{"id":204525,"date":"2024-12-09T07:10:37","date_gmt":"2024-12-09T06:10:37","guid":{"rendered":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/?p=204525"},"modified":"2024-12-09T11:14:31","modified_gmt":"2024-12-09T10:14:31","slug":"cest-un-veritable-gachis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/fr\/2024\/12\/cest-un-veritable-gachis\/","title":{"rendered":"\u00abC\u2019est un v\u00e9ritable g\u00e2chis\u00bb"},"content":{"rendered":"<div class=\"content-copy-questions\">Monsieur Ritter, Monsieur Salvi, consommez-vous cinq portions de fruits et l\u00e9gumes par jour, comme le recommande la Soci\u00e9t\u00e9 Suisse de Nutrition?<\/div>\n<p><strong>Markus Ritter:<\/strong> \u00c0 la maison, oui. Je mange une pomme ou un autre fruit \u00e0 diff\u00e9rents moments de la journ\u00e9e. \u00c0 midi, ma femme pr\u00e9pare une salade et des l\u00e9gumes. Mais, quand je suis \u00e0 Berne, je suis loin du compte et je bois beaucoup trop de caf\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Michele Salvi:<\/strong> J\u2019essaie. Mais si je regarde mes habitudes alimentaires actuelles, je pense que j\u2019en suis plut\u00f4t \u00e0 cinq portions de p\u00e2tes par jour. D\u2019une certaine mani\u00e8re, je suis \u00e0 l\u2019image de la politique agricole suisse: beaucoup d\u2019ambition, mais la mise en \u0153uvre est difficile.<\/p>\n<div class=\"content-copy-questions\">Le Conseil f\u00e9d\u00e9ral \u00e9labore actuellement les bases de la politique agricole 2030+. Notre agriculture doit remplir de multiples t\u00e2ches allant de la garantie de la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019approvisionnement et du revenu des exploitations paysannes, en passant par la pr\u00e9servation de la nature et du paysage et la promotion de la biodiversit\u00e9. N\u2019est-ce pas un peu trop?<\/div>\n<p><strong>M. Ritter:<\/strong> Ces objectifs sont ancr\u00e9s dans la Constitution f\u00e9d\u00e9rale qui exige de l\u2019agriculture qu\u2019elle soit multifonctionnelle. Les trois dimensions du d\u00e9veloppement durable sont mises sur un pied d\u2019\u00e9galit\u00e9\u00a0; il s\u2019agit de l\u2019\u00e9conomie, de l\u2019\u00e9cologie et de l\u2019aspect social, qui inclut un revenu d\u00e9cent pour les agriculteurs. C\u2019est le mandat qui nous a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9 et nous ne pouvons pas faire une croix sur certains objectifs.<\/p>\n<p><strong>M. Salvi:<\/strong> Sur le plan politique, le cadre est d\u00e9fini et la multitude des objectifs est voulue. Mais il est impossible d\u2019atteindre ceux-ci tous en m\u00eame temps. Malheureusement, aucune discussion de fond n\u2019est men\u00e9e sur le sujet.<\/p>\n<div class=\"content-copy-questions\">O\u00f9 voyez-vous des contradictions?<\/div>\n<p><strong>M. Ritter:<\/strong> Le d\u00e9veloppement durable, avec ses trois dimensions, cr\u00e9e un conflit entre les objectifs. Une production agricole qui ne tiendrait pas compte de la biodiversit\u00e9 et de l\u2019\u00e9cologie serait toujours la plus efficace parce qu\u2019elle pourrait tourner \u00e0 plein r\u00e9gime. Mais, comme l\u2019\u00e9conomie dans son ensemble, nous avons une responsabilit\u00e9 envers les g\u00e9n\u00e9rations futures.<\/p>\n<p><strong>M. Salvi:<\/strong> Nous n\u2019atteignons tout simplement pas nos objectifs. Le taux d\u2019autosuffisance devrait \u00eatre le plus \u00e9lev\u00e9 possible, ce qui est de toute fa\u00e7on un objectif discutable. Force est de constater, quoi qu\u2019il en soit, que nous sommes loin du compte, puisque le taux d\u2019autosuffisance atteint actuellement 46% en valeur nette. Nous voulons garantir les revenus, mais les agriculteurs se plaignent de ne pas s\u2019en sortir ou d\u2019\u00eatre \u00e0 la peine. Les objectifs \u00e9cologiques ne sont pas atteints eux non plus ou sont difficilement mesurables. Les contradictions sont \u00e9videntes.