{"id":155694,"date":"2005-11-01T12:00:00","date_gmt":"2005-11-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2005\/11\/salame-6\/"},"modified":"2023-08-24T01:26:14","modified_gmt":"2023-08-23T23:26:14","slug":"salame-6","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2005\/11\/salame-6\/","title":{"rendered":"L&#8217;harmonisation des l\u00e9gislations suisse et europ\u00e9enne sur les produits chimiques"},"content":{"rendered":"<p>Lanc\u00e9e par le Conseil f\u00e9d\u00e9ral apr\u00e8s le rejet du trait\u00e9 sur l&#8217;Espace Economique Europ\u00e9en (EEE) le 6 d\u00e9cembre 1992, la r\u00e9vision de la l\u00e9gislation sur les produits chimiques avait pour but de la rendre eurocompatible afin de relancer les exportations. Apr\u00e8s une dizaine d&#8217;ann\u00e9es de travaux, la loi et son train d&#8217;ordonnances sont entr\u00e9s en vigueur les 1er janvier et 1er ao\u00fbt 2005. Entre-temps, la Communaut\u00e9 Europ\u00e9enne (CE) a lanc\u00e9 le projet Reach, qui doit compl\u00e8tement refondre sa l\u00e9gislation sur les produits chimiques \u00e0 l&#8217;horizon 2006-2007. Si la Suisse harmonise int\u00e9gralement sa propre l\u00e9gislation avec celle de la CE, elle \u00e9liminera les obstacles que pourraient rencontrer ses exportations vers le march\u00e9 europ\u00e9en, mais paiera un co\u00fbt d&#8217;adaptation significatif. Une harmonisation partielle r\u00e9duirait ces m\u00eames co\u00fbts tout en limitant les entraves techniques au commerce. Ce dernier sc\u00e9nario d\u00e9pend, cependant, largement de la bonne volont\u00e9 de l&#8217;UE.<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/1132062093_19D_Salame_01.eps.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"267\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nDans le cadre de son programme de revitalisation de l&#8217;\u00e9conomie \u00e9tabli apr\u00e8s le rejet de l&#8217;accord sur l&#8217;EEE, le Conseil f\u00e9d\u00e9ral a d\u00e9cid\u00e9 de r\u00e9viser sa loi sur les produits chimiques &#8211; loi sur les toxiques (LTox) &#8211; datant de 1972. Les objectifs principaux de cette r\u00e9vision \u00e9taient notamment:\u00a0&#8211; de s&#8217;adapter aux nouvelles connaissances scientifiques et aux normes en vigueur sur le plan international;\u00a0&#8211; d&#8217;atteindre un degr\u00e9 d&#8217;harmonisation \u00e9lev\u00e9 avec le droit communautaire afin d&#8217;\u00e9viter les obstacles techniques au commerce;\u00a0&#8211; d&#8217;assouplir la l\u00e9gislation afin de pouvoir rapidement l&#8217;adapter \u00e0 l&#8217;\u00e9volution internationale. Message du Conseil f\u00e9d\u00e9ral concernant la loi f\u00e9d\u00e9rale sur la protection contre les substances et pr\u00e9parations dangereuses, du 24 novembre 1999, p.652.&#13;<br \/>\n2 Les pr\u00e9parations sont des compositions, m\u00e9langes et solutions constitu\u00e9es de deux ou plusieurs substances (art. 4 LChim).&#13;<\/p>\n<h2>La nouvelle l\u00e9gislation f\u00e9d\u00e9rale sur les produits chimiques<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa loi f\u00e9d\u00e9rale sur la protection contre les substances et les pr\u00e9parations dangereuses (loi sur les produits chimiques, LChim) a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e par l&#8217;Assembl\u00e9e f\u00e9d\u00e9rale le 15 d\u00e9cembre 2000. Avec les lois qui concernent la protection de l&#8217;environnement (LPE) et celle des travailleurs comme la loi sur le travail (LTr) et l&#8217;assurance-accident (LAA), elle constitue le cadre l\u00e9gal n\u00e9cessaire \u00e0 la protection de la sant\u00e9 et de l&#8217;environnement lors de l&#8217;utilisation ou de la mise sur le march\u00e9 de produits chimiques. La LChim est accompagn\u00e9e d&#8217;un train de neuf ordonnances, appel\u00e9 Parchem, pr\u00e9cisant son application (voir encadr\u00e9 1). Elle est entr\u00e9e en vigueur le 1er janvier 2005 et son train d&#8217;ordonnances le 1er ao\u00fbt 2005.