8217;ampleur de la \u00abconnectivit\u00e9\u00bb (densit\u00e9 des raccordements) ainsi que l&#8217;aptitude des individus \u00e0 utiliser ces offres. Cet indice situe la Suisse au 17e rang, son dynamisme \u00e9tant le plus n\u00e9gatif des pays les mieux class\u00e9s (il y a trois ans, elle \u00e9tait au 8e rang). La comparaison des offres effectives de prestations Internet place m\u00eame la Suisse en 31e position, directement devant la Slov\u00e9nie, la Tch\u00e9quie et l&#8217;Inde. M\u00eame en \u00abE-Participation\u00bb, o\u00f9 elle devrait pourtant briller, elle n&#8217;est que 22e.\u00a0On pourrait objecter que tout cela n&#8217;est pas tr\u00e8s pr\u00e9occupant, s&#8217;il ne venait pas s&#8217;y ajouter l&#8217;\u00e9tude du WEF (\u00abGovernment prioritization of ICT 2004\u00bb) qui rel\u00e8ve \u00e9galement des lacunes en la mati\u00e8re. Au regard du\u00a0crit\u00e8re: \u00abLes technologies de l&#8217;information et de la communication sont une priorit\u00e9 absolue pour le gouvernement\u00bb, nous nous classons 47e, directement apr\u00e8s la Jama\u00efque et devant la Lituanie, la Tanzanie et les Philippines. Dutta et Lopez-Claros (2005). Nous continuons, toutefois, d&#8217;affirmer que notre administration (paperassi\u00e8re) est une des plus efficaces du monde. Le rapport 2004 du WEF sur la comp\u00e9titivit\u00e9 mondiale (r\u00e9dig\u00e9 \u00e0 partir d&#8217;enqu\u00eates aupr\u00e8s des entreprises) indique, pourtant, que l&#8217;inefficacit\u00e9 de la bureaucratie est le facteur qui g\u00e8ne le plus le d\u00e9veloppement des affaires en Suisse.&#13;<\/p>\n<h2>Des progr\u00e8s dans un avenir proche<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa cyberadministration pourrait grandement simplifier le fardeau des entreprises. Les solutions types propos\u00e9es par l&#8217;association \u00abeCH\u00bb, charg\u00e9e de promouvoir une standardisation de la cyberadministration en Suisse (voir encadr\u00e9 1), montrent que cela peut parfaitement se faire en usant d&#8217;interfaces standardis\u00e9s et en g\u00e9rant num\u00e9riquement les documents. Une telle fa\u00e7on de proc\u00e9der permet aussi de r\u00e9duire consid\u00e9rablement les dur\u00e9es de pr\u00e9paration et de traitement des dossiers. Hristova et Schedler (2005). Selon les derni\u00e8res \u00e9tudes, les principales contraintes administratives r\u00e9sident dans la fiscalit\u00e9 et les questions relatives au personnel (surtout les autorisations et les d\u00e9comptes). Divers cantons ont r\u00e9orient\u00e9 leurs efforts afin que les entreprises puissent compter sur une augmentation de l&#8217;offre num\u00e9rique dans un proche avenir.\u00a0Le barom\u00e8tre de tendance bernois (voir encadr\u00e9 2) montre qu&#8217;en Suisse les personnes priv\u00e9es sont satisfaites de leurs contacts avec les autorit\u00e9s. Br\u00fccher, Binswanger et al. (2005). Elles n&#8217;utilisent, toutefois, que fort peu l&#8217;offre en ligne: pas plus de 14% d&#8217;entre elles traitent avec les autorit\u00e9s par Internet, et 54% d\u00e9clarent le faire par t\u00e9l\u00e9phone. Les principaux obstacles mentionn\u00e9s sont: les heures d&#8217;ouverture des services (33%), la longueur des temps d&#8217;attente (27%), le nombre excessif d&#8217;interlocuteurs (21%), bref, autant de points qui pourraient s&#8217;am\u00e9liorer en recourant syst\u00e9matiquement aux solutions cyberadministratives. \u00c9tant donn\u00e9 que 38% des personnes interrog\u00e9es se d\u00e9clarent vouloir communiquer par Internet avec l&#8217;administration, on peut au moins compter sur un avenir synonyme de progr\u00e8s.