{"id":155795,"date":"2005-10-01T12:00:00","date_gmt":"2005-10-01T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/2005\/10\/thoenen-2\/"},"modified":"2023-08-24T01:26:55","modified_gmt":"2023-08-23T23:26:55","slug":"thoenen-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2005\/10\/thoenen-2\/","title":{"rendered":"Les partenariats public-priv\u00e9 en Afrique"},"content":{"rendered":"<p>Les infrastructures \u00e9l\u00e9mentaires, le syst\u00e8me de formation et celui de la sant\u00e9 ont longtemps \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9s comme des exemples typiques de services publics dont l&#8217;\u00c9tat devait s&#8217;occuper. Depuis la fin des ann\u00e9es quatre-vingt, un nombre croissant de pays en d\u00e9veloppement ne sont, cependant plus en mesure de fournir ces prestations sur tout leur territoire. Le probl\u00e8me est encore plus grave dans de nombreux pays de la zone subsaharienne du fait de la croissance rapide de la population. La faible solvabilit\u00e9 et la discipline impos\u00e9e par des programmes de stabilisation macro-\u00e9conomiques les emp\u00eachent de plus en plus de financer les investissements n\u00e9cessaires \u00e0 leurs infrastructures. Dans ces circonstances, le partenariat public-priv\u00e9 (PPP) est une \u00abtroisi\u00e8me voie\u00bb possible, entre le monopole d&#8217;\u00c9tat et la privatisation, qui peut aider \u00e0 mobiliser les fonds requis et favoriser les \u00e9changes de savoir.<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/1130348335_20_Thoenen_01.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"246\" \/>&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\nLe terme de \u00abpartenariat public-priv\u00e9\u00bb d\u00e9signe les contrats par lesquels les pouvoirs publics et des entreprises priv\u00e9es s&#8217;engagent \u00e0 construire ou g\u00e9rer ensemble des infrastructures ou d&#8217;autres services. Le partage des responsabilit\u00e9s, des droits et des risques entre l&#8217;institution publique et le secteur priv\u00e9 s&#8217;y trouvent r\u00e9partis.1&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<img decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/1130348335_20_Thoenen_02.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"247\" \/>&#13;<\/p>\n<h2>Le secteur priv\u00e9 s&#8217;implique de plus en plus dans les infrastructures<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe progr\u00e8s technologique a une influence sur la participation du secteur priv\u00e9 aux investissements dans les infrastructures. Autrefois, ce sont les branches qui subissaient des mutations technologiques rapides et continues qui contribuaient le plus aux investissements priv\u00e9s dans les infrastructures. Depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es nonante, la t\u00e9l\u00e9phonie mobile a modifi\u00e9 durablement la mani\u00e8re de communiquer. Les \u00e9nergies solaire et \u00e9olienne repr\u00e9sentent une forme de production d&#8217;\u00e9lectricit\u00e9 d\u00e9centralis\u00e9e qui ouvre de nouvelles possibilit\u00e9s \u00e0 la participation du secteur priv\u00e9. Dans le domaine de la formation, les progr\u00e8s de l&#8217;informatique permettent \u00e0 un plus grand nombre de personnes de faire des \u00e9tudes \u00e0 distance.