{"id":155770,"date":"2005-10-01T12:00:00","date_gmt":"2005-10-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2005\/10\/prins-2\/"},"modified":"2023-08-24T01:26:57","modified_gmt":"2023-08-23T23:26:57","slug":"prins-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2005\/10\/prins-2\/","title":{"rendered":"L&#8217;invalidit\u00e9 et les probl\u00e8mes de sant\u00e9 psychique,une comparaison internationale"},"content":{"rendered":"<p>Comme de nombreux autres pays, la Suisse est confront\u00e9e \u00e0 une augmentation du nombre de prestations d&#8217;invalidit\u00e9 vers\u00e9es pour cause de probl\u00e8mes de sant\u00e9 psychique. Mandat\u00e9 par l&#8217;Office f\u00e9d\u00e9ral des assurances sociales (Ofas), l&#8217;Astri Research and Consultancy Group (bas\u00e9 \u00e0 Leyde aux Pays-Bas) a men\u00e9 une \u00e9tude qui montre, dans une premi\u00e8re partie de nature quantitative, en quoi la Suisse se distingue des autres pays en mati\u00e8re de taux d&#8217;invalidit\u00e9. La seconde partie aborde les questions qualitatives et examine une liste de mesures \u00e9labor\u00e9es afin de pr\u00e9venir et r\u00e9duire l&#8217;octroi de prestations d&#8217;invalidit\u00e9 pour des raisons psychiques. Les pays compar\u00e9s sont la Suisse, l&#8217;Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, le Canada et la Su\u00e8de.1<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/1130348335_05_Prins_01.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"239\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nEn Suisse, le nombre de b\u00e9n\u00e9ficiaires de rentes d&#8217;invalidit\u00e9 a fortement augment\u00e9 (59% de taux de croissance) entre 1993 et 2002. Les taux d&#8217;augmentation \u00e9taient mod\u00e9r\u00e9s en Belgique ainsi qu&#8217;en Su\u00e8de (18 et 21%) et faibles dans les autres pays (5% aux Pays-Bas, 2% au Canada et 1% en Allemagne). Si, par contre, on compare le nombre des b\u00e9n\u00e9ficiaires \u00e0 celui des assur\u00e9s, le tableau n&#8217;est plus tout \u00e0 fait le m\u00eame. La Suisse affiche, depuis de nombreuses ann\u00e9es d\u00e9j\u00e0, un taux de pr\u00e9valence parmi les plus faibles de l&#8217;\u00e9tude, celui-ci ayant, toutefois, l\u00e9g\u00e8rement augment\u00e9 pour atteindre 44\u00a0titulaires de rentes pour 1000 assur\u00e9s en 2002. \u00c0 l&#8217;oppos\u00e9, les chiffres les plus \u00e9lev\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 relev\u00e9s aux Pays-Bas et en Su\u00e8de, o\u00f9 l&#8217;\u00e9volution constat\u00e9e est diff\u00e9rente (voir graphique\u00a01).&#13;<\/p>\n<h2>Entr\u00e9es et sorties<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nCes cinq derni\u00e8res ann\u00e9es, le nombre d&#8217;entr\u00e9es (nouveaux titulaires de rentes d&#8217;invalidit\u00e9 pour 1000 assur\u00e9s) n&#8217;a que faiblement progress\u00e9 en Suisse et en Belgique, \u00e0 l&#8217;inverse de la Su\u00e8de o\u00f9 la croissance a \u00e9t\u00e9 forte. Durant la derni\u00e8re ann\u00e9e consid\u00e9r\u00e9e (2002), les plus faibles taux d&#8217;entr\u00e9e ont \u00e9t\u00e9 relev\u00e9s au Canada (2 pour 1000 assur\u00e9s) et en Suisse (6), tandis que les Pays-Bas et la Su\u00e8de pr\u00e9sentent des taux deux fois plus \u00e9lev\u00e9s (13 et 11 nouveaux b\u00e9n\u00e9ficiaires de rentes pour 1000\u00a0assur\u00e9s). De plus, dans tous les pays sauf en Suisse, les personnes les plus jeunes sont les plus nombreuses \u00e0 sortir du syst\u00e8me de prestations. En Suisse, les taux de sortie sont relativement faibles pour tous les groupes d&#8217;\u00e2ge (except\u00e9 pour le groupe le plus \u00e2g\u00e9).