&#13;<\/p>\n<h3>Les enseignements du barom\u00e8tre de la cyberadministration<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nEn attendant, la cyberadministration ne se met en place que tr\u00e8s lentement en Suisse, comme le montre le barom\u00e8tre de l&#8217;universit\u00e9 de Saint-Gall (voir encadr\u00e9 3); il n&#8217;y a pas de v\u00e9ritable \u00abboom\u00bb en ce domaine, comme ailleurs en Europe. Les enseignements fournis par le barom\u00e8tre peuvent \u00eatre regroup\u00e9s en cinq points importants. Schedler et Summermatter (2005).&#13;<\/p>\n<h2>Les conditions d&#8217;un d\u00e9veloppement rapide existent<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nAux trois niveaux \u00e9tatiques (tout particuli\u00e8rement parmi les cantons), les sond\u00e9s estiment que les collaborateurs sont pr\u00eats et motiv\u00e9s pour la cyberadministration. Toutefois, ce sont surtout les grandes administrations qui investissent dans la formation n\u00e9cessaire. Par ailleurs, la dotation en ressources pour les technologies de l&#8217;information (TI) ainsi que l&#8217;acc\u00e8s \u00e0 Internet sont consid\u00e9r\u00e9s presque partout comme allant de soi; on n&#8217;h\u00e9site pas \u00e0 engager des sp\u00e9cialistes TI externes en cas de besoin. La cyberadministration est surtout consid\u00e9r\u00e9e comme un projet technique, ce que souligne le fait que l&#8217;on engage de moins en moins de consultations g\u00e9n\u00e9rales \u00e0 son sujet. Notons encore que l&#8217;on semble sous-estimer les facteurs culturels susceptibles de la freiner.&#13;<\/p>\n<h3>L&#8217;importance pratique de la cyberadministration est encore sous-estim\u00e9e<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nBien que d&#8217;un int\u00e9r\u00eat croissant pour les responsables d&#8217;administrations comme pour les milieux politiques aux trois niveaux de l&#8217;\u00c9tat, la cyberadministration ne demeure pas moins un de ses parents pauvres. Ainsi dans les communes, pas plus d&#8217;un cinqui\u00e8me des sond\u00e9s cr\u00e9dite les milieux politiques d&#8217;une influence positive sur la question. Les communes, tout comme les offices f\u00e9d\u00e9raux, consid\u00e8rent que le r\u00f4le de la cyberadministration est d&#8217;am\u00e9liorer leur image de marque: ce sont d&#8217;ailleurs les m\u00eames qui d\u00e9clarent n&#8217;avoir aucun probl\u00e8me d&#8217;image. Bien que la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;\u00e9conomiser soit de plus en plus un fait acquis, la majorit\u00e9 des sond\u00e9s pensent que la cyberadministration entra\u00eenera des d\u00e9penses suppl\u00e9mentaires. \u00c0 peu d&#8217;exceptions pr\u00e8s &#8211; comme pour la fiscalit\u00e9 et le contr\u00f4le des habitants dans les communes &#8211; elle ne semble pas avoir encore d\u00e9montr\u00e9 son utilit\u00e9 pratique.&#13;<\/p>\n<h3>La faiblesse des ressources financi\u00e8res cr\u00e9e des n\u00e9cessit\u00e9s qui pourraient favoriser la cyberadministration<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nUn plus grand nombre de personnes qu&#8217;en 2002 d\u00e9clarent aujourd&#8217;hui, aux trois niveaux de l&#8217;\u00c9tat, que leurs projets ont d\u00fb \u00eatre abandonn\u00e9s ou r\u00e9duits faute d&#8217;argent. Ce n&#8217;est pas nouveau dans l&#8217;administration publique o\u00f9 les investissements sont souvent les premiers \u00e0 faire les frais des restrictions budg\u00e9taires, car, politiquement, c&#8217;est l\u00e0 o\u00f9 la marge de manoeuvre est la plus importante. Or, pr\u00e9cis\u00e9ment, on devrait plut\u00f4t attendre des pouvoirs publics qu&#8217;ils \u00e9puisent le potentiel de rationalisation de la cyberadministration. Il faut, toutefois, pour que les \u00e9conomies soient r\u00e9elles, red\u00e9finir les processus et sauvegarder les co\u00fbts ainsi \u00e9pargn\u00e9s (emplois entre autres). Ainsi seulement, la cyberadministration pourra d\u00e9montrer ses possibilit\u00e9s en ce domaine.