\u00a0La loi sur les produits chimiques r\u00e9git l&#8217;ensemble des activit\u00e9s li\u00e9es \u00e0 l&#8217;utilisation et \u00e0 la mise sur le march\u00e9 des substances chimiques, pr\u00e9parations Les pr\u00e9parations sont des compositions, m\u00e9langes et solutions constitu\u00e9es de deux ou plusieurs substances (art. 4 LChim). et objets contenant des \u00e9l\u00e9ments dangereux.&#13;<\/p>\n<h3>La mise sur le march\u00e9 de substances existantes et nouvelles<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLa loi reprend la distinction faite par la CE entre substances existantes et nouvelles.3 En ce qui concerne celles qui existent d\u00e9j\u00e0 ainsi que les pr\u00e9parations, le fabricant ou importateur peut, sous sa propre responsabilit\u00e9, les mettre sur le march\u00e9. La LChim introduit ainsi le principe du contr\u00f4le autonome, qui d\u00e9l\u00e8gue d&#8217;importantes t\u00e2ches relevant des autorit\u00e9s aux fabricants de substances et pr\u00e9parations chimiques. Ceux-ci sont tenus de les \u00e9valuer, classifier, emballer et \u00e9tiqueter; ils doivent \u00e9galement veiller \u00e0 ce qu&#8217;elles ne mettent pas la vie et la sant\u00e9 en danger lors de leur introduction aupr\u00e8s du public.\u00a0La mise sur le march\u00e9 de nouvelles substances est, par contre, soumise \u00e0 notification. La proc\u00e9dure est calqu\u00e9e sur l&#8217;actuel mod\u00e8le europ\u00e9en en la mati\u00e8re. Le notifiant doit remettre un dossier technique, qui inclut des tests permettant d&#8217;\u00e9valuer la dangerosit\u00e9 de la substance, une proposition de classification et d&#8217;\u00e9tiquetage, une fiche de donn\u00e9es de s\u00e9curit\u00e9 en cas de danger et \u00e9ventuellement une \u00e9valuation des risques li\u00e9s \u00e0 son utilisation. Art. 18 OChim. Le dossier est examin\u00e9 par l&#8217;Organe d&#8217;\u00e9valuation des notifications qui peut demander dans certains cas des compl\u00e9ments ou rectificatifs. Il est ensuite transmis \u00e0 l&#8217;Organe de r\u00e9ception des notifications pour acceptation. En cas de r\u00e9ponse affirmative, la nouvelle substance peut \u00eatre introduite sur le march\u00e9.&#13;<\/p>\n<h3>Classification et \u00e9tiquetage<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLa classification et l&#8217;\u00e9tiquetage des substances et pr\u00e9parations reprennent la codification de la Communaut\u00e9 (symboles, indication de dangers et cat\u00e9gories de risques). Ce syst\u00e8me remplace le syst\u00e8me des trois bandes color\u00e9es et des cinq classes de toxicit\u00e9 utilis\u00e9es jusqu&#8217;ici. Le nouvel \u00e9tiquetage harmonis\u00e9 devrait am\u00e9liorer l&#8217;information et la protection du consommateur. Message du Conseil f\u00e9d\u00e9ral du 24 novembre 1999, p.660.