&#13;<\/p>\n<h2>Une proportion de troubles psychiques particuli\u00e8rement importante en Suisse<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe graphique 2 montre qu&#8217;en Suisse, la cat\u00e9gorie \u00abmaladies psychiques\u00bb est celle qui rassemble le plus grand nombre de diagnostics. En ce qui concerne les nouveaux b\u00e9n\u00e9ficiaires de l&#8217;AI, il a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli pour quasiment la moiti\u00e9 (46%) des femmes et 37% des hommes en 2002. Dans les autres pays, la proportion de personnes souffrant de probl\u00e8mes psychiques est, bien qu&#8217;en l\u00e9g\u00e8re hausse, nettement moins importante. En Su\u00e8de et en Allemagne, le diagnostic le plus souvent pos\u00e9 concerne les troubles musculo-squelettiques tandis que la cat\u00e9gorie \u00abAutres diagnostics\u00bb domine en Belgique, au Canada et aux Pays-Bas.\u00a0Tous diagnostics confondus, la Suisse affiche un nombre de b\u00e9n\u00e9ficiaires de rentes d&#8217;invalidit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9 par rapport aux autres pays, notamment par rapport \u00e0 la Su\u00e8de et aux Pays-Bas, o\u00f9 deux voire trois fois plus de personnes sont prises en charge. De toute \u00e9vidence, le syst\u00e8me suisse pr\u00e9sente des caract\u00e9ristiques qui excluent de nombreuses possibilit\u00e9s de demande d&#8217;invalidit\u00e9. Pourtant, une fois entr\u00e9es dans le syst\u00e8me de prestations d&#8217;invalidit\u00e9, un nombre relativement faible de personnes en sortent. Il semble qu&#8217;il manque les instruments n\u00e9cessaires ou l&#8217;int\u00e9r\u00eat pour changer cette situation (p.\u00a0ex.\u00a0r\u00e9p\u00e9ter r\u00e9guli\u00e8rement les examens m\u00e9dicaux ou mettre en place des mesures de r\u00e9adaptation professionnelle).\u00a0Si on consid\u00e8re l&#8217;aspect m\u00e9dical, r\u00e9parti en cat\u00e9gories de diagnostic, il semble que les b\u00e9n\u00e9ficiaires de rentes suisses souffrent bien plus souvent de probl\u00e8mes psychiques que ceux des autres pays.&#13;<\/p>\n<h2>Des tentatives de solution<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes probl\u00e8mes de sant\u00e9 psychique posent la question des mesures \u00e0 prendre et par qui. Lors de notre rapide aper\u00e7u, nous nous sommes concentr\u00e9s sur les mesures qui visent la pr\u00e9vention et la r\u00e9duction \u00e0 court et \u00e0 long terme de l&#8217;invalidit\u00e9 r\u00e9sultant de probl\u00e8mes psychiques. Les aspects m\u00e9dicaux n&#8217;entraient pas dans le champ d&#8217;investigation de la pr\u00e9sente \u00e9tude.\u00a0Il n&#8217;existe gu\u00e8re de solutions \u00e9prouv\u00e9es, l&#8217;\u00e9ventail des mesures disponibles \u00e9tant en cours d&#8217;\u00e9laboration dans de nombreux pays. Les trois principaux types de mesures prises en consid\u00e9ration sont:\u00a0&#8211; l&#8217;intervention pr\u00e9coce;\u00a0&#8211; les mesures destin\u00e9es \u00e0 la reprise du travail;\u00a0&#8211; les instruments \u00e0 la disposition des organismes d&#8217;assurances sociales.