\u00a0Il faut \u00e9galement \u00eatre attentif au fait que 50% des communes disposent d&#8217;un budget TI inf\u00e9rieur \u00e0 22000 francs par an, alors qu&#8217;il d\u00e9passe annuellement 8,4 millions pour 50% des cantons. \u00c0 ce niveau, les solutions en r\u00e9seaux, essentiellement financ\u00e9es par les cantons, devraient pr\u00e9valoir. Les petites communes campagnardes, notamment, n&#8217;auront jamais les moyens de s&#8217;\u00e9quiper avec des sites qui r\u00e9pondent \u00e0 leurs besoins si elles doivent se lancer seules dans l&#8217;aventure. Il faut aussi renoncer \u00e0 cette habitude qui consiste \u00e0 r\u00e9inventer chaque jour la roue. \u00c0 cet \u00e9gard, des initiatives comme eVanti ou eCH (la premi\u00e8re visant \u00e0 promouvoir la collaboration en Suisse, la seconde \u00e0 d\u00e9velopper des normes communes), sont tr\u00e8s importantes, m\u00eame si, pour l&#8217;instant, elles sont jug\u00e9es plut\u00f4t neutres dans leurs effets.&#13;<\/p>\n<h3>Le recours aux possibilit\u00e9s techniques progresse encore lentement, mais \u00e0 vaste \u00e9chelle<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nBien que la teneur g\u00e9n\u00e9rale de notre conclusion ait \u00e9t\u00e9 plut\u00f4t critique jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, on note tout de m\u00eame un d\u00e9veloppement sensible, encore que lent, de la cyberadministration. Internet est une source d&#8217;informations toujours plus utilis\u00e9e par les trois niveaux de l&#8217;\u00c9tat, ce qui ne peut que faire davantage prendre conscience de l&#8217;importance de disposer d&#8217;un bon site. Au sein m\u00eame de l&#8217;administration ainsi qu&#8217;entre administrations et \u00e0 l&#8217;\u00e9gard des tiers, la voie \u00e9crite laissera progressivement place aux canaux \u00abvirtuels\u00bb de communication. Les achats effectu\u00e9s par Internet ont augment\u00e9 par rapport \u00e0 2002. Pour les collectivit\u00e9s, l&#8217;am\u00e9lioration des prestations et de la qualit\u00e9 est \u00e0 la base du d\u00e9veloppement cyberadministratif. Cela signifie donc que l&#8217;on peut s&#8217;attendre \u00e0 des progr\u00e8s r\u00e9guliers en ce domaine.&#13;<\/p>\n<h3>Le vide juridique est de plus en plus ressenti comme un obstacle<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nAux trois \u00e9chelons de l&#8217;\u00c9tat, le nombre de sond\u00e9s qui d\u00e9clarent aujourd&#8217;hui que l&#8217;absence de bases l\u00e9gales devient un probl\u00e8me pour l&#8217;essor ult\u00e9rieur de la cyberadministration dans leur secteur, est en nette augmentation. En outre, quelque 20% des communes d\u00e9plorent l&#8217;absence de normes dans les \u00e9changes de donn\u00e9s avec des tiers, ce qui constitue un autre obstacle \u00e0 la cyberadministration. \u00c0 cet \u00e9gard, la Conf\u00e9d\u00e9ration aurait un r\u00f4le cl\u00e9 \u00e0 jouer en \u00e9tablissant une base f\u00e9d\u00e9rale unique permettant au processus de progresser. L&#8217;exemple de notre voisin autrichien montre bien qu&#8217;avec une proc\u00e9dure claire d\u00e9finie \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle nationale, on peut grandement favoriser le d\u00e9veloppement national de la cyberadministration.&#13;<\/p>\n<h2>Des d\u00e9fis pour la politique et l&#8217;administration<\/h2>\n<p>&#13;<\/p>\n<h3>Une neutralit\u00e9 bienveillante<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLes r\u00e9sultats des enqu\u00eates effectu\u00e9es ces trois derni\u00e8res ann\u00e9es montrent clairement que la cyberadministration, si s\u00e9duisante soit-elle pour les initi\u00e9s, est un ph\u00e9nom\u00e8ne qui n&#8217;a pas encore \u00e9t\u00e9 pleinement appr\u00e9hend\u00e9e par la majorit\u00e9 des administrations. Le fait que la Suisse tra\u00eene loin derri\u00e8re les autres nations, ne semble pas perturber outre mesure nos politiciens et responsables administratifs. Il en irait diff\u00e9remment si la cyberadministration disposait d&#8217;une plus grande valeur \u00e9conomique ou politique. En attendant, le monde politique observe \u00e0 son \u00e9gard une neutralit\u00e9 bienveillante et il est fort probable qu&#8217;il en sera encore ainsi dans un proche avenir tant que les possibilit\u00e9s qu&#8217;offre la cyberadministration en termes de rationalisation ne sera pas r\u00e9ellement valoris\u00e9.