\u00a0Depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es nonante, le nombre et le volume des investissements des partenariats public-priv\u00e9 se sont multipli\u00e9s. En 1990, les investissements en faveur des infrastructures avec participation priv\u00e9e dans les pays en d\u00e9veloppement repr\u00e9sentaient 18 milliards d&#8217;USD. En 1997, ils culminaient \u00e0 131 milliards d&#8217;USD, pour retomber en dessous des 60 milliards en 2003. Ce d\u00e9clin a diverses causes, l&#8217;une \u00e9tant les difficult\u00e9s financi\u00e8res que les soci\u00e9t\u00e9s internationales devaient affronter dans leurs pays d&#8217;origine et qui r\u00e9duisaient sensiblement leur go\u00fbt du risque.2&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<img decoding=\"async\" class=\"article_rect\" src=\"\/dynBase\/images\/article_rect\/1130348335_20_Thoenen_03.jpg\" alt=\"\" width=\"370\" height=\"278\" \/>&#13;<\/p>\n<h2>Les investissements en infrastructures drainent peu de capitaux priv\u00e9s dans les pays africains<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nEn mati\u00e8re d&#8217;investissements avec participation priv\u00e9e dans les infrastructures, l&#8217;exp\u00e9rience des \u00c9tats africains diff\u00e8re quelque peu de celle des pays en d\u00e9veloppement en g\u00e9n\u00e9ral. Entre 1990 et 2003, l&#8217;Afrique subsaharienne n&#8217;a attir\u00e9 que 4% du total des investissements dans les infrastructures et 8% des projets. La part du lion est all\u00e9e \u00e0 l&#8217;Am\u00e9rique latine (47% des investissements).3 Les investissements en l&#8217;Afrique subsaharienne ont atteint trois sommets (voir graphique 1): 1997 (4,29 milliards d&#8217;USD), 1999 (4,57 milliards) et 2001 (5,10 milliards). Cette \u00e9volution a \u00e9t\u00e9 fortement marqu\u00e9e par celle des t\u00e9l\u00e9communications, qui, en raison des innovations technologiques, ont connu un taux de croissance \u00e9lev\u00e9 dans les ann\u00e9es nonante. C&#8217;est surtout l&#8217;introduction et l&#8217;expansion de la t\u00e9l\u00e9phonie mobile qui a profond\u00e9ment transform\u00e9 ce secteur. La branche des transports a \u00e9t\u00e9 le second moteur de progression des investissements dans les infrastructures. De nouvelles routes \u00e0 p\u00e9age et licences portuaires y ont contribu\u00e9.\u00a0La participation du secteur priv\u00e9 est en g\u00e9n\u00e9ral plus faible dans les pays en d\u00e9veloppement que dans le monde industrialis\u00e9 en ce qui concerne les industries de r\u00e9seau. Le secteur priv\u00e9 ne participe ainsi \u00e0 la distribution d&#8217;\u00e9lectricit\u00e9 que dans 36% des pays en d\u00e9veloppement, alors que ce taux est de 42% dans les nations industrialis\u00e9es. L&#8217;\u00e9cart est encore plus net dans le domaine des eaux et des canalisations puisque le secteur priv\u00e9 y est pr\u00e9sent dans 80% des pays industrialis\u00e9s et \u00e0 35% seulement dans ceux en d\u00e9veloppement. Dans ces deux domaines, l&#8217;Afrique subsaharienne est en dessous de la moyenne des pays en d\u00e9veloppement: le secteur priv\u00e9 participe \u00e0 la distribution d&#8217;\u00e9lectricit\u00e9 dans 28% des pays subsahariens et pour 20% seulement au domaine des eaux et des canalisations.4 Il existe donc toujours un grand potentiel en Afrique subsaharienne pour le secteur priv\u00e9 dans la fourniture d&#8217;infrastructures.&#13;<\/p>\n<h2>Trois formes contractuelles de partenariats public-priv\u00e9<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes contrats qualifi\u00e9s de partenariat public-priv\u00e9 peuvent prendre des formes diff\u00e9rentes. On en distingue trois principales.5&#13;<\/p>\n<h3>L&#8217;entreprise priv\u00e9e fournit les services<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nL&#8217;institution publique ach\u00e8te des prestations \u00e0 une entreprise priv\u00e9e, qui fournit par exemple des ressources techniques et de la main-d&#8217;oeuvre en \u00e9change d&#8217;une redevance. Presque tous les droits et risques restent \u00e0 l&#8217;institution publique. Une variante consiste \u00e0 rendre la soci\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e responsable de l&#8217;exploitation et de la gestion. Elle accepte ainsi plus de responsabilit\u00e9s, mais aussi plus de risques dans la conduite des affaires et l&#8217;entretien des installations par exemple. Sa r\u00e9mun\u00e9ration d\u00e9pend de la r\u00e9alisation d&#8217;objectifs clairement d\u00e9finis.