&#13;<\/p>\n<h3>L&#8217;utilisation des produits chimiques<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLa LChim simplifie et lib\u00e9ralise les dispositions qui r\u00e9gissent l&#8217;utilisation des produits chimiques. Alors qu&#8217;avec la LTox, l&#8217;utilisation de produits chimiques d\u00e9pendait d&#8217;une autorisation, la LChim se base sur les qualifications techniques et la transmission d&#8217;information. Toute personne pourra ainsi vendre, sous sa propre responsabilit\u00e9 et en observant les prescriptions en mati\u00e8re de vente, des substances et pr\u00e9parations chimiques sans que l&#8217;acqu\u00e9reur ait besoin d&#8217;une autorisation officielle. La vente de substances consid\u00e9r\u00e9es comme particuli\u00e8rement dangereuses ne pourra, par contre, s&#8217;effectuer que par des personnes qualifi\u00e9es, la le libre-service \u00e9tant exclu. Les substances canc\u00e9rig\u00e8nes, mutag\u00e8nes, toxiques \u00e0 la reproduction (substances dites CMR). Voir art. 79 OChim et Annexe 1.10 ORRChim. Celles-ci sont tenues d&#8217;informer l&#8217;acqu\u00e9reur des risques potentiels li\u00e9s \u00e0 leur utilisation.\u00a0Ces mesures de lib\u00e9ralisation ne devraient pas entra\u00eener une diminution de la protection du consommateur, \u00e9tant donn\u00e9 que les sanctions pr\u00e9vues par la LChim ainsi que la r\u00e9glementation de la loi f\u00e9d\u00e9rale de 1993 sur la responsabilit\u00e9 du fait des produits (LRFP) exercent une pression sur les fabricants pour qu&#8217;ils respectent les obligations relatives au contr\u00f4le autonome. De plus, le nouveau syst\u00e8me d&#8217;\u00e9tiquetage qui contient des indications sur la nature des risques et des recommandations d&#8217;utilisation devrait \u00e9galement mieux renseigner l&#8217;acheteur.&#13;<\/p>\n<h2>Le projet de nouvelle l\u00e9gislation europ\u00e9enne Reach et le syst\u00e8me suisse<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLa CE pr\u00e9pare une nouvelle l\u00e9gislation sur les produits chimiques sous la forme d&#8217;un projet d&#8217;envergure intitul\u00e9e \u00abRegistration, Evaluation, Authorisation and Restrictions of Chemicals\u00bb (Reach), lanc\u00e9 en 2001 sous la forme d&#8217;un livre blanc. Voir les rapports de la CE Reach in brief du 15 septembre 2004 et The Reach proposal. Process description de juin 2004. Adopt\u00e9 par la Commission le 29 octobre 2003, ce projet de nouvelle l\u00e9gislation regroupe une quarantaine de directives et r\u00e8glements sur les produits chimiques et les fusionne en un seul texte l\u00e9gislatif. Il est actuellement en cours de consultation par le Parlement europ\u00e9en et le Conseil des ministres. Les propositions de modifications sont encore nombreuses des deux c\u00f4t\u00e9s Pour plus d&#8217;information sur les propositions de modification, voir le portail politique de l&#8217;UE \u00e0 l&#8217;adresse: <a href=\"http:\/\/www.euractiv.com\">www.euractiv.com<\/a> , rubriques \u00abEnvironnement\u00bb, \u00abReach: vote tr\u00e8s controvers\u00e9 au Parlement, 13 octobre 2005\u00bb. ainsi que de la part des lobbies \u00e9conomiques Par exemple la F\u00e9d\u00e9ration europ\u00e9enne de l&#8217;industrie chimique (CEFIC) dont la Soci\u00e9t\u00e9 suisse de l&#8217;industrie chimique (SSIC) est membre. Pour plus d&#8217;informations sur les propositions de la CEFIC, voir le site Internet de l&#8217;organisation \u00e0 l&#8217;adresse: www.cefic.be, rubrique \u00abEU Chemical Policy Review (Reach)\u00bb. . Malgr\u00e9 les modifications potentielles, les grandes lignes du projet ne seront pas remises en cause. Nous nous attacherons donc \u00e0 comparer la version propos\u00e9e en octobre 2003 avec la l\u00e9gislation suisse et \u00e0 identifier les cons\u00e9quences \u00e9conomiques d&#8217;une potentielle harmonisation.