&#13;<\/p>\n<h3>Bien plus qu&#8217;un projet de r\u00e9vision des modalit\u00e9s administratives<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nIl semble que la cyberadministration constitue encore et toujours, pour de nombreux responsables politiques et administratifs, un projet de r\u00e9vision des modalit\u00e9s administratives, avec un point de d\u00e9part et une \u00e9ch\u00e9ance bien pr\u00e9cis, dont l&#8217;ex\u00e9cution d\u00e9pend des sp\u00e9cialistes TI. Il s&#8217;agit l\u00e0 d&#8217;une grosse erreur d&#8217;appr\u00e9ciation car l&#8217;informatisation de l&#8217;administration publique repr\u00e9sente un processus \u00e0 large \u00e9chelle d&#8217;une dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e. Dans un syst\u00e8me politico-administratif, nous sommes tous concern\u00e9s sans exception. Celui qui se d\u00e9robe, laisse le champ libre aux techniciens; lesquels, tant bien que mal, adopteront une approche purement technologique.&#13;<\/p>\n<h3>Privil\u00e9gier les besoins et les possibilit\u00e9s offertes par la client\u00e8le<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nIl est donc grand temps de repenser et remodeler la collaboration entre l&#8217;\u00c9tat et la soci\u00e9t\u00e9 ou, \u00e0 plus petite \u00e9chelle, entre l&#8217;administration et sa client\u00e8le. Il serait faux de vouloir, par principe, informatiser tout ce qui existe. Avant m\u00eame d&#8217;examiner les aspects techniques de la question, il convient donc de d\u00e9finir les besoins l\u00e9gitimes de l&#8217;administration en mati\u00e8re informatique. Au del\u00e0 de cette analyse, les processus suppl\u00e9mentaires doivent commencer chez le client et s&#8217;achever chez lui. L&#8217;effort d&#8217;optimisation ne peut pas s&#8217;arr\u00eater aux fronti\u00e8res de l&#8217;administration publique. Celle-ci doit int\u00e9grer les syst\u00e8mes et possibilit\u00e9s offerts par les clients dans l&#8217;am\u00e9nagement de ses processus num\u00e9riques. Elle doit apprendre \u00e0 voir plus loin que son jardin et agir en fonction de sa client\u00e8le.&#13;<\/p>\n<h3>Une t\u00e2che interne prioritaire de l&#8217;administration<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\n\u00c0 en croire les r\u00e9sultats d&#8217;une enqu\u00eate interne effectu\u00e9e par un canton de Suisse orientale, l&#8217;\u00e9conomie participera au mouvement lorsqu&#8217;elle aura l&#8217;impression que l&#8217;administration publique montre l&#8217;exemple. Encore trop de services officiels cantonaux continuent d&#8217;exiger des entreprises qu&#8217;elles leur livrent la m\u00eame information sous des formes diff\u00e9rentes, au lieu de se coordonner entre eux. Par exemple, chaque soci\u00e9t\u00e9 doit r\u00e9p\u00e9ter sur sa d\u00e9claration fiscale les donn\u00e9es d\u00e9j\u00e0 fournies au registre du commerce; il en est de m\u00eame pour les informations d\u00e9j\u00e0 en possession des assurances sociales. L&#8217;automatisation et la simplification des rapports du public avec les autorit\u00e9s passent donc par un effort de coordination au sein de l&#8217;administration, une t\u00e2che qui semble insoluble si l&#8217;on songe au combat que doivent livrer les responsables de la cyberadministration contre leurs propres instances! Souhaitons-leur d&#8217;en sortir victorieux dans un avenir pr\u00e9visible!