&#13;<\/p>\n<h3>Le d\u00e9pistage pr\u00e9coce des groupes \u00e0 risque<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nCe type de mesures vise \u00e0 d\u00e9pister et \u00e0 rep\u00e9rer les personnes pr\u00e9sentant un risque d&#8217;incapacit\u00e9 de travail \u00e0 long terme, ainsi qu&#8217;\u00e0 identifier le plus t\u00f4t possible les employ\u00e9s atteints de probl\u00e8mes psychiques. Au Royaume-Uni, il n&#8217;y a que dans le cas de l&#8217;incapacit\u00e9 de tra-vail subaigu\u00eb (apr\u00e8s environ 3 \u00e0 4 semaines de cong\u00e9 maladie) qu&#8217;on a pu \u00e9tablir un diagnostic \u00e0 peu pr\u00e8s convenable. Au del\u00e0 de six mois, tous les patients doivent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s \u00e0 risque. La \u00abd\u00e9pression\u00bb peut, enfin, servir d&#8217;indicateur d&#8217;importance moyenne \u00e0 \u00e9lev\u00e9e d&#8217;affection chronique ou d&#8217;invalidit\u00e9.\u00a0Aux Pays-Bas, des \u00e9chelles d&#8217;\u00e9valuation ont \u00e9t\u00e9 construites; elles permettent au m\u00e9decin du travail de mesurer la sant\u00e9 psychique des patients de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale ou plus sp\u00e9cifique (l&#8217;\u00e9puisement professionnel p.\u00a0ex.). Il semble, toutefois, que seule une minorit\u00e9 de m\u00e9decins les utilisent r\u00e9guli\u00e8rement. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne s&#8217;observe \u00e9galement dans d&#8217;autres pays (Allemagne, Royaume-Uni).&#13;<\/p>\n<h3>Les mesures destin\u00e9es \u00e0 la reprise du travail<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nCette cat\u00e9gorie rassemble un plus grand nombre d&#8217;instruments et d&#8217;approches. Au Pays-Bas, une commission interdisciplinaire a \u00e9labor\u00e9 des directives ayant pour objectif la reprise du travail. Celles-ci visent les personnes port\u00e9es malades ou invalides en raison de probl\u00e8mes psychiques et pr\u00e9conisent une approche int\u00e9gr\u00e9e. Elles abordent explicitement les conflits au travail, puisqu&#8217;un nombre non n\u00e9gligeable de personnes malades \u00e0 long terme s&#8217;av\u00e9raient \u00eatre en d\u00e9saccord avec leur employeur ou leur sup\u00e9rieur. Ce programme pr\u00e9voit un processus o\u00f9, lorsqu&#8217;un travailleur se porte malade, l&#8217;employeur, l&#8217;employ\u00e9 et le m\u00e9decin du travail doivent \u00e9valuer ensemble les probl\u00e8mes sous-jacents et trouver d&#8217;\u00e9ventuelles solutions. Durant le traitement, les contacts doivent \u00eatre r\u00e9guliers pour envisager une reprise du travail (partielle ou par \u00e9tape). Un an apr\u00e8s l&#8217;instauration de ces directives, elles ne semblent \u00eatre appliqu\u00e9es que par une minorit\u00e9 d&#8217;employeurs et de m\u00e9decins du travail. La campagne de sensibilisation, qui les a accompagn\u00e9es et qui vantait la reprise du travail comme \u00able meilleur rem\u00e8de\u00bb en cas de probl\u00e8mes de sant\u00e9 psychique, a entra\u00een\u00e9 une (l\u00e9g\u00e8re) modification des comportements.\u00a0Au Royaume-Uni, la m\u00e9thode du suivi individuel du patient est apparue comme la plus prometteuse: un interm\u00e9diaire est charg\u00e9 de faciliter la communication entre les acteurs impliqu\u00e9s (le travailleur en incapacit\u00e9 de travail et l&#8217;employeur ou le sup\u00e9rieur). Cette personne, responsable du suivi du patient, coordonne le traitement et \u00e9tablit un programme de reprise du travail, approuv\u00e9 par l&#8217;employeur et l&#8217;employ\u00e9.