&#13;<\/p>\n<h2>L&#8217;enregistrement des produits chimiques<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe projet Reach exige que le fabricant\/importateur de substances chimiques &#8211; qu&#8217;elles soient existantes ou nouvelles &#8211; dont le volume d\u00e9passe une tonne par ann\u00e9e, remette un dossier d&#8217;enregistrement \u00e0 l&#8217;Agence europ\u00e9enne pour les produits chimiques. Comparable au syst\u00e8me suisse de notification, le dossier d&#8217;enregistrement devra contenir des informations sur les propri\u00e9t\u00e9s, l&#8217;utilisation et la classification des substances ainsi qu&#8217;un guide d&#8217;utilisation. Un rapport de s\u00e9curit\u00e9 est exig\u00e9 lorsque la production \u00e9gale ou d\u00e9passe les 10 tonnes, ce qui n\u00e9cessite une s\u00e9rie de tests compl\u00e9mentaires et de sc\u00e9narios d&#8217;exposition. Le d\u00e9lai d&#8217;enregistrement des substances existantes varie entre 3 et 11 ans selon le volume de production pr\u00e9vu.\u00a0Le projet Reach pr\u00e9voit la cr\u00e9ation de forums et consortiums pour \u00e9viter de dupliquer les tests sur animaux et permettre \u00e0 ceux qui d\u00e9sirent enregistrer la m\u00eame substance de s&#8217;\u00e9changer les tests existants. Les co\u00fbts des tests n\u00e9cessaires \u00e0 l&#8217;enregistrement des substances pourraient diminuer proportionnellement au nombre de participants au forum.&#13;<\/p>\n<h4>Comparaison et cons\u00e9quences pour la Suisse<\/h4>\n<p>&#13;<br \/>\nLe projet Reach exige l&#8217;enregistrement de toutes les substances alors que la LChim ne l&#8217;exige que pour les nouvelles, celles existantes \u00e9tant uniquement soumises au contr\u00f4le autonome. Sur le territoire de l&#8217;UE, les substances existantes produites \u00e0 raison de plus d&#8217;une tonne par ann\u00e9e sont estim\u00e9es \u00e0 environ 30&nbsp;000. Leur enregistrement repr\u00e9sente la partie la plus importante de l&#8217;ensemble des co\u00fbts g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par le projet pour l&#8217;industrie chimique. La CE les a estim\u00e9 entre 12400 euros pour les volumes de production les plus bas et 250&nbsp;000 euros pour les plus hauts (voir tableau 2).\u00a0Le co\u00fbt de l&#8217;enregistrement des substances existantes n&#8217;a pas encore \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli au niveau suisse. Nous pouvons, toutefois, supposer qu&#8217;il devrait \u00eatre comparable \u00e0 celui estim\u00e9 par la Commission. De plus, les industries helv\u00e9tiques seront confront\u00e9es \u00e0 court terme aux co\u00fbts du double enregistrement (en Suisse et dans la CE) tant qu&#8217;il n&#8217;existera pas de reconnaissance mutuelle des proc\u00e9dures d&#8217;enregistrement entre notre pays et la CE. Les discussions qui ont actuellement lieu au Parlement europ\u00e9en et au Conseil des ministres vont dans le sens d&#8217;une diminution des exigences en mati\u00e8re de donn\u00e9es \u00e0 soumettre et tests \u00e0 effectuer pour l&#8217;enregistrement des substances, ce qui devrait faire baisser les co\u00fbts d&#8217;enregistrement. \u00a0La cr\u00e9ation de forums et consortiums n&#8217;est pas pr\u00e9vue dans la LChim; cela ne signifie, toutefois, pas que la Suisse fasse cavalier seul (voir encadr\u00e9 2). Si une harmonisation avec la l\u00e9gislation europ\u00e9enne sur les substances existantes devait avoir lieu, il serait profitable de l&#8217;\u00e9tendre \u00e0 la participation suisse \u00e0 ce type de forum, le partage des donn\u00e9es pouvant diminuer les co\u00fbts d&#8217;enregistrement pour les entreprises chimiques.