<\/p>\n<p><span class=\"content-quotes\">Nous voulons \u00e9voluer dans un contexte concurrentiel.<\/span><\/p>\n<p>\u2013 Markus Ritter<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"content-copy-questions\">Le peuple suisse a dit \u00abnon\u00bb \u00e0 63% \u00e0 l\u2019initiative sur la biodiversit\u00e9. Faut-il comprendre que ces objectifs ne sont pas prioritaires aux yeux de la population?<\/div>\n<p><strong>M. Ritter:<\/strong> Oui, c\u2019est l\u2019interpr\u00e9tation que j\u2019en fais. Il y a eu des erreurs. Pendant 30\u00a0ans, nous avons vis\u00e9 plus d\u2019\u00e9cologie et de biodiversit\u00e9 et pr\u00eat\u00e9 beaucoup moins attention aux dimensions \u00e9conomique et sociale.<\/p>\n<div class=\"content-copy-questions\">Aux termes de la Constitution f\u00e9d\u00e9rale, la Conf\u00e9d\u00e9ration doit veiller \u00e0 ce que la production agricole r\u00e9ponde aux exigences du march\u00e9. Ce mandat est-il rempli?<\/div>\n<p><strong>M. Salvi:<\/strong> Tr\u00e8s partiellement seulement. Au lieu de se tourner d\u2019elles-m\u00eames vers le march\u00e9, de nombreuses entreprises sont fortement d\u00e9pendantes des prescriptions et des subventions \u00e9tatiques, ce qui freine la comp\u00e9titivit\u00e9 et l\u2019innovation dans le domaine agricole.<\/p>\n<p><strong>M. Ritter:<\/strong> Nous voulons \u00e9voluer dans un contexte concurrentiel. \u00c0 mes d\u00e9buts d\u2019agriculteur, l\u2019\u00c9tat d\u00e9terminait ce que nous produisions, en quelle quantit\u00e9, \u00e0 quel niveau de qualit\u00e9 et \u00e0 quel prix. Cela n\u2019avait rien \u00e0 voir avec l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9. Voil\u00e0 30\u00a0ans que le syst\u00e8me des paiements directs est en place. Le cadre a chang\u00e9. Nous vendons d\u00e9sormais ce que le march\u00e9 demande.<\/p>\n<div class=\"content-copy-questions\">Pourriez-vous nous donner un exemple?<\/div>\n<p><strong>M. Ritter:<\/strong> Actuellement, environ 12% de la production suisse est biologique. De nombreuses interventions ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9es au Parlement pour augmenter cette part. Je m\u2019y oppose. Ma famille elle-m\u00eame dirige certes une exploitation biologique et le secteur agricole serait en mesure de proposer 20% \u00e0 25% de produits biologiques, mais les consommateurs boudent le bio actuellement.<\/p>\n<p><strong>M. Salvi:<\/strong> Vous occultez totalement la protection aux fronti\u00e8res, autrement dit les droits de douane et les contingents. C\u2019est facile de parler du march\u00e9 lorsque celui-ci est cloisonn\u00e9. En rench\u00e9rissant les produits alimentaires, cette politique de l\u2019autarcie co\u00fbte aux consommateurs pr\u00e8s de 1000\u00a0francs par an et par m\u00e9nage.<\/p>\n<p><strong>M. Ritter:<\/strong> Nous d\u00e9pensons en moyenne 6,7% de nos revenus pour l\u2019alimentation. C\u2019est l\u2019un des taux les plus bas du monde. Les caisses-maladie, le logement et les imp\u00f4ts gr\u00e8vent notre budget, pas les produits alimentaires. Les droits de douane remplissent une fonction tr\u00e8s importante pour l\u2019agriculture suisse et font rentrer 620\u00a0millions de francs par an dans les caisses de la Conf\u00e9d\u00e9ration.