&#13;<\/p>\n<h3>Les mesures li\u00e9es aux assurances sociales<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nDans plusieurs pays, les organismes d&#8217;assurances sociales ont commenc\u00e9 \u00e0 combattre l&#8217;augmentation du nombre de cas d&#8217;invalidit\u00e9 pour raisons psychiques. D\u00e8s les ann\u00e9es nonante, on a observ\u00e9 de grandes disparit\u00e9s entre les organismes des diff\u00e9rents pays en ce qui concerne l&#8217;octroi de prestations d&#8217;invalidit\u00e9 pour cause de sympt\u00f4mes psychosomatiques. Des responsables politiques et des associations de patients ont \u00e9galement reproch\u00e9 \u00e0 ces organismes leur r\u00e9ticence \u00e0 octroyer des prestations d&#8217;invalidit\u00e9 \u00e0 des demandeurs atteints de fibromyalgie, du syndrome de fatigue chronique ou encore de celui de tension r\u00e9p\u00e9t\u00e9e (STR). Des crit\u00e8res sp\u00e9cifiques d&#8217;\u00e9ligibilit\u00e9 et d&#8217;\u00e9valuation ont donc \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9s pour ces cas-l\u00e0.\u00a0Les caisses-maladie belges ont \u00e9labor\u00e9 des directives permettant d&#8217;\u00e9valuer les demandes des patients atteints du syndrome de fatigue chronique. Ces directives contiennent des crit\u00e8res d&#8217;\u00e9valuation de l&#8217;invalidit\u00e9 et pr\u00e9voient de conseiller les travailleurs malades sur la reprise de leur activit\u00e9. Les premiers r\u00e9sultats sont positifs: on a constat\u00e9 une baisse du nombre de conflits ainsi que des discussions sur le cr\u00e9dit \u00e0 accorder au diagnostic m\u00e9dical.\u00a0En Allemagne, l&#8217;association qui r\u00e9unit les organismes responsables (Verband Deutscher Rentenversicherungstr\u00e4ger) a \u00e9galement revu ses directives en ce qui concerne l&#8217;\u00e9valuation des patients atteints de troubles psychiques, en privil\u00e9giant deux objectifs: \u00e9valuer le besoin en mesures de r\u00e9adaptation et fixer les crit\u00e8res d&#8217;\u00e9ligibilit\u00e9 \u00e0 une prestation d&#8217;invalidit\u00e9. Enfin, un groupe de travail europ\u00e9en s&#8217;est pench\u00e9 sur la question des maladies psychosociales et de leur reconnaissance en tant que maladies professionnelles. Les troubles et les maladies psychiques (d\u00e9pressions, n\u00e9vroses, troubles obsessionnels compulsifs, etc.) li\u00e9s \u00e0 des risques psychosociaux sont rarement reconnus (et donc indemnis\u00e9s) comme des maladies professionnelles.&#13;<\/p>\n<h2>Des approches structurelles int\u00e9grant les partenaires sociaux<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDepuis 2000, des conventions pour la sant\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 au travail sont appliqu\u00e9es aux Pays-Bas. Il s&#8217;agit d&#8217;accords entre le gouvernement, les repr\u00e9sentants des employeurs et les syndicats qui ont pour but de r\u00e9duire les risques pour la sant\u00e9, d&#8217;am\u00e9liorer les conditions de travail, de diminuer le nombre d&#8217;absences pour cause de maladie et de limiter l&#8217;octroi de prestations d&#8217;invalidit\u00e9. Ces conventions fixent les t\u00e2ches de chacun et sont accompagn\u00e9es d&#8217;objectifs chiffr\u00e9s, par exemple l&#8217;abaissement de 20% du taux d&#8217;absence pour cause de maladie en deux ans. Elles peuvent aborder d&#8217;autres questions comme la r\u00e9duction du nombre de plaintes concernant la pression au travail, la pression physique et les troubles musculo-squelettiques (TMS)2, les interventions en cas d&#8217;agressions ou de violences, l&#8217;introduction d&#8217;un programme de gestion des absences maladie ou la promotion de mesures de r\u00e9insertion pr\u00e9coce.