&#13;<\/p>\n<h3>La distribution de l&#8217;information \u00e0 travers la cha\u00eene d&#8217;utilisation<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLe projet Reach exige que les utilisateurs en aval avertissent aussi rapidement que possible les producteurs et utilisateurs en amont des informations sur la dangerosit\u00e9 de la substance qu&#8217;ils pourraient d\u00e9tenir. L&#8217;utilisateur en aval peut reprendre certains tests effectu\u00e9s par ceux en amont lors de l&#8217;enregistrement ou r\u00e9aliser lui-m\u00eame ses analyses. Si par contre l&#8217;utilisation qu&#8217;il veut faire de la substance n&#8217;est pas pr\u00e9vue par le producteur ou l&#8217;importateur, il doit refaire lui m\u00eame les tests (rapports de s\u00e9curit\u00e9) et les transmettre \u00e0 l&#8217;agence. Il peut par contre garder le secret sur l&#8217;usage qu&#8217;il compte en faire.&#13;<\/p>\n<h4>Comparaison et cons\u00e9quences pour la Suisse<\/h4>\n<p>&#13;<br \/>\nLa LChim ne pr\u00e9voit pas d&#8217;obliger l&#8217;utilisateur en aval \u00e0 informer celui en amont. Une harmonisation impliquerait l&#8217;introduction de cette nouvelle approche ascendante ainsi qu&#8217;une liste de nouvelles exigences destin\u00e9es \u00e0 l&#8217;utilisateur en aval. Le nouveau co\u00fbt \u00e0 assumer par ce dernier, surtout lors de l&#8217;\u00e9laboration des rapports de s\u00e9curit\u00e9 pour de nouvelles utilisations de la substance, devrait \u00eatre cons\u00e9quent. De plus, l&#8217;utilisateur en aval manque le plus souvent de moyens et d&#8217;expertise.&#13;<\/p>\n<h3>L&#8217;\u00e9valuation<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLors de la proc\u00e9dure d&#8217;\u00e9valuation, les autorit\u00e9s comp\u00e9tentes \u00e9valuent les propositions de tests de l&#8217;industrie, v\u00e9rifient la conformit\u00e9 des dossiers d&#8217;enregistrement et examinent les substances suspectes de cr\u00e9er un risque potentiel pour l&#8217;environnement et la sant\u00e9.&#13;<\/p>\n<h4>Comparaison et cons\u00e9quences pour la Suisse<\/h4>\n<p>&#13;<br \/>\nCette proc\u00e9dure est comparable \u00e0 celle pr\u00e9vue dans l&#8217;Ordonnance suisse sur les produits chimiques (OChim) par les organes d&#8217;\u00e9valuation des notifications.&#13;<\/p>\n<h3>Autorisation<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nPour certaines substances dangereuses (voir encadr\u00e9 3), le projet Reach pr\u00e9voit une proc\u00e9dure suppl\u00e9mentaire d&#8217;autorisation qui oblige le demandeur \u00e0 fournir un rapport suppl\u00e9mentaire prouvant que son utilisation est bien contr\u00f4l\u00e9e ou que les b\u00e9n\u00e9fices socio-\u00e9conomiques qu&#8217;il en tire l&#8217;emportent sur les risques encourus par la sant\u00e9 et l&#8217;environnement; il devra en outre tenir compte de l&#8217;existence de substances ou technologies alternatives. Ainsi, si le risque reconnu est important et qu&#8217;une substance alternative appropri\u00e9e existe (en tenant compte du co\u00fbt, de la disponibilit\u00e9, de l&#8217;efficacit\u00e9 et du risque li\u00e9 \u00e0 son utilisation), il est tr\u00e8s probable que l&#8217;autorisation sera refus\u00e9e.