&#13;<\/p>\n<h3>La gestion est d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e \u00e0 l&#8217;entreprise priv\u00e9e<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLa gestion d&#8217;une installation est confi\u00e9e \u00e0 un fournisseur priv\u00e9, mais le partenaire public en conserve la propri\u00e9t\u00e9. La dur\u00e9e d&#8217;un tel contrat est en g\u00e9n\u00e9ral un peu plus longue que dans le cas pr\u00e9c\u00e9dent. Le cr\u00e9dit-bail (ou \u00ableasing\u00bb) est un exemple de ce genre de contrat: l&#8217;exploitant priv\u00e9 assume la responsabilit\u00e9 de toutes les installations et de tous les collaborateurs, il facture ses services au consommateur final et recouvre les sommes dues. L&#8217;institution publique se charge de financer et de construire les nouvelles installations. Une autre variante est la concession: le fournisseur priv\u00e9 est encore responsable du financement et de la construction des nouvelles installations. Leur ampleur est la plupart du temps pr\u00e9cis\u00e9e \u00e0 l&#8217;avance dans le contrat. Comme l&#8217;entreprise priv\u00e9e doit amortir ses nouveaux investissements, le contrat est \u00e9tabli en g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 plus long terme (env. 20 ans).&#13;<\/p>\n<h3>La construction et l&#8217;exploitation sont confi\u00e9s \u00e0 l&#8217;entreprise priv\u00e9e<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLe fournisseur priv\u00e9 est responsable de la construction et du d\u00e9but de l&#8217;exploitation de l&#8217;installation, laquelle reste, cependant, dans la plupart des cas propri\u00e9t\u00e9 de l&#8217;institution publique. Le fournisseur priv\u00e9 assume les risques li\u00e9s \u00e0 la conception, \u00e0 la construction et \u00e0 l&#8217;exploitation de l&#8217;installation. La dur\u00e9e du contrat est calcul\u00e9e de sorte que l&#8217;entreprise priv\u00e9e puisse rentabiliser ses investissements. La r\u00e9trocession de l&#8217;installation \u00e0 l&#8217;institution publique y prend \u00e9galement une place importante. L&#8217;entreprise priv\u00e9e est souvent charg\u00e9e de former les collaborateurs de l&#8217;institu-tion publique afin que ceux-ci soient capables de reprendre sans heurts l&#8217;exploitation \u00e0 l&#8217;\u00e9ch\u00e9ance du contrat (\u00abcapacity building\u00bb).&#13;<\/p>\n<h2>Des exemples r\u00e9ussis de partenariats public-priv\u00e9 en Afrique<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLes infrastructures et services sociaux \u00e9l\u00e9mentaires jouent un r\u00f4le important dans les Objectifs de d\u00e9veloppement du Mill\u00e9naire des Nations Unies, mais c&#8217;est justement dans ces domaines que les partenariats public-priv\u00e9 sont contest\u00e9s. Il existe pourtants quelques exemples de partenariats heureux. Pour atteindre les objectifs du Mill\u00e9naire dans le d\u00e9lai imparti, il faut entre autres d\u00e9velopper massivement et de fa\u00e7on coordonn\u00e9e les infrastructures \u00e9l\u00e9mentaires. Il importe donc de tirer les le\u00e7ons des partenariat public-priv\u00e9 fructueux.