&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<a class=\"inline-footnote__anchor\">Encadr\u00e9 1: L&#8217;association eCH<\/a> eCH a pour but de faciliter la collaboration cyberadministrative entre les autorit\u00e9s et avec des tiers, en adoptant et coordonnant les standards appropri\u00e9s. Ceux-ci ont le caract\u00e8re de recommandations. eCH est un groupe de travail organis\u00e9 sur une base th\u00e9matique. En plus de ces standards, il publie \u00e9galement des solutions types et des recommandations. eCH a publi\u00e9 jusqu&#8217;ici 7 standards, 10 solutions types et 5 \u00abdocuments auxiliaires\u00bb.Internet: <a href=\"http:\/\/www.ech.ch\">www.ech.ch<\/a> .&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<a class=\"inline-footnote__anchor\">Encadr\u00e9 2: L&#8217;indice des tendances en mati\u00e9re de cyberadministration<\/a> Depuis 2004, la Haute \u00e9cole sp\u00e9cialis\u00e9e bernoise et la soci\u00e9t\u00e9 Unisys publient chaque ann\u00e9e un barom\u00e8tre des tendances en mati\u00e8re de cyberadministration (\u00abE-Government Trendbarometer\u00bb), qui observe son d\u00e9veloppement par rapport \u00e0 la client\u00e8le. Dirig\u00e9e par le Pr Heide Br\u00fccher, l&#8217;\u00e9tude se fonde sur les r\u00e9ponses t\u00e9l\u00e9phoniques d&#8217;un \u00e9chantillon repr\u00e9sentatif de 1000 personnes dans toute la Suisse. Elle est accessible sur le site de Unisys Suisse ( <a href=\"http:\/\/www.unisys.ch\">www.unisys.ch<\/a> ).&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<a class=\"inline-footnote__anchor\">Encadr\u00e9 3: Le barom\u00e8tre de la cyberadministration<\/a> Depuis 2002, l&#8217;universit\u00e9 de Saint-Gall \u00e9tablit chaque ann\u00e9e un \u00abbarom\u00e8tre qui retrace l&#8217;\u00e9volution de la cyberadministration par rapport au fournisseur de prestations. Sous la direction du Pr Kuno Schedler, cette enqu\u00eate (qui, d\u00e8s 2006, prendra un rythme bisannuel) interroge par \u00e9crit l&#8217;ensemble des communes ainsi que les services cantonaux et f\u00e9d\u00e9raux de la Suisse. Le taux de r\u00e9ponse atteint un bon 25%. L&#8217;\u00e9tude peut \u00eatre consult\u00e9e sur le site web de l&#8217;Institut IDT-HSG (www.electronic-government.ch).&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<a class=\"inline-footnote__anchor\">Encadr\u00e9 4: Bibliographie<\/a> &#8211; Br\u00fccher Heide, Binswanger Stefanie et al, 2. E-Government Trendbarometer. Nutzen und Trends aus B\u00fcrgersicht, Berne, Haute \u00e9cole sp\u00e9cialis\u00e9e bernoise &amp; Unisys, 2005.- Cap Gemini Ernst &amp; Young, Online Availability of Public Services: How Does Europe Progress? Report of the Fifth Measurement October 2004, Bruxelles, Commission europ\u00e9enne DG Soci\u00e9t\u00e9 de l&#8217;Information, 2005.- Dutta Soumitra et Lopez-Claros Augusto \u00e9d., The Global Information Technology Report. Efficiency in an Increasingly Connected World, Houndmills, Palgrave Macmillan, 2005.- Hristova Ralitsa et Schedler Kuno, Digitales Aktenmanagement: Konzeptionelle Grundlagen, Entwicklungsstand auf kantonaler Verwaltungsebene in der Schweiz und internationale Initiativen. Saint-Gall, IDT-HSG, 2005.- Nations Unies, UN Global E-government Readiness Report 2005. New York, 2005.- Schedler Kuno et Summermatter Lukas, Electronic Government Barometer. Bericht zum Stand von E-Government in der Schweiz 2004, Saint-Gall, IDT-HSG, 2005.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En mati\u00e8re de cyberadministation, la Suisse se situe parmi les derniers pays d&#8217;Europe, selon le classement \u00abe-Europe\u00bb. En d&#8217;autres termes, elle n&#8217;offre que fort peu de services d&#8217;\u00c9tat en ligne. Cette pusillanimit\u00e9 contraste avec le v\u00e9ritable \u00abboom\u00bb qu&#8217;ils connaissent dans d&#8217;autres pays. 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