&#13;<\/p>\n<h4>Comparaison et cons\u00e9quences pour la Suisse<\/h4>\n<p>&#13;<br \/>\nEn dehors des dispositions pour les produits biocides et phytosanitaires, la LChim ne pr\u00e9voit pas de proc\u00e9dure d&#8217;autorisation en tant que telle pour un nombre particulier de substances dangereuses. Toutefois, dans le cadre de la proc\u00e9dure de notification suisse, les organes d&#8217;\u00e9valuation des notifications peuvent exiger du notifiant des donn\u00e9es ou essais suppl\u00e9mentaires s&#8217;il les consid\u00e8rent n\u00e9cessaires \u00e0 l&#8217;\u00e9valuation des dangers li\u00e9s \u00e0 la substance (art. 29 OChim). Ainsi le syst\u00e8me de notification suisse int\u00e8grerait, sans, toutefois, la nommer, la proc\u00e9dure d&#8217;autorisation pr\u00e9vue par Reach. Une harmonisation avec le projet europ\u00e9en entra\u00eenerait donc essentiellement une modification de la LChim qui affecterait davantage la forme de la proc\u00e9dure de notification que le fond.&#13;<\/p>\n<h3>Restrictions<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nToutes les substances, pr\u00e9parations et objets contenant de tels \u00e9l\u00e9ments peuvent \u00eatre soumises \u00e0 restriction, s&#8217;il est d\u00e9montr\u00e9 que les risques ne sont pas contr\u00f4l\u00e9s efficacement. La prise de d\u00e9cision se fait dans le cadre d&#8217;un processus de comitologie int\u00e9grant entre autres les \u00c9tats membres, la Commission et les parties int\u00e9ress\u00e9es.&#13;<\/p>\n<h4>Comparaison et cons\u00e9quences pour la Suisse<\/h4>\n<p>&#13;<br \/>\nL&#8217;ordonnance suisse sur la r\u00e9duction des risques li\u00e9s aux produits chimiques (ORRChim) restreint ou interdit la mise sur le march\u00e9 et l&#8217;utilisation des produits chimiques dont les propri\u00e9t\u00e9s ou l&#8217;emploi sont susceptibles d&#8217;\u00eatre particuli\u00e8rement dangereux pour l&#8217;\u00eatre humain ou l&#8217;environnement. Les restrictions et interdictions impos\u00e9es par l&#8217;ORRChim sont en phase avec celles pr\u00e9-vues dans le projet Reach. L&#8217;ordonnance ne pr\u00e9voit, toutefois, pas de syst\u00e8me de comitologie qui d\u00e9ciderait d&#8217;une \u00e9ventuelle restriction ou interdiction. L\u00e0 encore il s&#8217;agit plus d&#8217;une diff\u00e9rence de forme que de fond.&#13;<\/p>\n<h2>Comment harmoniser la l\u00e9gislation suisse au projet Reach?<\/h2>\n<p>&#13;<\/p>\n<h3>Reprendre l&#8217;ensemble du droit communautaire&#8230;<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLa Suisse pourrait reprendre int\u00e9gralement le droit communautaire en mati\u00e8re de produits chimiques. De plus elle participerait aux diff\u00e9rents organes de contr\u00f4le pour l&#8217;\u00e9valuation, l&#8217;autorisation et la restriction des produits chimiques au m\u00eame titre que les \u00c9tats composant l&#8217;UE. Un tel sc\u00e9nario ne pourrait \u00eatre mis en oeuvre que si la Suisse en devenait membre ou se liait par un accord qui lui donnerait, dans ce domaine, plus ou moins les m\u00eames droits que les \u00c9tats qui en font partie. Une adh\u00e9sion \u00e0 l&#8217;UE n&#8217;est pas \u00e0 l&#8217;ordre du jour. Un accord sp\u00e9cifique sur les produits chimiques devrait probablement s&#8217;inscrire dans un nouveau cycle de n\u00e9gociations bilat\u00e9rales, ce qui n&#8217;est \u00e9galement pas pr\u00e9vu.