&#13;<\/p>\n<h3>L&#8217;\u00e9nergie \u00e9olienne au Cap-Vert<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nAu Cap-Vert, les ressources naturelles sont rares. L&#8217;\u00e9nergie provient traditionnellement du bois des for\u00eats locales. L&#8217;archipel a cependant un fort potentiel d&#8217;\u00e9nergie \u00e9olienne, utilis\u00e9 depuis longtemps pour pomper l&#8217;eau. Depuis 1994, des batteries d&#8217;\u00e9oliennes produisent 2,6 MW d&#8217;\u00e9lectricit\u00e9, ce qui \u00e9quivaut \u00e0 10-15% de l&#8217;approvisionnement \u00e9nerg\u00e9tique. Le Fonds pour l&#8217;environnement mondial de la Banque mondiale a soutenu un partena-riat public-priv\u00e9 pour construire une usine \u00e9olienne d&#8217;une capacit\u00e9 de 7,8 MW. Non seulement celle-ci a des effets positifs sur l&#8217;approvisionnement \u00e9nerg\u00e9tique du pays, mais elle contribue aussi \u00e0 r\u00e9duire les rejets de CO2.6&#13;<\/p>\n<h3>Une route \u00e0 p\u00e9age entre l&#8217;Afrique du Sud et le Mozambique<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nLa N4, route \u00e0 p\u00e9age qui m\u00e8ne de l&#8217;Afrique du Sud au Mozambique, fait partie d&#8217;un programme de d\u00e9veloppement r\u00e9gional. En plus de la r\u00e9fection de la route, le port de Maputo a \u00e9t\u00e9 modernis\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 un partenariat public-priv\u00e9.\u00a0Comme ni l&#8217;Afrique du Sud ni le Mozambique n&#8217;avaient suffisamment de ressources pour entretenir et d\u00e9velopper la route, les gouvernements des deux pays ont d\u00e9cid\u00e9 de former un partenariat public-priv\u00e9. Une concession de trente ans a \u00e9t\u00e9 accord\u00e9e \u00e0 un consortium priv\u00e9. L&#8217;exploitant a remis la route en \u00e9tat. Il a adopt\u00e9 un syst\u00e8me de p\u00e9age diff\u00e9renci\u00e9, qui fait que celui-ci est moindre dans le Mozambique, un pays plus pauvre que l&#8217;Afrique du Sud. Les utilisateurs mozambicains locaux b\u00e9n\u00e9ficient en outre de rabais substantiels. Entre 2003 et 2004, le volume du trafic routier a augment\u00e9 de 4,5%. L&#8217;exploitant consid\u00e8re ce taux comme acceptable.7&#13;<\/p>\n<h3>L&#8217;approvisionnement en eau du S\u00e9n\u00e9gal<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nEn 1995, le S\u00e9n\u00e9gal a conclu un partenariat public-priv\u00e9 dans le domaine de l&#8217;approvisionnement en eau. Depuis lors, la fourniture d&#8217;eau a augment\u00e9 de 20% et le nombre des raccordements de 35%. L&#8217;exploitant est aussi une des premi\u00e8res soci\u00e9t\u00e9s hydrauliques d&#8217;Afrique \u00e0 avoir obtenu un certificat de qualit\u00e9 (ISO 9001 en 2000).\u00a0La phase pr\u00e9paratoire du partenariat public-priv\u00e9 a \u00e9t\u00e9 longue. Des donateurs internationaux ont aid\u00e9 le gouvernement \u00e0 former le personnel des minist\u00e8res impliqu\u00e9s. Les pouvoirs publics restent propri\u00e9taires des installations et d\u00e9finissent la tarification. Le syst\u00e8me choisi facture les dix premiers m\u00e8tres cube d&#8217;eau \u00e0 un tarif pr\u00e9f\u00e9rentiel, puisqu&#8217;on suppose que les petits consommateurs d&#8217;eau sont principalement des m\u00e9nages \u00e0 faible revenu. L&#8217;exploitant priv\u00e9 est d\u00e9dommag\u00e9 sur la base d&#8217;un syst\u00e8me qui pr\u00e9voit non seulement une r\u00e9mun\u00e9ration de base, mais aussi des primes pour l&#8217;am\u00e9lioration de la facturation et du recouvrement des sommes dues, pour la r\u00e9duction des pertes d&#8217;eau et pour l&#8217;extension des services fournis.