\u00a0Les interventions pr\u00e9vues par les conventions sont financ\u00e9es par des budgets sectoriels (g\u00e9r\u00e9s par les repr\u00e9sentants des employeurs et les syndicats), auxquels s&#8217;ajoutent souvent des subventions accord\u00e9es par le gouvernement. \u00c0 la fin 2003, 51 conventions pour la sant\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 au travail \u00e9taient appliqu\u00e9es et concernaient 3,3\u00a0millions d&#8217;employ\u00e9s (46% de la population active n\u00e9erlandaise). Environ 20% des conventions comprenaient des mesures portant sur les conditions de travail par rapport \u00e0 la sant\u00e9 psychique des employ\u00e9s. Les premiers r\u00e9sultats sont encourageants: dans les secteurs r\u00e9gis par une convention, les taux d&#8217;absence pour cause de maladie ont baiss\u00e9 de 8,4% (en 2002) alors qu&#8217;ils sont rest\u00e9s stables ou ont plus faiblement diminu\u00e9 dans les autres secteurs.&#13;<\/p>\n<h2>Initiatives de l&#8217;Union europ\u00e9enne<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nR\u00e9cemment, l&#8217;UE a \u00e9galement lanc\u00e9 diverses initiatives en vue de mieux prendre en compte les maladies psychiques. En 2002, l&#8217;Agence europ\u00e9enne pour la s\u00e9curit\u00e9 et la sant\u00e9 au travail, \u00e9tablie \u00e0 Bilbao, a fourni une vue d&#8217;ensemble des \u00abbonnes pratiques\u00bb en mati\u00e8re de pr\u00e9vention des risques psychosociaux sur le lieu de travail. Celles-ci se concentraient sur trois aspects: le stress, les brimades et la violence.\u00a0En 2004, l&#8217;UE a examin\u00e9 des programmes strat\u00e9giques de promotion de la sant\u00e9 psychique et de pr\u00e9vention. Plusieurs mod\u00e8les ont \u00e9t\u00e9 discut\u00e9s, mais tr\u00e8s peu d&#8217;entre eux ont jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent \u00e9t\u00e9 soumis \u00e0 \u00e9valuation. Dix grandes recommandations ont, n\u00e9anmoins, pu \u00eatre formul\u00e9es pour promouvoir la sant\u00e9 psychique et pr\u00e9venir les maladies mentales. Les mesures de promotion et de pr\u00e9vention feront l&#8217;objet de propositions visant \u00e0 les int\u00e9grer \u00e0 la politique de s\u00e9curit\u00e9 et de sant\u00e9 des entreprises pour tout ce qui est li\u00e9 et l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9, \u00e0 la d\u00e9pression et aux troubles cons\u00e9cutifs au stress.&#13;<\/p>\n<h2>Propositions pour combattre l&#8217;invalidit\u00e9 r\u00e9sultant de probl\u00e8mes psychiques<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe but de cette analyse transnationale \u00e9tait de passer en revue l&#8217;\u00e9ventail des mesures en cours d&#8217;\u00e9laboration ou r\u00e9cemment mises en oeuvre dans d&#8217;autres pays.&#13;<\/p>\n<h3>Un int\u00e9r\u00eat relativement r\u00e9cent<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nTout d&#8217;abord, nous nous sommes rendu compte que l&#8217;int\u00e9r\u00eat pour les maladies psychiques des travailleurs et des assur\u00e9s \u00e9tait relativement r\u00e9cent, alors que des mesures de pr\u00e9vention et de protection contre les probl\u00e8mes cardio-vasculaires existent depuis longtemps d\u00e9j\u00e0. Il manque par cons\u00e9quent une liste de strat\u00e9gies et de mesures les mieux adapt\u00e9es aux troubles et aux probl\u00e8mes psychiques.&#13;<\/p>\n<h3>La multiplicit\u00e9 des mesures en entreprise<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nPlusieurs raisons sont susceptibles d&#8217;expliquer le nombre important de mesures applicables aux diff\u00e9rents niveaux de l&#8217;entreprise. Tout d&#8217;abord, le travail semble, dans un grand nombre de cas, \u00eatre \u00e0 l&#8217;origine des probl\u00e8mes de sant\u00e9 psychique (mauvais encadrement de la part de la hi\u00e9rarchie, accompagnement social insuffisant, harc\u00e8lement, charge de travail trop \u00e9lev\u00e9e, etc.). Ensuite, les entreprises disposent de conditions favorables pour mettre en place des mesures de pr\u00e9vention, par exemple en mati\u00e8re de m\u00e9decine du travail ou de gestion des ressources humaines, qui peuvent aider \u00e0 mettre en oeuvre des actions destin\u00e9es \u00e0 promouvoir la sant\u00e9 psychique et \u00e0 prodiguer des conseils aux travailleurs souffrant de stress ou de d\u00e9pression. Les petites entreprises, qui souvent ne disposent pas de ces services, peuvent, dans d&#8217;autres pays, consulter des centres d&#8217;information sp\u00e9cialis\u00e9s dans leur branche (p.\u00a0ex.\u00a0aux Pays-Bas et en Su\u00e8de) ou contacter leur caisse de s\u00e9curit\u00e9 sociale (p.\u00a0ex. en Allemagne) qui les aideront \u00e0 trouver des solutions face aux probl\u00e8mes de sant\u00e9 psychique.&#13;<\/p>\n<h3>Intervention pr\u00e9coce et implication des partenaires sociaux<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLes nouvelles actions visant la reprise du travail entreprises dans divers pays pr\u00e9sentent deux constantes. D&#8217;une part, l&#8217;intervention pr\u00e9coce (apr\u00e8s plusieurs semaines de maladie) est un \u00e9l\u00e9ment pr\u00e9pond\u00e9rant des nouvelles strat\u00e9gies mises en oeuvre d\u00e8s la p\u00e9riode de maladie; elle devrait permettre de r\u00e9duire le nombre de nouveaux b\u00e9n\u00e9ficiaires de rentes d&#8217;invalidit\u00e9. D&#8217;autre part, l&#8217;employeur comme l&#8217;employ\u00e9 sont davantage responsabilis\u00e9s, ce qui les rend moins d\u00e9pendants des services m\u00e9dicaux. Lors d&#8217;une campagne de sensibilisation entam\u00e9e parall\u00e8lement aux nouvelles directives, les Pays-Bas ont mis l&#8217;accent sur le principe selon lequel \u00abla reprise du travail est souvent le meilleur rem\u00e8de\u00bb aux probl\u00e8mes de sant\u00e9 psychique.&#13;<\/p>\n<h3>Le r\u00f4le important de la s\u00e9curit\u00e9 sociale<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nEnfin, diverses mesures peuvent \u00e9galement \u00eatre mises en place par les institutions de s\u00e9curit\u00e9 sociale. Il s&#8217;agit, dans la plupart des pays, de mesures de pr\u00e9vention d&#8217;ordre g\u00e9n\u00e9ral (information, formation, services d&#8217;assistance, sites Internet), mais qui cherchent \u00e0 am\u00e9liorer le suivi des cas individuels. En Belgique par exemple, l&#8217;intervention pr\u00e9coce est un principe essentiel. De m\u00eame, plusieurs instruments peuvent \u00eatre envisag\u00e9s en cas d&#8217;inva-lidit\u00e9 \u00e0 long terme. Les m\u00e9thodes et les direc-tives destin\u00e9es \u00e0 \u00e9valuer l&#8217;invalidit\u00e9 peuvent \u00eatre adapt\u00e9es de diverses mani\u00e8res. Dans certains pays, on recourt \u00e0 des rentes temporaires (p.\u00a0ex.\u00a0pour les jeunes demandeurs) ou on pr\u00e9voit des examens \u00e0 intervalles r\u00e9guliers (pour les personnes d\u00e9j\u00e0 prises en charge). Il peut arriver que, pour certaines maladies psychiques, une r\u00e9insertion sur le march\u00e9 du travail \u00e0 temps plein ou partiel soit possible.&#13;<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes exemples pris \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger nous montrent que la mise en place de conditions favorables \u00e0 une approche active des probl\u00e8mes de sant\u00e9 psychique requiert de gros investissements en temps et en actions. Les employeurs, les assur\u00e9s, les m\u00e9decins traitants et les institutions de s\u00e9curit\u00e9 sociale ont des attentes, des comportements et des habitudes qui doivent souvent \u00eatre modifi\u00e9s. Il leur faut admettre qu&#8217;il est possible de combattre plus t\u00f4t et plus efficacement les absences pour cause de maladie et l&#8217;invalidit\u00e9, et que le versement de prestations n&#8217;est pas une fin en soi.