<\/p>\n<p><strong>M. Salvi:<\/strong> Les droits de douane rapportent bien s\u00fbr de l\u2019argent \u00e0 l\u2019\u00c9tat, mais ce sont les consommateurs qui payent la facture. Et celle-ci vient s\u2019ajouter aux milliards de francs qu\u2019ils paient d\u00e9j\u00e0 en tant que contribuables. Ce n\u2019est pas efficace. Le refus du protectionnisme a toujours \u00e9t\u00e9 profitable \u00e0 la Suisse. Ce n\u2019est pas pour rien si nous avons par exemple aboli les droits de douane sur les produits industriels.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-204958 size-full\" src=\"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/content\/uploads\/2024\/11\/20241107_A2263-crop-scaled.jpg\" alt=\"\" width=\"2560\" height=\"1381\" srcset=\"https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/content\/uploads\/2024\/11\/20241107_A2263-crop-scaled.jpg 2560w, https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/content\/uploads\/2024\/11\/20241107_A2263-crop-300x162.jpg 300w, https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/content\/uploads\/2024\/11\/20241107_A2263-crop-1024x552.jpg 1024w, https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/content\/uploads\/2024\/11\/20241107_A2263-crop-768x414.jpg 768w, https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/content\/uploads\/2024\/11\/20241107_A2263-crop-1536x828.jpg 1536w, https:\/\/dievolkswirtschaft.ch\/content\/uploads\/2024\/11\/20241107_A2263-crop-2048x1105.jpg 2048w\" sizes=\"(max-width: 2560px) 100vw, 2560px\" \/><\/p>\n<h6 class=\"copy-small-bold\">Michele Salvi (\u00e0 dr.): \u00abUn taux d\u2019autosuffisance de 100% n\u2019est ni r\u00e9aliste, ni n\u00e9cessaire.\u00bb (Image: Keystone \/ Anthony Anex)<\/h6>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"content-copy-questions\">Nous subventionnons l\u2019agriculture \u00e0 hauteur de 3,6\u00a0milliards de francs par an, dont 2,8\u00a0milliards de francs sont destin\u00e9s aux paiements directs. De nombreux agriculteurs sont pourtant oblig\u00e9s d\u2019avoir des activit\u00e9s annexes.<\/div>\n<p><strong>M. Ritter:<\/strong> C\u2019est un v\u00e9ritable g\u00e2chis. Selon les chiffres de l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de l\u2019agriculture, les agriculteurs gagnent en moyenne 17\u00a0francs de l\u2019heure. J\u2019aimerais vous expliquer pourquoi il en est ainsi \u00e0 l\u2019aide d\u2019un exemple. Mon fr\u00e8re, qui \u00e9tait avocat, m\u2019a expliqu\u00e9 que l\u2019ouverture de son cabinet lui a co\u00fbt\u00e9 100\u00a0000\u00a0francs. L\u2019agriculture est un secteur \u00e0 forte densit\u00e9 de capital: vous avez besoin de terres, d\u2019une \u00e9table, d\u2019une grange, de b\u00eates, de machines et de diverses r\u00e9serves. Le co\u00fbt financier de ces gros investissements fait fondre les revenus des agriculteurs.<\/p>\n<p><strong>M. Salvi:<\/strong> De nombreux agriculteurs gagnent relativement peu, en particulier dans les r\u00e9gions de montagne. Mais environ la moiti\u00e9 du revenu paysan provient de subventions de l\u2019\u00c9tat. Parmi les pays europ\u00e9ens, seule la Norv\u00e8ge a une part plus \u00e9lev\u00e9e. Nous ne parvenons pas \u00e0 garantir les revenus et, pour couronner le tout, le syst\u00e8me est tr\u00e8s complexe. L\u2019arsenal r\u00e9glementaire des lois et des ordonnances comprend plus de 4000\u00a0pages. La charge administrative et les co\u00fbts qui en r\u00e9sultent pour les agriculteurs sont \u00e9normes. Cela montre bien que le syst\u00e8me actuel ne fonctionne pas.