\u00a0Un facteur important du succ\u00e8s de ce partenariat public-priv\u00e9 est la souplesse dont ont fait preuve les deux partenaires. Le gouvernement s&#8217;est ainsi montr\u00e9 dispos\u00e9 \u00e0 ren\u00e9gocier le contrat quant l&#8217;exploitant eut constat\u00e9 que les canalisations existantes \u00e9taient dans un \u00e9tat pire que suppos\u00e9. Cela a permis \u00e0 l&#8217;exploitant d&#8217;effectuer les r\u00e9parations et les r\u00e9fections n\u00e9cessaires.8&#13;<\/p>\n<h2>Les partenariats public-priv\u00e9 ne sont pas toujours une r\u00e9ussite<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nDans les pays en d\u00e9veloppement, les exp\u00e9riences de ces quinze derni\u00e8res ann\u00e9es ont connu un sort mitig\u00e9, qui va du succ\u00e8s total \u00e0 la r\u00e9siliation pr\u00e9matur\u00e9e du contrat. D&#8217;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, les partenariats public-priv\u00e9 aboutis concernent plut\u00f4t des branches comme les routes, les installations portuaires, la t\u00e9l\u00e9phonie mobile et le tourisme, ce qui tient notamment \u00e0 la nature m\u00eame de ce type d&#8217;activit\u00e9.9\u00a0Les exemples de partenariats public-priv\u00e9 malheureux ne manquent pas. Entre 1990 et 2003, des projets comptant pour 9,2% des investissements avec participation du secteur priv\u00e9 dans le monde ont \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9s, ou alors l&#8217;une des parties a demand\u00e9 la r\u00e9siliation du contrat.10&#13;<\/p>\n<h3>Fourniture d&#8217;\u00e9lectricit\u00e9 en Tanzanie<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nUn contrat de 1995 de fourniture d&#8217;\u00e9lectricit\u00e9 entre un producteur priv\u00e9 et la compagnie publique d&#8217;\u00e9lectricit\u00e9 de la Tanzanie est exemplaire de ces partenariats public-priv\u00e9 malheureux. Les \u00e9claircissements et \u00e9tudes pr\u00e9alables avaient \u00e9t\u00e9 insuffisants. Les partenaires n&#8217;avaient pas \u00e9t\u00e9 tous consult\u00e9s. \u00c0 l&#8217;\u00e9poque de la signature du contrat, la Tanzanie produisait suffisamment d&#8217;\u00e9lectricit\u00e9, mais le r\u00e9seau de distribution avait atteint sa limite de capacit\u00e9. Il fallait donc non pas augmenter la production, mais d\u00e9velopper le r\u00e9seau. Or le contrat engageait la compagnie nationale \u00e0 acheter une certaine quantit\u00e9 d&#8217;\u00e9nergie ou \u00e0 payer des compensations pour la capacit\u00e9 non utilis\u00e9e, ce qui aggravait ses charges.11\u00a0Les partenariats public-priv\u00e9 permettent de cumuler les atouts des institutions publiques (\u00e9galit\u00e9 de traitement, service universel, etc.) avec ceux du secteur priv\u00e9 (efficacit\u00e9, orientation clients, etc.), mais il peut arriver aussi qu&#8217;un partenariat public-priv\u00e9 additionne les pires aspects des deux.&#13;<\/p>\n<h3>Les questions de sant\u00e9<\/h3>\n<p>&#13;<br \/>\nInvestir dans le syst\u00e8me de sant\u00e9 est une n\u00e9cessit\u00e9 urgente, en Afrique, mais c&#8217;est justement dans ce domaine que les partenariats public-priv\u00e9 s&#8217;av\u00e8rent difficiles et rares. Les institutions priv\u00e9es\u00a0(m\u00e9decins ind\u00e9pendants, h\u00f4pitaux commerciaux, etc.)\u00a0ne manquent certes pas, mais elles visent le segment ais\u00e9 de la population. Les organisations non gouvernementales (ONG) et religieuses sont \u00e9galement pr\u00e9sentes dans le secteur de la sant\u00e9. Elles exploitent entre autres des centres \u00e0 caract\u00e8re pr\u00e9ventif et des h\u00f4pitaux.\u00a0Cette participation d&#8217;agents priv\u00e9s \u00e0 la fourniture de services de sant\u00e9 peut, toutefois, difficilement \u00eatre qualifi\u00e9e de partenariat public-priv\u00e9; bien qu&#8217;il existe souvent une collaboration entre les fournisseurs priv\u00e9s et l&#8217;\u00c9tat, ce dernier joue plut\u00f4t le r\u00f4le de r\u00e9gulateur.&#13;<\/p>\n<h2>De quoi le succ\u00e8s d\u00e9pend-il?