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comme de nombreux autres pays, la Suisse est confront\u00e9e \u00e0 une augmentation du nombre de prestations d&#8217;invalidit\u00e9 vers\u00e9es pour cause de probl\u00e8mes de sant\u00e9 psychique. Mandat\u00e9 par l&#8217;Office f\u00e9d\u00e9ral des assurances sociales (Ofas), l&#8217;Astri Research and Consultancy Group (bas\u00e9 \u00e0 Leyde aux Pays-Bas) a men\u00e9 une \u00e9tude qui montre, dans une premi\u00e8re partie de nature [&hellip;]<\/p>","protected":false},"author":2697,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"ep_exclude_from_search":false,"footnotes":""},"post__type":[83],"post_opinion":[],"post_serie":[],"post_content_category":[],"post_content_subject":[141],"acf":{"seco_author":2697,"seco_co_author":null,"author_override":"","seco_author_post_ocupation_year":"","seco_author_post_occupation_de":"Sozialforscher\/Internationaler Berater, Astri Research &amp; Consultancy Group, Leiden (NL)","seco_author_post_occupation_fr":"Chercheur en politique sociale et conseiller international, Astri Research & Consultancy Group, Leyde (NL)","seco_co_authors_post_ocupation":null,"short_title":"","post_lead":"","post_hero_image_description":"","post_hero_image_description_copyright_de":"","post_hero_image_description_copyright_fr":"","post_references_literature":"","post_kasten":null,"post_notes_for_print":"","first_teaser_header_de":"","first_teaser_header_fr":"","first_teaser_text_de":"","first_teaser_text_fr":"","second_teaser_header_de":"","second_teaser_header_fr":"","second_teaser_text_de":"","second_teaser_text_fr":"","kseason_de":"","kseason_fr":"","post_in_pdf":155773,"main_focus":null,"serie_email":null,"frontpage_slider_bild":"","artikel_bild-slider":null,"legacy_id":"9014","post_abstract":"","magazine_issue":null,"seco_author_reccomended_post":null,"redaktoren":null,"korrektor":null,"planned_publication_date":null,"original_files":null,"external_release_for_author":"19700101","external_release_for_author_time":"00:00:00","link_for_external_authors":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/exedit\/55deb4ad81899"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/155770"}],"collection":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2697"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=155770"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/155770\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":190328,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/155770\/revisions\/190328"}],"acf:user":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2697"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=155770"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post__type","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post__type?post=155770"},{"taxonomy":"post_opinion","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_opinion?post=155770"},{"taxonomy":"post_serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_serie?post=155770"},{"taxonomy":"post_content_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_category?post=155770"},{"taxonomy":"post_content_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_content_subject?post=155770"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}