\u00a0Au del\u00e0 des implications politiques, les cons\u00e9quences \u00e9conomiques d&#8217;une telle harmonisation doivent \u00e9galement \u00eatre prises en compte. Une harmonisation compl\u00e8te et int\u00e9gr\u00e9e aurait l&#8217;avantage d&#8217;ouvrir le march\u00e9, de lib\u00e9raliser le commerce de produits chimiques avec l&#8217;UE et d&#8217;\u00e9liminer les entraves techniques, telles que la duplication des notifications de substances.\u00a0L&#8217;ensemble des nouvelles dispositions d&#8217;harmonisation telles que l&#8217;enregistrement des substances existantes et des produits interm\u00e9diaires ainsi que le devoir d&#8217;information d&#8217;aval en amont engendreront, toutefois, des co\u00fbts significatifs tant pour l&#8217;industrie que pour le secteur public. Une estimation des co\u00fbts &#8211; mais aussi des b\u00e9n\u00e9fices &#8211; provoqu\u00e9s par une telle harmonisation fait pour l&#8217;instant cruellement d\u00e9faut et deviendra indispensable lorsque le projet Reach arrivera \u00e0 maturit\u00e9.&#13;<\/p>\n<h3>&#8230;ou une partie seulement<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nDans ce sc\u00e9nario, la Suisse ne reprendrait qu&#8217;une partie du droit communautaire et ne participerait que dans certaines limites au syst\u00e8me de contr\u00f4le. Elle pourrait ainsi d\u00e9cider de ne pas harmoniser sa proc\u00e9dure d&#8217;enregistrement des anciennes substances avec la CE. Ceci permettrait en partie d&#8217;\u00e9viter aux entreprises suisses d&#8217;avoir \u00e0 supporter un des co\u00fbts les plus importants de Reach. L&#8217;industrie chimique serait quand m\u00eame tenue d&#8217;effectuer les proc\u00e9dures d&#8217;enregistrement pour les produits export\u00e9s dans l&#8217;UE. Elle en serait, par contre, exempte lors de la mise en circulation de ses produits sur le march\u00e9 suisse ou extra-europ\u00e9en.\u00a0Pour les nouvelles substances, la LChim est pratiquement d\u00e9j\u00e0 conforme au projet Reach. La Suisse pourrait \u00e9tendre &#8211; par le biais de l&#8217;accord sur la reconnaissance mutuelle en mati\u00e8re d&#8217;\u00e9valuation et de conformit\u00e9, dit accord ARM &#8211; la reconnaissance mutuelle des proc\u00e9dures de notification pour \u00e9viter la duplication des tests d&#8217;enregistrement.\u00a0Notons qu&#8217;\u00e0 la fin f\u00e9vrier 2005, la Suisse a envoy\u00e9 \u00e0 la CE une proposition de nouveau chapitre sur les nouvelles substances et les produits biocides qui pourrait \u00eatre int\u00e9gr\u00e9 dans l&#8217;accord ARM, afin que les notifications et autorisations effectu\u00e9es en Suisse ou dans l&#8217;UE soient reconnues mutuellement. La proposition suisse se focalise sur les nouvelles substances et les biocides car la l\u00e9gislation europ\u00e9enne actuelle en la mati\u00e8re est reprise pratiquement en l&#8217;\u00e9tat dans le nouveau projet de l\u00e9gislation Reach. Les discussions sont actuellement en cours.\u00a0Cette harmonisation \u00e0 la carte permettrait \u00e0 la fois de limiter les entraves au commerce et de minimiser les co\u00fbts de l&#8217;harmonisation. Elle d\u00e9pend, toutefois, \u00e0 bien des \u00e9gards du bon vouloir de la CE. Celle-ci sera-t-elle pr\u00eate \u00e0 se lancer dans ce genre de n\u00e9gociation avec la Suisse et jusqu&#8217;o\u00f9 nous suivra-t-elle?