<\/p>\n<p><strong>M. Ritter:<\/strong> L\u2019agriculture remplit un autre mandat constitutionnel, celui de garantir l\u2019occupation d\u00e9centralis\u00e9e du territoire. C\u2019est pour cela que nous avons besoin de l\u2019instrument des paiements directs, qui nous permet de maintenir les r\u00e9gions d\u2019estivage et de montagne. Plus de 40% des exploitations se trouvent en zone de montagne. Les instruments sont donc tr\u00e8s cibl\u00e9s et efficaces. La politique agricole 2030+ devra les renforcer pour permettre \u00e0 l\u2019agriculture de continuer \u00e0 remplir ces objectifs.<\/p>\n<p><strong>M. Salvi:<\/strong> Ce n\u2019est pas avec plus d\u2019argent que nous r\u00e9soudrons les contradictions inh\u00e9rentes \u00e0 la Constitution f\u00e9d\u00e9rale.<\/p>\n<div class=\"content-copy-questions\">L\u2019autosuffisance est-elle encore importante dans un monde globalis\u00e9?<\/div>\n<p><strong>M. Salvi:<\/strong> Le taux d\u2019autosuffisance n\u2019a cess\u00e9 de reculer au cours des dix derni\u00e8res ann\u00e9es, ce qui n\u2019est pas une mauvaise chose. Dans un monde globalis\u00e9, la Suisse, qui d\u00e9tient un fort pouvoir d\u2019achat, peut et doit s\u2019approvisionner sur les march\u00e9s internationaux. Un taux d\u2019autosuffisance de 100% n\u2019est ni r\u00e9aliste, ni n\u00e9cessaire\u00a0; de plus, il occasionnerait des co\u00fbts \u00e9normes sans que la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire ne puisse \u00eatre garantie.<\/p>\n<p><strong>M. Ritter:<\/strong> Le mandat principal de l\u2019agriculture, tel qu\u2019il est d\u00e9fini dans la Constitution f\u00e9d\u00e9rale, est d\u2019assurer l\u2019approvisionnement de la population en produits alimentaires.<\/p>\n<p><strong>M. Salvi:<\/strong> Cette ann\u00e9e, la Suisse a connu la pire r\u00e9colte de c\u00e9r\u00e9ales depuis 25\u00a0ans, en raison de fortes pr\u00e9cipitations. Cela a pouss\u00e9 le Conseil f\u00e9d\u00e9ral \u00e0 augmenter fortement les contingents d\u2019importation des c\u00e9r\u00e9ales panifiables. C\u2019est bien la preuve que l\u2019autosuffisance est une illusion.<\/p>\n<p><strong>M. Ritter:<\/strong> C\u2019est juste. Mais nous ne devrions pas descendre en dessous de 50%. Atteindre un taux d\u2019autosuffisance de 70% en valeur nette, comme l\u2019exige une initiative, est illusoire. Durant la Seconde Guerre mondiale, nous y \u00e9tions \u00e0 peine parvenus dans un contexte de rationnement alimentaire et avec une population de quatre millions d\u2019habitants. Un tel taux obligerait l\u2019\u00c9tat \u00e0 intervenir dans notre r\u00e9gime alimentaire en prenant des mesures disproportionn\u00e9es.<\/p>\n<p><span class=\"content-quotes\">De nouveaux objectifs viendront s\u2019ajouter aux anciens, d\u00e9j\u00e0 nombreux.<\/span><\/p>\n<p>\u2013 Michele Salvi<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"content-copy-questions\">N\u2019est-il pas vrai que plus le taux d\u2019autosuffisance augmente, plus l\u2019\u00c9tat doit mettre la main au portemonnaie?<\/div>\n<p><strong>M. Ritter: <\/strong>Non. Il serait absolument impossible d\u2019atteindre ces objectifs avec de l\u2019argent. Il faudrait renoncer \u00e0 consommer du lait, des \u0153ufs et de la viande et adopter une alimentation v\u00e9g\u00e9tale \u00e0 base de ma\u00efs, d\u2019orge et d\u2019avoine. Ce serait comme revenir au Moyen \u00c2ge. Sans compter qu\u2019il faudrait rationner les quantit\u00e9s consomm\u00e9es pour r\u00e9ussir \u00e0 nourrir toutes les bouches.