Quel est le potentiel des véhicules autonomes?
Éclairage d'Andreas Herrmann, Université de Saint-Gall
Vue de l’échangeur d’Écublens-Crissier, dans le canton de Vaud. Actuellement, les automobilistes ne peuvent pas encore lâcher le volant sur les autoroutes suisses. (Image: Keystone)
On parle de conduite automatisée lorsqu’un véhicule est capable d’effectuer des tâches de conduite. Le volant et les pédales peuvent même dvenir superflus, car un véhicule peut gérer toutes les situations de conduite dans un périmètre défini. Il existe différents niveaux d’automatisation.
Bien qu’elle soit déjà disponible, les constructeurs automobiles sont réticents à proposer cette technologie car leur marketing repose sur le «plaisir de conduire»: la conduite manuelle y tient le premier rôle, la conduite autonome n’ayant qu’un rôle secondaire. À l’inverse, les navettes autonomes qui circulent à Hambourg ou à Oslo ont pour objectif une plus grande efficacité en matière de mobilité.
Ces projets visent à faire circuler un grand nombre de navettes – entre 700 et 800 – pouvant transporter entre 4 et 15 personnes dans une zone définie et, après une période d’essai, à renoncer aux conducteurs de sécurité.
Pour améliorer la mobilité, il faut combiner des véhicules autonomes avec d’autres moyens de transport. Les navettes de ce type n’appartiennent pas à des particuliers: elles sont mises à disposition par des entreprises de transport et peuvent être réservées comme des taxis. On ne doit pas cette évolution à des constructeurs automobiles comme Mercedes ou BMW, mais à des entreprises technologiques, telles que le projet «Waymo» de Google ou Mobileye, qui recours à l’intelligence artificielle pour développer leurs logiciels.
Le potentiel des véhicules autonomes est énorme. Il faudrait juste que nous ayons le courage de voir les choses en grand.
Les projets de ce type et de cette taille étant légion, le projet du Furttal ne devrait pas poser de problèmes de mise en œuvre. Son utilité est toutefois limitée car la mise en circulation de quatre véhicules autonomes ne fera pas une grande différence. Je comprends que l’on veuille procéder par étapes, mais pour transformer durablement la mobilité, la Suisse aurait besoin d’un projet ambitieux, à l’image de ceux menés à Oslo ou à Hambourg.
Je ne le pense pas. Imaginez ce qui arriverait si plusieurs milliers de navettes autonomes étaient en service dans une ville: ils remplaceraient nombre de véhicules privés et on pourrait supprimer des places de stationnement et des routes à plusieurs voies. Le trafic serait plus efficace et générerait moins d’émissions. Le potentiel des véhicules autonomes est énorme. Il faudrait juste que nous ayons le courage de voir les choses en grand.
Au fond, c’est une bonne chose que la conduite automatisée redonne leur mobilité aux personnes immobilisées. Telle qu’elle a été conçue jusqu’à présent, elle complète les transports publics lors du premier et du dernier kilomètre parcourus, notamment dans les quartiers résidentiels où il ne vaut pas la peine de poser des rails ou d’exploiter un service de bus. Dans ce cas, la conduite automatisée contribue à rendre le trafic plus efficace, pour autant qu’elle soit mise en œuvre efficacement, par exemple avec des navettes pouvant transporter 8 à 15 personnes.
Propos recueillis par La Vie économique
Proposition de citation: Éclairage d'Andreas Herrmann, Université de Saint-Gall (2025). Quel est le potentiel des véhicules autonomes? La Vie économique, 02 septembre.