&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<a class=\"inline-footnote__anchor\">Encadr\u00e9 1: Les neuf ordonnances Parchem<\/a> &#8211; Ordonnance sur les produits chimiques (OChim).- Ordonnance sur la r\u00e9duction des risques li\u00e9s aux produits chimiques (ORRChim).- Ordonnance PIC (OPIChim).- Ordonnance sur les produits biocides (OPBio).- Ordonnance sur les produits phytosanitaires ( OPPh), \u00e9galement bas\u00e9e sur la loi sur l&#8217;agriculture (LAgr).- Ordonnance sur les bonnes pratiques de laboratoires (OBPL).- Ordonnance sur les \u00e9moluments relatifs aux produits chimiques (OE-Chim).- Ordonnance sur l&#8217;abrogation et la modification du droit en vigueur du fait de la loi sur les produits chimiques.- Ordonnance sur la mise en vigueur int\u00e9grale de la loi sur les produits chimiques.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<a class=\"inline-footnote__anchor\">Encadr\u00e9 2: Forums et consortiums: la pr\u00e9sence de la Suisse<\/a> La Soci\u00e9t\u00e9 suisse de l&#8217;industrie chimique (SSIC) a d\u00e9j\u00e0 particip\u00e9 \u00e0 des consortiums dans le cadre de programmes de l&#8217;Organisation de Coop\u00e9ration et de D\u00e9veloppement Economiques (OCDE) sur les substances chimiques \u00e0 haut volume de production (HPV). Elle a \u00e9galement lanc\u00e9 le Conseil international des associations de produits chimiques (ICCA) en octobre 1998. La SSIC a engag\u00e9 l&#8217;industrie \u00e0 fournir \u00e0 l&#8217;OCDE des informations sur l&#8217;\u00e9valuation de la dangerosit\u00e9 d&#8217;environ 1000 substances chimiques \u00e0 haut volume de production d&#8217;ici fin 2004. Le partage de l&#8217;information s&#8217;est fait dans le cadre de consortiums internationaux.aL&#8217;avis de la SSIC sur l&#8217;efficacit\u00e9 des consortiums est plut\u00f4t mitig\u00e9. Selon ses dires, la collaboration fut souvent difficile et certaines entreprises ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 pr\u00e9parer seules les tests et assumer des co\u00fbts sup\u00e9rieurs plut\u00f4t que de participer aux consortiums, \u00e9tant donn\u00e9 les difficult\u00e9s relatives \u00e0:- la proc\u00e9dure et l&#8217;\u00e9tendue de l&#8217;acc\u00e8s aux donn\u00e9es;- la gestion de la confidentialit\u00e9 des donn\u00e9es;- la concurrence entre les participants au consortium.&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<a class=\"inline-footnote__anchor\">Encadr\u00e9 3: Les substances dangereuses qui n\u00e9cessitent des proc\u00e9dures suppl\u00e9mentaires d&#8217;autorisation<\/a> Celles-ci sont de trois sortes:- les substances canc\u00e9rig\u00e8nes, mutag\u00e8nes, toxiques \u00e0 la reproduction (substances dites CMR);- les substances persistantes, bioaccumulatives et toxiques ou celles tr\u00e8s persistantes et tr\u00e8s bioaccumulatives (substances dites PBTs\/vPvBs);- les substances identifi\u00e9es comme pouvant causer des effets s\u00e9rieux et irr\u00e9versibles pour la sant\u00e9 et l&#8217;environnement.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lanc\u00e9e par le Conseil f\u00e9d\u00e9ral apr\u00e8s le rejet du trait\u00e9 sur l&#8217;Espace Economique Europ\u00e9en (EEE) le 6 d\u00e9cembre 1992, la r\u00e9vision de la l\u00e9gislation sur les produits chimiques avait pour but de la rendre eurocompatible afin de relancer les exportations. 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