<\/p>\n<p><strong>M. Salvi:<\/strong> Effectivement, sans subventions suppl\u00e9mentaires, le taux d\u2019autosuffisance n\u2019augmente pas, car il manque manifestement une incitation \u00e0 produire davantage. Les stocks obligatoires sont plus efficaces \u00e0 ce niveau car ils peuvent parfaitement garantir l\u2019approvisionnement en cas d\u2019urgence. Actuellement, ils co\u00fbtent 13\u00a0francs par an et par habitant et garantissent l\u2019approvisionnement pendant trois \u00e0 quatre mois. Augmenter ces stocks pour qu\u2019ils durent une ann\u00e9e co\u00fbterait 50\u00a0francs par personne, ce qui est toujours beaucoup plus avantageux que les contributions actuelles \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019approvisionnement.<\/p>\n<div class=\"content-copy-questions\">Pensez-vous que la politique agricole 2030+ apportera des am\u00e9liorations dans l\u2019agriculture?<\/div>\n<p><strong>M. Salvi:<\/strong> Elle suscitera encore plus de conflits, car de nouveaux objectifs viendront s\u2019ajouter aux anciens, d\u00e9j\u00e0 nombreux. Le syst\u00e8me s\u2019ouvre en outre \u00e0 de nouveaux acteurs, en accueillant par exemple des repr\u00e9sentants du commerce de d\u00e9tail, de l\u2019industrie de transformation et de la d\u00e9fense des consommateurs dans le groupe d\u2019accompagnement de la politique agricole 2030+. Nul besoin d\u2019\u00eatre proph\u00e8te pour pr\u00e9dire que la complexification et la multiplication des conflits d\u2019objectifs n\u2019apporteront rien de bon \u00e0 l\u2019agriculture.<\/p>\n<p><strong>M. Ritter:<\/strong> Un v\u00e9ritable pacte r\u00e9unissant tous les acteurs de la cha\u00eene de cr\u00e9ation de valeur jusqu\u2019aux consommateurs, c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce dont l\u2019agriculture a besoin. Ce pacte renforcera l\u2019agriculture et l\u2019industrie agroalimentaire sur les march\u00e9s.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Monsieur Ritter, Monsieur Salvi, consommez-vous cinq portions de fruits et l\u00e9gumes par jour, comme le recommande la Soci\u00e9t\u00e9 Suisse de Nutrition? Markus Ritter: \u00c0 la maison, oui. Je mange une pomme ou un autre fruit \u00e0 diff\u00e9rents moments de la journ\u00e9e. \u00c0 midi, ma femme pr\u00e9pare une salade et des l\u00e9gumes. 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Et ce, alors que pr\u00e8s de la moiti\u00e9 des revenus des exploitations agricoles est soutenue par l\u2019\u00c9tat, ajoute Michele Salvi, charg\u00e9 notamment des subventions chez Avenir Suisse. Les deux hommes sont divis\u00e9s au sujet du futur de la politique agricole. Entretien crois\u00e9.","post_hero_image_description":"Markus Ritter (\u00e0 g.) et Michele Salvi s\u2019accordent sur l\u2019existence de conflits d\u2019objectifs dans l\u2019agriculture. Entretien r\u00e9alis\u00e9 au Forum Raiffeisen \u00e0 Berne.","post_hero_image_description_copyright_de":"","post_hero_image_description_copyright_fr":"Keystone \/ Anthony Anex","post_references_literature":"","post_kasten":[{"kasten_title":"Markus Ritter","kasten_box":"Markus Ritter, 57\u00a0ans, est agriculteur et conseiller national (Le Centre). Il pr\u00e9side l\u2019Union suisse des paysans depuis douze ans. Cet ing\u00e9nieur en \u00e9conomie a transmis \u00e0 ses deux fils la direction de l\u2019exploitation biologique familiale qui cultive 29\u00a0hectares destin\u00e9s \u00e0 la production laiti\u00e8re et \u00e0 la culture fruiti\u00e8re."},{"kasten_title":"Michele Salvi","kasten_box":"L\u2019\u00e9conomiste Michele Salvi, 34\u00a0ans, travaille chez Avenir Suisse depuis mai 2024 en tant que Senior Fellow. En charge des dossiers des finances publiques et du d\u00e9veloppement durable, il suit de pr\u00e8s la politique agricole. 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