<\/h2>\n<p>&#13;<br \/>\nLe succ\u00e8s d&#8217;un partenariat public-priv\u00e9 d\u00e9pend de diff\u00e9rents facteurs. Une pr\u00e9paration soigneuse et syst\u00e9matique favorise un bon d\u00e9part. Il s&#8217;agit d&#8217;\u00e9tablir et de consigner les \u00e9tats initial et final, puis de d\u00e9finir les mesures requises pour passer de l&#8217;un \u00e0 l&#8217;autre. N\u00e9gocier le contrat prend du temps. Il faut s&#8217;assurer que tous les grands int\u00e9r\u00eats soient satisfaits ou du moins respect\u00e9s. Le gouvernement gagnera la confiance du public en prenant lui-m\u00eame l&#8217;initiative d&#8217;informer r\u00e9guli\u00e8rement sur le projet, les raisons d&#8217;un partenariat public-priv\u00e9, ses avantages et inconv\u00e9nients, ainsi que sur la proc\u00e9dure de s\u00e9lection.\u00a0Passer de la desserte purement \u00e9tatique \u00e0 un mode mixte demande du temps. Les consommateurs accepteront mieux des augmentations de prix si elles sont progressives, que la qualit\u00e9 s&#8217;am\u00e9liore simultan\u00e9ment et que la fourniture s&#8217;\u00e9largit \u00e0 de nouveaux domaines. Si les prix croissent massivement et d&#8217;embl\u00e9e, l&#8217;insatisfaction du public est plus probable. Enfin la conviction et la d\u00e9termination de toutes les parties impliqu\u00e9es sont des facteurs importants du succ\u00e8s d&#8217;un projet. Si le coeur n&#8217;y est pas, les chances de succ\u00e8s diminuent.\u00a0Les partenariats public-priv\u00e9 ne sont pas la panac\u00e9e qui d\u00e9veloppera l&#8217;Afrique ou qui permettra d&#8217;atteindre les objectifs du Mill\u00e9naire. Mais face aux grands d\u00e9fis qu&#8217;affrontent les pays africains, ils constituent une option qui m\u00e9rite d&#8217;\u00eatre examin\u00e9e.m&#13;<br \/>\n&#13;<br \/>\n<a class=\"inline-footnote__anchor\">Box 1: Bibliographie<\/a> &#8211; Commission \u00c9conomique pour l&#8217;Afrique, Rapport \u00e9conomique sur l&#8217;Afrique 2004. Lib\u00e9rer le potentiel commercial de l&#8217;Afrique, Addis-Abeba, 2004.- Estache Antonio, Perelman Sergio, Trujillo Lourdes, Infrastructure Performance and Reform in Developing and Transition Economies: Evidence from a Survey of Productivity Measures, World Bank Policy Research Working Paper 3514, f\u00e9vrier 2005.- Farlam Peter, Working Together: Assessing Public-Private Partnership in Africa. The South African Institute of International Affairs, Nepad Policy Focus Report n\u00b0 2, 2005.- Thomsen Stephen (external consultant to the OECD\/DAF), Encouraging Public-Private Partnerships in the Utilities Sector: The Role of Development Assistance, Overview study prepared for the NEPAD\/OECD Investment Initiative conference on \u00abInvestment in African Development: Making it Happen\u00bb, Imperial Resort Beach Hotel Kama Hal, Entebbe, Ouganda, 25-27 mai 2005.- Groupe de la Banque mondiale, PPI Database, http:\/\/ppi.worldbank.org\/reports\/customQuery Aggregate.asp, assessed September 8, 2005.- Public-Private Partnership for Water Supply and Sanitation: Implementation Guidelines Manual for Sustainable Municipal Water Services, Internet: <a href=\"http:\/\/www.partnershipsforwater.net\">www.partnershipsforwater.net<\/a> . Public Release Version 1, as of April 2005, Work in Progress.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les infrastructures \u00e9l\u00e9mentaires, le syst\u00e8me de formation et celui de la sant\u00e9 ont longtemps \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9s comme des exemples typiques de services publics dont l&#8217;\u00c9tat devait s&#8217;occuper. Depuis la fin des ann\u00e9es quatre-vingt, un nombre croissant de pays en d\u00e9veloppement ne sont, cependant plus en mesure de fournir ces prestations sur tout leur territoire. 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